ET
En LA GUENON MANGABEY A COLLIER.
Cercopilhecus «thiops (1).
Hasselquist, dans son Voyage au Levant, a décrit d'une manière assez claire le mangabey à collier que Linnée introduisit d'après lui sous le nom de singe éthiopien (simia æthiops) dans son Système de la Nature. Buffon accompagna son histoire d’une figure assez exacte (tom. XIV, pl. 55) dont on a reproduit une copie dans ses planches coloriées (pl. 251 ), et dans l’atlas de l'Encyclopédie méthodique (pl. 45, fig. 4). Dans ces derniers temps M. Frédéric Cuvier en a donné aussi un bon portrait dans ses mammifères lithographiés.
Le mangabey à collicr a les plus grands rapports avec la guenon que l’on a nommée mangabey fuligineux. Leurs dimensions, les proportions des membres, les couleurs mêmes du pelage, excepté celles de la tête , offrent la plus parfaite analogie.
Le mangabey à collier a le front déclive et le museau proéminent; ses oreilles larges et oblongues se terminent légèrement en pointe à leur sommet : elles sont d’un noir intense ainsi que la face ; les paupières supérieures seules se trouvent être colorées en blanc mat, et donnent à cette guenon une physionomio singulière lorsqu’elles s’abaissent ; jes poils du sommet de la tête, un peu plus longs que ceux des autres parties, sont peints en brun marron très vif ; une écharpe blanche naît sur les joues, s'étend jusqu'aux oreilles, et contourne la nuque et la partie postérieure du cou en redescendantun peu sur les épaules ; d’épais favoris d’un gris assez foncé traversent obliquement la face au bas de l'oreille , tandis que le dessous du cou et du menton est d’un gris clair ardoisé. Quant au corps et aux régions externes des membres, le pelage du mangabey est en entier d’un gris ardoisé dont la teinte uniforme règne sur le dos comme sur la queue, sur les membres antérieurs comme sur les postérieurs. Tout le dessous du corps et le dedans des membres se trouvent être biancs. La paume des mains et la plante des pieds sont noirâtres, et les plus grandes dimensions que ce singe atteigne sont d'environ dix-huit pouces.
Le mangabey à collier exprime ses sensations en contractant les lèvres et en montrant les dents; ses
{) Simic æ@thiops, Linnæus; Screber, pl. 21 : mangabey à collier, Buffon, t. XIV, pl. 33, et pl. col. n°251; Encyclopédie, pl. 43, fig. 3; le mangabey, var. À, Audebert, Singes, fam. 4, pl. 40 : cercocébe mangabey , Geoffroy, Annal. du Mus., t. XIX, p. 97 : cercopithecus æthiopicus, Fr. Cuvier, pl. 24, p. 71; Desmarest, Mammifères, esp. 29 ; G. Guvier, Règne animal, t.1,
p.94 ; Geoffroy Saint-Hiliaire, huitième leçon sténo-
gruphiée, p. 20,
HISTOIRE NATURELLE
mœurs n'ont paru en rien différer de cells autres gucnons. À l’époque du rut le sang ste sur le pourtour des organes générateurs, et fait quérir à ces parties des dimensions exagérées.]s auteurs s'accordent à lui donner pour patrie l'A sinie; mais c'est avec bien plus de raison qu M. Frédéric Cuvier suppose qu'il provient &4 côte occidentale d'Afrique, au sud du cap Var,