‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 9 sur 514 · VI. DES ALFOUROUS-ENDANÈNES · texte numérisé non relu

VI. DES ALFOUROUS-ENDANÈNES

ppulation primitive des archipels des Indes es étoit une race noire, qui paroît ayoir été par d’autres peuples conquérants, sur ceres ct à diverses époques, ou avoir élé chasôles, et reléguée au milicu des montagnes, nous l'apprennent les anciennes histoires pales de Malacca en particulier. Ces peuples noire et à cheveux rudes, mais lisses, viore dans les lieux inaccessibles de toutes les olynésiennes (!); et c'est ainsi que le plateau

nous servant du nom de Polynésie, exclusive streint aux terres si vagucment nommées archidsie, nous encourrons probablement le blâme ques géographes fidèles à une nomenclature in-

et encore plongée dans le chaos. La dénominacéanie est si harmonieuse, et peint si bien la on des petites Îles volcaniques et madréporiques sur la surface immense du Grand-Ucéan, qu'elle à indubjtabli ment à toute autre : celle de Pélaluiroit aveë exactitude le surnom de monde €, qui lui fut imposé, d'une manière trop gécependant, par M. C.-A. Walckenaer, Ainsi le Polynésie, que jusqu'à ce jour on avoit étendu urs systèmes de terres aussi distantes que sépa-

la nature, ne pouvant plus étre appliqué aux

mer du Sud, demeure donc aux fiès de l'Asie,

central de la plupart des îles Moluiques est occupé de nos jours par les Harafuras ou Alfuurous (!); que les Philippines sont peuplées par los Indivs des Espagnols (2), que l'on mentignne los Neyras del monte à Mindanao (), les Viuzimbers à Madagascar, dont ils seraient les habitants paturels; et que nous apprimes l'existence des fndameues à la Nouvelle- Guinée.

Les Alfourous-Endamênes vivent de la manière la plus sauvage et la plus misérable. Toujours en guerre ayec leurs voisins, ilg-ne sant accupés que des moyens de se préserver de leurs embûches ct d'échapper aux piéges qu'on. leur tend sans esse. L'habitude qu'ont les Papouas des câleade les meltre à mort et d'ériger en trophées leurs dépruilles rend compte de la difficalté qu'on éprouve à les observer, même à la Nouvelle-Guinée; et deux au trois de ces hommes, réduits en esclavage, que nous vimes à Doréry, sont tout ce que nous en connoissons. Les Papouas nous les peiguirent comme d’un caractère féroce, cruel et sombre, n'ayant aucun art, et dant toute la vie s'écoule à chercher leurs subsistances dans les forêts. Mais ce tableau hideux , que chaque tribu ne manque point de faire de la tribu voisine, ne peut être regardé comme authentique. Les Endamênes que nous vimes avoient une physionomie repoussante, un nez aplati, des pommettes saillantes, de gros yeux, des dents proclives, des extrémités longues et grêles, une chevelure très noire, très fournie , rurle et comme lisse, sans être langue. La barbe étoit {rès dure et très épaisse. Une profonde stupidité étoit empreinte sur leurs traits : peut-être éloit-elle due à l'esclavage. Ces nègres, dont la peau est d’un noir brun sale assez foncé, yont nus. Ils se font des incisiens sur les bras et sur la poitrine, et portent dans Ja eloison du nez un bâtonnet long de

que la formation primitive, les productions, les races qui les habitent, permettent de grouper par des caractères trés tranchés : peul-être seroit-il préférable de le remplacer par un nom neuf dont le sens ft sans équivoque, tel qne pourrait être le mot de Afalaisie.

(ï) « Les Alphouréens ou Alfoures sont vraisembla- » blement les premiers et les plus anciens hahitants » des Moluques : aujourd'hui méme ils nese confondent » pas avec les autres habilaatss maisils se ticnnent » renfermés dans les montagnes de Bouro et de Céram.» (Stavorinus, Foyage aux Indes, 1.1, pag. 259.)

(+) C'est peut-être à tort qu'on indique comme appartenant à ces races mal connues les Zaos et les Miaotsé de l'intérieur de la Cochinchine, qu'on nomme aussi hommes à queue dans lc pays. Barrow lesregarde comme des Cochinchinois encore jlongés dans une grossière barbarie. ( Voyage à la Cochinchine, 1. IL, pag. 226.)

3) Ainsi nommés, dit Méares, à cayse de leur ressemblance avec lesnoifs d'Afrique, tant au physique qu’au moral. (voyage la cûte nord-oucst d'Amérique, t.1, pag. 287. ) Ileflpéobabic que ces Magros sonf dés Papouas. ie

près de six pouces. Leur caractère est silencieux, et leur physionomie farouche ; leurs mouvements sont irrésolus et s'exécutent avec lenteur. Les habitants des côtes nous donnèrent quelques détails sur ces Endamênes ; mais comme ils nous parurent dictés par la haine, et que les versions ne s’accordoient point entre elles, soit que le sens de ce qu’ils nous exprimoient fût mal compris, soit qu'euxmêmes nous racontassent, dans l'intention de nous inspirer de la frayeur, des habitudes auxquelles ils ne croyoient point, nous pensons qu'il est inutile de faire connoître, par des renseignements faux ou inexacts, une espèce d'hommes dont l’histoire est encore entourée d'épaisses ténèbres (!).

Nous nous bornerons à tracer la description des crânes d’Alfourous-Endamènes que nous trouvâmes à Doréry, où ils servoient de trophées, et à les comparer avec ceux des Papous décrits par MM. Quoy et Gaimard, et aussi avec les crânes de Nègres- Mozambiques, de Nouveaux-Zélandois et d'Européens. La figure que nous en avons donnée est le résultat de la comparaison de plusieurs têtes; mais elle a été plus particulièrement faite sur un crâne conservé avec soin dans une cabane, et enchâssé dans une idole grossièrement sculptée en bois, que nous ne pèmes jamais obtenir des naturels, même en offrant des présents susceptibles de les tenter, et que nous nous décidâmes à aller enlever pendant la nuit, la veille du départ de la corvette. Cette idole assez rn..sarquable, et qui est déposée maintenant au Muséum d'histoire naturelle de Paris, représente un homme assis, dont le cou supporte un plateau sur lequel reposoit le crâne d’un Alfourous, solidement enchâssé. Les orbites étoient remplies par des rondelles de nacre, simulant des yeux, et fixées par un mastic noir; tandis que les arcades dentaires étoient recouvertes de deux lèvres en bois très proéminentes. D'autres crânes d'Alfourous étoient disposés par rangées et attachés aux parois de la cabane qui servoit de temple à ces débris que les Papouas conservoient avec d'autant plus de satisfaction qu'ils se complaisoient dans l’idée de faire subir un pareil sort à tout ennemi qui tomberoit dans leurs mains,

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