LA GUENON MONE
Cercopithecus mona (!).
ekèbe, dit Aristote, est un singe à longue queue: Be cette phrase plus qu'incomplète Buffon a tiré onelusion que le kebos des anciens Grecs devoit la mone, Toutefois rien n’est mcins prouvé, singe est remarquable par ses formes gracieuses lancées, par la rare élégance des couleurs de son ge, et par les justes proportions de ses diverses ies, Les poils qui le recouvrent sont partout ndamment fournis, partout à peu près de même pueur, excepté sur les joues, où ils forment deux ses touffes épaisses qui retombent sur le cou en loppant le bas de la face.
e dos, les parties supérieures du corps, et les bras ehors, sont d’un roux marron vif, tirant sur le hâtre sur le dos, les reins et la nuque; des poils peu redressés, variés de vert doré lustré, recoutla tête, et sont séparés des épais favoris par bandeau noir : ceux-ci sont d’un jaune clair uni ranche avec la couleur de chair de la face et des les. Toutefois le haut du visage, ainsi que le
des yeux, sont bleuâtres ; la région interne des
es, des jambes et des bras, est d’un gris bleu ise : c'est aussi la teinte qui est propre à la queue tute son étendue. Deux larges taches oblonet blanchâtres se dessinent sur les fesses, et disent nettement cette guenon; mais ellcs mantquelquefois, tel qu’on en a un exemple dans na de Buffon. Les côtés de l'abdomen et le bus du corps, de même que le dedans des mem- , Sont recouverts de poils d’un blanc pur; les ces nues des pieds et des mains sont d’un bruclair, ou d’une couleur de chair livide.
queue de la mone est longue, brunâtre, et n’est
mone, Buffon, t. XIV, pl. 36 et pl. color.
2; et le mona, Supplément, pl. 19; Audebert, #, quatrième famille, pl. 7 : simia mona et mob, Screber, pl. 15 A et 15 B : varied monkey , ant, Quadrupèdes ; Encyclopédie, pl. 11, fig. 4: Mona, Linnæus; Erxleben, sp. 10, p. 32: la , Fr. Cuvier, Mammifères, pl. 13, in-4o, et p. 44 ; 1er, Régne animal , 1.1, p.92; Geoffroy Sainte, huitième leçon sténographiée, p. 19.
point terminée par un pinceau de poils ; ses ongles sont aplatis et noirâtres. Ses dimensions les plus ordinaires sont les suivantes. Le corps, mesuré depuis le museau jusqu’à l'anus, a dix-sept pouces et quelques lignes, et la queue vingt-trois à vingt-quatre. Posée sur ses quatre pattes, sa hauteur est d’à peu près douze pouces aux épaules et dix-huit au bassin, Sa tête est petite, arrondie ; son front est élevé, et son nez est peu saillant : les poils qui bordent les callosités des fesses sont roussâtres, :
L'individu qui a servi de type à la figure publiée par M. Frédéric Cuvier a été conservé vivant dans la ménagerie du Muséum. Venu très jeune en France, il a conservé dans la captivité l'extrême douceur et la profonde indolence qui le caractérisoient alors; én vieillissant, ses membres ont acquis de la vigueur et une agilité surprenante. Cet intéressant animal, observé avec soin par M. Frédéric Cuvier, lui a paru circonspect dans ses actions et persévérant dans ses désirs, sans avoir jamais recours à la violence. « Lorsque après avoir bien sollicité on persiste à refuser quelque chose à la mone, dit ce savant, elle fait une gambade et semble occupée d'autre chose; elle n’a acquis aucun sentiment de propriété : elle prend ce qui lui plaît, les objets qui lui ont attiré des punitions comme les autres, et a une adresse extrême pour exécuter ses rapines sans bruit. Ce singe ouvre les armoires qui ont leur clef en tournant celle-ci; il défait les nœuds, ouvre les anneaux d’une chaine, et cherche dans les poches avec une délicatesse telle que souvent on ne sent pas sa main, quoiqu’on sache qu’elle vous dépouille. C’est l'examen des poches qui lui plaît le plus, parce que sans doute il y a souvent trouvé des friandises qu’on vouloit qu'il y trouvât, etil y fouille sans mystère ; ordinairement il débute par là dès qu’on s'approche de lui, et semble chercher dans les yeux des motifs d’espérance. Il n’est pas très affectueux : cependant lorsqu’il est tranquille, et que rien ne le préoccupe, il reçoit avec plaisir les caresses, et il répond avec grâce lorsqu'on veut jouer avec lui; alors il prend toutes les attitudes possibles, mord légèrement, se presse contre vous, et il accompagne toutes ces gentillesses d’un petit cri assez doux, et qui semble être pour lui l'expression de la joie. Jamais il ne fait aucune grimace ; sa figure, bien différente de celle de la plupart des autres singes, est au contraire toujours calme, et paroîtroit même sérieuse ; et quoiqu'il soit mâle, il n’a jamais manifesté la lubricité qui rend la plupart des singes si dégoütants. »
Par ses formes gracieuses la mone est une des espèces de singes les plus intéressantes ; la délicatesse de ses manières, la gentillesse de ses mouvements, la douceur de son caractère, l’heureuse harmonie des couleurs qui teignent son pelage, tout peut la rendre l’objet d’une vive bienveillance. En liberté
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