‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 51 sur 514 · L'ORANG-OUTAN · texte numérisé non relu

L'ORANG-OUTAN

Pithecus satyrus. DEsM., sp. 3 (?).

(PI, 1et2.)

La plus ancienne indication que nous puissions citer de l’orang dont nous allons parler est celle de Jonston, sous le nom d'orang-outan Indorum.

Nous en retrouvons ensuite une figure fort grossière dans l'Histoire naturelleet médicale des Indes orientales de Bontius, publiée à Amsterdam en 1658; et quelques auteurs pensent que c’est encore le même animal dont il s'agit dans Charlet (1677), sous le nom de satyrus indicus ou drill, et dans Duhalde (Description de l'empire de la Chine, 1756), sous le nom de sinsin, usité parini les Chinois. À ces vagues notions, à des renseignements superficiels, fut bornée pendant long-temps l’histoire de l'orang-outan , que Brisson et Linnæus confondirent avec le chimpanzé : ce n’est que fort tard que Buffon lui-même s'aperçut que ces deux animaux étoient évidemment distincts l’un de l’autre, et il

compléta les descriptions qu’il en avoit données par

() Nom malais, que tous les auteurs ont écrit à tort orang-outang, et jusqu'à ce jour affecté à l'orang d'Asie, que plusieurs zoologistes nomment aussi orang roux.

(+) Simia satyrus, L. Gm. Erxleb. : jocro, Buffon, Suppl., t. VI, f. 1'; simia satyrus el simia agrias, Screber, f. 2, et 2 B,2 C ; jocko, Audeb., fam. 1,$. 1, pl, 2; Cuvier (Georges), Réègn. antm., t. 1, p. 102; Shaw, Gen. Zool., t. I, p. 1, p. #, pl. 3 et 4;F. Cuvier, Hist. des Mammif. 42: liv., juin 1824; Ann. du Muséum, t. XVI, p. 46; Dictionn. des Scienc. natur., t. XXXVI, p.281; Pennant, Quadr., no 64, p. 96 ; pongo, Bery Saint-Vincent, Diction. class. d'hist. nat., t. XI, p. 272, avec une trés bonne figure; Griffith, Régn. anîm., trad, angl., avec planches; Donavan , Rép. du natur., no 19 à 24; the man of the wood, Edwards, Glan.,t.1, pl. 943; Abcl, Ambass. de lord Amerhst, fig; pongo, Encyclop. pl. 5, f. 1; Legat, Voyag., t. 11, p. 95; Bontius, nd. or., p. 84, fig. ; simia orangoutang, Klein, Quadr., p. 86; Vosmaër, 1778, in-4, Amst.; Tilésius, Voyage de Krusenstern autour du monde ; pongo Wurmbii, Desm., sp. 7 ; grand orangoutang, où pongo, Wurmb, Trans. soc. bat., t.Il, p. 245; Geoffroy Saint-Hilaire, Journ. de physique, 1798 ,t. 1, p. 349 ; et Leçons sténoyraphiées, cours de 1828, p. 31; singe de Wurmbii, Audebert, Singes, avec la figure du squelette, pl. 2, f. 5 el 6; de Blainville, Note surl'orang-outang, Journ. de physique , 1818, t. 1, p. 811; Bory Saint-Vincent, Dict. class., t. XI, p.276; F, Cuvier, Dict. des Scienc. natur.,t, XXXVI, p. 285.

TISTOIRE NATURELLE

des annotations qu'on trouve dans scs Supp Cependant, dans l'intervalle de 4758 à 114, wards avoit publié une excellente figure deg appeloit homme des bois. Le naturaliste Shaw a reproduit dans sa planche 4 cete d'Edwards, et y a joint celle de Vosmaër (pl, celle d’Allamand, gravée dans l'édition holhg de Buffon. Depuis ce temps l’histoire de }" tan a été enrichie d’un grand nombre d'ohs nouvelles, dont les principales sont ducs à Mi lésius, compagnon de l’amiral Krusenstern( voyage autour du monde, Donavan, Fri vier, Clarke-Abel et Griffith ; et des portraits grande vérité, dessinés en diverses contrée, senus donner une idée complète de ses parmi ces dessins exacts nous citerons ceur à réchal, conservés dans les vélins du Mux dont M. Bory a donné une copie dans l Dictionnaire classique d'Histoire naturel figure dessinée par M. le baron Cuvier, di

dans l’Iconographie de M. Guérin; celles dk

MM. Frédéric Cuvier et Griffith. La gran bliée par Audebert ne donne point une ik exacte de cet orang pour que nous puissions avec les précédentes (1).

L'orang-outan diffère du troglodyte noire panzé par des particularités évidentes d'orgai physique, Ces deux grands singes ne se res ni par les proportions des membres ni parle de la physionomie e! la couleur du pelage:

dant il faut avouer qu’on ne connoît bia jeune âge de cet animal, et même le sexe car ce n’est que par des rapprochements bi près des documents écrits que le grand dans l'ile de Sumattra en est regardé comm

() Les journaux françois de 1835 content le jeune orang qui a vécu au jardin des Plantes, suivante : :

« Le jeune orang-outan vivant, annoncé pm Blainville à l'Académie, dit l'Echo, est arrivé 15 mai au Muséum, Il a été aussitôt installé du bane qu'on lui avoit préparée au-dessus dett autres singes, dans le double but d'en renit facile au public et de pouvoir lui prodiguerhk qu'exige un animal auisi rare et aussi précieur.

» M. le capitaine Vansghen, qui a lui-mént son jeune orang au Muséum, a bien voulu not histoire ; elle intéressera certainement nos # s'adressa, pour avoir un orang, à quelques ch Lile de Sumatra, dans laquelle cet animal ei très rare. Les chasseurs s'étant mis aussitôl et che, rencontrérent une femelle portant son pe fort jeune.

» Gette femelle, poursuivie avec ardeur, # sur un arbre dont toutes les branches furen!

vement abattues par les chasseurs. Une seit restoit encore, celle qui supportoit l'animli se voyant cerné de toutes parts, alloit s'élf

pourtour de |’ blancs jaunât traces de calk

SS L' Pithe

La plus ad citer de l’oraf Jonston, sou

Nous en re sière dans l’Æ orientales de et quelques même anima le nom de # halde (Descr sous le nor

ces vagues n ciels, fut bo l’orang-outa avec le chin fon lui- mé étoient évid compléta le:

() Nom m orang-outat sie, que pli rour,

(+) Simia :

Suppl., 1. \ Screber, f. 2 pl. 2; Cuvit Shaw, Gen.

Hist. des à séum, t. X\ XXXVI, p.92 Bory Saintp. 272, av anim., rai nalur., no :

Glan,.,t.1, fig. ; pongo t. I, p. 05; outang, K] Amst. ; Tile monde ; pt outang, © p. 245; G 1798 ,t.1,.

1828, p. 31, avec la figure du.

Note surl'orang-outa.

1, p. 311; Dory Saint-Vincent, mice. vous, ve aus y p vusssusee h p.276; F. Cuvier, Dict. des Scienc. natur.,t. XXXVI, | restoit encore, celle qui supportoit l'animal pv, 285, se voyant cerné de toutes parts, alloit s'éh#

loung-cutun, Vihecus satwrus .

e, dans la pléni pres. Quant au [ ec doute que des qu'il pourroit bi é en âge; et pli lancent point à e:

nous donnerons p J'orang-outan a la nun mot plus hu erveau est plus at gence semble dev me dans nos méth disproportionné d r des liaisons plus les formes sont d est plus aigu que obliquité n’est pe:

que les crêtes sou nt point, comme cl et saillantes. Les up plus longs que s mains, lorsque presque les chevil ongue, et le pouct phalange de l’ind se, les membres à

oisin, lorsqu'un ho Dup de hache une de lors son petit avec 1 il lui fut dès lors desarbres, elle ne ta gresseurs.

e fut alors emmené gues du voyage et la gravité de sa blessu euse la fit bientôt r approximativemen éloit entiérement n poils qui couvrent ent à se développer.

puis ceux du ventr bins l'animal avoit d nines; ses molaire Chaque côté ct à ch Slard,mais sans oc

Une orang fut nour n étoit obligé de lui fant; il étoit alors tr ant il est trés actif, caresses, 11 affectio St familier avec tout he aux jambes des leurs épaules. C'est € e des coups de corde LI est trop turbulent cache la figure de dernier cas, il po Pour les essuyer,

ue avec les enfan

e, dans la plénitude de ses développements orels. Quant au pongo de Wurmb, ce n'est ec doute que des naturalistes ont émis l'opiqu'il pourroit bien être l'orang - outan très en âge; et plusieurs, encore aujourd’hui, lancent point à en faire une espèce distincte, nous donnerons plus tard les caractères.

J'orang-outan a la tête plus grosse, plus arronnun mot plus humaine que le chimpanzé ; si lerveau est plus amplement développé ; si son sence semble devoir marquer sa place après me dans nos méthodes zoologiques, l'allongedisproportionné de ses membres lui fait conr des liaisons plus intimes avec les gibbons, Jes formes sont déjà très dégradées. L’angle est plus aigu que celui du chimpanzé; mais pbliquité n’est peut-être aussi apparente que que les crêtes sourcilières sont effacées, et ne nt point, comme chez le troglodyte, des arêtes et saillantes. Les bras de l’orang-outan sont up plus longs que ceux du chimpanzé, puiss mains, lorsque l'animal est debout, atteipresque les chevilles des pieds. La main est ongue, et le pouce ne dépasse point la prephalange de l'index. Pour peu que l'animal se, les membres antérieurs touchent à terre;

oisin, lorsqu'un homme de la troupe lui coupa bup de hache une des mains de devant. La mère lors son petit avec la main qui lui restoit; mais il lui fut dès lors impossible de se soutenir au desarbres, elle ne tarda pas à tomber au pouvoir gresseurs.

e fut alors emmenée ainsi que son petit; mais gues du voyage et la chaleur extrême augmentégravité de sa blessure, et une dégénérescence euse la fit bientôt périr. Le petit survécut : son approximalivement évalué à six semaines: cet éloit entièrement nu, et ce ne fut que plus tard poils qui couvrent aujourd'hui son corps coment à se développer. Ceux du dos parurent d'apuis ceux du ventre et des parties inférieures. ins l'animal avoit déjà fait ses dents incisives nines; ses molaires, aujourd'hui au nombre de chaque côté et à chaque mâchoire, se montré- $ lard,mais sans occasionner aucun malaise ape, eUne orang fut nourri en partie avec de la houil- M éloit obligé de lui donner comme on la donne ant; il étoit alors très foible et peu intelligent ; hant il est très actif, doux de caractére, et sensicaresses, Il affectionne surtout M, Vansghen, stfamilier avec tout lemonde; il prendla main, he aux jambes de ses visiteurs, et monte jusleurs épaules. C'est en lui donnant des soufflets Ac des coups de corde que le capitaine ie corrige L est Crop turbulent: il s'assied alors dans un cache la figure de ses bras, et pleure parfois: dernier cas, il porte ses mains sur ses yeux pour les essuyer.

ue avec les enfants, et il prend avec eux

et comme ils sont beaucoup plus longs que les postérieurs, il en résulte une impossibilité physique de courir à quatre pattes, comme nous lc développerons ailleurs.

L'orang qui nous occupe a les orcilles petites, arrondies, de moitié moins grandes que celles du chimpanzé ; elles sont nues et colorées en noir, aussi bien que la face et le dedans des pieds et des mains. Les poils qui recouvrent le corps sont beaucoup plus épais et plus fournis sur les parties supérieures et externes des membres que sur le ventre et la poitrine, où ils sont rares et où ils disparoissent complétement ; ceux qui sont implantés sur la tête partent du vertex, et retombent en tous sens sur les côtés en imitant une chevelure qui seroit mal peiguée. De même que chez l'homme les poils des bras se dirigent de baut en bas depuis l'épaule jusqu'au coude, tandis qu’ils affectent un sens inverse sur l’avant-bras en rebroussant du poignet vers le bras. Ces poils longs et mous, rarement crépus, sont dans le jeune âge d’un blond cendré, puis en vieillissant ils deviennent secs ct rigides, et leur couleur est alors d’un roux ardent. La teinte de la peau est un formément d’un bleuâtre ardoisé, et sur toute sa surface elle est finement ridée, comme chagrinée, ce qui annonce un défaut d'adhérence

beaucoup plus de ménagements qu'avec les grandes personnes. Il est aussi quelques animaux avec lesquels il sympathise, mais il ne peut souffrirles chats : il n'aime pas non plus les autres singes : il affectionne les chiens d'une manière toute particulière, etle capitaine recommande de mettre dans sa loge un jeune animal de cette espèce pour lui tenir compagnie. Il paroît cn effet aimer beaucoup la société, et il entre en colère dés qu’il se trouve seul, brise alors et déchire tout ce qui est à sa portée. On peut au contraire faire de lui ce que l'on veut en le mettant au milieu de quelques personnes: il joue avec elles, et aime surtout qu'on le bouscule, qu’on le roule de toutes les façons.

» On n'ävoit jusqu'ici possédé en France qu’un seul orang vivant, eucore ce singe étoil-il trés malade et presque mouront lorsqu'il y est arrivé. Cet orang, dont la peau bourrée existe encore à la galerie zoologique, a vécu quelques semaines seulement à la ménagerie de la Malmaison, il y a environ trente années. Celui que l'on doit à M. Vansghen est en parfaite santé ; on remarque tout d'abord le volume de son ventre , sa maniére lente de marcher et presque comme un cul-de-jatte, et au contraire sa légèreté à grimper et son intelligence.

» Nous l'avons vu à la fenêtre de sa loge tenant avec sa main de derrière (les singes ont des mains au lieu de pieds) un verre d'eau sucrée, et avec l’une de ses mains supérieures un biscuit qu'il trempoit dans la liqueur chaque fois qu’il vouloit en prendre une bouchée.

» Nous apprenons que le généreux capitaine Vansghen a refusé de vendre son orang aux naturalistes de Londres au prix de 5,000 fr. qui lui étoient offerts, pendant qu’il attendoit la réponse des professeurs du Muséum de Paris, auxquels il l'avoit proposé pour la somme de 3,500 fr. »

de l'épiderme avec le tissu cellulaire, particularité anatomique encore plus remarquable sur la poitrine, où la peau, par la laxité de son tissu, forme souvent comme des fanons pendants. C’est principalement sur le nu du ventre, des aines ct des aisselles, que cette teinte bleuâtre de la peau est plus foncée : elle prend même un aspect noir assez intense sur Ie visage, où la couleur de chair dessine à peine le pourtour des yeux et la muqueusc des lèvres. Les ongles qui terminent les doigts des mains ct des pieds sont noirs. Camper avoit cru que l’un des caractères de l'orang-outan étoit de ne point avoir d'ongle au pouce du pied; ce célèbre anatomiste a été en cela suivi par Shaw et par plusieurs naturalistes, bien qu'on ne doive attribuer ce manque d’ongle, dans le sujet observé par Camper, qu'à unc circonstance purement individuelle. 11 paroît aussi que cet ongle ne se développe jamais complétement, c'est-à-dire qu'il reste à l’état rudimentaire ou qu'il tombe de bonne heure. Edwards, plus correct sous ce rapport que ses successeurs, n'avoit point oublié de faire figurer cet organe dans le portrait qu'il a laissé de son chesnut coloured jocko, ou man of the wood. Toutefois, si le pouce de la main est opposable comme chez l’homme, et si par sa longueur ct par ses facultés de préhension il jouit des mêmes mouvements, il n’en est plus de même du pouce du pied qui se trouve très déjeté en arrière, et sur le côté où il forme un angle de quatre-vingt-dix degrés avec les autres doigts.

Ainsi l'orang-outan est remarquable par sa face noire et son museau légèrement avancé. Son nez, tout-à-fait aplati à la base, ne s'élève que près des ouvertures nasales. Ses yeux, à iris brun, brillent au fond de l'orbite qui les protége rapprochés et de médiocre grandeur, leur forme est ovalaire , et leur plus grand diamètre placé dans le sens vertical. De la barbe, des favoris, couvrent le menton et les joues. La poitrine est large et bombée. Les bras, ainsi que nous l'avons dit, sont longs; mais les cuisses et les jambes sont proportionnellement beaucoup plus courtes. Le ventre, chez tous les individus qu’on a observés dans les premières années de leur vie, il est vrai, éloit démesurément gros, et cette particularité se trouve reproduite dans les deux figures de Vosmaër et dans celles de MM. Gcorges et Frédéric Cuvier. Deux sacs membraneux découverts par Camper occupent les côtés du larynx, et paroissent avoir pour but de modifier le timbre de la voix. Enfin les muscles fessiers ont bien moins de développement que chez le chimpanzé, et les mollets sont aussi beaucoup moins saillants et beaucoup moins bien dessinés.

Les très jeunes orangs sont caractérisés par le peu de poils qui les recouvre, et par la douceur de leur peau, également lisse sur toute sa surface.

HISTOIRE NATURELLE

Leurs très petits yeux, leur nez aplati,k distance qui sépare la lèvre supérieure des prêtent à leur physionomie enfantine w bizarre sans doute, mais où se peignent tx douceur du jeune âge et l'innocence des années,

La grandeur à laquelle parvient l'or n’est point précisément connue. Les indivi a vus vivants en Europe n'avoient poin passé leur troisième année, et n'offroient séquent que deux pieds six pouces à trois pi taille la plus ordinaire des individus adule parlent les voyageurs est d'environ quatre à quelques pouces; mais un orang tué ré dans l’île de Sumatra a offert jusqu'à septxi pouces et demi de hauteur, mesure angloi pond assez exactement à six picds et demi& sure de France. Le cours de la vie de cesa est trop peu connu pour que nous puissi

rendre compte des modifications nombrewsi

viennent à éprouver par la succession des

tous les jeunes individus qui ont été étudié rope étoient remarquables par leur sagacié intelligence, et à ces qualités naturels

gnoient des habitudes posées, un air calme

chi, et des dispositions amicales ct bien

Les orangs d’un âge plus avancé qui ont#

suivis dans les forêts qui leur serventdent paru avoir le sentiment de leur vigueur;à point craint de se mesurer avec leurs gr de repousser en un mot la force par la {nt mériter, par ces simples actions du droit primitif, la réputation de férocité attacé nom; l’âge, en usant toutefois l'énergie de ganes des sens, en dégradant les pièces os les protégent, semble les rapprocher enc la condition des brutes; et tel seroit lep est évidemment un orang-outan, versk sa carrière. De tels exemples dans la nat pas rares d’ailleurs, et on les retroue chez les singes que chez un grand nombt quadrupèdes.

On ne sait point encore si l’on ne doi qu’une seule espèce d’orang-outan. Celle décrivons habite exclusivement les grand tuées sous l'équateur, dans l'archipel del et ne paroît point avoir jamais été rene leurs qu’à Bornéo et à Sumatra. Les indi a observés sur la presqu'ile de Malacti!

été portés par les trafiquants malais, dE chinchine, ni la Chine, ni Java, et en les Moluques, n’en produisirent jamais.

Les orangs-outans ne vivent que de Î racines au milieu des vastes forêts qui kf de refuge, dans ces profondeurs impé jemais l’homme ne porta ses pas. Ilsenh

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itudes à l'aide des branches, car l'organisae leurs membres est disposée de manière à les conditions les plus favorables pour gras effort les troncs des arbres les plus élevés ; eur démarche à terre paroit devoir être gènée s articulations des membres, et la station bientre autres, seroit impossible au-delà de es instants par l'excès du poids des parties ures qui ne seroient point tenues en équipar des faisceaux de muscles assez puissants jère: il n'est pas jusqu'à la marche sur les à pieds qui ne soit génée par le grand allongedes bras, disposition qui fait que les orangs, corps est presque toujours en repos sur les res inférieurs, sont obligés, lorsqu'ils veulent lacer, de s'appuyer sur les doigts des mains pieds repliés de manière que leurs longs ont l'office de béquilles qui supportent le du corps, et permettent de le lancer en absolument de Ja même manière que le font Is-de-jatte qui implorent la pitié publique $ ruCs.

jeunes, les orangs se façonnent à l'esclalls apprennent aisément à répéter une foule qu'ils voient reproduire sous leurs yeux ; on noit plusieurs qui ont su remplir les offices lomestique bien dressé; mais en général, et chagrins, ces singes, transportés loin du qui les a vus naître, finissent par périr des d'habitudes qui sont diamétralement oppoeur organisntion.

es détails que l’on vient dé lire, on doit avoir e générale de l’orang-outan ; mais notre desseroit trop incomplète si nous ne lui ajouas, comme complément, des extraits étendus vaux spéciaux qui le concernent, et dont la tion date de ces dernières années. Au preang nous citerons le travail plus ancien et En fait de M. Fr. Cuvier, sur une jeune fequi vivoit au château de la Malmaison.

torang-outan n’avoit pas plus de vingt-six à pouces de hauteur étant debout. Les bras, l'aisselle jusqu'au bout des mains, étoient e dix-huit pouces, tandis que les extrémités pres depuis le haut de la cuisse jusqu'au tarse nt que huit ou neuf pouces. Les doigts des vient la même stature que ceux de la main; d'eux étoit muni d'un ongle, et tous jouisd'une grande mobilité, On n'observoit pas dres vestiges de queue, et les fesses dépourtoute callosité étoient nulles ainsi que les . La tête ressembloi: beaucoup plus que celle autre animal à la tête de l’homme; le front élevé et saillant, et la capacité du crâne fort

>; mais elle étoit portée sur un cou très court.

La langue, semblable à celle des antres singes, étoit très douce à sa surface, ct quoique les lèvres fussent extrêmement minces et peu apparentes, elles avoient la faculté de s'étendre considérablement: on ne trouvoit dans la bouche aucune trace d'abajoue.

» La vulve fort petite avoit ses lèvres à peine sensibles, ct son clitoris étoit entièrement caché; mais de chaque côté de cet organe on voyoit une tache couleur de chair où la peau sembloit être d'une nature plus molle et plus fine que celle des autres parties, ce qui scmbleroit être une indication des lèvres. Deux mamelles se trouvoient placées sur la poitrine comme chez les femmes. Le ventre étoit naturellement fort gros.

» Un poil roux, plus ou moins foncé, plus ou moins épais sur les différentes parties du corps, couvroit presque entièrement cet animal: la peau étoit généralement ardoisée; mais les oreilles, le tour des yeux, le museau, l'intérieur des mains ct des pieds, les mamelles et une bande longitudinale sur le côté droit du ventre, étoient couleur de chair cuivrée. Les poils de la tête , des avant-bras ct des jambes, étoient d’un roux plus foncé que ceux des autres parties, et sur la tête, le dos ct les parties supérieures des bras, ils étoient plus épais que partout ailleurs; le ventre en étoit peu fourni, et la face en avoit moins encore: la lèvre supérieure, le nez, la paume des mains et la plante des pieds, étoient les seules parties qui fussent entièrement nues. Tous les poils étoient laineux et de même nature, et ceux de la tête, en général plus durs, se dirigeoient tous en avant. La peau, et principalement celle de la face, étoit grossière ct chagrinée, et ceile du des:

sous du «. : si flasque que l'animal sembloit avoir un goitr. ":qu'il étoit couché sur le côté.

» Cct or.ig-outan étoit entièrement conformé, dit M. Frédéric Cuvier, pour grimper et faire des arbres sa principale habitation; mais s’il gravissoit avec aisance, en revanche il marchoit péniblement : du reste une grande lenteur caractérisoit tous ses mouvements; mais la marche sur le sol ctoit d’une extrême difficulté. Pour se reposer il s'asseyoit sur les fesses ayant les jambes reployées sous lui à la manière des Oricntaux. 11 se couchoit indistinctement sur le dos ou sur les côtés, en retirant ses jambes à lui, et croisant ses bras sur sa poitrine ; alors il aimoit à être couvert, et pour cet effet il prenoit toutes les étoffes, tous les linges qui étoient placés à proximité.

» Cet animal employoit ses mains comme nous employons généralement les nôtres, ct l’on voyoit qu’il ne lui manquoit que de l'expérience pour en faire l’usage que nous en retirons dans un très grand nombre de cas particuliers : il se servoit de

ses doigts pour porter à la bouche ses aliments, parfois il les saisissoit avec ses longues lèvres ; et sa manière de boire consistoit à humer l’eau, en se servant de l'élasticité de ses lèvres pour former un tube. Son odorat étoit soigneusement interrogé pour Jui faire connoître les aliments avec lesquels il n'étoit point famillarisé; ce sens, éminemment perfectionné, ne le trompoit jamais. 11 mangeoit indistinctement des fruits, des légumes, des œufs, du lait, de la viande; il aimoit beaucoup le pain, le café et les oranges, et une fois il vida, sans en être incommodé, un encrier qui tomba sous sa main. Il ne mettoit aucun ordre dans ses repas, et pouvoit manger à toute heure du jour comme les enfants. Sa vue étoit fort bonne, ainsi que son oufe, et la musique ne produisit pas la moindre sensation sur ses sens. Pour se défendre, cet orang-outan mordoit ct frappoit de la main; mais ce n'étoit qu'envers les enfants qu'il montroit quelque méchanceté, plutôt par impatience que par colère: en général il étoit doux et affectueux, et il éprouvoit un besoin naturel de vivre en société, IL aimoit à être carcssé, donnoit de véritables baisers, et paroissoit trouver un plaisir fort grand à téter les doigts des personnes qui l'approchoient; mais il ne tétoit pas les siens. Son cri étoit guttural et aigu ; il ne le faisoit entendre que lorsqu'il désiroit vivement quelque chose. Alors tous ses signes étoient très expressifs : il secouoit sa tête en avant pour montrer sa désapprobation, boudoit lorsqu'on ne lui obtissoit pas, et quand il étoit en colère il crioit très fort en se roulant par terre, ct alors son cou se gonfloit singulièrement.

» Cet orang-outan arriva à Paris dans les commencements du mois de mars 1808; il provenoit de Bornéo, où il avoit été pris à l'âge de trois mois, Conduit à l’île de France où il avoit séjourné le même espace de temps, puis de là en Espagne où il fut expédié par terre en France en mettant deux mois à faire ce trajet, son âge étoit donc de dix à onze mois vers la fin de l'hiver de 4808 ; mais les fatigues de la traversée, le froid qu’il éprouva en franchissant les Pyrénées, détruisirent sa santé, et après cinq mois de séjour en France il mourut. »

Cet animal, bien différent de ceux dont on a fait l’histoire, n’avoit été soumis à aucune éducation particulière, et n’avoit reçu d’autre influence que celle des circonstances au milieu desquelles il avoit vécu. Il ne devoit rien à l'habitude ; toutes ses actions étoient indépendantes, et les simples effets de sa volonté. Ces actions, soigneusement étudiés par M. Frédéric Cuvier, sont tellement intéressantes que nous croyons devoir les citer textucllement et sans abréviations.

« Lanature a donné aux orangs-outans assez peu de moyens de défense. A près l’homme, c’est peut-être l’a-

TISTOIRE NATURELLE

nimal qui trouve dans son organisation les plus ressources contre les dangers; mais il a de plu nous une extrême facilité à grimper aux arbres,

fuir ainsi les ennemis qu’il ne peut combattre (

seules considérations suffiroient pour faire pré que la nature a doué l'orang-outan de beaux circonspection. En effet la prudence de cet s'est montrée dans toutes ses actions , et prine ment dans celles qui avoient pour but deke traire à quelque danger. Cependant sa vie pai douce , tant qu’il a été sous mes yeux , et bilité de le soumettre à des épreuves rigu dans l’état de foiblesse où il étoit, m'ont empt multiplier en ce genre mes observations; ma de celles qui ont été faites par M. Decaenp traversée de l'ile de France en Europe, now viendrons à prendre une idée assez exacte de cultés naturelles.

» Pendant les premiers jours de son em ment cet orang montroit beaucoup de d ses propres moyens, ou plutôt, ne pouvant cier la cause du roulis, il s’en exagéroit lesd Il ne marchoit jamais sans tenir fortemeta mains plusieurs cordes ou quelque autre che chée au vaisseau ; il refusa constamment de aux mâts, quelque encouragement qu'il nr personnes de l'équipage, et il ne fut poux faire que par la force du sentiment que h semble avoir porté dans celte espèce à uni degré, celui de l'affection. Notre animal en toit constamment les effets; et il doit sûre duire les orangs-outans à vivre en sociétéei fendre mutuellemeni quand quelques dag menacent, comme le font la plupart des ai maux qui sont portés par leur nature à vien Quoi qu'il en soit, notre orang-outan n'a rage de monter aux môts que lorsqu'il ( M. Decacn, son maître, y monter lui-mê# suivit, et dès ce moment il y monta seul qu'il en éprouva le désir : l’expérience qu'il avoit faite lui donna assez de conliant propres forces pour qu’il osât la répéter.

» Les moyens employés par les oraf pour se défendre sont en général ceux qui muns à tous les animaux timides, la rust!

dence ; mais tout annonce que les premier force de jugement que n'ont point la pl autres, et qu'ils l'emploient dans l'occas# éloigner des ennemis plus forts qu'eux.

» Notre animal, vivant en liberté, avoit dans les beaux jours de se transporter di din, où il trouvoit un air pur et les mY# donner quelque mouvement : alors il gri arbres, et se plaisoit à rester assis entrels ches. Un jour qu’il étoit ainsi perché, onf loir monter après lui pour le prendre ; mt

isit les branches

scoua de loute sa

été d'effrayer la p

ter, Dès qu'on se

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DES MAMMIFÉRES.

sit les branches auxque..es on s'accrochoit, et coua de toute sa force, comme si son intention été d'effrayer la personne qui faisoit semblant de ter, Dès qu'on se retiroit, il cessoit de secouer branches ; mais il recommençoit dès qu'on pait vouloir monter de nouveau, et il accompa-

ke ce geste de tant d’autres signes d'impativnce

de crainte que son intention d'éloigner par le er d'une chute ou par une chute même celui Imenaçoit de le prendre fut évidente pour toutes rsonnes qui se trouvoient en ce moment-là près j, Cette expérience, qui a été tentée plusieurs a toujours eu les mêmes résultats. Souvent il ouva fatigué des nombreuses visites qu'il rece- , alors il se cachoit entièrement dans sa couver- , etu'en sortoit que lorsqueles curieux s’étoient g; jamais il n'agissoit ainsi quand il n'étoitenque des personnes qu'il connoissoit.

'est à ces seuls faits que se bornent nos obtions sur les moyens des orangs-outans pour endre; mais ils suflisent, je pense, pour conque ces animaux peuvent suppléer par les rces de leur intelligence à celles qu'une foible isation physique leur refuse. Les besoins natue ces quadrumanes sont si faciles à satisfaire doivent trouver dans leur organisation assez oyens pour n'être pas obligés d'exercer forte- , Sous ce rapport, leurs autres facultés. Les sont les aliments principaux dont ils se nourlet, comme nous l'avons vu, leurs membres essentiellement conformés pour grimper aux s. ILest donc vraisemblable que , dans leur état ure, ces animaux emploient beaucoup plus ntelligence à écarter les dangers qu’à chercher jets de leurs besoins. Mais tous leurs rapports ninécessairement changer dèsqu'ilsse trouvent Ja société et sous la protection des hommes : dangers diminuent, et leurs besoins s’accrois- C'est ce que nous montrent tous les animaux sliques, et ce que devoit à plus forte raison montrer notre orang-outan. En effet son intelje a eu beaucoup plus d'occasions de s'exercer satisfaire ses désirs que pour se soustraire aux rs, Je dois placer dans cette première division nomène qui pourroit tenir à l'instinct, le seul près de ce genre que cet animal m'ait offert. que la saison ne permit pas de le laisser sortir, it une coutume singulière, et dont il auroit licile de deviner la cause: c'étoit de monter vieux bureau pour y déposer ses excréments ; dès que le printemps cut ramené la chaleur, fut libre de sortir de l'appartement, on trouva on de cette action bizarre. I] ne manqua jamais ler à un arbre pour satisfaire aux nécessités * Dalure ; on a même souvent employé ce Ratec succès contre sa constipation habituelle.

» Nous avons déjà vu qu'un des principaux be-

soins de notre orang-outan étoit de vivre en société, et de s'attacher aux personnes qui le traitoient avec bienveillance. Il avoit pour M, Decacn une affection presque exclusive, et il lui en donna plusieurs fois des témoignages remarquables. Un'jour cet animal entra chez son maitre pendant qu'il étoit encore au lit; et dans sa joie il se jeta sur lui, l'embrassuavec force, ct, lui appliquant ses lèvres sur la poitrine, il se mit à lui téter la peau comme il faisoit souvent le doigt des personnes qui lui plaisoient. Dans une autre occasion cet animal donna à M, Decacn une preuve plus forte encore de son attachement. Il avoit l'habitude de venir à l'heure des repas, qu'il connoissoit fort bien, demander à son maitre quelques friandises. Pour cet effet il grimpoit par-derrière à Ja chaise sur laquelle M. Decaen étoit assis, de sorte qu'il ne pouvoit le voir de manière à le reconnoître qu'après être arrivé à la partie la plus élevée du dossier de cette chaise : là, perché, il recevoit ce qu'on vouloit bien lui donner. A son arrivée sur les côtes d'Espagne M. Decaen fut obligé d'aller àterre, et un autre oflicier du vaisseau le remplaça à table : l'orang-outan , comme à son ordinaire, entra dans la chambre, et vint se placer sur le dos de la chaise sur laquelle il croyoit que son maître étoit assis; mais, aussitôt qu'il s'aperçut de sa méprise et de l'absence de M. Decaen, il refusa toute nourriture, se jeta à terre, et poussa des cris de douleur en se frappant la tête. Je l'ai vu très souvent témoigner ainsi son impatience dès qu'on lui refusoit quelque chose qu’il désiroit vivement, et qu'il avoit sollicité, Cet orang-outan auroit-il été conduit à agir ainsi par une sorte de calcul ? Onseroit tentéde le croire ; car dans sa colère il relevoit la tête de temps en temps, et suspendoit ses cris pour regarder- les personnes qui étoient près de lui et voir s’il avoit produit quelque effet sur elles et si elles se disposoient à lui céder : lorsqu'il croyoit ne rien apercevoir de favorable dans les regards ou dans les gestes, il recommencoit à crier.

» Ce besoin d'affection portoit ordinairement notre orang-outan à rechercher les personnes qu’il connoissoit et à fuir la solitude qui paroissoit beaucoup lui déplaire, et il le poussa un jour à employer encore son intelligence d’une manière très remarquable. On se tenoit dans une pièce voisine du salon où l'on se rassembloit habituellement ; plusieurs fois il avoit monté sur une chaise pour ouvrir la porte du salon ; la place ordinaire de la chaise étoit près de cette porte, et la serrure se fermoit avec un pêne. Une fois, pour l'empêcher d'entrer, on avoit ôté la chaise du voisinage de la porte; mais à peine celleci fut-elle fermée qu'on la vits’ouvrir, et l’orangoutan descendre de cette même chaise qu'il avoit apportée pour s'élever au niveau de la serrure. Il est

certain que jamais on n'avoit enseigné à cet animal à agir de la sorte, et il n'avoit même vu le faire à personne. Tout ce qu'il avoit pu apprendre par sa propre expérience c'est qu'en montant sur une chaise il pouvoit s'élever au niveau des choses qui étoient plus hautes que lui, et il avoit pu voir par les actions desautres queles chaises étoient transportables d’un lieu dans un autre, et que la porte dont il est question s'ouvroit en poussant le pêne : tout le reste de cette action venoit de lui. Les hommes, au reste, ne sont pas les seuls êtres différents des orangs-outans, auxquels ceux-ci peuvent s'attacher : notre animal avoit pris pour deux petits chats une affection qui ne lui étoit pas toujours agréable; il tenoit ordinairement l'un ou l’autre sous son bras, ct d'autres fois il se plaisoit à les placer sur sa tête: mais, comme dans ces divers mouvements les chats éprouvolent souvent la crainte de tomber, ils s’accrochoient avec leurs'griffes à la peau de l’orang-outan, qui souffroit avec beaucoup de patience les douleurs qu'il en ressentoit. Deux ou trois fois, à la vérité, il examina attentivement les pattes de ces petits animaux ; etaprèsavoir découvert leur: ongles, il chercha à les arracher, mais avec ses doigts seulement : n'ayant pu le faire’, il se résigna à souffrir plutôt qu'à sacrifier le plaisir qu'il trouvoit à jouer avec eux. L'instinct sembloit encore entrer pour quelque chose dans le mouvement par lequel il portoit ces petits chats sur sa tête. Si quelques papiers légers Jui tomboient sous ‘a main, il les élevoit sur sa tête ; s’il arrivoit à une cheminée, il en prenoit les cendres à poignée , et s'en couvroit la tête : il en faisoit de même avec la terre, avec les os qu'ils avoit rongés, etc.

» Nous avons dit que pour manger il prenoit ses aliments avec ses mains ou avec ses lèvres; il n'étoit pas fort habile à manier nos instruments de table, et à cet égard il étoit dans le cas des sauvages que l'on a voulu faire manger avec nos fourchettes et avec nos couteaux : mais il suppléoit par son intelligence à sa maladresse; lorsque les alimentsquiétoient sur son assiette ne se plaçoient pas aisément sur sa cuillère, il la donnoit à son voisin pour la faire remplir. 11 buvoit très bien dans un verre, en le tenant entre ses deux mains. Un jour qu'après avoir reposé son verre sur la table il vit qu’il n’étoit pas d'aplomb, et qu’il alloit tomber, il plaça sa main du côté où ce verre penchoit pour le soutenir. Le premier de ces faits, qui a souvent été répété ici, a été vu de plusieurs personnes, et le second m'a été rapporté par M. Decaen.

» Presque tous les animaux ont besoin dese garantir du froid , et il est bien vraisemblable que les orangs-outangs sont dans ce cas, surtout dans la saison des pluies. J’ignore quels sont les moyens que ces animaux emploient dans leur état de na-

HISTOIRE NATURELLE

ture pour se préserver de l'intempérie des si Notre animal avoit été halitué à s’envelopper des couvertures, et il en avoit presque un be continuel, Dans le vaisseau il prenoit pour « cher tout ce qui lui paroissoit convenable :

lorsqu'un matclot avoit perdu quelques hard, étoit presque toujours sûr de les retrouver lit de l'orang-outan, Le soin que cet anim noit à se couvrir le mit dans le cas de nous encore une très belle preuve de son intel On mettoit tous les jours sa couverture w gazon devant la salle à manger ; et après ses qu'il faisoit ordinairement à table, il alloit sa couverture, qu'il plaçoit sur ses épaules,d venoit dans les bras d'un petit domestique qu'il le portât dans son lit, Un jour qu'on avt tiré la couverture de dessus le gazon, et qu'a voit suspendue sur le bord d'une croisée pa faire sécher, notre orang-outan fut, comme à dinaire, pour la prendre; mais, de la por aperçu qu'elle n'étoit pas à sa place habituelk} chercha des yeux, et la découvrit sur Ja fe alors il s'achemina près d'elle, la prit, tn comme à l'ordinaire pour se coucher,

» Nous avons déjà fait remarquer que cet étoit beaucoup trop jeune pour avoir pu now trer quelques phénomènes de son intelligent tifs à la génération et à ses besoins. C'est d que je terminerai tout ce que j'ai à dire sur k cultés intellectuelles de l’orang-outan qui al sujet de mes observations. »

Tels sont les détails neufs et originaux dont sommes redevable à M. Fr, Cuvier. Nous le pléterons par les observations que le docteur naturaliste de l'ambassade de lord Amh:rst,tf blices sur un orang-outan de Bornéo qui fit porté, sur le César, de Batavia en Europe, arriva en août 4817, ctoù il a vécu jusqu avril 1819.

« Le pelage de cetorang-outan de couleur brunâtre couvroit abondamment le dos, ls les cuisses, et les parties supérieures des mi des pieds. Les poils , en certains endroits dut avoient jusqu'à six pouces de longueur et cm ces sur les bras : mais sur le dos de la main pieds ils étoient très courts et clair-semés. La rection étoit de haut en bas sur les reins, l« et les jambes, et rebroussoient au contraitt en haut sur les avant-bras. Le visage étoit 4 tement nu, excepté sur les côtés, où s’imp de légers favori:, et au menton, que recourt barbe grêle. Le dessus des épaules de ms les coudes ct les genoux étoient revétus d'u plus petite quantité de poils que le reste dé ou des jambes’, et les surfaces palmaires ct ?! res des mains ct des pieds étoient entitrem

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ss d'un épiderme lisse. Partont la peau offroit ouleur grise bleuâtre. La tête, vue de face, pyriforme, c'est-à-dire qu’à partir du menton 'élargissoit de manière à ce que le haut de la füt la partie la plus développée. Voisins l'un utre, les yeux dont l'iris étoit brun foncé roudans des orbites ovalaires ; les paupières qui ouvroient étoient sillonnées de vergetures, bortion du palpébral inféricur étoit remarquer son épaisseur et par les rides épaisses qui rcouroient le contour, Le nez, dans la plus partie de son diamètre. ne s'élevoit point sus du niveau de la face; il ne se dessinoit par baère saillie que vers son extrémité où les nas'ouvroient obliquement sous forme de fissures , La bouche avançoit de beaucoup, et par semble imitoit un mamelon élevé : elle acten s'ouvrant une ampleur démesurée ; mais fermant elle n'offroit l'apparence que d'une ligue, car les lèvres étoient extrêmement , Le menton fuyoit sous la bouche, et auspendoit une membrane lâche, susceptible gonfler lorsque l'animal étoit animé par des jons fortes, soit de plaisir, soit de colère. Dans os, ce tissu lèche n’imitoit pas mal ce replidu jer et du tissu cellulaire qui chez l'homme lieu à ce qu’on nomme double menton. On oit vingt-quatre dents aux deux mâchoires : à ne d'elles existoient quatre incisives, dont les du milieu du maxillaire supérieur se troudu double plus larges que leurs deux voisiobservoit encore deux canines et six molais oreilles étoient remarquables par leur se, et ressembloient parfaitement, par leur à celles de l’homme ; mais dans une situaus élevée, puisque leur bord inférieur se it au niveau de l'angle externe de l'œil. La étoit beaucoup plus large que le bassin, et re surtout avoit acquis un développement able, Les bras, par leur longueur démesupeu en rapport avec le corps, étoient aussi, proportions gardées , bien plus prolongés que émités inférieures.

mains étoient longues , relativement à leur et à celles de l’homme, et chacune d'elles visée en doigts minces et eflilés. Le pouce en éloit tellement court qu’il se terminoit au de la première articulation du doigt indi- L'extrémité de chaque doigt se trouvoit rcl'un ongle noirâtre, parfaitement conformé ire, Les pieds surtout étoient fort longs, et fonction comme par leur organisation ils oient aux mains ; leurs talons toutefois pré- ILavec ceux de l’homme la plus frappante ; le gros orteil très court formoit un angle

droit sur le pied , en arrière des autres doigts, ct n'avoit point d'ongle.

» L'orang-outan de Bornto ne sauroit marcher debout, ainsi que sa conformation le prouve ; il n'essaya jamais volontairement de l'allure bipède. Sa tête, qui tombe en avant et hors de la ligne de gravité, étoit un obstacle puissant pour s'opposer à ce genre de locomotion. 11 éprouvoit la plus grande difficulté à se tenir droit l'espace de quelques secondes , lorsque son propriétaire l'exigeoit ; aussi, pour conserver son équilibre, se trouvoit-il contraint de lever les bras, et de les jeter en arrière pour s’en servir comme d'un ba'ancier, 11 cheminoit sur la surface unie du sol en y appuyant ses poings fermés , et soulevant le corps il lui donnoit un mouvement de balancement qui le faisoit avancer, Cette manière de marcher ne peut être bicn rendue qu'en se figurant un homme privé de l'usage des jambes et marchant à l’aide de béquilles. Dans son indépendance l’orang-outan sans doute va très rarement sur Ja surface de la terre; tout dans sa structure annonce qu’il est destiné à vivre dans les arbres, qu'il est habile à grimper sur leurs troncs, et à s'accrocher à leurs branches. La longueur et la flexibilité des doigts des mains et des pieds les rendent très propres à saisir avec sulidité et prestesse les tiges arrondies. La puissance de ses muscles lui permettoit de rester indifféremment suspendu, et sans grande fatigue, par une des extrémités. Les forêts sont pour lui un champ non interrompu qu'il peut parcourir en passant de branche en branche, Dans le repos, et pour s’asseoir sur une surface unie, l'orang-outan plie ses jambes sous lui; mais lorsqu'il veut demeurer assis sur la branche de l'arbre ou sur une corde, il s'appuie en entier sur les talons en déjetant le corps en avant des cuisses. 11 sait se servir de ses mains comme tous les individus de sa tribu.

» Lorsque cet orang-outan arriva à Batavia on le laissa libre de ses actions ; quelques jours après, il fut embarqué sur le vaisseau le César qui devoit le transporter en Angleterre; mais lorsqu'on le prit à Bornéo pour le conduire à Java, il resta paisible tant que le petit bâtiment fut en pleine mer, et ne se livra à la violence dé son caractère que lorsqu'il se vit renfermer dans une cage de bambou destinée à le transporter à terre. 11 essaya de mettre en pièces les barreaux de sa cage en les secouant violemment avec Îles mains; mais, voyant qu'il ne pouvoit en venir à bout en les prenant en masse, il essaya de les briser isolément. Il en reconnut un plus foible que les autres auquel il s’acharna tant qu'il tint bon : étant parvenu à le rompre, il s’échappa. Lorsqu'on l'eut conduit à bord du vaisseau le César, on essaya de le retenir à une chaîne fixée dans la

muraille du navire par un crampon de fer ; il eut bientôt brisé ce lien, et se sauva en traînant après lui cette chaine dont la longueur, génant ses mouvements, lui inspira la réflexion d’en rouler l’extrémité, et' de la jeter sur ses épaules. Après avoir plusieurs fois répété ce manège, et ennuyé de ce que cette chaîne ne restoit point sur son dos, il finit par la prendre dans sa bouche afin de fuir plus à son aise.

» Après plusieurs essais tout aussi infructueux que le précédent, on renonça à tenir cet orangoutan à l’attache , et il lui fut permis dès lors de parcourir le vaisseau au.gré de ses caprices. Il ne tarda point à se familiariser avec les matelots qu'il surpassoit en agilité; c'est en vain qu'ils essayèrent fréquemment de l'atteindre en le poursuivant sur les agrès, ces jeux ne serviront qu’à montrer toute l'étendue de son adresse, et la sagacité avec laquelle il savoit éviter les piéges. Lorsqu'il étoit surpris, il cherchoit à devancer ceux qui le poursuivoient ; mais lorsqu'il se trouvoit trop vivement pressé il saisissoit la première corde venue en se balançant ho:s de leur portée. D'autres fois négligemment couché dans les haubans ou sur la tête du mât , il attendoit que les matelots, qui croyoient le surprendre, fussent arrivés à le toucher : alors, par un mouvement aussi brusque que la pensée, il se jetoit sur quelque manœuvre courante, et se laissoit glisser comme un trait sur le tillac, ou s'élançant sur le grand étai, il passoit d’un mât à l’autre en se balançant sur les mains de même qu’un habile funambule. En vain secouoit-on avec force les cordages minces auquels il s'accrochoit, ces secousses ne l’agitoient aucunement, tant ses muscles avoient dé force et de puissance, pour maintenir les extrémités sur les corps qu’elles embrassoicnt. Parfois lorsqu’il étoit de bonne humeur et en disposition de jouer, il s’élançoit dans les bras du matelot courant à sa poursuite, ct après l'avoir touché de la mainil fuyoit d’un bond hors de sa portée comme pour le défier de l’atteindre.

» Pendant son séjour à Java cet orang-outan logeoit dans un grand tamarinier, près de la demeure de M. Abel. IL y avoit formé un lit en entrelaçant les petites branches et en les couvrant de feuilles; dans le jour, il s’y étendoit nonchalamment , en ayant soin de placer sa tête hors de cette espèce de nid, “fin de voir si les hommes qui passoient audessous ne portoient pas des fruits; car aussitôt qu’ilen avercevoit il ne manquoit pas de descendre afin d’en obtenir sa part (!). Il avoit pour habitude de se coucher avec le soleil, ou plus tôt, lorsqu'il avoit fait un copieux repas. Il étoit réveillé au jour,

() Gemelii Carreri, dans son Voyage autour du

HISTOIRE NATURELLE

et sa première action étoit de visiter ceux ( recevoit habituellement s1 nourriture.

» Il paroissoit faire très peu d'attention

sieurs petits singes de Java, ses compagrg

voyage. Une fois cependant il essaya de jets mer une cage qui renfermoit trois de ces ani et on suppose qu'il fut guidé dans cette ac le désir de les punir de ce qu’ils avoient regu lui des aliments dont il n’avoit pas eu sa part. quoiqu'il ne s'en occupât guère pendant à traversée, M. Abel pr'ic2 qu’il étoit moinsi

rent à Jeur société lorsqu'il n’étoit pas obsen

il fut un jour surpris sr l’avant du mât den jouant avec un jeune sivge mâle. Couché dos et en partie couvert d'une voile, il con quelque temps avec une grande gravité lu babes du singe qui étoit au-dessus de lui, ma fin il l’attrapa par la queue, et essaya dek dans sa couverture. L'action cependant ne soit pas se passer enire égaux; car l'ora ne daigna pas folâtrer avec le singe commeil avec les mousses. Pourtant les singes avoisl demment une grande prédilection pour ss car lorsqu'ils étoient détachés ils alloient k ver, et furen’ souvent vus :’avançant clan ment, et se cachant vers lui. Leur int s’accrut pas s 1siblement, car ils parurent miliers avec . ‘ dès la première entrevue fin du voyage. | » Mais, quois e très doux, l'orang-outt voit être anin( ar une violente rage, qu'il moit en ouvra! la bouche, en montrantss eten saisissan t mordant ceux qui étoient lui. Quelquefr il parut presque désespéri, deux ou troi ‘ccasions il se livra à desx dans un être a1«isonnable auroient été n comme la menace d’un suicide. Si on lim obstinément une orange lorsqu'il essayoit à saisir, il poussoit de grands cris, et s'élançol reur sur les cordages ; ensuite il revenoit, «

monde, parle évidemment de l'orang-oulsn, dit « avoir va un singe qui se plaignoit comm » fant: qui marchoit sur les deux pieds de ( » emportant sa natte sous son bras pour st » dormir. Ces singes, ajoute-t-il, paroissent » d'esprit que les hommes à certains égards; Gi » ilsne trouvent plus de fruits sur les monbf » vont au bord de la mer, où ils attrapent de » des huitres et autres choses semblables. ya » péce d'huître , qu'on appelle taclovo, qu » sieurs livres (tridacne bénitier), et quief » ouverte sur le rivage; or ce singe, craignant » il veut la manger elle ne : à; 2e les doifls

|» ms .tses valves, jee entre les deux €

» pierre qui s'oppose à sa fermeture, el M » manger sans crâinte le mollusque. »

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DES MAMMIFËRES.

bef de l'obtenir : s’il étoit encore joué, il se ktcomme un enfant sur le pont, jetant les cris sperçants; une fois, se levant soudain, il s’éavec fureur sur le côté du vaisseau, et dispaémoins de cette action, les gens du vaisseau nt d'abord qu'il s’étoit élancé dans la mer; après l'avoir cherché, on le trouva caché sous aines des haubans.

st animal ne fait point les grimaces et les cons des autres singes, et ne possède point leur nt à la malice. Une gravité qui approche de lancolie et de la douceur étoit fortement exdans sa contenance, et sembloit être ses itions caractéristiques. Lorsqu'il se trouvoit Ja première fois parmi des étrangers, il regar-

endant des heures entières autour de lui d’un

nsif, en appuyant sa tête sur sa main; et lorsoit ennuyé d'être un objet de curiosité, il se sous le premier meuble qui étoit à sa portée. ceur étoit prouvée par la paticnce avec la.

il supportoit les injures même graves, et ce qu'ladernièreextrémité qu’il cherchoit à se , Mais ilévitoit toujours ceux qui le lutinoient équemment. Il s’attacha promptement aux squi se conduisirent bien à son égard ; il aiaucoup s'asseoir à leurs côtés, et, s’en apnt autant que possible, il prenoit leurs mains

lèvres, et réclamoit vivement leur proà et leur appui. Le bosman de l’Alceste, qui

ooit ses repas. avec lui et qui étoit son plus

ami (quoiqu'il lui dérobât quelquefois son à son biscuit), lui apprit à manger avec une ; il s’asseyoit souvent à la porte de la cabane maître pour prendre son café, sans être aucu-

Mt troublé par ceux qui l'observoient , et cela

air sobre et comique qui sembloit être une e de la nature humaine, près le bosman M. Abel étoit peut-être sa ance la plus intime. F1 le suivoit constamla tête du mât, où il se retiroit souvent pour bruit du vaisseau ; ct, s'étant assuré que ses ne contenoient point de vivres, il se coulors à ses côtés, et se couvroit entièrement voile qu'il écartoit parfois pour suivre de jus ses mouvements, hamusement favori à Java étoit de s’élancer en arbre et sur le toit des maisons; et dans tre, de se pendre par les mains aux cordes et iner avec les mousses, Il les excitoit à jouer ipant avec la main lorsqu'ils passoient, et en at ensuite ; où bien il se laissoit attraper, et tngageoient des démélés burlesques dans ‘il avoit recours aux mains, à ses pieds et che. Si on peut tirer quelque conjecture de Kel de lu mauière dont il attaque son adverdoit penser que son premier but est de le

jeter à bas , puis de s’en saisiravec ses mains ct ses pieds, et alors de le blesser avec les dents.

» À bord du vaisseau il dormoit ordinairement sur la tête du mât (le chouc), en s’enveloppant d’une voile (!). Il se donnoit beaucoup de mal pour faire son lit, et ne manquoit pas de le débarrasser des objets qui auroient pu rendre inégale la surface sur laquelle il vouloit reposer ; et, content de cet arrangement, il tiroit sur lui la voile et s’étendoit sur le dos. Quelquefois M. Abel s'emparoit de son lit, et aiguillonnoit son humeur en refusant de le lui rendre : alors il s’efforçoit de tirer à lui la voile, et ne vouloit se retirer que lorsqu'il étoit resté maître du terrain. Si le lit étoit assez large pour deux, il se posoit tranquillement auprès de la personne qui étoit venue l'occuper; ou, s’il arrivoit que toutes les voiles fussent déferlées, il cherchoit un autre objet,

(*) Ces habitudes, observées par un naturaliste très instruit, nous prouvent aussi que nous ne devons pas toujours rejeter sans examen le récit des anciens voyageurs. Leguat, que beaucoup de savants regardent avec quelque apparence de raison comme un conteur, rapporte, dans la narration de son voyage et de ses aventures ( Voyage et Aventures de François Leguat aux deux îles désertes des Indes orientales, 2 vol. in-12; Londres, 1720), tome 11, page 95, quelques varticularités sur l'orang-outang, qu'il est bon de conserver, « Je dirai quelque chose d'un singe extraordinaire, que » j'ai vu à Java, où il avoit une petite maisonnetle sur » la pointe du bastion qu'on nomme le Saphir. C'étoit » une femelle, Elle étoit de grande taille, et marchoit » souvent fort droit sur ses pieds de derriére ; alors elle » cachoit d'une de ses mains, qui n'étoit velue ni dessus » ni dedans, l'endroit de son corps qui distingue son » sexe * selle avoit le visage sans autre poil que celui » des sourcils, etelle ressembloit assez en général à » ces faces grotesques de femmes hottentotes que j'ai » vues au Cap. Elle faisoit tous les jours proprement » son lit, s’y couchoit la tête sur l'oreiller, et se cou- » yroit d'une couverture, de la même manière que cela » se pratique communément parmi les hommes, Quand » elle avoit mal à la tête, elle se serroit d’un mouchoir, » et c'étoit un plaisir de la voir ainsi coiffée dans son » lit, Je pourrois en raconter diverses autres petites » choses qui paroissent extrêmement singulières; mais » j'avoue que je ne pouvois pas admettre cela autant » que le faisoit la multitude, ni en tirer les mêmes con- » séquences, parce que, comme je n'ignorois pas le » dessein qu'on avoit de porter cet animal en Europe » pour le faire voir, j'avois beaucoup de penchant à sup- » poser qu'on l'avoit dressé à la plupart des singcries » que le peuple regardoit comme lui étant naturelles : » à la vérité c'étoit une supposition Il mourut à la hau- » teur du Cap de Bonne-Espérance, dans un vaisseau de » la flotte sur laquelle j'étois. »

* Cette observation est, ainsi que plusieurs autres de Leguat, entièrement fausse. Les orangs ignorent le sentiment de la pudeur, aussi bien que les hommes de race noire qui vivent à la Nouvelle-Hollande et sur les terres des Papous. Habitués dès leur enfance à une complète nudité, peuvent-ils avoir, comme nous, des idées de bienséance ?

voloit soit une veste, soit une chemise de matclot mise au sec, ou tâchoit de découvzir la couverture de laine de quelque hamac. Lorsqu'on eut doublé le cap de Bonne-Espérance, il souffrit beaucoup d’une température refroidie , surtout dans les premières heures de la matinée; aussi, lorsqu'il descendoit du mât transi de froid, il couroit vers un de ses amis, se jetoit dans ses bras, et le serroit fortement pour se réchauffer : il poussoit des cris violents au contraire, si l’on essayoit de l'éloigner.

» Sa nourriture à Java consistoit principalement en fruits, et surtout en mangoustans qu’il aimoit passionnément. Il suçoit aussi les œufs avec voracité, ets’occupoit fréquemment d’en chercher. À bord sa nourriture n'étoit pas déterminée ; il mangcoit indifféremment toutes sortes de viandes, et surtout lorsqu'elles étoient crues ; il aimoit beaucoup le pain, mais il préféroit les fruits lorsqu'il pouvoit en obtenir. Sa boisson à Java étoit de l’eau ; à bordelle étoit aussi variée que les mets qui formoient sa nourriture. 11 préféroit le café et le thé; mais il acceptoit le vin, ct prouva un goût fort vif pour les liqueurs fortes en dérobant une boutcille d'eau-de-vie au capitaine. A Londres il préféroit à toute antre substance la bière ct le lait, bien qu'il bût aussi fréquemment du vin et des liqueurs.

» Dans ses tentatives pour obtenir de la nourriture, il montra en plusieurs circonstances unc grande sagacité et une finesse de tact peu commune. Il étoit toujours très impatient de saisir ses aliments lorsqu'on les lui présentoit, se mettoit en colère lorsqu'on ne les lui livroit pas promptement , et poursuivoit la personne chargée de les lui donner par tout le vaisseau. M. Abel alloit rarement sur le pont sans avoir dans sa poche des confitures ou des fruits, et jamais il n’échappa à s5n œil vigilant. Quelquefois il essayoit de l’éviter en montant sur lemât; mais il étoit toujours prévenu ou interrompu dans sa fuite. Lorsqu'il arrivoit avec jui dans les haubans, il se soutenoit d’un pied dans les enfléchures, et relenoit ses jambes avec l’autre pied ct une main , tandis qu’il fouilloit dans ses poches. S'il

trouvoit impossible de le surprendre , il grimpoit à unc grande hauteur dans le gréement, et s'élançoit brusquement sur lui. Enfin, apercevant son intention de descendre , il se glissoit pir une co:de, et étoiten bas en même temps que lui. Quelquefois M. Abel attachoit une orange au bout d’une corde, et la laissoit pendre du mât sur le pont; ct aussitôt qu'il vouloit la saisir, il l’élevoit rapidement. Après avoir été plusieurs fois trompé dans son cmploi des moyens naturels, il changeoit son plan. Paroissant n'y plus faire attention, il s’en alloit à quelque distance, et montoit tranquillement aux agrès pendant quelques minutes ; puis, par un saut imprévu, il

HISTOIRE NATURELLE

attrapoit la corde qui soutenoit l'orange. &i tiroit précipitamment la corde, il paroissoi

péré, abandonnoit ses efforts, se jetoit dansk

dages , et crioit avec violence. Mais il toujours ; et, s’il étoit encore vaincu , il sai bras afin de lui enlever l'orange.

» Deux fois seulement il manifesta unes

frayeur : c'étoit à la vue de huit grandes tort portées à bord tandis que le César étoit à l'A Alors il grimpa en toute hâte sur la partiel seau la plus élevée; et de là, regardant x

de lui, il allongea ses longucs lèvres sous lf

d'un groin, et laissa échapper en même ts son qui peut tenir le milieu entre le crox d'une grenouille et le grognement d’un co bout de quelque temps il s’aventura à mais avec beaucoup de précaution, regard nuellement les tortues, et on ne put jamais approcher qu’à plusieurs toises de distance.ll à la même hauteur et fit le même grogne voyant plusieurs hommes qui se baignoient, plongeoient dans la mer; et après son:

Angleterre il témoigna presque le mêmeds frayeur en voyant une autre tortue vivante.

» Cet orang-outan fut conservé en Angk Exeter-Change, où ses aimables qualités ct sf douceur lui attirèrent de nombreuses visit on n’eut à le punir ou à le tenir captif. Il la plus grande préférence à son gardien et sonnes qui le visitoient fréquemment, Pa maladie et jusqu’à l'instant de sa mort sud pliant sembloit réclamer le secours de ceux prochoient, et tout en lui inspiroit des 6 d'autant plus tristes qu’il rappeloit parfaite souffrances de l’homme, dont il avoit j#f moindre douleur. La maladie qui l'a fit} occasionnée par des dents qui sortoient de véole, et qui prouvent sa grande jeunes!

son séjour à Londres sa taille se dévelopn gueur comme en grosseur ; ce qui porte M croire que l'orang-outan adulte est ideni le pongo. »

A la suite des observations détaillées el} de M. Abel nous croyons devoir citer @% M. John Mac-Leod, chirurgien de marines seau du capitaine Maxwell , a publiées sur® animal (t). Le rapprochement de ces don nira des termes de comparaison dans la mil sont interprétées les actions des animaux.

« L'orang-outan de Bornéo n’est pas Su marquable parce qu’il est très rare, mais la forte ressemblance qu’il a sous plusieuf avec l’homme. Le crâne est absolument!

() Voyage du capitaine Maævwoell en Chi tion françoise; Paris, 1818 ,in-8°, p. 341

, comme le nôtre e de la tête, le fre és, les cils, en ur etaux oreilles, r ine, Les poils de qui couvrent le r plat, et la distan pnsidérablé, Son oute la partie in sont fortes ct au e sa figure est cor le de l'homme. 1 à générale des épa as, la jointure c ins, offrent des si nblance. Le méta qui est entre les longé; et en plaça u niveau de celle savoir formé sa m dans les forêts, ei r plus aisément :

lui dont je parle e gonflé, et ressen oit assis sur des te quand il vivoit de son introduction sant meilleure ch l'est difficile de dé nt courtes et tort ceux de l’homn posé d’orteils auss 8ls, avec un pou léole interne, con but ce qu'il saisit ses mains. Quan trois pieds de ha ide comme un en Orsqu'il est sur un chaque pas en pos 8ls des mains, To S pieds, ont, à l'ex Bles exactement sd ne, s fruits ct les noix Nourriture habitud toute autre sorte d de. 11 boit fort bic spiritueuses quan vu plusieurs fois facilement à prend depuis son arrivéd Coup de goût pou

nombre est doublem C-Leod que par err

prange, Si paroissoil toit danse Mis il cu , il saisi

ifesta unes randes tort étoit à l'Ast r la partie gardant at vres sous lé n même {* tre le croi it d’un co ntura à de n, regarda put jamais | le distance.

ême grognt e baignoietl, près son à e le même@ tue vivante.

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détailléesel} cvoir citer (4 de marine publiées sur” de ces don dans la mi es animaux est pas seu rare, mais ous plusieu absolument;

root en Ch 8°, P. 34,

: comme le nôtre. La forme de la partie supé- » de la tête, le front, les yeux, qui sont noirs et és, les cils, en un mot tout ce qui a rapport aux etaux oreilles, ne diffèrent en rien de l’espèce ine. Les poils de sa tête sont les mêmes que qui couvrent le reste de son corps. Son nez est plat, et la distance qui le sépare de la bouche pnsidérablé. Son menton est très large, ainsi oute la partie inférieure de la mâchoire. Ses sont fortes et au nombre de trente-six (!). Le e sa figure est comme une espèce de caricature le de l'homme. La position des omoplates, la à générale des épaules et du sein , ainsi que celle as, la jointure du coude principalement, et ins, offrent des signes non moins frappants de nblance. Le métacarpe, ou cette partie de la Kqui est entre les doigts et le poignet, est un longé; et en plaçant la jointure du pouce presu niveau de celle des autres doigts, la nature e avoir formé sa main pour le genre de vie qu’il dans les forêts, en lui donnant les moyens de r plus aisément aux branches des arbres. lui dont je parle avoit le ventre très gros et e gonflé, et ressembloit assez à ces Silènes que pit assis sur des tonneaux : mais étoit-il aussi quand il vivoit dans les bois? ou n’est-ce que son introduction dans une nouvelle société et gant meilleure chère qu’il l’est devenu? C’est l'est difficile de décider. Ses cuisses et ses jamnt courtes et tortues, la cheville et le talon e ceux de l’homme ; mais le devant du pied posé d’orteils aussi longs et aussi flexibics que gls, avec un pouce placé un peu en avant de léole interne, conformation qui lui permet de out ce qu'il saisit aussi ferme avec ses pieds ses mains. Quand il se dresse, il peut avoir trois pieds de hauteur : il sait marcher quand idecomme unenfant ; mais sa marche natuorsqu'il est sur un terrain uni, est de se souchaque pas en posant sur la terre les jointures gts des mains. Tous les doigts, tant des mains s pieds, ont, à l'exception du pouce du pied, gles exactement semblables à ceux de la race ne.

s fruits et les noix de toute espèce paroissent nourriture habituelle; mais il mange du bistoute autre sorte de pain, et quelquefois de de. I boit fort bien du grog, même des lispiritueuses , quand on lui en donne, et nous vu plusieurs fois s’en servir lui-même. Il facilement à prendre sa tasse de café ou de depuis son arrivée en Angleterre il a monbeoup de goût pour le porter. Il n’est point,

nombre est doublement fautif, et n'est indiqué ac-Leod que par erreur.

comme les autres singes, d’un naturel méchant et malicieux ; il ne vous étourdit pas en faisant claquer. ses dents dans un mouvement de dépit et d'impa-

tience : il est plutôt d'un caractère grave et posé, a. l'humeur très sociable, et vit en bonne intelligence

avec tout le monde. Il n’est pas enclin au vol; mais

il ne se faisoit pourtant pas scrupule, lorsqu'il avoit

froid ou qu’il vouloit dormir, de se couvrir de toutes

les hardes qu’il pouvoit trouver, ou de dérober un

oreiller dans l’un des hamacs, afin de se faire un lit

plus doux et plus commode.

» Quelquefois, lorsqu'on l’agaçoit en lui montrant quelque chose à manger, il portoit au plus haut degré toutes les passions humaines, vous poursuivant en poussant des cris horribles, se renversant sur le dos, se roulant par terre, comme s’il étoit dans la plus grande rage, et essayant même de mordre ceux qui étoient près de lui : ou bien, s’accrochant à quelque cordage, il se laissoit glisser sur le bord du navire comme s’il vouloit se noyer; mais, quand il étoit tout près de l’eau, il s’arrétoit, sembloit faire de nouvelles réflexions, et rentroit dans le vaisseau. Il fouilloit souvent dans les poches de ses amis pour y chercher des noix et des biscuits, qu'ils lui donnoient quelquefois. Il avoit beaucoup d’antipathie pour les autres espèces de singes plus petits que lui, et il les auroit jetés à la mer s’il avoit pu. Il étoit pourtant en général d’un naturel doux et docile, et qui ne se démentoit jamais, à moins qu'on ne le provoquât. C’est sans contredit, de tous les animaux, celui qui a le plus de rapport avec l’homme. »

A la suite de ces deux descriptions complètes et détaillées d’orangs-outans dans les premières années de leur vie, nous rappellerons les renseignements nouveaux dont on est redevable à M. Clarke-Abel, sur un grand individu tué dans l’île de Sumatra en 1825, et qui paroit être évidemment le vicil âge de l'espèce ordinaire. Le mémoire (!) de M. Abel a été rédigé d'après les dépouilles mal préparées de cet animal, et se trouve accompagné du récit des circonstances diverses qui ont précédé ou suivi sa capture. Il nous fournit sur l’orang-outan des particularités d’un haut intérêt.

« L'équipage d’un canot sous le commandement de MM. Craygimann père et fils, oMficiers du brick Marie-Anne Sophie, étant débarqué au lieu nommé Ramboom, près Touramand, dans le nord-est de l'ile de Sumatra, sur un canton bien cultivé qu'ombragent des arbres clair-semés, aperçut un animal gigantesque de la race des singes. A l'approche des hommes, cet animal descendit de l'arbre sur lequel

() {Lest inséré dans le tome XV, p. 489 des Asïatic researches; on y a joint une planche lithographiée représentant la tête ,les dents, les mains et les pieds dè l'animal, :-

{l étoit perché; mais quand il vit qu'on s'apprétoit à l’attaquer, il se réfugia sur un autre, et rappela dans sa fuite l'aspect d’un homme de la plus grande taille, couvert de cheveux luisants qui paroissoient noirâtres, mais dont la démarche eût été chancelante, et qui, pour ne pas broncher, appuyoit ses mains de temps à autre sur le sol où, en se servant d’un bâton, il cheminoit alors assez doucement. Bientôt on jugea de son agilité et de sa force dès qu'il fut parvenu sur une cime, d'où, s'élançant à l’aide des grosses branches, il passoit d’un arbre à l’autre aussi lestement que l’eût fait le plus petit et le plus vif des singes. Il eût été impossible de s’en rendre maître dans un bois touffu et serré, car alors la rapidité d’un cheval au galop n'eût pas été plus considérable que son allure. Ses mouvements étoient si prompts qu'on avoit à peine le temps de l’ajuster. Ce n’est qu'après avoir abattu plusieurs arbres et en agissant de ruse qu’on parvint à l’isoler, et alors il fut frappé successivement de cinq balles, dont une parut avoir pénétré dans les entrailles. Ses forces s'épuisèrent avec rapidité, et semblèrent complétement éteintes à la suite d’un vomissement copieux de sang noir. Néanmoins il se tenoit toujours dans le feuillage. Quelle fut la surprise des chasseurs lorsque , après avoir forcé le dernier asile de cet orang-outan, on le vit se relever avec vigueur, et s’élancer sur d’autres arbres! Mais bientôt sa foiblesse le fit retomber presque mourant, et tout en lui annonçoit qu'il alloit exhaler le dernier soupir. Les marins se croyoient assurés de leur proie, lorsque ce malheureux animal recueillit ce qui lui restoit de force, et se mit en posture de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. ÂAssailli à coups de pique, sa vigueur et l'énergie de ses membres robustes ne se démentirent point ; il brisa comme un fragile roscau la tige d’une pique qu'il avoit saisie dans ses mains. Cet effort épuisa ce qui lui restoit de vigueur, et renonçant à une défense devenue inutile, il prit alors l'expression de la douleur suppliante. La manière piteuse avec laquelle il regardoit les larges blessures dont il étoit couvert toucha tellement les chasseurs, qu’ils commencèrent à se reprocher l’acte de barbarie qu’ils commettoient sur une créature qui leur sembloit presque humaine, non moins par la manière dont elle exprimoit ses douleurs que par ses formes corporelles. Lorsque cet orang eut terminé son existence, les naturels accourus autour des Européens contemplèrent sa figure avec un égal étonnement. Etendu sur le sol, il sembloit avoir sept pieds anglois de hauteur (six pieds cinq pouces de France); mais quand il étoit debout, dépassant de toute la tête l’homme le plus grand de l'équipage , on ne lui en avoit pas supposé moins de huit, Le corps étoit fort bien proportionné, la poitrine large et carrée, le bas de la taille mince; les yeux étoient assez grands, mais petits, proportions

HISTOIRE NATURELLE

gardées avec ceux d’un homme; le nez r plus saillant que chez aucune autre espèce de et la bouche étoit notablement fendue, Une frisée, couleur de noisette, longue de trois ornoit les lèvres et les joues plutôt qu'elle guroit ces parties : les bras étoient bien plu que les membres postérieurs. Les organes # retirés se laissoient entrevoir. Les dents, pu ment complètes et d’une grande blancheur, çoient que cet individu n’étoit pas très âgé, One toit quatre incisives à chaque maxillaire, de aplatie, et taillée en biseau, longues à la mk d'en bas d’un pouce cinq lignes ; les canines deux pouces sept lignes ; les molaires pré les mêmes particularités dans leur couronw celles de l'homme, mais leurs proportions 4 beaucoup plus considérables. Le poil qui « le pelage étoit partout doux et luisant. Ce qu prenoit le plus les assistants étoit la ténacité vie qui avoit long-temps résisté à tant de bleus La force musculaire devoit avoir été bien con ble, car l’irritabilité de la fibre se manifesa d’une manière très frappante lorsque le c ayant été transporté à bord et hissé pour y ên ché, le scalpel produisit un mouvement ef de contraction dans les muscles, même long:

après la mort. Cette irritabilité fut telle, l atteignit les plans musculaires des gouttières brales, que le capitaine Cornfoot en eut hom que dans la persuation où il fut que ces marge sensibilité ne pouvoient avoir lieu sans de virek leurs, il ordonna de ne pas continuer la di qu'on n’eût séparé la tête du tronc.

» Cet orang-outan, comme dépaysé, devait voyagé pendant un certain temps avant d'én venu au lieu où il fut tué, car il avoit de lab qu'aux genoux, et les habitants de cette partieéi matra n’avoient aucune idée d’avoir jamisn animal semblable. Les Malais qui peuplent cs ne s’enfoncent jamais dans les vastes et imp bles forêts qui commencent à deux lieues de boom, et ils ignoroient complétement qu'unt mal y existât. Ils lui attribuèrent les cris sing qu'on avoit entendus depuis quelques jours,( n’avoient aucune analogie avec ceux des ai carnassiers qui viennent de temps à autre rl nuit autour de leurs demeures. La peau à orang, ridée et racornie, présente encore dl ment actuel cinq pieds dix pouces, à partiré cromion jusqu’à la malléole. Le cou a trois?

de longueur seulement; la face du haut di jusqu’à la symphyse du menton en a neuf; f quatorze pouces : ce qui, au total, donne sepl anglois six pouces et demi de hauteur, et huil deux pouces d'une main à l’autre, les bre étendus. »

examen de la dépot pis à M. Clarke-Abel

ous. « Le visage est !

est au menton et at pe la barbe que les:

jetrouvérent si bie cheveux d'un noir s et sur les côtés « ssent les paupières.

ss le long de la tête, e s; elles ressemblero homme si elles avoi je et projetée en a vites : la supérieu:

es de moustaches. ] ongue et de la coule erminent les doigts :

noirs : le pouce ne ( glation du doigt ind ement d'un brun rou, pelques endroits, et :

at le poil est très long où il forme une ligne pic, »

les détails que nous ng, il est facile de vois . Abel est un indivi ux jeunes que MM.

ème nous ont précé taille, par la puissar e de ce que nous e ut-être le pongo de M l'âge; mais cependan osition qu’on peut én vint eu en sa possess }, celle qu'il eût été si delelic enfin, et surt >, qu'on auroit pu cc s de la charpente osse trrées au Muséum, la suite de l’histoire de rons des détails tirés d lon (1), et du récit de 0rang-outan de Borné nt la taille étoit de tra Ï permet de supposer

olon's Journal of ,p. 570; et Philosophicd B (article analysé par J.

lin des Sciences }

Al. le professeur Geoffro

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de la dépouille de cet orang-outan a is à M. Clarke-Abel de résumer les caractères

as. « Le visage est ridé et complétement nu, si

est au menton et au bas des joues, où se dé- 0e la barbe que les marins de la Marie-Annejetrouvèrent si bien placée et si belle. Quelcheveux d'un noir plombé tombent sur les s et sur les côtés de la tête ; des cils touffus sent les paupières. Les oreilles sont petites, slelong de la tête, et hautes à peine de dix-huit s; elles ressembleroient parfaitement à celles homme si elles avoient un lobule. La bouche je et projetée en avant a des lèvres minces roites : la supérieure cst recouverte par des es de moustaches. La paume des mains est ongue et de la couleur de la face. Les ongles rminent les doigts sont robustes, convexes, ks noirs : le pouce ne dépasse point la première nletion du doigt indicateur. Le pelage est gément d'un brun rouge, passant au brun foncé gelques endroits, et au rouge vif en d’autres. at le poil est très long en dessus, et surtout sur où il forme une ligne plus épaisse et plus fourpic, »

les détails que nous venons de rapporter très ng, il est facile de voir que l’orang-outan décrit . Abel est un individu complétement adulte ux jeunes que MM. Frédéric Cuvier et Abel ne nous ont précédemment fait connoitre.

Uille, par la puissance musculaire, par l’ene de ce que nous en savons, ce grand singe ut-être le pongo de Wurmb, non encore vieilli âge; mais cependant ce n’est guère qu’une psition qu’on peut émettre, puisque M. Abel vint eu en sa possession la seule pièce pro- }, celle qu'il eût été si intéressant de discuter, uelette enfin, et surtout la boîte osseuse crâ- , qu'on auroit pu comparer avec les mêmes s de la charpente osseuse du pongo de Wurmb rvées au Muséum.

Basuite de l'histoire de l’orang de M. Abel nous rons des détails tirés du Journal philosophique son (!), et du récit de M. John Jeffries, relatif orang-outan de Bornéo (?) conduit à Batavia, nt la taille étoit de trois pieds quatre pouces, Ï permet de supposer qu’il n'étoit âgé que de

ton's Journal of Philosophy, no XI1, août haie el Philosophical Magazine, mars 1826, PLATUCIe analysé par 3.-3. Virey, t. X, p. 440, du lin des Sciences } sé ;

AL. le professeur Geoffroy Saint-Hilaire regarde le

e Wurmb comme une deuxiéme espèce du genre

D: (ladmet que l'animal décrit par N. Jeffries est

ne individu de l'orang ou pongo de Wurmb; hs lgnorons quels sont les motifs sur lesquels se ‘plaion du savant académicien,

quatre ou cinq ans. « Cet orang, dit M. Jeffries, avoit à la première vue quelque ressemblance avee un Nègre, par son museau prolongé et par la couleur noirâtre de sa peau. Cependant les lèvres, le tour des yeux, le dedans des mains et des pieds, et le reste des téguments, dans les endroits dépourvus de poil, ressembloient en tout à ceux de l'homme : il marchoit soit sur deux pieds, soit en s’aidant des membres antérieurs qui étoient plus longs que ses jambes. Ses yeux bruns étoient enfoncés dans leurs orbites. Le nez étoit court, les lèvres saillantes, les épaules assez larges ct aplatics, les fesses à demi nues, mais distincles : il y avoit un sacrum, un coccix sans prolongement caudal, un nombril profond, un scrotum très développé et rugueux; le tout parfaitement semblable aux mêmes parties dans l’homme. M. Blanchard, capitaine du navire l'Octavie, étudia à loisir les mœurs de cet intéressant animal, et voici le résultat de ses observations. « 11 vivoit familiè rement avec les marins, qui l’appeloient Georges, et le considéroient comme un Nègre de l'équipage. Il servoit le café à table, comme il l’avoit toujours fait dans la maison de M. Forestier, son premier possesseur ; il s’utilisoit à bord pour nettoyer le pont et apporter de l'eau; il arrangeoit les habits des officiers (!), aussi bien que pourroit le faire un domestie que soigneux. Ilamusoit l'équipage, qu'il charmoit par sa docilité et son obéissance. Une fois M. Blanchard le corrigea , et par son repentir apparent il ressembloit à un enfant qui pleure. Sa nourriture de prédilection étoit le riz; mais il aimoit les fruits, buvoit du thé, du café et même du vin blanc, surtout après diner. Il ne s'’asseyoit jamais sur le plancher, et choisissoit un siége élevé. D'après l'avis de M. Fo. restier, on Jui donnoit de l'huile de ricin lorsqu'il étoit incommodé : une once le faisoit vomir et le purgeoit, Lorsqu'il contracta la maladie dont il mourut, il se laissoit tâter le pouls, qui donnoit autant de pulsations par minute que celui d’un homme. Sa peau adhéroit solidement à un tissu cellulaire plus dense sur la face, aux pieds et aux mains, comme chez nous. L'ouverture de l'abdomen montra les viscères dans lesmêmes rapports que chez l’homme, Ainsi le péritoine, le mésentère et les ligaments suspenseurs du foie étoient amples et robustes. Le cordon des vaisseaux spermatiques descendoit le long des muscles abdominaux et du ligament de Poupart. L’estomac, le cœur, les poumons, n’étoient point différents de ces organes chez l’homme. Il en étoit de même de la glotte, de l’épiglotte, de l'os hyoïde etdes cartilages du pharynx ; seulement à l'entrée du larynx étoit placée la poche de Camper, qui pouveit se gonfler et se remplir d'air à la volonté de l'ani-

as

() Peut-être ces détails sont-ils un peu fardés,

mal (!). Le cerveau (?) pesoit neuf ouces trois quarts; 11 donnoit naissance aux mêmes branches nerveuses que chez l'homme, et chacune d’elles sortoit par les ouvertures identiques, et se distribuoit de la même manière. Le diamètre des vaisseaux sanguins étoit généralement étroit, et les fibres musculaires étoient très robustes. »

Tels sont les documents les plus modernes que nous possédons sur l'être intéressant qui nous occupe. On ne peut se dissimuler qu'ils jettent un grand jour sur son histoire, et qu’ils forment la base Ja plus solide des connoissances que le temps ne peut manquer de compléter. Cependant il seroit injuste de dédaigner la description détaillée qu’en a

(:) Le capitaine Blanchard dit que son orang-outan gonfloit cette poche quand il nageoïit, et qu’elle contribuoit à soutenir la tête au-dessus de l’eau. On se rappelle que M. de La Billardiére a cité un de ces animaux qui, en tombant à l'eau, se laissoit couler sans essayer le moins du monde de faire agir ses membres pour se sauver.

‘ () Le cerveau de l'orang-outan diffère de celui des autres singes, suivant le docteur Tiedemann (Cerveau de l'orang-outan comparé à celui de l'homme, avec planche, Zeitschrift für Physiologie, t. Il):

4° Par l'absence du faisceau médullaire nommé trapèze de la moelle allongée; 2e Par l’existence d'une échancrure postérieure au cervelet ;

* 30 Par un plus grand nombre de sillons ‘et de lames à la même partie ;

4&o Par la présence de deux tubercules mamillaires distincts;

* Go Par les circonvolutions et les anfractuosités plus nombreuses et en même temps moins symétriques du cerveau;

* 60 Par l'existence d'incisures digitées sur les cornes d'Ammon.

Par tous ces points le cerveau de l'orang-outan ressemble à celui de l'homme. Il s’en distingue nettement par les particularités suivantes :

“4° Le cerveau de l’orang-outan est en proportion plus petit, plus court et moins haut; les lobes postérieurs ne recouvrent point en entier le cervelet ;

* 20 La masse des hémisphères cérébraux est plus petite, relativement à la moelle épinière, aux pyramides, au cervelct, aux tubercules quadrijumeaux, aux couches optiques et aux corps striés.

Chez l'orang-outan, le diamètre transversal de la moclle épinière, derrière les pyramides, est au plus grand diamètre transversal du cerveau même comme 4:9; chez l'homme, au contraire, ce rapport est comme 1 : 10; chez l'orang-outan, la largeur des pyramides est à celle du cerveau comme 1 : 9; ct chez l'homme, comme 1 : 13. Le diamètre des corps olivaires, comparé à celui du cerveau, est, chez l'orangoûtan , comme 1 : 9 ; et chez l'homme, comme 1 : 18.

‘So Le cerveau de l'orang-outan est plus petit, relativement aux nerfs, que chez l’homme.

4 Les hémisphéères ont beaucoup moins d'anfractuosités et de circonvolutions que chez l'homme,

RISTOIRE NATURELLE

laissée Vosmaër (!); mais, comme clle a & rée dans cette édition des OEuvres de Bu tome III (pages 598 et suiv.), nous y ren le lecteur.

Il nous reste maintenant à parler du rx Wunus, que des motifs assez plausibles ont à regarder comme l'individu très vieux de l'a outan, dont on n’avoit jusqu’à ce jour connus jeune âge. Plusieurs naturalistes toutefois d de cette identité, et admettent, à l’exemple de Lacépède, un genre pongo qui seroit placéi sieurs degrés au-dessous des orangs ct ap mandrills, comme s’éloignant déjà du tx mordial des anthropomorphes, et présenta haut degré les formes des carnassiers, Mai nons les faits à leur source, et établissons p discussion aussi lumineuse que possible l'él la question.

Le baron de Wurmb(?) nomma pongo unes espèce d'orang, dans laquelle il crut reconn pongo de Buffon, c'est-à-dire le chimpanx, donna une description assez étendue, m cependant n’est point à l'abri de la critique. fois le squelette de cet animal, qu'on cons gneusement dans les galeries du Muséum, « Audebert a publié une figure (Détails anaton pl. 44,f. S), présente des différences tele moins de posséder la charpente osseuse de âges des orangs, passant par la succession nées au type de celui du pongo, il est vraim possible d'admettre que ce soient des ani même espèce.

Le squelette du PoNGo DE Wunmp est l quatre pieds. La forme de la mâchoire ins fait présumer un os hyoïde fort grand; len est aussi long que dans le mandrill, et mé gros et plus obtus. Une crête osseuse très dére (voyez la pl.) surmonte le crâne; elle partdt tie moyenne de l’occipital. remonte sur l crâne, et se partage en deux branches qu gent sur les côtés des orbites. Deux auté latérales, partant également de l’occiput, +45 vers les fosses temporales, et acquièrent cinq lignes d'élévation. Les vertèbres à sont surtout remarquables par la longueiré dinaire de leurs apophyses épineuses, qui sent, proportions gardées, ce qu'on tra tous les autres mammifères. Les côles es nombre de douze, y compris cinq fus membres antérieurs sont très longs, et ut jusqu'aux malléoles. La main égale presqf

{") Description de l'espèce de singe, aussi À que très rare, nommé orang-outang de l'Île de ( Feuilles de Vosmaër, Amst., 1778.)

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4° Par la m distincts;

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