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LE MARSOUIN ORQUE OU L'ÉPAULAR

L'épaulard, que Rondelet a,décrit sous ce usité dans la Saintonge, mais dont les habi actuels ont complétement perdu la tradition, @ véritable but:kopf de la plupart des peupl nord : c'est du moins sous ce nom qu'on let décrit dans plusieurs relations de voyages, d manière si obseure, il est vrai, qu'il est bien cile de débarrasser son histoire des contralic que nous ont transmises Martens, Muiler, Et Anderson, Fabricius, et Hunter, lorsqu'ils parlent de leurs butzkopf, grampus, épée de killærs, et orque. L'épaulard, que Rondelet ét espaular, est le grampus (*) des Anglois, les

(} Delphinus orca, L. Briss.; Muller ; OÙh. Fab Bunter, Trans. philosoph., 1787 (dont on à fai phinus ventricosus ); Buts-Kopper, Egged. p.

Butz-Kopf, Anderson, Hist. nat. Groen.,t Un Bonnaterre, Cét., p. 22, pl. 12 ,fig.1; Lacépède, édit, in-8o, p. 356, pl. 18, fig. 1; Desm.. Wam 774,p. 517;G. Cuvier, Rég. an., 1, p.279; Os t. V,p. 28, pl. 22, fig. 3 et 4.

(>) M. Cuvier pense que ce nom de grampus € rompu du françois grand poisson, ou gras poiss les Normands prononcoient grapois, ou qu'il P

che n'a jamais été qu'ac

et c'est-bien gratuiteme | de La Morivière a prête alimans, dont les ancien La monarchie françoisen bornoit à la pêche dut e que c'étoit alois, dem e la haleine.

chair de ce cétacé repou

par sa saveur, le palai est cependant pas aussi m usieurs livres. F paroitq elque consommation dat cupoit alors plus particu \marsouin. Les marins de btus n'est point blasé par e, ne dédaignent point e soit noire, compacte, 1 accompagnée d'une odeur ils en font d'excellents re Groenlandois, au dire d'OI a rien qui étonne, Car on :

aires, luttant sans cesse C0 ssiègent sous d'âpres cli ir des cétacés un mets exq les en expriment, un breu r sensualité ne connoit rie

RQUE OÙ L'ÉPAULAR

Rondelet a, décrit sous ce tonge, mais dont Îles habi ement perdu la tradition , €

de la plupart des peupl ins sous ce nom qu'on let rs relations de voyañes, ilest vrai, qu'il est bien r son histoire des contra nises Martens, Muiler, Et jus, et Hunter, lorsqu'il utzkopf, grampus, épet al

'épaulard, que Rondelet 4 ampus (?) des Anglois, le

a, L. Briss.: Muller ; Oùh. ni ilosoph., 1787 (dont on à lai s); Puce ROPPs Se $ ] at. Groen, LT PE fig.1: Lacépéde, pl. 18, fig. 1: Dem seu ter, Rég.an,.,t.}, p.279; 05 ig. 3 et 4.

se que ce ne s grand poisson, OÙ oncoient grapois

m de grampusé gras poiss ou qu'il P

hrge et moins longuc que la supérieure. Les

uillcires sont armés de onze dents de chaque côté, yrchacun d'eux : celles-ci sont grosses, coniques, pu crochues, et les plus éloignées sont aplaties

les côtés.

Lnageoire dorsale occupe à peu près le milieu korps : elle a ordinairement quatre pieds de haut ; pectorales sont très développées, larges et pres-

ovalaires : la caudale est échancrée à son milieu.

lrgane génital a jusqu'à trois pieds de longueur. couleur de l'épaulard est noirâtre en dessus, Nhiblissant sur les côtés du corps, dont les parsinférieures sont blanches. Souvent derrière l'œil dessine un large sourcil blanc, ce qui a porté

ques naturalistes à voir dans cette espèce le phin bélier de mer, ou aries d’Ælien et de Pline. tache noire dirigée en avantentre dans le blanc wrps à la base de la queue.

lecrine de cette espèce (!) est remarquable par

museau large et courtcomme celui du marsouin aire; mais ce qui lui est particulier est d'avoir

igion en avant des narines, concave, au lieu bre renflée et séparée des plafonds des orbites par

cle un peu saillante. Le lobe antérieur de die est gros et bien isolé par une échancrure de

bise «u museau, Les tempes profondes et conca- Bwat circonscrites à l'occiput par des erètes

S aillantes même que la crête temporale. Les di nez sont petits, et on ne voit pas de vomerau is.

Dtous les dauphins l’épaulard est le plus bellix:armé de dents robustes, animé d'une viar qu'iltire de sa grande taille et de la puissance # muscles , il est l'ennemi de plusieurs espèces à propre famille, et surtout de la baleine, qui sit, pour se protéger de ses atteintes, que fuir kttre l'eau de tout le poids de sa masse. On dit el'épaulard , pour triomplher plus aisément d’un qu'il hait par instinct plutôt que par esprit "ageance, se réunit en troupes, et que tous se lsur l'innocente baleine , la harcèlent , lui ar- Rent des lambeaux de chair, et cherchent de préace à lui déchirer la langue.

Cest bien gratuitement que plusieurs auteurs ont

ire de peis au lard piscis ad lardum\, dénomi- M par laquelle tous les cétacés étoient souvent dé- ‘dans le moyen âge, (Oss. foss.. t. V, p. 281.) Wuvier, Os, foss., &. V, p. 297, pl. 22, Üg. 3 et 4.

des Danois, et l'ardlurksoak des Groenlandois. sun marsouin dont la taille acquiert de vingt à scinq pieds de longueur, sur dix ou douze de “nférence, Son corps est allongé, et son museau œurt et arrondi sans quele crâne soit aussi coneque celui du marsouin commun. La mâchoire ieure est un peu renflée en dessous ; elle est

vu dans l’épaulard l'orque des anciens, qui est probablement, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, le cachalot macrocéphale.

C'est encore le pôle nord qui sert de refuge à ce marsouin ; il se tient au milieu des glaces du détroit de Davis, sur les côtes du Spitzberg et du Groenland; parfois il s'ézare dans les mers plus tempérees, et c'est ainsi qu'on en prit, en 4772, un individu long de vingt-un pieds dans la Tamise , un deuxième, en 1793, ayant trente pieds, et un troisième, de dix-huit pieds, qui échoua à l'embouchure de la Loire. Il faut sans doute lui rapporter aussi l’espèce dorsale moins élevée, dont Hunter fit son deuxième grampus, d'après un individu trouvé également dans la Tamise en 4773, et dont l'abbé Bonnaterre et M. de Lacépède ont fait leur dauphin ventru. M. Cuvier soupçonne, avec juste raison, que ce dernier, qui ne diffère de l’épaulard que par un peu moius d’élévation de la nageoire dorsale, et par un développement énorme du ventre, auroit bien pu avoir perdu le sommet de la première partie, comme cela arrive à beaucoup de cétacés, et que quant au ballonnement du ventre, il a dû tenir à ce que le sujet examiné par Hunter étoit dans un état de corruption avancée, d'où il devoit s'ensuivre une distension de l'abdomen produite par des gaz,

Tout porte à croire qu'Anderson avoit en vue l'épaulard lorsqu'il décrit son butzkopf(!); et la synonymie qu'il lui donne le prouve d’ailleurs. Il en est de même de son épée de mer, dont Bonnaterre et de Lacépède ont fait une espèce distincte, sous le nom de dauphin gladiateur (?). Le gladiateur ne difléreroit de l'épaulard en effet, que par moins de largeur de la dorsale, et par des formes corporelles plus ramassées; mais tons les détails de mœurs, d'habitudes, sont identiques, et prouvent d’une manière assez positive que cet épée de mer, et les killwrs des côtes des Etats-Unis, et de Terre-Neuve, ne sont pas distincts de l’épanlard. Les renseignements fournis par M. de Pagès, dans son | oyage au pôle nord, ne sont pas plus concluants. Voici ce qu'il rapporte (tom. EE, pag. 142): « Les poissons » sabres se voient aussi parmi ces glaces; mais ils » quittent plus rarement leurs climats gelés du » pôle. ls ont vingt-trois ou vingt-cinq pieds de » longueur; leur couleur est noire, etils portent » leur sabre perpendiculairement sur le dos. Ce » sabre a sa courbure en arrière de l'animal, et a » environ quatre pieds de longueur. Ils sont enne- » mis des baleines, vont en troupes de cinq ou six » pour la combattre, et ont un chef qui est plus » grand que les autres. J'ai vu des baleines fuir avec

() Hist. nat. du Groenland, t.U, p. 150.

(?) Delphinus gladiator, Bonn , Cét., p. 23; Lacép., pl. 18, fig. 2; Delphinus orca (var. B.). L.

HISTOIRE NATURELLE

» grande vitesse, et j'en ai vu d'autres pleines des » entailles du sabre de ces poissons belliqueux. » Or la description erronée de Pagès, celle tout aussi peu satisfaisante d'Anderson , ne peuvent autoriser à séparer l'épée de mer, l'espadon ou gladiateur, de l'épaulard.

Ce dernier est vorace ; son appétit ne peut se satisfaire qu'aux dépens d'un grand nombre de poissons; aussi dit-on qu'il se nourrit des plus gros; qu'il aime surtout les pleuronectes, et que , pressé par la faim, il se jette sur tout ce qu'il rencontre, aussi bien sur des dauphins que sur des phoques.

Lebuts-kopper d'Eggède est-il l'épaulard?Ondoit croire que, sous ce nom, le missionnaire danois parle du delphinus deductor de Scoresby, ou globieeps de M. Cuvier.

ho LE MARSOUIN DE PAIMPOL, Delphinus griseus. Cuv. (1)

M. Cuvier a décrit cette espèce d'après plusieurs individus qui échouèrent sur les côtes occidentales de France; et bien qu’elle ait beaucoup d'analogie avec l'épaulard, elle en diffère cependant, et par sa taille, et par quelques autres particularités, Un individu fortâgé, dont M.Duméril envoya le squelette de Brest, étoit long de onze pieds, et n'a'oit plus que quatre dents, fort usées, à la mâchoire inférieure. La taille de trois autres de ces marsouins, jetés en 1822 sur la pointe de l'Aiguillon, près de Rochefort, étoit d'environ dix pieds; un quatrième n'en avoit que sept; ce dernier ofroit huit dents entières à leur pointe, et placées seulementà la màchoire inférieure, tendis que les trois premiers n’en avoient plus que six ou sept, usées et cariées. Tous ces animaux étoient complétement édentés au maxillaire supérieur.

Etudié par M. Cuvier, le crâne du marsouin de Paimpol présenta, indépendamment d'un plus grand développement, plus de larzeur que celui du marsouin commun. Les plafonds des orbites sont plus écartés : leur lobe antérieur est rentlé, et séparé du museau par une échancrure plus profonde. Les intermaxillaires remontent jusqu'aux naseaux , et se renflent au-devant et aux côtés des narines, mais sans y former une élévation distincte par des sillons comme au marsouin. Le vomer n’est point apparent au palais.

Les vertèbres cervicales sont rapic:met soudées.

(:)G. Cuvier, Rapport sur les cétacés échouës à Paimpol, Ann. du Muséum,t. XIX,p 1 à 16, pl 1,fig 1; Desm., Mamm., sp. 775, p. 518. G. Cuvier, Oss foss., UV, p. 284 et 297, pl 22, fig. 1 et 2. Goldfuss., pl. 345.

Les dorsales sont au nombre de douze, ct 0 comptequarante-deux des autres, 1 ya douze « dont six articulées avec le corps des vertibres premier doigt a deux articulations, le second h le troisième sept, le quatrième deux, et le cinqui une seule, Le premier os du sternum n'a pa trou ; mais le dernier est légèrement échancré À

Tels sont les traits les plus saillants que prés la charpente solide du dauphin de Paimpol, Ce le caractérise, et le distingue à l'extérieur, so la fois, une tête mousse, obtuse, et bombe, logue à celle du marsouin vulgaire: une nage dorsale très élevée, très pointue, ayant quinze ces de largeur à son origine sur quatorze de hau et qui souvent manque par suite de blessures ; nagcoire est placée à peu près au milieu du cd Les pectorales sont énormément développées ; ontun pied de largeur à leur insertion, et ju trois pieds de longueur.

Les parties supérieures du corps, aussi tien les nageoires, sont d'un noir bleuâtre foncé, s'éteint à mesure qu'il descend sur les flancs qui fait place en dessous à la couleur blanch Le marsouin de Paimpol r'a point derrière l'@ tache d'un blanc pur que présente l’épaulard M. Cuvicr lui avoit d'abord donné le nom de phin gris, parce que le dessin original, do trouve une copie gravée dansles Annales du Mus offroit cette teinte.

Cette espèce vit dans nos mers, eta probe ment été souvent confondue avec l’épaulard les habitants de l’ouest de la France. Elle n’est sur nos rivages que pendant les tourmentes mois d'hiver, et lorsque, trop conliante, ou surprise par ces tempêtes si redoutables du de (Gascogne et du cap Finistère, elle ne peu sister aux vagues, et lutte en vain contre puissance.

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