‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 495 sur 514 · SE PETER · texte numérisé non relu

SE PETER

la masse totale; mais lorsqu'à sa mort son cadavre est en proie à la putréfaction, il se distend outre mesure, au point que le tiers de l'animal surgit audessus de l'eau, et les gaz qui l’enflent font quelquefois effort pour se procurer une issue en brisant la peau qui les emprisonnoit.

La queue est le levier puissant avec lequel la baleine, pressant dans les deux sens l'immense colonne d'eau qui la comprime, s'avance et imprime à sa natation une grande rapidité locomotrice ; mais son nager plus facile, ou lorsque le cétacé veut se détourner d’un côté ou d’un autre, s'obtient par des mouvements latéraux de torsion plus simples et moins énergiques de sa caudale. Quant aux pectorales, presque constamment déployées dans le sens horizontal, leurs principales fonctions se réduisent à faire l'equilibre du corps, et maintenir, en pressant le liquide, la partie la plus pesante, telles que la tête et le haut du tronc, car on a remarqué qu'aussitôt que ces organes ne remplissoient plus leurs fonctions, le corps alors tournoit sur le côté ou se renversoit complétement.

Bien que la baleine paroisse en général lourde et massive , elle peut cependant, dans un court espace de cinq à six secondes, plonger rapidement à une grande profondeur ; sa natation est aussi aisée horizontalemert que dans le sens vertical, M. Scoresby a remarqué qu'un de ces animaux atteint d’un harpon est descendu à quatre cents brasses avec une vitesse qu'il estime être de sept à huit milles par heure : cependant ces cas sont exceptionnels, et la rapidité de sa marche n'excède point d'ordinaire quatre milles par heure; et lorsqu'elle va jusqu’à huit ou neuf, ce n'est que pendant quelques minutes et à la suite de blessures ou de vives frayeurs. Parfois, réunissant tous ses efforts, et jouant à l’épéque des amours, la baleine franche s'élance en entier hors de l'eau , et saute ainsi au-dessus des vagues, à la manière d’un scombre. Un tel spectacle est imposant sans doute, dit M. Scoresby, lorsqu'on est à certaine distance, mais il n'est pas sans inspirer quelque terreur au pêcheur novice qui est à son début. Sonvent les baleiniers expérimentés ne craignent point d'approcher la baleine dans des moments en apparence aussi inopportuns, et de la frapper de leurs harpons. Lorsqu'un cétacé, dont le corps a soixante pieds environ, avec une circonférence proportionnée, joue et cherche à folâtrer, ces plaisirs devront être grossiers et bruyants, et ses mouvements des secousses qui bouleverseront les vagues et en porteront au loin les agitations : c'est aussi ce qu'on a remarqué, et, par un temps calme, on entend, à une grande distance, la mer violemment agitée par les nageoires qui la frappent ; on voit l'eau qui s'élève dans les airs et retombe en pluie, et les vagues, nées de l'agitation, formant un large cercle qui va au loin détruire cette

HISTOIRE NATURELLE

uniformité de la surface des ondes. Le craquemen erit €

qui interrompt fort souvent le calme des nuits arcti@ ependi ques n'est point le résultat d'un banc de glace qi, cit se brise, ni celui d'un vaisseau dont les joints son #4 les entr'ouverts par un fatigant roulis ; il est souvent ris produit par de brusques saccades de la large ram@

caudale d'une baleine qui frappe l'air, et dont 1h pe bruit peut s'entendre à deux ou trois milles ( deu@® pe tiers, ou une lieue marine). 4 # .

La baleine qui nage paisiblement à la surface de 1

| | k - pidité ; mer, et qui veut plonger, soulève sa tête pour la di }

jun file

riger perpendiculairement, élève son dos comme 1@ de des segment d'une sphère, déploie sa queue, s'enfond@® de ati et disparoit. 3 Lu Le temps que les baleines restent à la surface de 1 dilées mer pour respirer ne dépasse guère deux minute juil gr et dans cet intervalle elles font huit ou neuf expir ice vas tions. après lesqueiles elles plongent sous l'eau pot Les reparoitre cinq ou dix minutes après, et plus rar@l Y. Scor ment au bout de quinze où vingt minutes; c'est qi qu'on p que les pêcheurs appellent manquer. Le milie ifiren qu'elles affectionnent sous la couche d'eau est it ss |

connu. On doit supposer cependant qu'il n'est pas uable une grande profondeur, à en juger par leur reto nriétés prompt et périodique à la surface. Hn'en est pas « rs même lorsqu'elles sont blessées ; la ligne qui suit ang harpon indique précjsém nt la distance verticale As laquelle elles pénètrent ; et on peut lévaluer, avé 4 Force assez de certitude, à un mille où un tiers de lie ses marine. Mais la rapidité avec laquelle les balein es gr plongent est d'autant plus vive que la blessure e sde: plus profonde et à porté de plus grands désordr sas dans leur organisme ; aussi a-t-on tiré parfois par roi ligne attachée au harpon, et à sept ou huit cen pohable toises, des baleines qui, en se précipitant comn Les be une masse pesante sur les rochers du fond de la me :) Egg où on Îles avoit frappées, présentoient leur cràd & clio : fracassé, ou leurs mâchoires brisées par la violen®@h »besoin du choc. Il seroit fort difficile d'admettre l'opinion ‘tres pol de quelques pêcheurs, qui croient que la ble *Consisu peut rester plusieurs heures, lorsqu'elle est pais eos ble, sous les banes de glace, ou au fond de la ms, in l'e sans respirer : la grande consommation d'air amd ; dre ave sphérique qu'exigent ses volumineux poumons ret ipèce d'i peu probable cette assertion. Fest rare de la re les doig contrer <e livrant au sommeil ; cependant lorsque fs he mer est calme et unie, on la voit parfois au mili per: des bancs de glaces, qui la protégent, en goûter | \diaméts douceurs. vpetits fa Les aliments dont se nourrissent les baleines co@i"1rer dan sistent, dit on, en actinies, elios, sèches, méduse@ "maoher | R HR EN 1gros ou

cancers el petits mollusques marins. Mais c'est si son , el tout le clio orealis, ptéropode qui pullule par MÉ , ecevoi riades d’essaims dans les mers du pôle boréal, qu'd ouvre c: à jusqu’à ce jour regardé comme la matière alimed 4 ‘nature 4 autres,

laire presque exclusive de ces cétacés, et qu'Ezgè

d'un tan

ondes. Le craqueme calme des nuits arcti l'un banc de glace qu tu dont les joints son roulis ; il est souver ades de la large ram appe l'air,et dont 1 ou trois milles ( deu

sement à la surface de I lève sa tête pour la di lève son dos comme |

ie sa queue, s'enfona

estent à la surface de » guère deux minüte it huit ou neuf expira ongent sous l'eau pot es après, et plus rare ingt minutes; c'est manquer. Le milie à couche d'eau est i adant qu'il n'est pas juger par leur reto face. El n'en est pas « ‘es; la ligne qui suit la distance verticale n peut l'évaluer, avé e ou un tiers de lie * laquelle les balein ve que la blessure e lus grands désordr t-on tiré parfois par Là sept ou huit cen se précipitant comm iers du foud de la me ésentoient leur erût risées par la violend » d'admettre l'opinit roient que la balei lorsqu'elle est pais ou au fond de la md smmation d'air atmd nineux poumons ret Iest rare de la re ; cependant lorsque voit parfois au mili otégent, en goûter |

ssent les baleines cot

ios, sèches, méduse arins, Mais c’est si e qui pullule par m du pôle boréal, qu

ne la matière alimet 4

cétacés , et qu'Ezsè

kerit et figure sous le nom de hual-fiske-aas (!) :

Mpendant M. Scoresby dit n'avoir trouvé dans la apacité de l'estomac que de petits crustacés, tels ue des chevrettes, peut-être que ces clios servent

ke pâture à un grand nombre de petits animaux ma-

= ns que les baleines recherchent, et que leur pré-

> enre simultanée dans les mêmes parages peut ètre

» apliquée de cette manière.

En prenant sa nourriture la baleine nage avec raidité; ses mâchoires sont ouvertes et font l'oflice jun filet que traineroit une embarcation : l'eau char-

te des êtres qui pullulent dans son sein s'engouffre > jns son vaste gosier, en est repoussée par les parois » rmées de toutes parts, et sort à travers les barbes

D ilées des fanons sans que le moindre petit insecte,

+ jil gros comme un grain de millet, püût échapper

D ice vaste lacis.

Les caractères des baleines franches du Nord, dit

> |. Scoresby, ont trop d’analogie entre eux pour > qu'on puisse en tirer des inductions sur des espèces äfférentes. Cependant les proportions des diverses

wrlies du corps varient d’une manière fort remarable, et doivent peut-être autoriser à indiquer des ariétés dans l'espèce prise en elle-même. Ainsi ertaines baleines ont une tête qui fait les quatre lixièmes de leur longueur totale, dans d’autres elle

rexcède point trois dixièmes. El en est de même de

à circonférence ; elle varie de sept dixièmes de la plus grande longueur à six dixitmes : or ces dimensons sur un animal de soixante pieds par exemple innoncent des différences dans le squelette, dont il

L «roit fort important d'établir les caractères et qui

probablement deviendroient spéciliques.

Les baleines entrent en chaleur vers la fin de l'été ;

Eggède, pag. 52, décrit en ces termes cette espèce

» de Clio : « On s'imagineroit qu'un si grand corps auroil

besoin pour sa nourriture d'un grand nombre d'au-

-aitres poissons ou animaux de mer; mais sa nourriture

iconsiste en une sorte d’insecte que l'on appelle hualifiske-aas, qui est d'une couleur brune,et muni de deux

à petites nageoires, par le moyen desquelles il se remue = dans l'eau, silentement néanmoins qu'on peut le pren- » dre avec la main aussi bien qu'avec un seau: cette esà pèce d'insecte est si mou que, quand on le frotte entre

iles doigts, on croit tenir de la graisse ou de l'huile de

D poisson. I abonde de tous côtés dans les mers du

> Groenland, et cette sorte de baleine lerecherche beau-

D coup. Comme elle a le gosier extrêmement étroit, son

diamètre n'ayant pas plus de quatre pouces, que les spetits fanons à l'extrémité de la langue semblent enitrer dans son gosier, et qu'elle n’a point de dents pour

= :mâcher ou broyer, elle ne sauroit avaler quelque corps = gros où dur; mais il est proportionné à ce petit poisson, et les sèvres d'une grandeur énorme en peuvent

recevoir et retenir une grande quantité lorsqu'elle les

ouvre comme un fliet et qu'elle les ferme ensuite, La

nature a muni sa bouche de fanons si prés les uns des autres, que l'eau seule peut sortir, comme au travers d'un tamis, tandis que sa proie demeure, »

CN

c'est principalement vers les beaux jours du printemps que les femelles sont accompagnées de leur nourrisson. Un baleinier prit vers la fin d'avril 1814 un jeune qui avoit encore le cordon ombilical, La gestation est d'environ dix mois; et chaque femelle donne le jour, en février ou mars, à un seul petit, très rarement à deux, dont la longueur est de dix à quatorze pieds. La mère n'abandonne point son enfant, au moins tant qu'il n’a pas pris de forces suffisantes, et que ses fanons ne sont pas assez sortis des gencives pour le mettre à même de chercher sa nourriture et de se passer d'un secours étranger. Si la remarque faite précédemment, que les fanons indiquent l'âge par les interstices qui en séparent les lames, est juste, on peut en tirer la conclusion, suivant M. Scoresby, que la baleine prend sa taille ordinaire à douze ans, lorsque ses fanons ont six pieds, et qu'ainsi à vingt ou vingt-cinq ans elle a parachevé sa croissance. Tout porte à croire alors que son existence est longue et se compose d’une nombreuse suite d'années; d’ailleurs à mesure qu'elle vieillit la peau change de couleur et devient de plus en plus grise, tandis que le blanc de la tête jaunit et que la couche de tissu cellulaire diminue. Les vieux individus en effet donnent beaucoup moins d'huile, ce qui est dù au grand développement des parties membraneuses et de l’'épiderme de l'enveloppe cutante.

Tout animal en donnant le jour à celui qui le doit remplacer dans le système harmonique de notre planète, pour continuer ainsi le cercle éternel de la vie, a recu pour première loi instinctive la tendresse ou l'attachement de la paternité, Peu d’'animarx ont éludé cette loi qu'ils ne vont point chercher dar s un code écrit, mais qu'ils se transmettent comme une conséquence de leur organisation, La baleine en apparence si grossière, si stupide sous d’autres rapports, ressent vivement ce besoin d’attaciement pour ses petits et leur en donne des preuves qu'elle paie souvent bien cher, L'isexpérience ou l’étourderie des baleinsaux (c’est ainsi qu'on nomme parfois les très jeunes baleines) les jette sans précaution sous les coups des baleiniers, qui les harponnent non parce qu’ils espèrent en retirer le moindre profit ‘), mais parce que la mère inquiète, troublée par l'éloignement du fruit de ses amours, oublie sa timidité naturelle, le cherche avec une aveugle ou platôt une courageuse confiance, et vient d’ellemême se livrer au fer qui la menace et qui met fin à ses inquiétudes et à sa vie. Mais heureuse lorsqu'elle a trompé l'avide espoir des baleiniers, on la voit pousser son petit à fuir, s'élever avec lui lorsqu'il vient respirer, le presser de sa nageoire, le protéger de son corps, bondir avec violence pour

. {9 On n’en obtient qu'un tonneau d'huile médiocre

exprimer sa fureur, et l'entraîner lors même qu'il est blessé à mort, À ce sujet M. Scoresby raconte qu'un de ses matelots harponna, en 1811, une jeune baleine dans l'espérance d'attirer la mère et de s'en emparer, mais que celle-ci s'éleva brusquement près du canot meurtrier, saisit son enfant et l’entraina avec une force et une promptitude remarquables : toutefois on la vit bientôt s'élever à la surface de la mer, bondir, se jeter de côté et d'autre, et donner en un mot les signes lés moins douteux du plus violent désespoir ; elle sembloit dans cet état ne plus connoître de danger, aussi fut-elle entourée de canots qui la massacrèrent (!) sans respect pour les angoisses du malheureux animal qui montroit plus de sensibilité que l'équipage des baleinières n’en accorda jamais à aucun membre de sa famille.

La destruction d'un animal qui témoigne tant d'attachement pour ses petits, dit M. Scoresby, inspire une grande tristesse ; mais la valeur de la prise, la joie du triomphe, font taire tout sentiment de compassion !

On ne peut pas dire que les baleines vivent en troupes, parce qu'on en rencontre un grand nombre de réunies sur plusieurs points. En général elles ne vont que deux ensemble, et sont le plus souvent isolées. Les mâles paroissent être plus nombreux que les femelles; car M. Scoresby, sur cent vingtquatre baleines prises sur les côtes du Spitzherg dans un laps de huit années, a compté soixante-dix mâles et seulement cinquante-quatre femelles, ce qui établit un rapport de cinq à quatre.

La baleine franche n’est nulle part plus abondante que dans les régions hyperborées du Groenland et du détroit de Davis, dans la baie de Baffin et dans celle d'Hudson, On la rencontre dans les mers situées au nord du détroit de Behring, et le long des côtes septentrionales de l'Asie et peut-être de l’Amérique. On ne l'a jamais observée dans la mer d’Allemagne, et rarement à moins de deux cents lieues des côtes d'Angleterre, Sans doute on ne doit pas la confondre avec la baleine du Sud, qui se présente périodiquement et en grande abondance sur les rivages de l'Afrique et de l'Amérique méridionale ; mais ce qui isole encore mieux ces deux espèces est un caractère qui n’est point à dédaigner : la baleine australe est souvent recouverte de coronules, tandis que la baleine du Nord n'en a jamais. Ne devons-

() « At lenght, ane of the boats approached so near, »that à harpoon was hove at her,it hit, but dit not » attach it self, À second harpoon was struck; this also » failed to penetrate : but a third was more effectual, » and held, Still she did not altempt to escape : but al. »lowed other boats to approach; so that, in a few mi- »nutes, three more harpoons were fastened : and in pthe course of an hour afterwards, she was Ailleda» Scoresby's Acc., p. 472,1, 1,

HISTOIRE NATURELLE

nous pas conclure de ce fait que la première habite presque constamment des parages plus échanflés, où la température permet à ces mollusques de vivre cramponnés sur Sa peau ainsi que sur celle des cachalots, tandis que le rigoureux climat du Nord ne lui permet point de se développer et de vivre? Certaines baleines du Sud ne s'éléveroient done jamais dans les hautes latitudes australes ?

La baleine, timide par caractère, inoffensive lors même qu'elle est tourmentée , a peur d’un oiseat qui vole au-dessus d'elle. Elle s'offre done sans moyens de défense aux coups de ses ennemis, et ceux-ci sont nombreux ; à part l'homme, le plus in dustrieux commg le plus dangereux de ses adversai res, la baleine franehe est sans cesse harcelée , sui vant l'opinion reçue , par les squales, les scies, le espadons , et surtout les narwhals. Quant à ces der niers, M. Scoresby doute beaucoup qu'ils vivent ent état d'hostilité avec la baleine, parce qu’il a observé que les bandes de narwhals se trouvoient constam ment dans les lieux où les baleines sont plus nom breuses, et que les uns et les autres paroissent dan la meilleure intelligence. Les pêcheurs s’applaudis sent même, à leur entrée dans les mers du Groen land , de la présence des licornes, qu'ils regarden comme le signe le plus favorable du voisinage des baleines franches. M. Scoresby n'a jamais vu no plus de combats entre le cétacé qui nous occupe cd les espadons et les scies. Qui plus que lui cepen4à

dant, après un si long séjour au milieu des mers po lach laires, pouvoit nous fournir à ce sujet des détail chés plus précis ? On a donc beaucoup exagéré cesinimitiésÆ sur l

Les squales toutefois, sans être très redoutables At dont à cause de leur petite taille, s'efforcent de déchire Lah

quelques lambeaux de chair, et l'on rencontre sou avec

vent des baleines dont la queue est couverte de cih encor catrices qui proviennent de ces morsures. Vivante@} sans elles doivent aisément triompher ou repousser uni dans tel ennemi, et l'on doit croire qu'il ne se repait quel goût du cadavre de celles qui ont expiré. 2 vons

Si les Européens retirent de la baleine d'immenses les n produits, les peuplades qui vivent sous le ciel ri-Æi river. goureux des régions arctiques lui empruntent la baseln dans de leur existence , et trouvent en elle les provisions uvra nourricières qui leur font supporter gaiement dans, à lab leurs Yourtes souterraines la rigueur de leurs hivers, œup de six mois et des longues nuits que dissipent à Ce peine les aurores boréales. Aussi la chair de baleine, BN riture dont tout Européen ne pourroit se nourrir sans un” invincible dégoût, est considérée par tous les habi tants des côtes septentrionales de l’Europe, de l'Asie et de l'Amérique, et par ceux qui vivent sur les bords du détroit de Davis et de la baie d'Hudson, comme une substance délicate et savoureuse. Les Esquimaux ne connoissent point d'aliment plus flat-{ teur, de mets plus exquis, que cette chair noire,

que la première habite arages plus échanffés, res mollusques de vivre i que sur celle des caeux climat du Nord ne »pper et de vivre? Cer léveroient done jamai trales ?

actère, inoffensive lors ée , a peur d’un oise Elle s'offre donc sans ups de ses ennemis, et rt l'homme, le plus in gereux de ses adversai ans cesse harcelée , sui

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ue cette chair noire,

! dont l'estomac est accoutumé aux substances rances : et huileuses ; que les Islandois, qui font du pain - avec l'écorce de sapin, aient mangé et mangent L encore de la chair de baleine, nous le concevons » sans peine; mais que l’on en ait fait un grandusage dans l'Europe tempérée, malgré la grossiéreté du à goût des habitants d'alors, c'est ce que nous ne pou- = vons admettre. Il est probable que les dauphins et

- dans tous les genres : et Rondelet, cité dans cet

> œup mangé dans aucun temps.

D riture que les peuplades de la race esquimau esti-

huileuse et coriace ; et l'huile, qu'ils boivent avec

» délices, leur paroit être ce que le ciel à fait de plus séduisant pour leur friandise. Ce breuvage est ren-

fermé dans des vessies qu'ils portent avec eux, soit qu'ils aillent à la pêche, soit qu'ils aillent à la chasse, et de temps à autre ils visitent ce vase avec le même plaisir qu’un buveur décidé d'Europe éprouve à vider sa bouteille. Ils aiment encore la peau de baleine

* crue, des vieux individus comme des jeunes, sur-

tout lorsqu'elle présente des portions de tissu cellulaire : ils la coupent par lanières ; et les femmes qui vont au travail donnent à leurs enfants attachés sur leur dos, suivant la coutume de ces tribus, pour les apaiser lorsqu'ils pleurent, et en place de sucreries, des morceaux de ces lanières que ceux-ci sucent

… et dévorent avec joie. M. Scoresby rapporte que la

chair de baleine est très mangeable lorsqu'elle est cuiteavec dusel et du vinaigre ; que bouillie ou rôtie elle n’est point à rejeter : mais il n’a jamais goûté que celle des jeunes individus, qu'il dit être bien préférable.

S'il falloit s'en rapporter à l'opinion émise par M. Noël de La Morinière dans son Mémoire sur l'antiquité de la péche de la baleine par les nations européennes, on auroit fait dans les Xui°, Xui°, AV et xv° siècles une grande consommation de viande de

- haleine chez les Islandois, les Hollandois , les François, les Espagnols, et probablement les Anglois.

Il dit qu'au x1u° siècle on vendoit particulièrement

4 la chair et surtout la langue de baleine dans les mar- 2 chés de Bayonne et de Biariz, et qu'on les servoit

sur les meilleures tables. Que les peuples du Nord,

les marsouins ont servi d'aliments aux habitants iverains, dans ces siècles d'abrutissement du goût

uvrage, nous offre son témoignage; mais quant la baleine , il n’est pas probable qu'on en ait beau-

Ce n’est point sous l'unique rapport de la nour-

ment la baleine , elle fournit encore à la plupart de eurs besoins : la membrane péritonéale, mince, ransparente , sert à faire des vitres pour leurs hutes d'été; däns les parois des intestins ils taillent kurs tuniques, dont ils cousent les coutures avec des filaments tendineux tirés de la queue ; avec les sils façonnent des harpons ou des lances pour la

| chasse des phoques et des grands oiseaux de mer,

et se servent des côtes pour les piquets ou les étaies de leurs demeures ; les tendons donnent des cordes et du lil; et les fanons, si précieux par leur force et leur souplesse, sont aussi utilisés,

Les matières que le commerce et les arts curopéens préfèrent dans les baleines sont donc les fanons et l'huile; on à aussi proposé d'employer en teinture lesexcréments, qui sont d'un rouge vif; mais nous ne savons passion en à fait quelques essais un peu en grand à ce sujet, et jusqu'à quel point ce procédé pourroit être employé : tout ce que nous pouvons dire, c'est que la défécation de la baleine se fait par masses énormes, liquides, très fétides, et qui teignent une vaste surface de mer en beau rouge.

Les fanons, connus en Europe sous le nom de baleine, travaillés par les mains habiles d'ouvriers industrieux, servent à faire ces ombrelles, ces parapluies si utiles par la variation du climat des contrées tempérées ; par leur élasticité et le noir brillant qu'ils prennent, on s'en sert pour faire des cannes souples et en même temps solides ; des verges pour les sacristains et pour les massiers des facultés ; des corsets enfin, destinés par le caprice des modes à déformer et faner de Lonne heure les charmes les plus séduisants de la femme. Ces fanons tirés du palais de la baleine demandent quelques préparations , dont l'Histoire des pêches des Hollandois(1) donne la description et que nous rapporterons brièvement,

La matière gélatineuse qui soude entre elles les lames minces des fanons prend plus de consistance et de ténacité après la mort de l'animal ; de sorte que la réunion des fanons ne forme plus qu’une seule masse, que les baleiniers grattent et nettoient dans son état de fraicheur pour la débarrasser des gencives et des chairs qui pourroient y adhérer ; on la sépare par lames minces, au moyen d'un coin propre à cette opération; on coupe les barbes eflilées avec u::€ herminette, et on les fend en morceaux de grosseur convenable que l’on fait sécher isolément afin que l’air les débarrasse des mucosités et autres matières putrescibles qui les feroient se gâter ; ces morceaux, avant d’être placés à l'air, sont lavés, raclés, frottés avec une brosse, et ne sont renfermés

dans un lieu sec qu'après avoir subi ces diverses préparations. Lorsqu'on les a mis en bottes sans les avoir préalablement débarrassés des chairs, il convient, au moment où on veut s'en occuper, de les ramollir dans l’eau tiède, et souvent avec de l'huile, pour leur redonner de la souplesse et les sécher ensuite comme il a été dit précédemment, 1 L'huile de baleine, qui contient au milieu de ses principes constituants une assez forte proportion de cétine ou plutôt de phocénine, est de première né«

() Page 134, lomel.

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cessité dans la plupart des arts. Ceux en effet qui emploient les corps gras huileux en font une consommation énorme , et qui s'accroit chaque jour Ce seroit outrepasser les bornes que nous devons nous imposer par la nature de cet ouvrage que de rechercher les quantités de cette matière utilisées par les manufactures et par les arts, les gains qui en résultent pour les pêcheurs, déduction faite des frais d'armement et des droits perçus par les gouvernements, etc., elc.; envisagée sous ce rapport , la pêche de la baleine n'appartient plus à l'histoire naturelle, c’est une branche de l'économie politique, une des ressources les plus fécondes de la puissance des Etats : c’est, en un mot, à la statistique commerciale à présenter le tableau des immenses avantages de cette industrie, malheureusement trop négligée en France.

On à beaucoup discuté pour savoir quels peuples s’étoient livrés ies premiers à la pêche de la baleine, dans l'océan Atlantique d'Europe et dans le Nord (!). L'opinion générale à, jusqu'à présent, reconnu les Basques pour les plus anciens des Européens qui aient pratiqué en grand cette pêche; et tous les documents écrits confirment ce point d'histoire. Certes, si l'on veut chercher philosophiquement à quelle époque, et par qui cette chasse à été faite, on sera forcé, par le manque de lumières, de s'en rapporter à des comparaisons, en concluant, par ce que l'on voit aujo.rd'hui, que les peuplades boréales, sur les rivages desquelles les baleines ont toujours été abondantes , ont les premières cherché à s'emparer des cétacés, et que les Islandois, les Norwégiens, de même que les anciens Normands, habitués à tirer de la mer leurs principales ressources, sont, dans le sens rigoureux du mot, les plus anciens baleinicrs, où que du moins on doit le supposer ; toujours est-il que les Basques maritimes, appartenant à une race d'hommes agile, adroite à tous les exercices du corps, courageuse jusqu'à la témérité , sont les premiers qui osérent poursuivre le baleine d'une manière permanente, et en régulariser la pêche : du moins les plus anciennes chartes, les histoires des pêches écrites même par des étrangers, s'expriment formellement en ce sens. Tout autorise à penser cependant que les Basques débutèrent d’abord par prendre dans des filets les marsouins abondant sur leurs côtes , et à harponner le rorqual , qui s’y présente fréquemment. Peut-être enfin les baleines franches , qu’on ne voit plus dans nos mers tempérées, y étoient-elles communes autrefois, et ne se sont-elles réfugiées dans le Nord qu'à la suite

des chasses non interrompues dontelles ont été l'objet. Cette explication est tellement probable que les

() Consultez l'excellent mémoire de M. Noël de La Motiniére, sur l'antiquité de Ja ptche de la baleine,

HISTOIRE NATURELLE

pêcheurs savent fort bien, par le récit de ceux q Les

parurent anciennement dans les mers arctiques h lucrati que, d'abord très communes au cap Nord et sur le@ peuple côtes du Groenland méridional , elles se sont suc \ npide cessivement enfoncées au milieu des iles flottante js Hi

de glace : cette habitude du harpon est d'ailleur propre à tous les peuples qui vivent sur les bords d la mer, et qui, étrangers à l’agriculture, en tiren leur subsistance. La plupart des insulaires de la me du Sud harponnent les poissons ; et leur adresse es telle et leur coup d'œil si sûr, que rarement ils man quent l'animal qui nage à quelques pieds sous | surface de l'eau, Les Nègres de la Nouvelle-Guinée ces Papous à chevelure ébouriffée , excellent surtou à cet exercice, que nous leur «vons vu pratique mille fois. On ne doit donc pas trouver étonnan

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que, à une époque où l'adresse des mains rempla@® jerg, coit la puissance que procurent les machines ingé@ dans ce nieuses inventées depuis , on se soit servi du har@ hlein

pon : cette arme a une forme primitive qui a dù se présenter dès les temps les plus reculés, bien que les Basques, suivant les documents historiques soient censés en avoir introduit l'usage vers 1330. Cependant , dès 890, on trouve dans le voyage d'Al fred-le-Grand (1), écrit par Ohthère, une description assez positive des pêcheries du Nord, où les Bas ‘ncore ques ne se seroient avancés qu'en 1575 d'après lee Angloi historiens. Langebek , auteur danois, aflirme quell® ne pas

D «in VO à pichet à proqu » limites à ha Frar » hleini

des pêcheries existoient dans le Nord au 1x° siècle (2), qu'ils s et M. Noël a découvert dans quelques vieux ouvra-à des dét ges mystiques que des établissements de pêche exi-@® parmi stoient sur les côtes de France vers 875. Les preu- et bâtit ves historiques abondent pour prouver que l'on fn jusqu'a harponnoit les cétacés en 4145, 1319, etc. Le titre par sui le plus ancien que les Anglois aient, pour prouver Sn races, que leurs ancêtres s’étoient livrés à cette pêche, ne 5 11670. remonte point au-delà de 1524. D par sui

Les Basques, long-temps réduits à ne poursuivre D L'an que le rorqual , entrainés petit à petit dans les mers - gran plus septentrionales, s'adonnèrent bientôt à la pêche BR Les m de la baleine franche (3), où ils furentlong-temps sans D vante : concurrents. À cette époque aussi l'huile étoit moins @h res chi estimée, et les chairs étoient préférées. Mais, soit Bù les Ha que les fanons du rorqual fussent trop courts, soit #5 dinq c que ceux de la baleine franche fussent peu communs, Be quinz: toujours est-il qu'en 1202 on citoit comme une succès. grande rareté le panache de fanons de baleine qui B détruit ombrageoit le casque du comte de Boulogne à la BA ‘ingt-l bataille de Bovines. . Loudre

(} Collection des voyages d'Hackluyt, t, 1, p. 4. ni quante

e) Hist. med, rer, dan., 1. 1, p. 108. = quatre

3 Ce nom de baleine a été aussi donné aux marsouins; Du qui est

une ordonnance de Louis dit le Autin, en 1315, impose lanniq!

sept sous sur chaque cent de baleines transportées à peut ét Paris par la Seine : or, en bonne conscience, ce ne pouvoit être que des marsouins, et encore peut-être, et t) M

plus probablement des chiens de mer ou squales.

ar le récit de ceux q s les mers arctiques au cap Nord et sur le ral , elles se sont suc lieu des iles flottante harpon est d'ailleur vivent sur les bords d agriculture, en tiren les insulaires de la me ns ; et leur adresse es que rarement ils man juelques pieds sous | le la Nouvelle-Guinée fée , excellent surtou ir a VOS vu pratique pas trouver étonnan sse des mains rempla nt les machines ingé se soit servi du har primitive qui a dù se lus reculés, bien qua cuments historiques uit l'usage vers 1330.

e dans le voyage d'Al thère, une description du Nord, où les Bas u'en 1575 d'après les r danois, aflirme que Nord au 1x' siècle (?) uelques vieux ouvraements de pêche exivers 875. Les preuir prouver que l'on , 4519, etc. Le titre aient, pour prouver

rés à cette pêche, ne

luits à ne poursuivre à petit dans les mers nt bientôt à la pêche rentlong-temps sans si l'huile étoit moins référées. Mais, soit nt trop courts, soit ssent peu communs,

citoit comme une ons de baleine qui

de Boulogne à la

kluyt, t, 1, p. 4.

onné aux marsouins;

tin, en 1315, impose leines transportées à bnscience, ce ne pouencore peut-être, et

er ou squales.

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Les Hollandois débutérent dans cette carrière L'hcrativeen 1612; le génie patient, économe, de ce

Lpeuple trafiquant par excellence . donna bientôt une Lnpide extension à cette branche de revenu : mais “ks Hollandois, froids et apatuiques, ne s’improvi- “ érent point pêcheurs habiles ; et il leur fallut recou- “riraux Basques, qu'ils mirent d'abord à leur solde pour mieux apprendre à les expulser. Les Angl is ‘'éloient montrés dans ces mersarctiques dès 1608 (1) : » ik vouloient chasser les Hollandois en pleine paix, … de ce qu'ils appeloient leurs possessions ; et l'on vit : des peuples, rivaux de commerce, se rendre au pôle D pour s'y entre-détruire : de là naquirent les hostili- Luis de 1617. Cependant dès 1597, d'autres disent Den 1614 , les Moscovites formèrent une compagnie - pour la pêche de la baleine sur les côtes du Spitz- » berg, et à la même époque les Espagnols parurent = dans ces mers. Les profits retirés de la pêche de la | baleine fixèrent l'attention des peuples voisins. Cha- > cn voulut y prendre part; et vers cette époque les . Lécheurs se virent contraints par leur intérêt réciproque de se partager cette mer et de s'imposer des limites. Plus défavorisée que les autres puissances,

Se sabét sé ad

» la France n'expédia qu'un petit nombre de navires

» hleiniers pour prendre part à cette riche mine d’or, » ‘ncore leur fallut-il pendant long-temps payer aux

2 Anglois un honteux tribut de neuf baleines afin de 2 ne pas être privés du droit de pêcher dans les baies

qu'ils s'étoient appropriées. La Hollande , au milieu des débats et des vicissitudes que la rivalité amène

D parmi les nations maritimes, consolida sa puissance

et bätit la factorerie de Smeeremberg, qui subsista

> jusqu'au moment où le théâtre des pèches fut changé

par suite de l'éloignement des cétacés au milieu des slaces, et dans un intervalle de dix années, de 1660

4 à1670. Cette pècherie futabandonnée de 41672 à 1694,

à par suite de la guerre avec les Anglois.

à L'année 1697 fut célèbre parmi les pêcheurs par

la grande quantité de baleines qui y furent prises. à Les mémoires du temps en font la répartition sui- D vante: les Hollandois eurent cent vingt-un navi-

… res chargés de douze cent cinquante-deux baleines ;

ls Hambourgeois, cinquante-quatre bâtiments et cinq cent quinze cétacés ; cent dix-neuf à bord de quiuz: Brémois, Un seul bâtiment n’y eut point de

4 succès, Cent quatre-vingt-onze navires ont donc = détruit, dans une seule année, dix-huit cent quatre-

vingt-huit baleines ! De 1715 à 4721 on à importé à Londres seulement, et année commune, cent cin- . quante tonneaux de fanons, dans le prix moyen de - quatre cents livres le tonneau ; o1 estime la quantité À qui est entrée dans les autres ports de l'empire bri-

>. lnnique à plus de cent tonneaux, dont la valeur

peut être estimée à cent mille livres. Ce n’est guère

() M. Scoresby dit 1594 ct 1598,

qu'en 4719 que les balciniers s'avancérent dans le détroit de Davis, eten 1721 on compta jusqu'à trois cent soixante-cinq voiles qui y complétèrent leur chargement. En 1756 cent quatre-vingt-onze navires hollandois y harponnèrent huit cent cinquante-sept baleines ; en 4774 cent vingt-un balciniers de la même nation s’emparèrent de cinq cents baleines, qui produisirent quatorze mille trois cent vingt barils d'huile.En 1772onc ercha à introduire l'usage d'une arme à feu lançant un harpon ; mais quoique diverses modifications aient été apportées à cet instrument, on ne s'en est guère jamais servi que sous forme d'essai , et l'on n'a point discontinué l'usage du harpon primitif, dont on a perfectionné la forme. Enfin, pour avoir une idée de l'importance de la pêche de la baleine, il nous suflira de citer le bill présenté en 1786 à la chambre des communes, par lequel on avoit accordé, de 4755 à 4785, un million soixante-quatre mille deux cent soixante-douze livres dix-huit shellings à titre seul d'encouragement : deux cent cinquante navires sortirent des ports d'Angleterre en 1788,

A ces faits nous croyons devoir borner le simple aperçu que cet ouvrage comporte. L'histoire de la pêche de la baleine à d'ailleurs été traitée ex professo par des auteurs de diverses nations, et notamment d'une manière claire et succincte par M. Scoresby dans le deuxième volume de sa Description des Régions arctiques.

Par les mêmes motifs nous ne devons pas nous appesantir sur la nature des armements, l'approvisionnement des vaisseaux , les intérêts des armateurs et des équipages , et le résultat commercial des produits : les procédés suivis pour harponner la baleine sont à peu près ceux que nous avons décrits en parlant des cachalots ; nous les croyons suflisants pour donner une idée de la manière dont on poursuit et dépèce les b:leines ; et nous dirons seulement que ces expéditions ne différent de celles de la mer du Sud que parce que leur durée n'excède jamais une année, et que le lard est apporté en nature dans les ports d'armement pour y être fondu (1),

La pêche de la baleine n'est pas sans danger : cet animal, en cherchant un abri au milieu des glaces flottantes qui se détachent du pôle et dans des cinaux étroits, à rendu périlleuse la navigation des vaisseaux qui le poursuivent, Peu d'années s'écoulent sansque des naufrages désastreux ne viennent tromper l'espoir de quelques armateurs et porter la désolation au sein des familles des marins qui les montent, Nos journaux ont retenti cent fois du récit de bâtiments perdus sur les glaces, dont les équipages

() Quinze mille huit cent neuf tonneaux d'huile fu. rent introduits en Angleterre en 1787; ils provenoient de la pêche annuelle des nationaux seuls,

rue grrr de = =,

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ont été abandonnés aux angoisses d'une situation horrible, sans nourriture, sans moyens de défense, et n'espérant pas se préserver d'une lente agonie ou de la dent cruelle du terrible ours polaire , l'animal le plus féroce et le plus redoutable de ces tristes régions. Parfois encore, lorsque les balcinivres se sont trop approchées du cétacé qu'elle veulent atteindre, il arrive que l'animal, incertain dans sa fuite et battant la mer de sa large nagcoire caudale, brise comme un verre la légère embarcation qui se trouve sous ses coups, et jette au loin les hommes qui la montoient,

Nous venons de présenter à nos lecteurs le tableau des ressources fournies à l'espèce humaine par l'animal le plus puissant de la mer (!); nous l'avons

(") La baleine de la mer du Sud, nommée finner par les baleiniers, est le rorqual du sud ; mais nous ignorons complétement quelle peut étre leur sulphur-bottom, aussi de l'hémisphère austral, à corps très gréle, trés

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