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LES CYNOCÉPHALES

Cynocephalus. Brisson.

Les Grecs donnoient le nom de xuvox{pxdos ou tête de chien à des singes que les Latins , à leur imitation , appelèrent c,nocephalus, et qui répondent en grande partie aux babouins ou aux papions de Buffon. Tout porte à croire que les cynocéphales mentionnés par Diodore de Sicile sont des mandrills : ce qu'il en dit du moins semble le faire supposer, Toutefois les détails fournis par Strabon , par Pline et par Ælien, se bornent à peindre les cynocéphales comme des singes intraitables et brutaux ; et il est propable que l'espèce qu'ils avoient en vue étoit le singe de Moco ou l’hamadryas, dont ils pouvoient avoir connoissance par leurs communicationsavec l'Ethiopie. Ces animaux sont de tous les quadrumanes ceux qui se rapprocient le plus des mammifères carnassiers : leurs caractères z0ologiques ne les font point différer essentiellement des macaques, mais on ne peut les confondre avec aucune espèce de singes, soit de l’ancien, soit du nou-

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veau monde, à cause de leur museau allongé, qui présente une grande analogie de forme avec celui d’un chien, bien qu'il n'ait point de mufle ; les narihes vont s'ouvrir à l'extrémité et en devant de la troncature du nez, en grande partie formée par l'énorme développement des os maxillaires.

Les cynocéplales ont trente-deux dents, et les Cunines sont surtout remarquables pat leur prodigieux développement : comme chez les semnopithèques, la dernière molaire a cinq tubercules , et celle d'en bas est terminée par,un talon ; l'angle facial est réduit de trente à trente-cinq degrés au plus, et le front est notablement effacé ; les crêtes sourcilières, sagittale et occipitale, s'élèvent avec rudesse sur Ja surfüce du crâne ; les orcilles sont aplaties, mais très anguleuses à leur sommet ; de vastes abajoues permettent la distension de l'appareil buccal ; le cotps ëst toujours massif, et supporté par des membres égaux et puissamment musclés ; la queue värie de forme, elle est ou très longue ou très courte; de larges tubérosités dénudées recouvrent les fesses, et soit ordinairement teintes des plus vives couleurs. Les cynocépläles sontles plusgrands de tous les singes : leurs proportions et leur taille sont assez bien rendues par celles de nos grands chiens de bosse-cour. Le pouce des mains est très court, celui des pieds est plus robuste, et une extension de lu peau unit les deux doigts à leur base jusqu à leur deuxième phalange : ils sont terminés par des ongles minces, ployés on gouttière, mais non aigus à leur sommet. Dans la locomotion, il n’y a que l'extrémité des doigts qui porte sur le sol.

Les cynocéphales peuvent être aisément divisés en deux tribus ou sous-genres, que caractériseroient quelques traits d'organisation peu importants sans doute, mais suffisants cependant pour autoriser cette petite distinction : la preinière section comprendroit les cynocéphales proprement dits, ou les babouins dont la queue est aussi longue où un peu moins longue que le corps, et dont la face est lisse; la deuxième comprendroit les mandrills, dont le museau est couvert de plis, et la queue très courte, très gréle, et implantée d'une manière presque perpendiculaire à la colonne vertébrale.

Les cynocéphales, étudiés sous le rapport des modifications qu'éprouvent les appareils des sens, ontles yeux protégés par des crêtes sourcilières très saillantes et une papille ronde, eerclée de brun; l'énorme renflement des sinus maxillaires et la grande ouverture des narines font supposer que leur odorat est parfait : les lèvres ne sont presque point apparentes ; et la lahgué, dont la muqueuse est douce, est très extensible ; la peau nue du bout des doigts paroît jouir d’une grande sensibilité : aussi le tact est-il très délicat chez ces singes : la verge, que termine un gland pitiforme, se cache dans le

tepos au milieu d’un scrotum généralement 144 M veloppé. Les femelles ont deux mamelles jy sur la poitrine; l'ouverture vaginale appart # PA

dehors sous forme d’une fente longitudinale où n’aperçoit aucune trace de lèvres et de nympha

l’époque du rut ces parties se gorgent de ste | tuméfient outre mesure, jusqu'à ce qu'une mhi

vienne aider au rétablissement de leur état nom b L'accouplement a lieu comme chez les autre ns mifères ; seulement les mâles ont le soin, puis la copulation, de retenir immobiles les femelaah saisissant leurs jambes avec leurs mains. à Le pelage des cynocéphales se compose dep

généralement touffus, mais plus épais cyril sur les parties supérieures du corps : la hceubBa

mains en sont ordinairement privées, où dim

ils ne s’ÿ montrent qu'en très petite qunié (4

n'est guère qu’en se servant des quatre menbil

la fois que la locomotion s'exécute chez #4

maux ; mais leur encolure massive et leurs met puissants ieur donnent une énergie et une rem digieuses Ils gravissent les rochers ou gimb#

dans les arbres avec une prestesse peu comm BA et les endroits qu'ils préfèrent sont tujutkPn licux les plus déserts et les plus escarpé "8 leurs longues canines ils peuvent faire de di reuses blessures ; leur voix aigre est tantôt unit ment rauque ou tantôt un grognement «indie étoulfé : leur face hideuse et méchante, lun pétits brutaux , font de ces singes des aniniutign domptables dont rien ne peut adoucir k fréps naturelle.

Les femelles, un peu plus petites de uilk@ les mâles , n’ont point leurs canines, et se li parfois apprivoiser : les jeunes au contriir,! le museau est beaucoup moins saillant, du formes sont plus arrondies et plus douces, piri® en effet doués d’un bon naturel, et ne pré leurs qualités enfantines qu’en vicillissnl; c'est alors qu’ils paroissent hideux, tant par féroce que par le cynisme avec lequel sont dt pées leurs parties postérieures.

La nourriture de ces singes ne consiste tf qu’en fruits ou-en graines, régime qui ne doi pour rien dans leur instinct de méchaneet:

boivent en humant, et leur appétit es LE aussi développé que leur penchant pour | leur lubricité est révoltante, et c’est en pull aient à satisfaire leurs sens grossiers : W qu'ils sont en caplivité, la vue d'une fm pour allumer leurs désirs ; et c’est chez eu sentiment inné, que, ne pouvant les salslit un individu de leur race, ils ont recours à 1 turbation.

Dans l’état de liberté, les cynocéphals à pat troupes dans des cantons que chacun deu

ne, etdontils eroient de s'y

s peur de l'ha es et de bra pusser les visit ont rendus re ils vivent; et | de dépouiller des vedettes d a bande. On s inges est d’en\ accroissement ormes adultes :

p n'a point d' 8; ils n'ont m econnoissance ours hargneux, bien rare de les age et méchant

Deus les cynocépl

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ne, etdontils chassentimpitoyablementceux qui roient de s'y établir. Ces singes n'ont pas tous peur de l'homme, et c'est, dit-on, à coups de res et de branches d'arbres qu'ils essaient de usser les visitesimportunes, Leurs dévastations

ont rendus redoutables aux habitants des pays

ils vivent; et l’on assure que lorsqu'ils projetde dépouiller un verger , ils ont le soin de pla-

des vedettes dont la vigilance répond du salut

a bande. On suppose que la durée de la vie de inges est d'environ cinquante années ; et comme accroissement est lent, ils ne prennent guère ormes adultes avant sept ou huit ans.

p n'a point d'exemple de eynocéphales appri- 8; ils n'ont même jamais conservé la plus pereconnoissance pour ceux qui en prennent soin : ours hargneux, sans cesse disposés à mordre, il

Dien rare de les voir déposer un instant leur air

age et méchant.

ous les cynacéphales sont originaires d'Afrique, > trouvent plus abondamment dans les parties tropicales, bien qu’on en eonnoisse de l'Arabie rie et des environs du cap de Bonne-Espérance : derniers habitent ainsi la zone tempérée, es espèces de singes que nous décrivons ont été ées dans le genre cynocephalus par Brisson, eben, Illiger et F. Cuvier. Linnæus et Bodt ne les avoient point distingués de leurs simia aires, et quelques espèces avoient été décrites me papions par Brisson, Erxleben, Illiger, roy et Lacépède. :

armi les curiosités rapportées d'Égypte par le bre voyageur Belzoni se trouvoit une momie itement bien conservée d’un cynocéphale-tarou hamadrias, reconnoissable à sa chevelure son long camail. Il paroît assez évident que le a cynocephalus de Linnæus avoit des temples à opolis, et on en trouve des figures très reoissables sur la plupart des monuments égyp- , Il est même très probable one le spliynx, uré par la mythologie grecqn, voit pour fonent l'existence de l’hamadrias. Chez les Egyple cynocéphale étoit le symbole de Tot ou ure,

LE CYNOCÉPHALE BALOUIN.

Cynocephalus babuin (1).

babouin n’a été bien caractérisé que dans ces rs lemps. Les auteurs n'ont pas toujours été

imia cynocephalus, Fr. Cuvier » Mém. du Mus., (pl.19; et Mammifères, mai 1819, t. 1; Déctionn. “Nalur., À, XI, p. 377 : cynocephalus babuin,

d'accord sur les espèces qui devoient porter exclusivement ce nom. M. Geoffroy Saint-Hilaire est le premier qui ait reconnu que ce singe devoit être le cynocéphale des anciens, dont ils ont souvent figuré les traits, ainsi que le prouvent les monuments qu’ils nous ont laissés.

Le babouin semble être le lien de transition des magots aux singes groupés sous le nom générique de cynocéphales. Ses narines, ouvertes à l'extrémité d’un museau saillant et conique, ne sont cependant pas perforées sur la partie la plus avancée ; le cartilage moyen forme une sorte de saillie qui se projette sur la lèvre supérieure; ses yeux sont enfoncés sous des arcades sourcilières proéminentes, sa taille la plus ordinaire est de deux pieds et quelques pouces, sans y comprendre la queue, dont les dimensions sont de vingt à vingt-deux pouces ; son museau est nu et de couleur de chair livide; d'épais favoris blanchâtres couvrent les joues: son pelage .est tout entier d’un jaune verdâtre, formé de poils jaunes et légèrement annelés de noir : cette teinte est beaucoup plus claire sur les parties inférieures.

Les jeunes babouins diffèrent ‘’es adultes en ce qu’ils sont d’un blane sale sur la poitrine et le ventre; leur museau est moins saillant ; et les parties dénudées des fesses, au lieu d'être rouges, sont de couleur tannée. Ce singe paroît avoir été vénéré à Hermopolis. Son espèce ne paroît pas en effet être rare dans toute l'Afrique septentrionale, et on la rencontre fréquemment dans la Barbarie,

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