LES GIBBONS
Hylobates. ILuic,
Les gibbons ont été confondus avec les
par la plupart des auteurs systématiques, æ
n’en diffèrent en effet que par des caractères daires de peu d'importance. Déjà cependm gibbons s’éloignent du type des orangs pr allongement plus considérable des membred
une plus grande tendance vers l’animalité,l
manque absolu de queue, leur système dentin disposition de leurs viscères, quelques us leurs habitudes, semblent établir un rap ment intime ; et cependant aussitôt qu’on po attention sur leurs très longs bras, leurs ma grêles, et surtout sur les callosités (1) dénuds recouvrent les fesses, on ne peut sc dispensé descendre quelques degrés au-dessous des dontils sont le lien transitoire avec les autre La dénomination de gibbon fut donnée à l# anciennement connue de genre par Buf, crut d’abord ce nom d'origine indienne, pr Dupleix nommoit ainsi le singe vivant qu
de type à sa description. Par la suite il fitte
nom du grec keipon, par lequel Strabon 4
orangs-outangs. Les deux crânes de ceux deM différent matériellement entre eux sous le rip leurs dimensions , et du développement des er cipitales. Le plus grand des deux ressemble au crâne du pcngo de Bornéo, ou orang adullt lège des chirurgiens, et diffère précisément mémes détails du crâne du pongo (qu'on sp Sumatra), qui a été décrit dans le Ier volumedh sactions de la Société zoologique de Londru.l ticularités sexuelles qu’on observe dans le pt Bornéo et de Sumatra sont bien prononcées 4 marquables, d'abord par une différence dansh sion relative, celui de la femelle étant envirit petit, ensuite par un développement beaucüt grand de la créte occipitale, enfin par la syn@ menton qui est moins profonde, le crâne del se rapprochant sous ce rapport, d'aprés les | naires du développement sexuel, du caraclètt mal qui n’a pas encore atteint l'âge adulle.lt} des crânes des deux orangs de Bornéo est rt#ls M. Owen comme indiquant une espèce de sinil mentdistinete du grand pongo de Bornéo etdt de Sumatra. En conséquence, il nropose de le petit orang de Bornéo, simia morio. » |A tannique, no 20, août 1837, p. 367.)
(") Les callosités qui occupent les fesses def singes sont formées par l'adhérence de la Pl tubérosités des os ischions : ces tubérosilés? une facette plus ou moins large que recourné ment cette peau nue et durcie par l'usagt
ephus, s'il faut er singes, une note bis il est évident aucun fondemer est un mot cor:
indiennes de l'es.
furent jusqu'à ce d'une seule espi nte, et qu'on pl édiatement après ssien Jlliger jugs ner un genre des en exprimant pa » de vivre dans le ières années, s’e: velles très remart le tribu assez nat gnoient pas par q tion.
liger distinguoit c es par les détails obluse, présentan s; le visage nu; ite cloison ; aucune dies d'un rebord ; c memclon allongé su pieds et les main:
ts; les membres an à lorsque l'animal e esses recouvertes hoires garnies de q ssées par des can ires à couronne a
maque côté bicuspi
atre éminences, glupart des z0ol kibbons qu'une sect MM. F, Cuvier et istinguent nettemd panzé par la conf, » est abaissée pres ilières, et ils tie membres antérie oup plus longs. L une grande influe les ischions sont él at qui les supporte.
ongés, et donnent : UNE grande saillid Jelée en arrière, 8 au à chanfrein cond ést partout égald » € le poil qui rec ce rebroussement S, Une autre partic le est que
ec les \iques, æ ractères# cependai orangs jf membresd animalité l ‘me dentair elques uk un rappe | qu'on port s, leursn s (1) dénudis c dispensri ssous des c les autre donnée à le par Buf, \dienne, pit vivant qi suite il fitta
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ephus, s'il faut encroire, dans une nomen:lature singes, une note de Daléchamp sur Pline. Touhis il est évident que cette étymologie ne repose aucun fondement solide, et que le nom de gibest un mot corrompu de quelque idiome des indiennes de l'est. Quoi qu'il en soit, les gibbons furent jusqu'à ces dernières années composés d'une seule espèce que Buffon avoit observée ante, et qu'on plaçoit à la tête du genre singe, édiatement après l’orang-outan. Le naturaliste ssien Jlliger jugea le premier convenable de er un genre des gibbons qu’il nomma hylobaen exprimant par cette désignation leur habi- » de vivre dans les forêts. Ce genre, dans ces ières années, s’est enrichi de plusieurs espèces velles très remarquables, qui formeroient une te tribu assez naturelle si les siamangs ne s’en gnoient pas par quelques particularités d’orgation, liger distinguoit ces hylobates de tous les autres es par les détails anatomiques suivants : une obtuse, présentant un angle facial de soixante és ; le visage nu ; les narines séparées par une ite cloison ; aucune trace d’abajoues ; les oreilles bies d'un rebord ; deux mamelles terminées par hamelon allongé sur la poitrine ; point de queue ; bieds et les mains ayant des ongles à tous les ts; les membres antérieurs touchant presque la » lorsque l'animal est debout ; des ongles aplatis; esses recouvertes de callosités dénudées; les hoires garnies de quatre incisives droites à peine ssées par des canines de forme conique ; les ires à couronne aplatie ; les deux antérieures haque côté bicuspidées, et les trois postérieures atre éminences.
glupart des zoologistes modernes n'ont fait pibbons qu’une section du genre orang : cepen- MM. F. Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire les istinguent nettement. Ils se rapprochent du panzé par la conformation de la tête, dont la » est obaissée presque au niveau des arcades ilières, et ils tiennent de l’orang-outan par membres antérieurs , proportionnellement oup plus longs. Les callosités des fesses ont une grande influence sur la forme du bassin, les ischions sont élargis en un disque ovalaire at qui les supporte. Les os iliaques sont étroits ongés, et donnent naissance à un pubis qui > une grande saillie en devant. Leur tête, qui fjelée en arrière, se termine en avant par un au à chanfrein concave. Le pelage qui revêt le est partout également fourni, également , et le poil qui recouvre l’avant-bras n’affecte ce rebroussement qui caractérise celui des s, Une autre particularité anatomique encore Méressante est que l’humérus et Je fémur sont
de même longueur, "et que la grande inégalité qu’on remarque entre les proportions relatives des membres tient à ce que l’avant-bras et la main sont d’un tiers plus longs que la jambe et le pied : fréquemment les doigts indicateurs et médiants des pieds sont soudés et unis jusqu’à la phalange qui supporte l’ongle. Le profond anatomiste Daubenton a remarqué que , lorsque les gibbons veulent se tenir debout, ils fléchissent la cuisse sur la jambe, et que, lorsqu'ils veulent reposer leurs muscles fatigués, il leur suffit d'étendre les mains vers le sol et de s’appuyer en le touchant avec les doigts. Lorsqu’ils courent seulement sur les deux extrémités postérieures, leurs longs bras servent à établir une sorte de contre-poids à leurs mouvements: mais leur allure s’exécute le plus souvent à l’aide de leurs quatre extrémités.
Les gibbons vivent par troupes nombreuses dans les forêts des îles indiennes : ils ne quittent guère les arbres où leurs membres longs et grêles leur permettent de courir de branche en branche et de s’accrocher sans'effort. Leurs fesses non renflées , 1es muscles jumeaux et soléaire effacés, leurs longues extrémités antérieures, n'annoncent point qu'ils soient destinés à marcher sur le sol.
Ce sont des animaux doués de mœurs douces et paisibles , et dont l'instinct est très borné. La stupidité de plusieurs espèces est si prononcée qu’elle établit entre elles et les orangs une ligne de démarcation immense. Tout ce que l’on connoît de positif sur leurs mœurs ét sur leurs habitudes, naguère encore complétement ignorées, est entièrement dû aux recherches de M. Alfred Duvaucel. Ces détails. écrits sur leslieux, ont été soigneusement enregistrés dans l'Histoire des Mammifères de M. Fr. Cuvier, et nous les reproduirons lorsqu'il sera question des espèces qu'ils concernent.
« Les gibbons ont trente-deux dents comme l’homme et les orangs, c'est-à-dire seize à chaque mâchoire, ou quatre incisives, deux canines, et dix molaires (1).
» À la mâchoire supérieure la première incisive est large, terminée par une ligne droite, usée obliquement en dedans, et coupée transversalement par l'impression de l’incisive inférieure : la seconde est plus petite que la première, et usée obliquement du côté de la canine; celle-ci, plus large qu'épaisse, est tranchante à son bord postérieur, et elle présente deux sillons longitudinaux à sa face interne, séparés l’un de l'autre par une côte saillante : le sillon postérieur est plus large et plus profond que l’antérieur. Les deux mâchelières suivantes sont deux
fausses molaires : la seconde est un peu plus grande
«) Frédéric Cuvyier, Des dents des Mammiféres,
pag. 12,
que la première; mais toutes deux se composent de deux tubercules mousses, l’un au bord externe ct l'autre au bord interne plus petit que le premier. Les trois molaires qui viennent après, et qui vont en grandissant de la première à la dernière, ont la même forme; elles se composent de quatre tubercules, deux d’égale grandeur au bord externe, ct deux au bord interne, le postérieur beaucoup plus petit que celui qui le précède. Ces tubercules sont formés par des sillons qui partagent inégalement la dent.
.» À la mâchoire inférieure la première incisive est petite et terminée par une ligne droite; la scconde est arrondie à sa face externe, terminée en pointe, et renforcée. à sa face interne par une côte longitudinale qui l’épaissit dans sa partie moyenne. La canine est plus égale dans ses dimensions que celle de l’autre mâchoire, et elle est terminée postérieurement par un talon; mais sa face interne présente aussi les deux sillons et la côte que nous avons vus à l’autre. La première fausse molaire, placée obliquement, n'a qu’une seule pointe; la seconde en a deux, l’une interne et l’autre externe, situées plus près de son bord antérieur que de son bord postérieur. Trois molaires suivent, qui vont en augmentant de grandeur, et qui se ressemblent : elles présentent cinq tubercules, deux à leur partie antérieure, et trois disposés en triangle à leur partie postérieure. C’est la première fois que de semblables molaires se présentent.
» Dans leur position réciproque ces dents sont dans les mêmes rapports que celles que nous avons décrites précédemment. Ce type de dentition a été donné par le siamang, et il se retrouve chez le wouwou et l’ounko, trois espèces dont on doit la connoissance aux recherches de MM. Duvaucel et Diard à Sumatra. »
Ainsi les gibbons seront reconnoissables par leurs membres minces et grêles, par l’épaisse toison poilue qui les recouvre, et par leurs fesses calleuses ; et à ces caractères extérieurs se joindront des narines presque verticales et étroites, un museau rétréci, de très longues mains et de très longs pieds, des doigts grêles terminés par des ongles légèrement renflés et pointus : en un mot les gibbons ne seront plus, sous les rapports matériels et moraux, que des singes faits à l’image des orangs. Leur taille est également la nuance intermédiaire; et, bien que les siamangs deviennent très grands, les autres espèces n'acquièrent jamais que des proportions médiocres : aussi, moins forts et moins robustes, se confiant moins par conséquent à l'énergie de leurs muscles, il en résulte chez eux plus de défiance, plus de timidité dans les mœurs. Le peu de développement qu’acquiert le cerveau est aussi la cause principale d’où dépend la foible dose d’intel-
HISTOIRE NATURELLE
ligence dont ils sont doués, et le peu d'é dont ils sont susceptibles. Les gibbons sonts lement sédentaires ; la faim seule les décidei x leursretraites. Mais leurs longs bras, qui devis si embarrassants pour la marche sûr un sol un au contraire très favorables pour leur vie semi rienne sur les arbres; et les gibbons, miex nos plus habiles voltigeurs sur la corde, s'il d’une branche à l’autre, s'accrochent aux le gers rameaux avec une aisance dont rien n!
che. Combien est sage la nature, qui, plu gibbons dans l’Asie et les destinant à hab bois, leur donna des membres agiles ct on d'assurer ce genre d'existence, et, variant ssh les remplaça dans les forêts de l'Amérique pr singes dont la queue est façonnéc de manièri vir de cinquième membre, à s’accrocher rameaux en s’enroulant à l’entour! Les vri bons rappellent lesatèles du Nouveau Mondes siamangs y remplacent les alouatcs.
Tous les individus élevés en domesticité ont timides, craintifs, taciturnes et embarrassés à maintien. Ils n’ont jamais répété qu'avec uni grande gaucherie les actes d'imitation qu'onad ché à leur enseigner.
Les gibbons vivent de fruits, de racines, di bercules végétaux; ils sont friands d’œuf,«l doit penser qu'ils ne dédaignent point les r4 les mollusques terrestres qu’ils peuvent &} rer sur le5 :rbres. Ceux qu’on a nourrisea vité mangeoient indifféremment des fruits,k viande, et en général de tout ce qui l’homme.
On connoît assez bien aujourd’hui cinq esp gibbons, toutes des îles indiennes de Sumah, Bornéo et de Java. Ce sont des animaux qi, les veriations que leur taille et les couleurs pelage éprouvent suivant les âges et les sexes, d’une très grande difficulté à spécifier d'aprik vrages écrits : aussi apporterons-nous les plis scrupules à discuter quelques points de ler toire; mais ce travail toutefois sera rendu pli
par l’existence des cinq espèces bien conserrité
les galeries du Muséum royal d'histoire ma ra où elles ont été envoyées avec des descriplit ginales par MM. Duvaucel ct Diard.
LE GIBBON SIAMANC.
Hylobates syndactylus (!).
Le gibbon siamang estune découverte rétti# les Anglois attribuent à sir Stamford RM
(:) Simia syndactyla, sir Raffles, Trans sl
aturellemen MM. Duvauc à seconder ( nces les re instruit et tr MM. Vigors e l’introduct gues zoologiq . Rafles avoi fait connoitre tre contestés Ang est décrit, dans le tor iélé linnéenn qu'en 1822, . Cuvier a été hbre 1821, stoire du siam e, bien que pi apporte que ce aéls qui avoisin ndes troupes q is aigus et sin en vie lui par hoit avec em] es. Siamang ot donnent à ce
XII, p, 241 aison, Mammi senc. natur., t.
S, Desmarest, » traduction a D. 255; Bory, Die y Saint-Hilaire, à altribuant à M plus grand non és à Loadres, n nt de justice gé Dationalité snou ois. Mais nous l'axiome le pl és aux sciences d ier du Journal Page 106, note* Vaucel) furent | ord Raflles; ils à s, et furent am es Subordonnés . De même qu'o du capitaine € BL sOn vaisseau, d Verles de sir Ra ferons point de que faux dans s0 08 lecteurs si un uctions de l'espri 8 respectent peu rircipe qui raval e sciences au n
s journalier,
peu d'édue ons sontg
s décidei qu s, qui devier
r un sol un, leur vie «en JONS , mieu corde, s'éli cut aux plu nt rien n
, qui, plaqui ant à habie igiles et an variant s6s(} Amérique pt de manièri accrocher sæ ar! Les vrik reau Monde cs.
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de racines à nds d'œufs, el L point les re peuvent se} a nourris ent t des fruits,h but ce qui
hui cinqespét es de Sumiln, S animaux qi es couleursd s et les sexes, cifier d'aprèslk nous les plisff oints de leurk ra rendu pli
bien conser its
L'histoire nall
des descriptit
aturellement les François doivent réclamer MM. Duvaucel et Diard, momentanément enà seconder de leurs talents et de leurs connces les recherches de ce gouverneur, d’ailinstruit et très zélé pour les collections de son MM. Vigors et Horsfield nous ont aussi, au e l'introduction de cette belle espèce dansles gues zoologiques , taxé d'ignorer les droits (1) , Raffles avoit à l'estime des naturalistes pour fait connoître cette espèce. Ses droits ne peutre contestés : cependant le mémoire où le
Ang est décrit, bien que lu en décembre 1820,
dans le tome XIII des Transactions de jélé linnéenne de Londres, n'a été livré au qu'en 1822, et la description du siamang par , Cuvier a été imprimée et porte la date de hbre 1821.
stoire du siamang dans M. Rafles est fort peu e, bien que positive dans ses détails. Cet auapporte que ce gibbon est très commun dans
dés qui avoisinent Bancoolen , et qu’il y vit
ndes troupes qui font retentir ces solitudes de is aigus et singuliers. Un individu qu’il conen vie lui parut très doux et très familier, et hoit avec empressement la compagnie des es, Siamang ou samang est le nom que les donnent à ce singe, en dérision du peuple
tXIIE, p. 241 (1822) : siumang, F. Cuvier , aison, Mammif., novembre 1821; Dictionn.
enc. natur., t. XXXVI, p. 287: pithecus syns, Desmarest, Aammif. , pag. 531 (18292 ); » traduction angloise du Régne animal, fig.
p.255; Bory, Dictionn. classiq., t. XII, p.283: y Saint-Hilaire, Leçons sténograph., p. 34.
à attribuant à MM, Diard et Duvaucel la découplus grand nombre des animaux que sir Raffles és à Londres, nous n'avons fait qu’obéir à un nt de justice générale indépendant de tout esnationalité ; nous eussions agi de même envers ois. Mais nous ne pouvons laisser passer sans l'axiome le plus illibéral pour des hommes és aux sciences que viennent d'émettre, dans le ier du Journal de Zovlogie, MM. Horsfield et page 106, note*). « Ces naturalistes (MM. Diard Vaucel) furent les collecteurs à gages de sir ord Raffles; ils agissoient directement sous ses s, et furent amplement récompensés de leurs €s subordonnés par une solde large et géné- . De même qu'on devroit attribuer les découdu capitaine Cook aux marins qui manœu- Bt son vaisseau, de même on doit attribuer les Verles «le sir Raffles à ses collaborateurs. » ferons point de réflexion sur ce passage , aussi que faux dans son ensemble ; nous laissons à os lecteurs si une solde quelconque peut payer uctions de l'esprit, et combien il faut que deux 8 respectent peu leur propre dignité pour avanrincipe qui ravaleroit les gens de lettres et les
de sciences au niveau des simples manœuvres s journalier,
qui le porte ; car les siamangs que cite Marsden sont les indigènes de la presqu'ile de Malacca, dont les mœurs et les habitudes sont très peu connucs.
Le gibbon siamang , lorsqu'il se tient droit, a jusqu'à trois pieds de hauteur. C'estun animal robuste, très vigoureusement musclé, ayant de longs bras, mais pas de queue. Il est couvert de poils épais et d’un noir de jais, excepté sur les fesses, où se dessinent des callosités. Un caractère fort remarquable, qui porta sir Raflles à lui donner le nom de simia syndactyla ou singe à doigts soudés, est la particularité qu’il présente d'avoir les doigts indicateur et médius du pied soudés jusqu'au milieu de la seconde phalange : depuis, cette disposition organique a été retrouvée chez les femelles de quelques autres espèces. Le siamang porte aussi sous la gorge un repli dilatable et extensible de la peau, qui est entièrement nu, et qui peut se gonfler d'air et assourdir la voix, comme cela a lieu chez les orangs. Les poils, partout également épais, doux , et souvent très longs sur certaines parties, sont d’un noir intense, excepté sur le menton, où l’on remarque quelques poils brunâtres qui semblent devoir grisonner avec l’âge. La face est complétement nue et d’un noir profond , ainsi que les mamelles de la femelle. Les orbites sont arrondies et saillantes , et les dents canines sont remarquables par leur longueur. Sir Raffles termine cette description par mentionner une vatiété albine de cette espèce , qui se trouveroit dans le district de Barous; mais, comme il n'entre point à son sujet dans des détails plus circonstanciés, il se peut que re soit un animal du même genre encore inconnu des naturalistes.
. Telles sont les lumières dont nous sommes redevables à sir Stamford Rafles « r un animal d'autant plus intéressant qu’il tient p:: plusieurs caractères aux orangs, et par l’ensemble de son organisation aux gibbons. C’est encore le vrai anneau de transition qui lie les orangs, ou le premier genre après l’homme, au second genre ou aux gibbons, avant de nous conduire tout-à-fait au milieu des singes tels que nous les concevons. Nous emprunterons ce que nous aurons à dire maintenant du siamang aux re cherches de M. Alfred Duvaucel et aux tra”aux de M. Fr. Cuvier, en ne perdant point de vue lesbeaux individus dont les dépouilles sont conservées dans les collections publiques de Paris.
M. Duvaucel a fourni sur l'animal qui nous occupe les détails les plus neufs et les plus complets; ils sont rapportés avec une élégance que nous craindrions d’affoiblir en ne suivant pas avec une scrupuleuse exactitude le récit qu’en a publié M. Frédéric Cuvier (!) d’après les lettres de ce jeune voyageur, mort victime de son zèle pour la science,
+ () F.Cuvier, Histoire des Mammifères, LI, pi.
Ainsi s'exprime M. Duvaucel : « Cet animal est fort <ommun dans les forêts de Sumatra, et j'ai pu souvent l'observer en liberté comme en esclavage. On trouve ordinairement les siamangs rassemblés en troupes nombreuses, conduites , dit-on, par un chef que les Malais croicnt invulnérable, sans doute parce qu'il est plus fort, plus agile et plus difficile à atteindre que les autres. Ainsi réunis, ils saluent Je soleil, à son lever et à son coucher, par des cris épouvantables qu’on entend de plusieurs milles , et qui de près étourdissent lorsqu'ils ne causent pas d'effroi. C’est le réveil-matin des Malais montagnards, et pour les citadins qui vont à la campagne c'est une des plus insupportables contrariétés.
» Par compensation ils gardent un profond silence pendant la journée, à moins qu’on n’interrompe leur repos ou leur sommeil. Cesanimaux sont lents et pesants; ils manquent d'assurance quandils grimpent, et d'adresse quand ils sautent : de sorte qu'on les atteint toujours quand on peut lessurprendre. Mais la nature, eu les privant des moyens de se soustraire promptementaux dangers, leur a donné une vigilance qu’on met rarement en défaut ; et s’ils entendent à un mille de distance un bruit qui leur soit inconnu, l’effroi les saisit et ils fuient aussitôt. Lorsqu'on les surprend à terre, on s’en empare sans résistance, soit que la crainte les étourdisse, soit qu'ils sentent leur foiblesse et l'impossibilité de s'échapper. Cependant ils cherchent d'abord à fuir, et c'estalors qu'on reconnoît toute leur imperfection pour cet exercice. Leur corps, trop haut et trop pesant pour leurs cuisses courtes etgréles, s'incline en avant, et, leurs deux bras faisant l'office d'échasses, ils avancent par saccades, ct ressemblent ainsi à un vieillard boiteux à qui la peur feroit faire un grand effort.
» Quelque nombreuse que soit la troupe, celui qu'on blesse est abandonné parles autres, à moins que ce ne soit un jeune individu. Sa mère alors, qui le porie ou le suit de près, s'arrête, tombe avec lui , pousse des cris affreux en se précipitant sur l'ennemi la gueule ouverte et les bras étendus. Mais on voit bien que ces animaux ne sont pas faits pour combattre ; car alors mêmeilsnesavent éviteraucun coup, et n’en peuvent porter un seul. Au reste cet amour maternel ne se montre pas seulement dans le danger, et les soins que les femelles prennent de eurs petits sont si tendres, si recherchés, qu’on seroit tenté de les attribuer à un sentiment raisonné. C'est un spectacle curieux, dont, à force de précautions, j'ai pu jouir quelquefois, que de voir des femelles porter leurs enfants à la rivière, les débarbouiller malgréleurs plaintes, les essuyer, les sécher, et donner à leur propreté un temps et des soins que dans bien des cas nos propres enfants pourroient
cuvier.: ‘
HISTOIRE NATURELLE
» Les Malais m'ont affirmé un fait dont je alors, mais que je crois avoir constaté depui. que le: petits siamangs, trop jeunes encor aller seuls, sont toujours portés par des in du même sexe qu'eux; par leurs pères sil mâles, et par leurs mères s'ils sont femelk m'ont également assuré que cette espèce ( souvent la proie des tigres par le fait de cet de charme qu’on a déjà dit que les serpents
sur les oiseaux , les écureuils, etc. Je ne pe
vous apprendre sur leur mode d’accouplema la durée de la gestation, ete. Ces faits my sont ignorés des Malais eux-mêmes, les si
n'ayant point encore produit en esclavage, AM
la servitude, quelle que soit sa durée, ne pan difier en rien les défauts caractéristique à singe, sa stupidité, sa lenteur, sa maladrew, vérité il devient en peu de jours aussi dou étoit sauvage , aussi privé qu’il étoit faroucte, toujours timide, on ne lui voit jamais la fu qu’acquièrent bientôt les autres espèces de genre, et sa soumission paroit tenir plutii extrême apathie qu'à un degré quelconqué fiance-ou d’affection. Il està peu près insend bons et aux mauvais traitements: la reconot la haine, paroissent être des sentiments in ces machines animées. Tous leurs sens si siers : s’ils fixent un objet, on voit que c'ests tention : s'ils y touchent, c'est sans le vou siamang , en un mot, est J’absence de toute et si l’on classe jamais les animaux d'aprèk telligence, celui-là occupera. sûrement unt & nières places. Le plus souvent accroupi, af dans ses longs bras, et la tête cachée entre bes, position qu’il a aussi en dormant, le$ ne fait cesser son immobilité et ne romptk qu'en poussant par intervalles un cri dé assez approchant de celui du dindon, mü paroît motivé par aucun sentiment, paraucul et qui en effet n’exprime rien ; la faim elles peut le tirer de sa léthargie naturelle. En il prend ses aliments avec indifférence, le sa bouche sans avidité, et seles voit enk# étonnement. Sa manière de boire est en hf avec sesautres habitudes: elle consiste à pl doigts dans l’eauet à les s::cer ensuite.»
« Après ces: .téressants détails, dit MF M. A. D:yaucel nous fait connoitre les of siamang. Cet animal , semblable à tous 8 et la plus grande espèce de ce genre, nf joues ni queue, et ses bras sont d’une lo'f mesurée, quoique un peu moindre que cell:
du wou-wou. S: figure nue esi extrément#l ce qui est principalement dû à son front * arcades sourcilières, à ses yeux enfoncés orbites, à son nez large, aplati , dont
s sur les côté e jusqu'au | rées sous des on en rudim e poche nue, ftre, qu'il a :
ks de son cor doux, épais, ils et le mentot quées, tourné en partie flécl ssez juste, et La poche gutt la faculté de s P lorsque l’anin l'orang-outan.
Jongs et droits, quelquefois jus ment reconnoi:
elles à la nu e, et à leurs m s par un gros m eux sexes, qu’ et qu’on obser:
t la disposition arrière, qui, re umérus, forme ette. Mais la c siamang c’est ] he membrane tr à base de la pre imal peut s'éle hètres (trois pie i l'âge ne pa prs,
dimensions des illes furent app Enant on en pos it jusqu’à trois p
eur de l'animal | ueur du bras.
Sjambes., , .
la partie nue d
Siamangs sont re vue, et disti S par leur pel le blanc autour d Unu qui pend s up plusgrands q
lus robustes,
est venu confir leur Gall, en prq ssèdent à un ji
fait dont je istaté depuis:
unes encor par des ini rs pères sik sont femelk tte espèce ( le fait de cette 8 serpentser te. Je ne pen ’accoupleme Les faits my êmes, les si esclavage, AM urée , ne pand actéristiques à sa maladresg urs aussi dou éLoit faroucle, jamais la es espèces di t tenir plutti quelconquet u près insens 8: Ja reconnti 2ntiments int eurs sens il voit que c'est t sans le vous ence de toutes naux d'après rement une @ accroupi, achée entrek lormant, le t ne romptk s un cri dé dindon, mai ent, par aucii la faim elle:
bturelle. Ent ifférence, le es voit enk® oire esten bi consiste à ph ensuite. »
ils, dit ME noitre les of ble à tous k:8 genre, nil t d’une lo'f ndre que celles Si extrémemti h son front 1
x enfoncés
ati , dont le
s sur les côtés, sont très grandes , à sa bouche e jusqu'au fond des mâchoires, à ses joues ées sous des pommettes saillantes, et à son on en rudiment. Si l’on ajoute à ces traits la e poche nue , onctueuse et flasque, en forme ftre, qu'il a sous la gorge, toutes les autres s de son corps revêtues d’un poil brillant, doux, épais, et d’un noir foncé, excepté les bls et le menton, où ilest roussâtre , etses jamquées, tournées en dedans, et qui restent touen partie fléchies, on se fera du siamang une ssez juste, etqui ne sera rien moins qu'agréa- La poche gutturale, dont nous venons de par- Ja faculté de s'étendre et de se gonfler, ce qui
à lorsque l'animal crie; et il a cela de commun
l'orang-outan. Le scrotum est recouvert de Jongs et droits, réunis en un pinceau qui desquelquefois jusqu’aux genoux. Les mâles sont ment reconnoissables à cette particularité, et elles à la nudité de leur poitrine et de leur e, età leurs mameïles un peu saillantes , ters par un gros mamelon. Un caractère commun eux sexes, qu’on ne trouve pas chez le wouet qu'on observe chez beaucoup d’autres sinst la disposition des poils de l’avant-bras diriarrière, qui, rencontrant ceux quidescendent umérus, forment sur le coude une sorte de elte. Mais la circonstance la plus remarquasiamang c’est Ja réunion de l’index au médius pe membrane très étroite, et qui s'étend jusa base de la première phalange. La taille de imal peut s'élever jusqu’à un mètre quinze nètres (trois pieds six pouces environ ), et le i l'âge ne paroissent rien changer à ses prs. dimensions des premiers siamangs dont les illes furent apportées en Europe, bien que nant on en possède des individus dont la it jusqu’à trois pieds six pouces, sont les sui-
Pieds Pouce, eur de l'animal lorsqu'il est debout. 2 8 ueur du bras. . . , . , . , , 2 »
S jambes. . . . . . . . , , , 4ou10 la partie nue de la main, , , , » 5
siamangs sont donc reconnoissables dès la ere vue, et distingués des autres cspèces de s par leur pelage uniformément noir sans le blanc autour de la face ; par le sac membra- Unu qui pend sous la gorge : ils sont aussi up plusgrands que les autrescspèces, et beau-
Dlus robustes, L'examen des crânes de sia-
est venu confirmer les idées de phrénologie teur Gall, en prouvant que chez les femelles, ssèdent à un haut degré les sentiments de
l'attachement maternel, l'organe de l'amour des mères pour leurs petits est considérablement plus développé que chez le mâle. Cette observation a été faite surtout par M. Geoffroy Saint-Hilaire, en examinant des crânes appartenant à des êtres des deux sexes, et il eut occasion de montrer dans unc des leçons de son cours que les boîtes osseuses desmâles n’avoient point la large et forte saillie de la région occipitale, saillie occupant une superficie de huit lignes d'avant en arrière, ct dix-huit dans le sens transversal, et correspondant avec exactitude à la saillie postérieure des lobes du cerveau. Il paroît en effet que les femelles sont industrieuses pour proté= ger leurs enfants; qu’elles sont aussi plus intelligentes que les mâles, en général stupides, lourds, et indifférents pour leur progéniture.