‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 52 sur 514 · L. Ce · texte numérisé non relu

L. Ce

Éd LATE Jette » +: Jette (4 COTE culot ra

) 4 dr veto -cotlerre adulte, £. crane du À, UE de Nu renil.

Zublé par Jourrat frères à farr,

ueuvius m1

lu jambe, et l'e gé que le bassi:

dents canines pr et par leur dével pointe cunéiforir ux les plus carn pongo fut pris d l'ile de Bornéo, | ng. Il se défendi e de grosses bra rbres; aussi ne brès l'avoir tué, Ci set prolongée € mais non pas mité comme celu très plat et ouvert uen dessous étoit ue, qui pouvoit s dtés, Les yeux él s peu développé puche étoit entou:

e, qui en rempl ue et très large. 1 ses proportions, a , une poitrine plu rge qui pouvoit s le scrotum. Les j:

, Des ongles, très :

rroient les extrém s étoient plus cou ux des autres doig d'une manière re pelage de ce vieux ils qui le composo rs endroits, éloie htense, et affectoie sur le corps et les oir fauve, n'étoit et peu fournie. La point non plus de ins et le dessous d e en noir fauve.

gle facial du ponge ee particularité e ale et sourcilières, ologistes ont été 4 singe qu’une espèce Pongo placé assez ills et les alouates int-Hilaire et Dd $ qu'on lui acco d'une indication b. Les sacs tyroïd de Camper ; et ét réels il ne reste On sl-tranchée d

a jambe, et l'avant-bras est à lui seul aussi pngé que le bassin et le fémur pris ensemble. jents canines présentent une force considéraet par leur développement, leur longueur et inte cunéiforme , elles rappellent celles des ux les plus carnassiers.

pongo fut pris dans le district de Saccadina, l'ile de Bornéo, par le résident hollandois de ang. Il se défendit avec la plus grande vigueur e de grosses branches qu'il brisoit du tronc rbres; aussi ne put-on s'en rendre maître rès l'avoir tué. Cet animal avoit la tête un peu set prolongée en avant, le museau proémimais non pas tronqué brusquement à son mité comme celui des cynocéphales. Son nez très plat et ouvert par deux narines obliques. uen dessous étoit garni d’une large membrane ue, qui pouvoit se développer amplement sur tés, Les yeux étoient petits et saillants, les s peu développées et collées contre la tête.

puche étoit entourée de lèvres épaisses ; ct la e, qui en remplissoit l'intérieur, étoit très ue et très large. Le corps du pongo, robuste ses proportions , offroit cependant un cou très , une poitrine plus large que les hanches, et rge qui pouvoit se retirer presque en enticr le scrotum, Les jambes étoient courtes, mais , Des ongles, très voisins de ceux de l’homme, rroient les extrémités des orteils : ceux des s étoient plus courts et beaucoup plus étroits x des autres doigts. Le calcanéum étoit prod'une manière remarquable, pelage de ce vieux pongo mâle étoit obscur :

ils qui le composoient, longs d’un doigt en rs endroits, étoient généralement d’un brun htense, et affectoient cette couleur principalesur le corps et les membres. La face, nue et oir fauve, n'étoit recouverte que d'une barbe et peu fournie. Le ventre et la poitrine n'ofpoint non plus de poils, ainsi que le dedans ins et le dessous des pieds, dont la peau étoit e en noir fauve.

bgle facial du pongo est de trente degrés : or, elle particularité et celle des crêtes sagittale, ale et sourcilières, si développées, la plupart blogistes ont été autorisés à ne faire de ce singe qu’une espèce de cynocéphale (Hlliger), pongo placé assez loin des gibbons, entre les ills et les alouates (Lacépède, Cuvier, Geofaint-Hilaire et Desmarest). Cependant les $ qu'on lui accorde paroissent être le réd'une indication incomplète ct fautive de b, Les sacs tyroïdiens qu’il mentionne sont de Camper ; et de tous ses caractères diset réels il ne reste comme genre que la conon sl:tranchée du crâne, et comme espèce

que l'allongement des bras et la couleur noire du pelage.

Le pongo, par ce que nous en savons, est donc un animal sauvage et très courageux, qui se tient debout sur les pieds, en s'appuyant de temps à autre sur l'extrémité des doigts des mains, et qui peut se défendre avec des bâtons des attaques des hommes.

Telles sont nos connoissances sur ce singe dont l'existence nous est prouvée par son squelette, et qui a jusqu'à ce jour été pour les naturalistes un sujet non encore épuisé de discussions et de con troverses.

Si les détails de Wurmb n'étoient entachés d'au: cune erreur, nul doute qu'on ne pourroit confondre avec l'orang-outan un animal qui auroit des abajoues, un poil noir et non rouge, des lèvres épaisses au lieu d’être minces, etc.; mais ces légères dissemblances tiennent peut-être à des fautes de rédac: tion, car dans une description écrite un mot a souvent une plus grande valeur que l’auteur n’a voulu lui en donner, Il faut donc en revenir aux pièces osseuses , seuls témoignages que nous ayons pour décider avec une apparence de raison une question qui a occupé les plus savants naturalistes sans être aujourd’hui complétement décidée : cette tâche est réservée aux voyageurs à venir.

M. le baron Cuvier a reçu de M. Wallich, en 1818, une tête osseuse d’orang-outan de l'Inde, qui ressembloit, sous beaucoup de rapports ,. à celle de l'espèce ordinaire; mais son muscau plus allongé et son crâne pourvu de crêtes sourcilières la rapprochoient de la tête du pongo. Cette tête étoit donc intermédiaire aux deux espèces que nous venons de citer: aussi M. Cuvicr conjectura, d'après un bon nombre de preuves assez fondées, que l’orang-outan n'étoit qu’un jeune pongo, et que le crâne qu'il avoit reçu de l'Inde étoit celui d’un individu non encore complétement adulte. M. de Blainville (!), en adoptant ce rapprochement , développa ainsi qu'il suit les rapports qu’il trouva communs à l’orangoutan et au pongo (2).

40 Tous les orangs roux venus en Europe avoient le crâne lisse et l’angle facial très ouvert , et étoient de jeunes individus de dix-huit mois à trois ans tout au plus: or on sait combien la forme de la tête varie dans l’homme et dans les singes suivant l’âge,

et que les jeunes ont toujours l'angle facial plus ou- :

vert que les adultes.

2 Le pongo de Wurmb étoit adulte, ainsi que l’indiquent l'état de son squelette, de ses dents, et le grand développement de ses crêtes osseuses. Ces

(:) Journal de Physique, 1818.

(2) Consultez Desmarest, Hammif., p. 52, en note; : Griffith, Régn,. antîm., t, 1, p. 249, traduction angloise. :

mdlbanemmemrmEsenvesérenmmen pierres

earactères se retrouvent dans les vieux singes du genre cynoctphale, dont les jeunes, sans présenter des différences aussi considérables que celles qui existent entre le pongo et l'orang roux, en montrent néanmoins de fort marquées.

5 L'exacte correspondance que l'on observe dans le nombre des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées, si variables d'ailleurs dans les différentes espèces de singes d’un même genre, comme celui des guenons par exemple.

4 La disproportion des membres, la forme des mains et des pieds tout-à-fait semblables.

5 L'ongle du pouce des pieds de derrière également plus court et plus étroit que les autres.

6 La présence des sacs tyroïdiens dans le pongo et dans l'orang-outan aussi considérable et de même forme.

7 Les dimensions relatives de l'orang, du singe intermédiaire que M. Cuvier a fait connoître, et du pongo, qui sont graduées en proportion du développement des caractères tirés du museau et des crêtes osseuses du crâne.

8 La couleur du poil rousse dans l’orang et noire dans le porgo, comme cela se voit dans plusieurs espèces de singes, dont les jeunes présentent la première teinte, et les adultes la seconde.

90 La patrie qui est la même, etc.

Si l'identité de l’orang et du pongo est un jour bien constitée, ajoute le même auteur, il deviendra nécessaire de rapprocher le genre qui les contiendra de celui des mandrills, bien que ces derniers singes forment une petite famille bien distincte et caractérisée par la forme du nez.

M. Geoffroy Saint-Hilaire ne partage nullement cette manière de voir. Ainsi s'exprime à ce sujet ce savant (!) (septième leçon sténographiée, p. 12): « La tête du pongo est arrivée, par le développement extraordinaire de la face, l’allongement et la grosseur du museau, les crêtes épaisses qui surmontent le crâne, à des formes tellement hideuses qu'on est tenté d'y méconnoître Îcs rapports qui unissent cet animal avec les singes. Dans un article publié en 4798 (Journal de Physique) j'ai proposé à son sujet un genre particulier, et j'émis dès lors l'opinion qu'il devoit occuper un des derniers rangs

de la série des singes, à en juger par les formes du crâne; mais qu’il se rattachoit aux gibbons par le manque absolu de queue, la longueur démesurée des bras, et la marche bipède. En 4818 la tête osseuse envoyée de l'Inde par M. Wallich vint offrir de nouveaux termes de comparaison ; elle étoit remarquable par des crêtes sagittale et occipitale peu

() Nous rédigeons cette citation par extrait , n’en <onservant que la substance, pour ne pas trop allonger notre histoire de l'orang-outan,

HISTOIRE NATURELLE

saillantes, mais qui retracèrent, par leur comme par la manière dont elles étoient celles du pongo. Tout dans ce crâne indique moyen, dont le premier développement serÿ tête lisse, large, élevée, arrondie, à front ui sans la moindre apparence de crêtes, tandy dans l’âge complétement adulte cette tête se primée, obliquement située sur la colonne brale , et hérissée sur sa voûte de crêtes rot hideuses.

» Mais, dit plus loin M. Geoffroy Saint.

(p. 27) après avoir établi ainsi l'historique de le ronco ve Wunus forme-t-il une espèce te, ou doit-on le regarder comme l'âge adulte de l’orang-outan dont on n'a jusqu étudié que les jeunes individus? Tout porte au contraire à Ja première opinion déjà tas M. Bory de Saint-Vincent, et en voici les

» Les squelettes des deux espèces, de |!

outan et du pongo, sont semblables en tou excepté les développements respectifs de partie; ce dont la différence d'âge donne um cation suffisente. Le crâne de l'orang-uts même, avec le temps, prendre les mêmesc gittale et occipitale; car on sent déjà surli des têtes des jeunes sujets un léger ressaut est une indication suflisante. Mais à cela, a M. Geoffroy Saint-Hilaire, doivent s'arréie les prévisions ; car il reconnoit dans le pong rang-outan des différences qui ne peuvent nir que de deux animaux distincts en espkl ainsi qu'il regarde comme étant le jeu pongo de Wurmb le crâne envoyé à M.C M. Wallich, et différent de celui de l'orugé par ses fosses orbitaires, qui sont exactenl rondies, tandis que chez ce dernier elles laires et leur diamètre transversal plus p front diffère également ; il est saillant en chez le pongo, et bombé dans toute sa larget l'orang. Le haut de la face forme un pla que , qui est vertical chez ce dernier. Or k dont on doit la connoissance à M. Wallid, près des nuances dues à l'âge, ressemble ment à celui du pongo; quatre crânes à orangs-outans ont présenté une parfaite 1 dans les formes spécifiques indiquées. Iles done que ces différences sont organiques, € être par suite caractéristiques. M. Geo Hilaire étaie ensuite son opinion de la « pelage et de quelques autres circonstancé lecteurs ont apprises par ce qui précède: Î le pongo onanc pe Wunu, et consertel

plus connue son nom d'oRANG-ouTan (}*4

() M. Harwood partage également l'oplst® rang-outan et le pongo forment deux esptc

milieu de tous tité de ces une opinior un jour par de t qu'il ne répug espèces d'oranus des Indes orie semple soit de !

o où orang de | Île de Bornéo, Européens so , À ce sujet nou: r Thomas Stamfo XIII des Trans de Londres (p.

vomplets, servir que nous émetto us, dit M, Raï s, Nous en avons », et qui a vécu à Les naturels de | ot animal se trou:

nnent le nom d'or re : la description « ent avec celle de d fréquemment « Du rang gugu dé

#idées de ce natur ait dans le douzième &paru en juin 18 ood« adécrit etq d'orang offertes pa )gique, et qu'il en ré Pas moins de quinz les proportions ind # description de |’ rins du navire la ensuite jusqu'à que e que le pongo soit dinaire ; et, après 4 ns émises sur ce st animaux sont évide espèces, Son principa de cinq vertébres ce ment quatre ; que les chez l'autre, peser » même des clavicul slinctions à établir :

a base chez l'oran à chez le pongo. 1 Ps orbites est d'envirc Mersal chez le premi e ps du second, e rans, o ui, 1829 sil 1e indication est plei ion de l'orang-outan | dans le tome xy 4

Jon

oient

indique nent ser front s, tandis ) tête we colonne êtes ro

y Saint:

rique de > espèce l'âge à jusqu'à ut portel déjà émis voici les ces, de |!

es en tout ectifs de donne un 'orang-outs y mêmes déjè surl er ressaul is à cela, pt s'arrèle ns le pont ne peuveni fi en espècal t le jeune éà M.

i de l'ont t exactemtel ier elles sl sal plus R gaillant en te sa large me un rnier, Or k M. Wallid, essemble » crânes de parfaite 1 juées. Il e1 ganiques, à M. Geofrt] n de la « constant précbde: Î conserve l

uran (1° 4

ent l'opisite

deux 4

milieu de tous les doutes qui existent encore jentité de ces deux animaux, il est difficile une opinion exclusive qui ne soit pas dé-

un jour par de nouvelles observations. Il est k qu'il ne répugne nullement d'adimettre que d'oranus puissent vivre dans fé£ gran-

des Indes orientales, et que l'orarg-outan

semple soit de Sumatra et de Dornéé, @4 le

y ou orang de Wurmb exélisivement de la île de Bornéo, encore complétéiment incon- Européens sous le rapport de l'hislire na-

, À ce sujet nous citerons les renseignements Thomas Stamford Raffles a publiés dans le XIII des Transactions de la Société linde Londres (p. 241) (!), et qui, bien que complets, serviront au moins à légitimer le que nous émettons. « Le simia satyrus de us, dit M. Raffles, est l'orang-outan des s, Nous en avons eu un individu venant de », et qui a vécu à la ménagerie de Calcuttaen Les naturels de l'ile de Sumatra assurèrent st animal se trouvoit dans leur île (?), et ils nnent le nom d'orang pandack ou d'homme tla description qu’ils en font s'accorde parent avec celle de l'orang de Bornéo, On le d fréquemment dans le pays avec l'orang va orang gugu décrit par M. Marsden, qui

idées de ce naturaliste se troavent rapportées Ît dans le douzième cahier du Zoological Jourul a paru en juin 1828 (page 579 ); on y lit que vod« a décrit et donné les dimensions de deux d'orang offertes par lui au Muséum de la Société pgique, et qu'il en résulte que leur longueur, qui pas moins de quinze pouces, dépasse de beaules proportions indiquées par le docteur Abel s description de l’orang de Sumatra, tué par rins du navire la Marie-Anne-Sophie. 11 disensuite jusqu'à quel point il est possible d'ad- 6 que le pongo soit le vieil Age de l'ourang-oudinaire ; et, après avoir rapporté les diverses ons émises sur ce sujet, ilen conclut que ces animaux sont évidemment distincts et forment espèces, Son principal argument est que le pongo de cinq vertébres cervicales, et l'orang-outan ment quatre ; que les fornies des omoplates, chez lchez l'autre, ne se ressemblent point; qu'il en } même des clavicules. L'orbite lui offre aussi slinctions à établir : c'est ainsi qu'elle est ver- &labase chez l'orang, et qu'elle forme un plan é chez le pongo. L'intervalle qui sépare les 8 orbites est d'environ un sixième du diamètre érsal chez le premier, et se trouve de moitié 6 crâne du second, etc. »

Trans, of the Linn. Societ YU, EU y of London, le indication est pleinement confirmée par la on de l'orang-outan décrit par M. Abel, qui È dans letome XY des Recherches asiatiques,

est pour ces peuples lo sujet perpétuel ‘de fables et de récits exagérés , et qui paroit être une race d'hommes aussi couverte de poils et aussi sauvage que le véritable orang-outan. » Or, par ce passage (et il a d'autant plus d'autorité que sir Raffies a long-temps résidé à Sumatra, où il gouvernoit la factorerie angloise de Bencoolen), on ne peut douter que deux espèces d'orangs n'existent dans cette ile ; car très probablement l’orang kubu est celui que Îles marins du vaisseau {a Marie-Anne-Sophie tuèrent en 4825; bien que le récit de M, Marsden soit à cet égard entremélé d'indications obscures,

En suivant les diverses phases de la vie animale; l'orang jouit donc, jusqu'à une certaine période, d'un développement de perfection toujours croissant. Ses organes neufs exécutent, dans toute la plé nitude de leur puissance, les mouvements que la conservation et les besuins de l'individu exigent et commandent, Mais, quand il est parvenu à une autre époque de l'âge adulte, les forces deviennent stationnaires, et l'accroissement ne se fait plus. Après cette espèce d'oscillation dans les rouages des divers systèmes dont le but est la vie, les or« ganes de ces mêmes systèmes s’affoiblissent par suite d'usure : leur dégradation devient sensible avec plus ou moins de lenteur ou plus ou moins de rapidité. Les os s’encroûtent de phosphate calcaire, les crêtes se solidifient, les tendons se durcissent ou s’ossifient à demi, les fibres musculaires deviennent rigides, les contractions du cœur n’envoient plus avec la même énergie le sang aux extrémités des vaisseaux, le stimulus nerveux n’est plus électrique, et n'a plus la même vigueur ; en un mot les fonctions de l'intelligence ou de l'instinct s'abrutissent, tandis que celles de nutrition prédominent, ou règnent exclusivement. Il en résulte chez les orangs, comme chez l’homme, que le jeune âge, remarquable par sa facilité pour apprendre, par son talent d'imitation , par l'insouciance de l'avenir qui le caractérise, est remplacé par l'instinct de la possession , instinct d'autant plus prononcé que la vigueur pour acquérir décroît ; et de là découlent chez les orangs cetie sauvagerie de mœurs, cette grossièreté de penchants, qu’on a reprochées aux individus âgés. Les rapports physiques ct moraux qui unissent ces animaux aux hommes sont d’une grande évidence. Les orangs, par leur conformation extérieure, sont laillés sur le même type; mais ce type est déjà dégradé. Ils s'en rapprochent par la continuité de leur système digestif, par leur appareil den< taire, et par les dispositions des pièces locomotrices. Il n’est pas jusqu’au système cutané qui ne soit de même nature, bien que l’ensemble des téguments,

créé pour protéger et pour abriter les viscères et les ressorts qui les mettent en jeu, soit la partie la plus variable de toutes par les formes et par la manière dont elle remplit ces fonctions. Les poils longs et touffus qui forment sur le corps d’un orang une couche plus ou moins épaisse ne sont certainement pas plus serrés que ceux qu’on voit exister sur le corps de certains hommes, où ils se développent avec une abondance et une rudesse étonnantes, L'homme est donc l'objet le plus complexe de la création, il en est le premier anneau; l’orang en sera le second. En vain essaiera-t-on de rapprocher par leur organisation, comme par leurs facultés morales, les singes : ces êtres ne sont que des animaux faits à l’image grossière de l'espèce humaine, dont ils ne sont qu’une grotesque caricature, et leurs penchants et les lois qui les régissent ne les font point différer d’une foule de mammifères quadrupèdes : car ils les placent même bien au-dessous des chiens sous le rapport de l’éducation. Quant aux orangs, il est aisé de leur reconnoître plus que cet instinct vulgaire qu'on dit être l’apanage des bêtes, et remplacer l'intelligence qui seroit exclusivement dévolue à l’homme seul : certes cettc iteliigence de l’homme est encore trop obtuse chez un grand nombre de peuples pour que nous ne trouvions point entre elle et l'instinct cet état intermédiaire que déjà les orangs nous ont présenté dans leur organisation. Alin de mieux établir cette sorte de distinction, ils est nécessaire sans doute de présenter un tableau succinct de ce que nous possédons de plus avéré sur les orangs. Leurs sens, par la conformité qu'ils ont avec les nôtres, sont éminemment développés ; et tout prouve en effet que leur vision est parfaite, et n’a rien de nocturne, ainsi qu’on l’a cru long-temps. Leur oreille apprécie avec une grande finesse les moindres bruits, et l’odorat est pour eux la sentinelle la plus vigilante du goût, car ils ne manquent jamais de consulter ce sens avant de toucher à ur aliment avec lequel l’expérience ne les a point encore familiarisés. Du reste, omnivores comme l’homme, ils s’accommodent de toutes les substances, de toutes les boissons; ct s'ils préfèrent les fruits, c'est sans doute, comme dans l'espèce humaine, pendant les premières années, car à l’âge mûr ils doivent rechercher avec plus d'appétence les matières riches en principes nutritifs, telles que le sont les chairs. Le sens du toucher jouit également d’une graude perfection, puisque la pulpe des doigts, garantie comme chez l’homme par un ongle, et renflée pour recevoir l'épanouissement des nerfs, peut leur faire apprécier plus vivement la surface sur laquelle ils doivent se maintenir, Certes il est bien nécessaire que le tact ait cette exquise sensibilité pour ne pas occasionner d'erreurs dans les mouvements d’un être qui vit sur les branches d’urbres, et qui trouve dans leur lacis un abri protec-

HISTOIRE NATURELLE

teur où il brave les atteintes dés ennemis qu

roient de l’y poursuivre. La peau des maine

pieds est lisse, couverte de stries, et seroit pable de rendre un compte très. parfait de l'x toucher, si l’habitude de presser des corps lides n’émoussoit sa sensibilité. Au reste la ci tion a fait perdre à l’homme l’usage des do pieds ; les peuples plus près de l’état de nat

servent au contraire comme des doigts des mà

mais c’est chez les orangs que ces extrémités quis une perfection de préhension telle que sk seroit la preuve la plus positive que ces anim sont point créés pour la station bipède sur ke quel âge les femelles ont-elles leur éconk

menstruel? Quand arrive l’époque de leur ges

Combien dure-t-elle? Enfin l'union des se elle accompagnée de préludes? A toutes cg tions on est encore aujourd’hui dans l'impa de répondre.

De tous les animaux, l’homme est né sans de défense qui lui soient propres. Les orang nent également au monde dans un grand ét blesse, ayant pendant un temps plus ou mois besoin de l'appui maternel, et n'acquérant l’âge cette force matérielle brutale, la seule gens du peuple parmi les hommes civilisés pa apprécier : et certes dans un orang ou uan il n’y a pas une grande différence sous «ep vue, car l’un et l’autre ne semblent connoitr droit que celui de la force physique. Sous ler de l'instinct dévolu aux formes de la mat pour mieux nous faire comprendre, des acti nées qui semblent être le complément till ou tels systèmes organiques mis en jeu, lt ont la plus parfaite analogie avec l’homntii privés de l’usage de la parole, ne pouvant pé communiquer par un langage parlé les & qui les animent, ils rentrent, par cela mêm, les conditions des sourds-muets de L'espèce hs qui, s'ils étoient abandonnés dans quelque sert, se trouveroient sans moyens de com entre eux, et peut-être sans une industrie pl fectionnée que celle de chercher leur sub Cependant ces orangs sont caractérists pit cultés qui sont plus complexes que les act mitives de l’instinct. Leur mémoire fidèlegé souvenir des faits; mais elle va même plus conserve en dépôt une suite d'idées qui pour produites par l’animäl exigent un jugement, de réflexions intuitives combinées. Leur dt pour les personnes qui leur témoignent chement annonce que la reconnoissance sl leurs vertus, et le souvenir des offenses qu#g vent dans leur intérieur prouve que la ra chez eux comme chez l’homme un penchanli Ïls savent par une modération simulée cc

pparences d'une f vifs de convoitise ç tel objet : il y a nger qu'il y auroi leurs désirs, réfle ruse pour mieux .

s demandent aux } que friandise qui f mployer la prière.

ilations. Si on les eur et maussade de:

, e fâchent même ssez vite à leurs ca rs aux menaces, fe oyens extrêmes, et est fermement réso; er de n'avoir point ités. Or tous les je turalistes ont prése es, et sous ce rappot ication de ce qui se s de l'homme. C’est nt de bien connoi ne fourniroit-clle pa et même à la moral ent primitif et cond anime, dépendant d ‘s, est un, Ce premi à la molécule orga qui la produit : l'inst fluent des actions d’ t chez l'homme un le la volonté, et qu l'intelligence, ou ce ment l’homme de c les forces de son d alyser ses sensations les causes et des effet ésullat d’un grand p ilif, on ne peut n Usensorium commu » apporte aussi moins ce, et que chez Jui # le plus simple,

que ce champ soit trà int à discuter plus 1 DU bornerons à rés des mœurs et des S Occupent, NES, vivant dan | du globe, n'ont poi le feuillage est leur S branches leur loge 2e se faire des sortes elentrelacés,

mis qui :s mains t seroit fait de l'a S COrps reste la à

> des doigt t de nat gts des nj trémitése |le que seb ces anim de sur le eur écoute le leur ges n des ses toutes ce ns l'impe

jt né sans Les orang grand édit [us ou moi 1cquérant qi , Ja seulequ ; Civilisés pu ouunm e sous Cp nt connait 1e. Sous le ri e la mat e, des act ment vit en jeu, le c l'homnt; pouvant arlé les & cela mênt) à L'espèce li s quelque k ns de coma industrie pl leur sub térisés pt

que les acloël

oire fidèle 8 ême plus

es qui pour

des. Leur moignent de Es oissance est M offenses (1°

que la rand

in penchant imulée ca

pparences d’une feinte froideur, les sentiments vifs de convoitise qui les poussent à s'approprier u tel objet : il y a donc chez eux réflexion sur nger qu'il y auroit à témoigner trop brusque- Jeurs désirs, réflexion qui les porte à recourir ruse pour mieux accomplir leur projet. Lorss demandent aux personnes qu’ils connoissent que friandise qui flatte leur sensualité, on les mployer la prière, les caresses, les pressantes btations. Si on les refuse, ils prennent le ton eur et maussade des enfants volontaires, se muk, se fâchent même ; et enfin, lorsqu'on ne cède ssez vite à leurs capricieuses volontés, ils ont rs aux menaces, feignent de vouloir employer oyens extrêmes, et finissent, lorsqu'ils voient estfermement résolu à ne point céder, par se er de n’avoir point obtenu le prix de leurs imités, Or tous les jeunes orangs observés par luralistes ont présenté cette suite d’idées enes, et sous ce rapport le lecteur fera sans peine cation de ce qui se passe dans les premières s de l’homme. C’est l’âge adulte qu'il seroit si ant de bien connoître. Quelles lumières son ne fourniroit-clle pas à la physiologie des paset même à la morale? Certes l’instinc£, ou ce ent primitif et conditionnel des organes que anime, dépendant de telles ou telles formes es, est un. Ce premier principe est aussi inà la molécule organique que l’ombre est au qui la produit : l'instinct est donc le mobile le fluent des actions d’un orang, de même qu’il t chez l'homme une foule d’actes indépenle la volonté, et que l'on nomme habitude, l'intelligence, ou cette faculté que possède si nment l’homme de combiner ses idées et d'aples forces de son entendement à connoître alyser ses sensations, à acquérir des notions les causes et des effets, à réfléchir en un mot, ésultat d’un grand perfectionnement du sys- Positif, on ne peut méconnoître que la dispousensoriüm commune, plus incomplète dans apporte aussi moins de perfection dans l’inte, et que chez lui cette perfectibilité n’est lat le plus simple, et comme surajoutée à que ce champ soit très vaste, nous ne cherchelat à discuter plus long-temps sur ce sujet : ous bornerons à résumer les particularités des mœurs et des habitudes des animaux S occupent, rangs, vivant dans les contrées les plus du globe, n’ont point bescin d'abris permale feuillage est leur cabane, et les ramifica- S branches leur logement. Ils ont cependant ke se faire des sortes de hamacs avec des raliants et entrelacés, dont ils tapissent le fond

avec des feuilles douces et mollettes. Ils quittent peu ces demeures aériennes, où ils trouvent la sécurité, le repos et la nourriture. On dit que parfois ils profitent des grands feux allumés par les Nègres pour réchauffer leurs membres après les averses pluviales, mais qu'ils ignorent complétement les moyens de l'entretenir. Cependant M. Hamilton, pendant un séjour à Java, affirme avoir vu un de ces animaux qui savoit allumer du feu, et qu’il le souffloit avec sa bouche. Une telle habitude lui auroit donc été apprise par ceux avec qui il vivoit? On cite des exemples du vif attachement que les mâles ont pour leurs femelles, et l’on assure qu’un orang se laissa mourir de faim par la vive douleur qu'il ressentit de la perte de sa compagne, qui succomba lorsqu'on les conduisoit tous les deux à Bombay, où ils étoient destinés au gouverneur anglois. L’orang seroit-il monogame? Des voyageurs prétendent que ces animaux se réunissent par troupes, bien que le fait soit peu probable, car les orangs ne paroissent pas très multipliés. Ils s’accommodent de toute espèce de nourriture; fruits, œufs, racines, jeunes pousses d'arbres, grenouilles et insectes ne répugnent nullement à leur estomac. Terminons enfin par un morceau de M. Bory Saint-Vincent (1), qui nous paroît dirté par les vues d’une philosophie qui ne sera point applaudie par tous nos lecteurs. « L'invention des armes, qu'ils eussent fort bien pu essayer à manier, ne leur a point été nécessaire. Suflisamment vêtus pour les climats qu’ils habitent, ils n’ont pas eu besoin de chercher à se façonner d'autres habits : une chaussure qui n’eût pas manqué de devenir indispensable pour protéger leur plante charnue, s’ils eussent été voyageurs, leur devenoit inutile et même incommode pour se percher. Sédentaires dans les forêts, les orangs, créés pour l'indépendance, n’ont pas plus eu besoin de se chercher des moyens d'attaque que de se procurer des commodités personnelles : ce sont ces avantages corporels qu’ils ont sur l’homme (?), et qui, unis à moins de besoins, ont dû placer ces animaux au degré d'infériorité qu’ils occupent dans la nature par rapport à nous. Nul doute qu’à l’aide de tant de conformités physiques existant cntre l’homme et le chimpanzé, qu’au moyen des facultés intellectuelles qui élèvent ce dernier au moins au niveau des Hottentots, on ne parvint à développer considérablement la raison de ce second bimane, comme on parvient à faire un peu plus qu’une machine d'un paysan grossier, lorsque l’on s'occupe de l'éducation de celui-ci avant que, croupi dans une stupide superstition, il ne soit définitivement con-

() Dictionnaire classique d'histoire naturelle, t. XII, p. 280 et suiv.

(+) Les Nègres australiens, les Océaniens même, ne différent point des orangs sous ce rapport.

LE Al k

fl

RS Len

(era à

202 HISTOIRE NATURELLE

stitué en brute, et, qui pis est, en brute la plus méchante de toutes, parce que les fausses idées dont on l’imboit détruisent en lui jusqu'à cette rectitude d’instinct qui faisoit que l'orang-outan de Sumatra, dont on a raconté le meurtre, étoit probablement moins bête que la moitié des marins qui l’assommèrent. C'est donc avec beaucoup de sens que Maupertuis auroit préféré une heure d'observation d'un orang-outang à la conversation du plus savant homme; et nous croyons, dût-on s'en égayer, qu'il seroit de la plus haute importance pour l'avantage des sciences morales qu'on se donnât la peine d'élever des orangs dès le berceau, et loin de leurs aînés, en employant pour les instruire les procédés par lesquels on parvient à élever nos muets de la triste condition d’infirmes à la dignité d'homme. En vain contre la possibilité de réaliser notre vœu l’on argueroit de cette humeur indomptable et sauvage que la plupart des auteurs attribuent aux orangs, mais dont nous avons plus haut essayé d'expliquer les causes. « Ce seroit une grande simplicité, disoit Jean-Jacques, de s’en rapporter là-dessus à des voyageurs grossiers, sur lesquels on seroit quelquefois tenté de faire la même question qu'ils se mélent de résoudre sur d’autres animaux. Ces voyageurs, ajoute le philosophe génevois, font sans façon sous les noms de pongo, d'orang-outan, etc., des bêtes de ces mêmes êtres dont les anciens faisoient des divinités. Peutêtre, après des recherches plus exactes, on trouvera que ce ne sont ni des bêtes ni des dieux, mais des hommes. » En ajoutant ou à peu près à sa phrase, Rousseau l’cût rendue parfaitement orthodoxe, c’està-dire conforme aux idées que les hommes raisonnables ont aujourd'hui de l’orang-outan et du pongo (!).

(*) « Dans une des dernières séances de la Société z00logique de Londres, on a présenté une peau et deux crânes de l'orang-outang de Bornéo, ainsi que le crâne d’un jeune orang-outang de Sumatra, lesquels ont été envoyés de Singapore en Angleterre, par le docteur W. Montgomerie. M. Owen communique en même temps les observations suivantes qu’il a faites sur chacun de ces animaux. D’après son examen, la peau du jeune orang-outang de Sumatra s'accorde, sous le rapport de la couleur fauve, de la texture, de la disposition et dela direction de sa fourrure, avec celle de l’orang adulte femelle de Sumatra , qui fut offerte à la Société zoologique par M. Stamford Raffles; comme celui de ce derpier, il n'a pas dongle au pouce des extrémités inférieurcs. Les molaires de chaque côté de la mâchoire correspondent aux premiéres molaires permanentes de l'adulte; le reste des dents consiste en huit bicuspédes delait, quatre pelites canines également de lait, et huit incisives de même nature. Cet élat de dentition est semblable à celui de l'enfant humain à huit ans, mais il ne scroit pas prudent d'en conclure que le jeune brang-outang avoit cet âge, parce qu'il est trés présumable, par suite de la longue duréc caractéristique de l'enfance de l’homme, que le renouvellement des dents chez lui a lieu à une époque plus tardive que chez les :

LE

Page 1