‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 72 sur 514 · LA GUENON MALBROUCK · texte numérisé non relu

LA GUENON MALBROUCK

Cercopithecus cynosurus. Desy. |!)

Le malbrouck est la quatrième espèce de vert que les zoologisies modernes aient caraclins Ce qui le distingue de prime abord des call griset et vervet, estson scrotum bleu d'azuret de poils neigeux. Cette guenon a communéml longueur totale dix-sept à dix-huit poucessu pied d’élévation, et se trouve être une desty les plus vigoureusement constituées et les plsh tes. Sa tête volumineuse se termine en unm arrondi et saillant, parfaitement noir, excel le pourtour des yeux, qui est carné et lit oreilles, arrondies, amples et brunâtres, sol damment garnies en avant de poils touffus qui cendent sur les joues et sous le menton en massifs et longs, d’un blanc pur; les mail

() Simia faunus, Linnæus ; Screber, pl. 12:

cynosuros, Screber, pl. 14B : le malbrouck, À t. XI4, pl. 29 (femelle), et pl. color. no 248; EF pédie, pl. 41, fig. 4 : simia cynosuros, Scopol M Flore et Faune, pl. 19 : le malbrouck, Geoff! Hilaire, Ann. du Mus.,t. XIX, p. 96: Desmareil #8 mif., p. 60: Fr. Cuvier, Mamamif., pl 2h G. Guvier, Règne animal, t. I, p. 92; Geoffroy Hilaire, Leçons sténographiées, huitième leçon, À

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bis sont noirs; les callosités et le pourtour de nus, d'un rouge vif à l'époque du rut ; le scrotum très développé, et coloré en bleu : les femelles t leurs parties naturelles très peu ouvertes , musd'un petit clitoris, et sont soumises au flux nstruel.

Les poils qui composent le pelage du malbrouck itannelés de jaune.et de noir, ce qui donne aux ties supérieures la teinte grise-verte qui les catérise ; tandis que les poils des régions inférieures internes sont blancs : toutefois la queue affecte » nuance grise décidée dans toute sa longueur ; e gris affoibli se montre aussi sur les avant-bras ur les jambes, jusqu'aux articulations des carpes les tarses.

rusque et prodigicusement agile dans tous ses vements, le malbrouck peut faire de nombreuses rioles en l’air‘en ne se donnant qu’une vigouse impulsion. Son cri, ou du moins ce que l'on a en entendre, se réduit à un sonaigre et foible ou p à un grognement rauque. Jeune, sa docilité est grande; adulte, au contraire, il devient hant, peu traitable, et d’une circonspection lest difficile de mettre en défaut, circonspection le porte à dissimuler sa vengeance lorsqu'il croit homent inopportun, et à se jeter sur ceux qui prochent, à l’improviste et par-derrière, lorsn présente des chances d’impunité aux noirceurs projette. Irritable, ennemi de toute contrainte, nalbrouck ne tarde pas à succomber lorsque la ivité a mis un frein à son naturel volontaire, et brivation de la liberté équivaut pour lui à la t. Les femelles seules, plus irrésolues, plus des, se plient au joug ; et chez les singes comme l'espèce humaine ce sexe semble, par le sentit de sa propre foiblesse , avoir été créé pour svufavec douceur l'autorité que la force, quelle le soit, s’est arrogée sur lui.

dit le malbrouck du Bengale, ce qui est loin e prouvé. Nous avons à peu près la certitude vitau Cap-Coast, sur la côte occidentale d’A-

LA GUENON PATAS.

Cercopithecus ruder. G£orr. (1).

ommé singe rouge par les François établis à “Louis, le patas est très multiplié dans la Sé-

e patas à bandeau noir, Prosper Alpin, Rer.

Pt, lv, IV, pl. 4; Buffon, t. XIV, pl. 25, 26 , et pl. 1° 246, 247 ; Encyclopédie, pl. 12, fig. 2: stmia 2, Linnœus : simia patas et rufa, Screber, pl. 16 Bicercopithecus ruber, Geoffroy, Ann. du Mus., PP: 06; Desmarest, Mammiféres, esp. 23 ; Fr.

négambie, et ne peut être confondu avec aucune autre espèce par la couleur de son pelage; ses formes sont sveltes, régulièrement proportionnées ; sa tête cst arrondie, mais ses yeux sont cnfoncés, ses crêtes sourcilières avancées, son nez aplati, ct son museau proéminent ; ses oreilles larges et min-ces sont de couleur carnée ainsi que la face, excepté la saillie du nez que recouvrent de très petits poils noirs ras et serrés, et deux sortes de prolongements obliques simulant des moustaches sur la lèvre supérieure.

La fourrure du patas se compose de poils doux, soyeux, assez longs, d’un fauve très vif sur toutes les parties supérieures du corps, et externes des membres; la queueelle-mêmeaffecte cettecouleurendessus, et blanchit en-dessous ; la poitrine, le ventre, le dedans des membres, sont d’un blanc qui tranche plus nettement sur les joues , où d'épais favoris se prolongent jusque sous le menton; les poils de la tête, d’un roux très vif, se trouvent séparés par un bandeau noir qui traverse le front, ct va s'arrêter sur les tempes : parfois ce bandeau est blanc; et c’est ce qui avoit porté Buffon à établir comme espèce son patas à bandeau blanc, en donnant le nom de patas à bandeau noir à la guenon que nous nommons patas sans y ajouter d'épithète. Toutefois ces variations sont peu importantes, et les sexes ne diffèrent en rien l’un de l’autre,

Le patas mesuré du bout du museau à la racine de la queuc peut avoir dix-huit pouces de longueur, etun peu plus pour la queue. Ses mains et ses pieds sont colorés en brunâtre violacé très peu foncé, et les ongles sout bruns.

Co singe est apporté assez souvent en vie du Sénégal', sa patrie, dans nos ports militaires du midi de la France. Mais il ne tarde pas à succomber, soit par l'influence du climat , soit par les chagrins que lui inspire la captivité. Il s’apprivoise difficilement + il est colère, emporté, irascible, et cherche à mordre lorsqu'on l'approche. Bien que son front soit moins bombé que celui de quelques autres guenons, iln’en a pas moins d'intelligence, ni moins de finesse; mais ces qualités sont chez lui destinées à l'état de liherté, et doivent principalement servir lorsqu’il marnude en troupesen dévastant leschamps

de couscous et de millet des Nëgres, pour lesquels il est un fléau.

Cuvier, tbid., pl. 23 (femelle), p. 68; G. Cuvier, Règne animal, t. I, p. 94.

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