LE GIBBON AUX MAINS BLANCHES
Hylobates lar (1).
Cette espèce est la plus anciennement connue du genre, et sa description fut tracée par Buffon (?) d'après un individu amené en France fort jeune et qui n’avoit point encore la couleur netteet tranchée des adultes, c’est-à-dire le pelage noir relevé par la blancheur de celui des mains et des pieds. La description de Buffon est sous ce rapport tellement incomplète (bien que ce soit d’après elle que la phrase attribuée par Linnæus à son simia lar ait été faite) que sans la peinture, plus exacte que la description, on ne pourroit balancer à regarder le grand gibbon de l’auteur françois comme étant identique avec l’ounko. Mais la précision de la gravure ne laisse rien à désirer, puisque plusieurs individus conservés dans les collections de Paris et de Londres sont venus dans ces derniers temps rappeler tous les caractères qu’elle présente, et par conséquent arrêter, sans permettre de doute, le type du simia lar des auteurs méthodiques.
Le gibbon, ainsi que Buffon appelle ce singe dans
(") Le gibbon, Buffon , t. XIV, p.108 : le grand gibbon, Buffon, pl. enl. 54 : simia lar, L. : le gibbon, Audebert, fam, EL , sect. 2, pl. 1 : le grand gibbon, Encyclopédie, pl. 5, fig. 3; Shaw, Gen. Zool., t.I, part.1, p. 12, pl. 5 (copiéc de Buffon) :simia longimana, Screber, pl. 3 ; Müller (figure copiée de Buffon ) : pithecus lar, Desmarest, p. 50; Gcoffroy Saint-Hilaire, Leçons sténographiées, VIle leçon, p. 34; Latreille, Histoire des Singes, t. 1, p. 2092 : simia albimana, Vigors et Horsfeld , Zool. Journ., no xur, p. 107.
(*) Daubenton en a donné l’anatomie, et une description plus exacte que celle de Buffon.
son texte, ou le grand gibbon , ainsi qu’il le nomme dans ses planches colorites, a été spécifié de cette manière par ce célèbre naturaliste : « Il n’a point de queue; les fesses sont pelées, avec de légères callosités; sa face est plate, brune, et environnée tout autour d’un cercle de poils gris; il a les dents canines plus grandes à proportion que celles de l'homme ; il a les oreilles nues, noires et arrondies, le poil brun ou gris suivant l'âge ou la race; les bras excessivement longs : il marche sur ses deux picds de derrière ; il a deux pieds et demi à trois pieds de hauteur. La femelle est sujette, comme les femmes, à un écoulement périodique. »
Dans l’histoire générale du gibbon, Buffon annonce avoir fait la description sur un individu vivant qui n’avoit pas trois pieds de hauteur, mais qui paroissoit être encore dans sa première jeunesse. Il avoit tout autour de la face un cercle de poils gris, qui l’encadroit exactement. Ses yeux étoient grands, mais enfoncés dans leur orbite ; et la face, aplatie et assez semblable à celle de l’homme, étoit de couleur tannéc. Deux individus dont les dépouilles préparées se trouvoient au cabinet du Jardin du Roi, différoient beaucoup l’un de l’autre par la taille : bien que le second fût adulte, il étoit beaucoup plus petit que le premier, et n'avoit que du brun dans tous les endroits où l’autre avoit du noir. Mais Buffon se trompe ici évidemment en regardant comme appartenant à son gibbon le singe qu'il a figuré dans ses planches coloriées sous le nom de petit gibbon, qui est évidemment une espèce bien distincte,
Quant aux habitudes morales du gibbon observé par Buffon, elles sont ainsi présentées : « Ce singe nous a paru d'un naturel tranquille et de mœurs assez douces. Ses mouvements n'étoient ni trop brusques ni trop précipités. Il prenoit doucement ce qu'on lui donnoit à manger; on le nourrissoit de pain, de fruits, d'amandes, etc. Il craignoit beaucoup le froid et l'humidité, et il n’a pas vécu longtemps hors de son pays natal, Il est originaire des Indes orientales, particulièrement des terres de Coromandel, de Malacca et des îles Moluques. »
Certes une description aussi vague , aujourd’hui que nous connoissons plusieurs espèces du même genre, ne seroit pas très utile pour caractériser l’animal qu’elle concerne, et le séparer de ses congénères. La phrase de Linnæus et de Gmelin dans le Systema Natureæ (t. X, part. 4, p.27) est entièrement calquée sur elle, sans citation de la planche enluminée. Il en est de même de celle d'Erxleben (Syst. Keg. an., p.10), dont la synonymie se trouve entaclée de citations qui doivent appartenir au gibbon cendré ou moloch. Telles étoient les seules lümières qu’on eût sur le gibbon lar, car les auteurs s’accordèrent à rejeter comme fautive la plan-
HISTOIRE NATURELLE
che 54 des figures coloriées des animaure pèdes de Buffon; planche (!) une des m4 sans contredit de tout le recueil, et repris parfaitement ce gibbon , d’ailleurs très bis par Daubenton, avec son pelage entièreme excepté le pourtour de la face d'un gi encadrant par un cercle le tour du vis, doigts jusqu'aux ongles qui sont , ainsi quek à partir de l'articulation tibio-tarsienne, dy blanc uniforme, tandis que l'extrémité ds des mains et des pieds est d’un noir prof debert, dans son histoire des singes (419) une figure (2?) d'après une peau préparée à séum, où sont conservées les deux transiis couleurs, c'est-à-dire que le tour du vis extrémités sont d’un blanc pur tandis que k est d’un noir uniforme. La seule descripi soit propre à Audebert se borne à la coure suivante : « Le gibbon a deux pieds de hu bras sont presque aussi longs que son cm jambes; il est couvert de poils longs, noine fus; la face est brune, entourée de poils gri tres ; les mains et les pieds sont aussi cou poils gris. » )
Le gibbon est donc remarquable par allongé et assez grêle, sa tête arrondie, # grands et enfoncés. Les poils de la tête, du dos, des flancs et des membres, sont d intense chez les sujets adultes ; la face est ne couleur brune. Un cercle de poils gris 1h traverse le front, s'élargit sur les jous,4 tourne la mâchoire inférieure en dessous. l sus des mains , depuis le poignet jusqu'aur @ le dessus du pied, depuis la cheville jusquà nière phalange, sont également recouvert gris blancs plus ras que ceux du corps.
nue du dedans de la main et de la plante di est de couleur noire, ainsi que les onglesell mité des phalanges.
Le Muséum de Paris possède en ce mn individu très bien conservé du G1BB0N LA, pelage, en place du noir intense qui à l’âge adulte, est d’un brun fuligineux 0 sale, ce qui peut tenir à quelque différem!
Il paroît aussi que le gris blanc du tourdt des mains et des pieds, passe souventà l blanche pure. Les collections de Londrs quelques individus de cette espèce, ® encore que des dimensions peu considér qui du reste s'accordent parfaitement at& scriptions que les auteurs en ont traces}
() L'individu figuré et décrit par Daubli une jeune femelle qui ne pesoit que neuflirés
(+) Famille re, sect 2, fig. 1.
6) On devra donc donc supprimer l'espétt
Bbbon aux le Malacc:
provienne point se t e. Le nor primitivem pspèce , lui u'’il est bie tions du co