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» mucus ; mais il ne paroit point que ces animaux » répandent de larmes , et ils n'ont pas de points » lacrymaux. L'iris de l'œil est jaunätre, et la pupille » a la forme d'un V renversé. L'ouverture de l'orcille » n'est pas plus grosse qu'une pipûre d'épingle; » celle des narines est placée sur le sommet de la
tète, précisément entre les yeux, et ressemble à » un croissant dont la concavité seroit dirigée en » avant.
» La nagcoire dorsale et celle de la queue n'ont » point de parties osseuses dans leur intérieur, et » ne sont pas susceptibles de mouvements particu- » liers : leur substance est un mélange de cartilages » et de libres ligamenteuses croisées en différeats » sens; celle du dos est presque toute composée de » graisse. »
La nageoire dorsale occupe à peu prèsle milieu du corps : sa forme est assez régulièrement triangulaire. Les pectorales sont oblongues et obtuses à leur sommet. La caudale est composée de deux lobes larges et échanerés à leur milieu. La surface du dos est arrondie avant la dorsale, et prend une disposition légèrement carénée à mesure que le corps s'aaniacit en allant vers la queue. Les chairs sont noires, gorgécs de sang, et recouvertes par un tissu cellulaire abondant, épais de plus d’un pouce, et d'une grande blancheur, Il se réduit presque enwèrement par la chaleur en une huile semblable à celle de la baleine, mais plus fine et plus estimée.
Le marsouin a le dessus du corps d’un beau noir bleuâtre, s'affaiblissant sur les côtés, et le ventre d'un blanc argentin. Les nageoires pectorales sont brunes, bien que naissant au milieu de la couleur blanche des flancs.
L'opinion la plus générale fait provenir le nom francois de marsouin de l'allemand meer schwein , qui signifie cochon de mer, par analogie avec la graisse abondante qui enveloppe le corps de cet animal; nous n’adoptons pas cette manière de voir. Marsouin découle , sans aucun doute, des deux mots usités dans la langue provençale, maretsuin, qu'on peut rendre littéralement par graisse ou cochon de mer ; ce mot suin servant encore dans beaucoup de nos proviices de l'ouest ct du midi à désigner les corps gras. La plupart des peuples onten effet donné Je nom de cochon de mer (sus maris) au cétacé doat nous traçons l'histoire ; et tandis que les anciens dressoient des autels au dauphin , l'être qui s'en rapproche le plus par les formes comme par les mœurs étoit relégué parmi les animaux immondes : telle est la justice des hommes! ils apprécient tout ce qui les entoure suivant leurs caprices ou leurs préjugés. Les noms divers que le marsouin a reçus sont multipliés à l'infini; chaque contrée, chaque peuple, chaque auteur, a consacré les siens. Pour les Francois, c'est le marsouiu franc, le cochou de mer ; c'est
le porpus et sea-pork des Anglois ; et remarquos en passant que ce nom de porpus, qu'on lrouveéc dans beaucoup de voyages nautiques porpess, e d'origine espagnole ou portugaise, car por=pesse 4 güilie indubitablement prisson-pore, dont on a f ensuile pourpois dans le moyen âge , et aujourd'h porpoisse , et pourcille en Saitonge, Les Portuss cependant, lors de leurs premières navigations, mo tionnent les marsouins et les dauphins en géné sous le nom de {oninas, que nous retrouvons dy la langue hollandoise, où il s'est glissé, et chan en fonyn ou funin. Les peuples du Nord appelle marsicin où meer-schiwein, que l'orthographe et altérations de la langue celtique ont plus où moi modifiés, notremammifère marin qu'Eggède désig sous le nom de niser, et qu’on trouve écrit da Othon Fabricius nisa ou nesa, d'après la pron ciation groenlandoise. C’est lebrunshop(téteécras des Danois ; le bruin-fisch {poisson noir) de qu ques Hollandois; le spring-hwal (célace saute de plusieurs peuples maritimes; le «uin-hral wcilingr des Islandois, suivant Martens.
« Les deux sexes, dans le marsouin, varient » peu à l'extérieur, même par les organes de la g » néralion (!); la verge rentre entièrement sous » peau , et l’on n'apercçoit en dehors que l'extrén » du gland. Celle du marsouin d'abord cylindriq » aprés avoir fait un coude , se termine en cône as » aigu ; celle du dauphin ressemble plutét à unel » gue aplatie. Les testicules sont cachés en deda » et portés par un ligament membraneux fourni » le péri oine, dans l'épaisseur duquel l'artère s » malique forme un plexus comme la veine.
» canal déférent, comme celui de l'éléphant, » replié sur lui-même jusqu'à son entrée dans l » tre. Il n’y à ni vésicule séminale ni glande de Ce » per; mais la prostate est énorme. La prem » moitié de l’urètre fait, avec celle contenue » la verge, un angle de quarante degrés : les e » caverneux ct leurs muscles s’attachent aux ps » osselets qui tiennent lieu de tout bussin, La » melle n'a point de nymphes, mais un clitorisas » notable. Son vagin est garni de rides transve » les, presque semblables à des valvules. Sa mal » est partagée très près de son orifice. »
La femelle porte six mois, d'après le témoiz d’Anderson.
Le squelette du marsouin offre également, dad disposition des pièces osseuses, des caractères cis et distincts. Comme nous l'avons vu, c'est tous les dauphins, celui qui a le museau le pluse et le plus large; et, bien que sa petitesse et la lo des dents le spécifient nettement , on doit y joi
{:) Cuvier, Histoire du marsouin, Ménageric du séum, in-folio.
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*s Anglois ; et remarquot yuillie que présentent les intermaxillaires au- | les quatre poches viscérales du marsouin sont destiporpus, qu'on trouveécé print des narines, qu'un large sillon sépare au- | nées à agir immédiatement sur des corps que les es nautiques porpess, psus de l'orbite ; puis une autre saillie en pyra- | dents n'ont point triturés, et qui sont cngloutis et
rtugaise, Car por-pesse 4 side tronquée , que l'occipital vient faire au-dessus | lancés d’un seul jet duns le premier estomac. Le uisson-porc , dont on à fi jsnaseaux , qui sont un peu concaves et plus hauts | canal digestif diminue de diamètre jusqu'à l'anus, moyen âge , et aujourd'h pe larges à au-devant des narines, sur le bord de | au point que le rectum est d’une minceur extraorn Saistonge. Les Portugs illie des intermaxillaires, apparoit une petite | dinaire, et rien ne retrace les gros intestins et les
remières navigations, me wie anguleuse des maxillaires. Les intermaxil- | cacum; sa longueur totale égale, dit-on, onze fois . OC } n . .
et les dauphins en génés kes ne remontent point du bord externe des na- | celle de l'animal entier.
, que nous retrouvons di «jusqu'aux naseaux. L'échancrure qui sépare le Le foie n'a que deux lobes, et point de vésicules st atnet lice nt oh: ne . ac + se
Du il s'est glissi au chan | antérieur de l'orbite et le museau n'est pas pro- du tiel ; les rates sont au nombre de sept, et dimipeuples du Nord appelle ble, Le défaut de symétrie que présentent les têtes | nuent de grosseur. Les reins, dépourvus de bassi-
ein, que l'orthographe ct uuxes des cétacés est beaucoup moins sensible | net, sont divisés en plusieurs lobes distincts ; cepenceltique ont plus où moi; marsouin ; les vertèbres cervicales sont min- | Gant M. Baer pense que les calices sont réunis en re marin qu'Éggëde disig set soudées; on compte treize paires de côtes | un canal ramifié, qui n'est autre qu'un bassinet de et qu'on trouve écrit di nt sept s'articulent aux corps des vertèbres : il à | forme extraordinaire, à nesa, d'après la ble bit vertébres cervicales, quatorze dorsales et qua- La langue est molle, large, aplatie, et dentelée 'estlebrunshop(téeécra cinq lonbaires, sacrées et caudales : les der- | sur ses bords; la trachée-artère se compose d’ansch (poisson noir) de qi hrs sont petites, et en partie incrustées dans la | neaux cartilagineux entiers ; le larynx s'ouvre par a Ribrn R ne anE woire de la queue. Le sternum est soudé de bonne | une fente dans les œsophages ; il n’y a point de ligamaritimes ; le suin-hiul bre; le premier os est percé d’un large trou, et | ment de la glotte ; l’épiglotte est rudimentaire. suivant Martens. | let point anguleux sur ses bords. L'orcille interne du marsouin est, dit M. Cuvier, ns le marsouin, varientt l'appareil digestif se compose de quatre estomacs; | de même que celle des autres cétacés, creuste dans me par les a us de La lier en a compté jusqu'à sept : le premier estle | un os particulier, qui ne fait point partie du crâne sue es as kw volumineux; il ressemble à une large poche | comme dans les mammifères, mais qui n’y tient que it en dehors que l'extrét dl, et s'unit au deuxième estomac par un renfle- | par des ligaments. La trompe d’Eustache va s'oursouin d'abord care mtque terminent deux portions étrangléesqui l'ont | vrir assez haut dans le nez; c’est sans doute par là ude , se termine en CON Sent fait compter pour une véritable poche gas- | que l'animal entend ce qui résonne dans l'air. C’est inressemble plutüt aunel je; le deuxième estomacest arrondi ; letroisième | avec elle que communiquent les cavités auxquelles icules sont cachés en dej; is en tube recourbé; le quatrième esttout- | nous attribuons le siége de l'odorat; de sorte qu'on ment membraneux fourni itglobuleux. Une membrane veloutée et épaisse, | pourroit prétendre, jusqu'à un certain point, que le ipaisseur duquel lartéres xeée par des rides nombreuses, revêt les parois | marsouin entend par le nez et sent par l'oreille. plexus comme la veine, premier estomac. Le pylore est lui-même garni Le cerveau est large, convexe, formé de nomnme celui de l'éléphant tes iellement fortes et saillantes que nul corps | breuses et profondes circonvolutions, et recouvre jusqu'à son entree dans l imineux ne pourroit le traverser. Les plissures | Je cerveletenerrière. On netrouveque chezl’homme le séminale ni glande de rime estomac sont entre-croisées en divers | et les singes cette disposition de l'organisme. te est énorme. La pr. ces parois sont formées d'une sorte de pulpe De nombreux travaux ont été publiées en ces derait, avec celle confente «homogène ; et la muqueuse qui les tapisse est | nicrs temps sur la structure interne du cétacé qui de quarante degrés : se lisse. Le troisième est simplement membra- | ous occupe; la plupart confirment ou détruisent muscles 5 LE “:la muqueuse est couverte d’une infinité de | Jes opinions admises jusqu'ici, {ls nous sont trop € lieu dde tout Dessile EBEK pores. Enfin le quatrième ressemble beau- | imparfaitement connus pour que nous cherchions ymphes, mals 11 se au premier. à en présenter même une analyse, et, bien qu'imest garni de rides ST les auteurs n'admettent point ces quatre es- portants d'ailleurs’, ils nous entraincroient hors du bles à des valvules. Sa mal es indiqués et décrits par M. Cuvier; M.Baer, | cadre que nous avons dà nous tracer ( ). ès de son oriliee.", tiuires, qui s’est beaucoup occupé de l'anato- Le marsouin se trouve dans toutes les mers d'Eux mois, d'après 1e KM di marsouin , pense que le réservoir principal rope, aussi bien dans l'océan Atlantique que dans “nutrition ne se compose que de trois cavités rsouin offre également, 16 es coque le quatrième estomac de M. Cuvier () Quelques observations anatomiques sur un marosseuses , des caracléres RES tue le duodénum dilaté, faci'e à reconnoître | souin peu avancé en âge, par le docteur E. Richwald me nous l'avons vu, Cest l'insertion du canal cholédoque , et par la distri- | (Mém. de l'Acad. imp. de Pétersbourg, L. IX, p. 431); lui qui a le museau le pluse Hndes vaisseaux : M. Arthur Jacob partage cette | Anatomie du marsouin, par le professeur Baer de Kæien que sa petitrsse el la fo Won, nigsberg! Isis, Fam A LU AU Rs nettement , on doit } jo! ls nombreux estomacs ont pour but de faire a De À 811); Anatomie des Cétacés “aux substances alimentaires diverses élabora- | qu genre dauphin, par M. A. Jacob : Mémoire accomu marsouin, Ménagerit du “successives ; car de même que le gésier est | pagné de l'anatomie d'un marsouin, par Tyson (Dublin
les oiseaux le seul organe digesteur, de même philos. journ., 1826, février, p. #5; mai ,p. 192
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la Méditerranée. Il se réunit par troupes considérables, dont les individus nagent le plus souvent à la file les uns des autres, en ne montrant jamais à la surface de l'eau que la partie supérieure de leur corps, de sorte qu'ils ont l'air de faire un mouvement de rotation complet sur eux-mêmes. Ils ne paroissent point quitter les côtes, et jamais on n'en a rencontré dans la haute mer ; ils remontent les fleuves lorsqu'ils sont acharnés à la poursuite des poissons; mais, en général, ils ne dépassent guère la ligne où finit le mélange des eaux salées avec les eaux douces. Très souvent nous avons vu des marsouins nager contre le courant de la Charente, jusqu’au-delà de Rochefort, à cinq lieues de l'embouchure de cette rivière.
Lorsque la surface de la mer n'est pas agitée, que
les marsouins sont repus, on les voit s'élancer hors de l’eau, faire des bonds rapides, et s'exciter réciproquement dans leurs jeux. C'est ce qui arrive surtout dans les beaux jours de l'été, au moment où les mâles veulent obtenir la possession des femelles ; c’est alors aussi qu'ils se disputent la jouissance de ces dernières, qu'ils se livrent des combats à outrance, et que leur passion brutale les aveugle au point que nul piége, nul danger, ne peut arrêter la fougue de leurs désirs impétueux. On dit même que, dans ce moment, leur jugement est tellement obscurci par l’amour qui les transporte, qu'ils se heurtent contre les navires, ou qu'ils vont se jeter sur les rivages. La femelle ne donne le jour qu'à un seul petit ; elle en prend le plus grand soin , et surveille pendant une année avec la plus tendre sollicitude le développement de ses forces.
* Le marsouin émigreroit-il? tout porte à le croire, Les Islandois, qui ont déguisé son imprévoyance en admettant qu’il étoit aveugle, en font des pêches considérables au mois de juin (!). C'est principalement en été, suivant Othon Fabricius, qu'il est commun sur les côtes du Groenland; et ce n'est jamais que dans l'hiver et dans les premiers mois du printemps qu'on le rencontre abondamment sur les côtes de France : ce fait, d'ailleurs, avoit déjà été remarqué par Belon.
Les pêcheurs hollandois croient que le marsouin monte à la surface de l'eau à l'approche d’une tempêle , et que sa présence en est un sûr pronostic. Ils distinguent le marsouin franc, et uue espèce beaucoup plus petite qu'iis nomment le marsouin ouelle.
Plusieurs peuplesrecherchent le marsonin à cause de son huile ; mais comme c’est un animal de petite
(‘) Anderson a été jusqu'à dire que si les Islandois en prenoient un aussi grand nombre, cela tenoit à ce que cet animal, vers celte époque. Jevenoit aveugle par la formation d’une petite membrane qui voiloit ainsi le globe de l'œil.
taille et fort agile, sa pêche n'a jamais été qu'ac dentelle et très hornée, et c'est bien gratuiteme sans doute, que M Noël de La Morivière 9 prête
que la compagnie des Walmans , dont les ancien chartes du moyen âge de la monarchie francoisen révèlent l'existence, se bornoit à la péche dur
souin ; tout porte à croire que c'étoit alois, dem
qu'aujourd'hui, celle de la baleine.
Comme aliment, la chair de ce cétacé repon et par son odeur, et par sa saveur, le palai moins difficile; elle n'est cependant pas aussi r vaise qu'on le dit en plusieurs livres, [1 paroit q en faisoit autrefois quelque consommation dur carème, et qu'on s’occupoit alors vlus particu rement de la pèche du marsouin, Les marins de jours, dont le goût obtus n’est point blasé pa délicatesses de la vie, ne dédaignent point chair; et bien qu'elle soit noire, compacte, À leuse, indigeste, et accompagnée d'une odeur grante et sui generis , ils en font d'excellents re Ilen est de même des Groenlandois, au dire d'Ot Fabricius ; et ce fait n'a rien qui étonne, car on que les peuplades polaires, luttant sans cesse co les besoins qui les assiègent sous d'âpres cli trouvent dans la chair des cétacés un mets exq et dans l’huiie qu'elles en expriment, un breu au-dessus duquel leur sensualité ne connoit rie plus délicieux.