‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 95 sur 514 · LE MACAQUE MAGOT · texte numérisé non relu

LE MACAQUE MAGOT

Macacus inuus (?).

On s’est livré à beaucoup de discussions pour savoir si le magot étoit le pithèque et le cynocéphale

() Macacus gelada ; Rupp., pl. 2.

(:) Desmarest, Mammaloygie, esp. 37, p. 67 : pithecos, Arist., Gal. cynocephalus. Prosp. Alpin : simta

connu des Grecs, dont Aristote nous a laissé by cription. Cette question est à peu près résolue dy manière aflirmative en ce moment, et le Piège que disséqua Galien paroît être, sans aucun do ce singe commun alors assurément somme our.

d’hui sur toutes les terres d'Afrique qui hordy Méditerranée. Dans son jeune âge, ses traits me À arrêtés lui donnent une physionomie enfant À c'est alors le pithèque de quelques auteurs:

vieillissant, sa physionomie est dénaturée pruf grands changements qu’elle éprouve, et rl formes âpres et dures, plus laïdes encore qui B cules, qui ont fait donner à ce singe le nomdw got, ou, en d’autres termes, celui de singe it chien (cynocéphale), ainsi qu’on le trouve di dans Prosper Alpin (pl. 46 et 20), Jonston p.x Brisson et quelques autres vieux auteurs.

Le magot habite toute la bande septentrimk des terres d'Afrique ; on l’a rencontré du nixal Égypte, en Abyssinie, en Arabie et très comm ment en Barbarie. De ce dernier point il s'eim pagé sur le racher escarpé de Gibraltar, entéihh détroit, de sorte que c’est le seul endroit d'&mgh où l’on puisse véritablement dire que les dns existent. Ces animaux ont-ils paru sur ce rock

depuis que la mer s’est ouvert un pasagem# l'Europe et l'Afrique, ou bien s’ÿ trouva

lorsqu'une langue de terre que les anciens gégr B phes nommoieut le seuil de la Méditerranée dub soit une communicalion entre ces deux pari*4 monde, ainsi que l’ont pensé quelques corail L'existence des macaques-magots sur le rock Gibraltar a donné lieu à l’énonciation d'un fatg logique assez curieux : un Anglois, M. me, publié, en 1798, dans les Transac:ivns de last royale d'Edimbourg, une notice dans laqulki aflirme que les brèciies calcaires de Gibralurs parsemées de débris osseux qu'il a reconnuwth tenir à l’espèce du magot.

La taille la plus habituelle que ce macqut quiert est d'environ vingt-six pouces et quite lignes de longueur tniale, sur dix-neuf pot hauteur vis-à-vis les épaules ; sa tête est lors portée par un cou à peine apparent; les prop} des membres et celles du corps sont réquis)s mais robustes et massives ; son museau élargiet®he projeté en avant et surmonté par deux crits#h

pithecus, Screber, pl. 4, fig, D : simia inuus, sl et pithecus, Linnæus:le magot, Buffon, lt. vil, pd et pl. color, nos 238, 239 : Audebert, Singes, lan

sect. 3, pl, 1 : le petit cynocéphale, Encyclopédie AN

fig. 1: le magot, Encyclopédie, pl. 6, fig. 3,4 fig 2:1le pithèque, Buffon (jeune magot ) ; Envy die pl. 6, fig. 4 : pithecus inuus, Geoftror, Lili p. 26 : macacus sylvanus, Fr. Cuvier, pl. #,M! édit. in-4o; G. Cuvier, Régne animal, t.1,p #

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DES MAMMIFÉRES.

res saillantes, sous lesquelles sont cachés les x; les oreilles nues sont décidément terminées vointe; de larges surfaces dénu:lées et calleuses aroissent sur les fesses ; un gland piriforme, sout caché dans le scrotum, termine la verge. Ses oues sont amples, ses canines prononcées, les ts garnis d'ongles aplatis; mais ce qui est parlier au magot c'est que les pouces des mains sont petits, tandis que ceux des picds sont excessient développés.

avançant dans les contrées tempérées , le magot de tous les singes celui qui a reçu la vestiture Jus épaisse ; son pelage est en elfct très fourni, 8 teintes qui le colorent sont sur la tête, les s, le cou, les épaules, la partie antérieure du et la région externe des membres antérieurs, jaune doré assez vif, mélangé de quelques Bnoirâtres : celte nuance générale est due à ce

chaque poil est gris-foncé à la base, et puis

lé de jaune et de gris : dans le reste du corps nêle à la couleur que nous venons d'indiquer coup de gris ; parfois apparoissent sur les bes des lignes ondulées brunâtres, dues au déement qu'a éprouvé le système pileux de ces pns, La poitrine et l’abdomen, ainsi que le dedes membres et le bas des joues, sont d’un gris âtre ; une petite tache noirâtre descendant sur oues occupe l’angle externe des yeux ; elle est à ce que les poils de cette partie sont noirs et ement terminés de jaune à leur sommet. La qui est entièrement nue, et les oreilles, velues Jeur pointe et à leur bord, sont d’une couleur hair livide ; les mains sont noirâtres et pre-que rement poilues, et les poils des joues retomsur les côtés du cou sous forme de favoris assez

s; de même que chez les oramgs, les poils antés sur les avant-bras des magots rebrousrers en haut, en sens contraire par conséquent ux du bras; enfin la peau et les testicules sont s femelles sont plus petites que les mâles, et canines dépassent à peine les autres dents :

Stous les autres rapports elles n’en diffèrent en

bitant des contrées peu éloignées de l'Europe, got est de tous les singes celui qu’on y transle plus fréquemment, Docile, soumis, très ble, ce singe, dans sa jeunesse, se plie aisé- | à la servitude, et retient facilement les tours es jongleurs lui apprennent, Étourdi, inattenpricieux, vivement affecté par ce qui l'en- » C@ macaque toutefois, lors même qu'il est eppris, s'attire de nombreuses corrections en

ent quelques unes des cérémonies qu'il doit

bplir dans nos carrefours et nos places publi- | Plus âgé, au contraire, ses penchants se dé-

naturent, son humeur s’aigrit, son caractère devient revêche, et il s’abandonne alors à toute la frénésie de ses sauvages penchants : pris âgé, on ne peut en rien faire ; il se défend avec courage, et inord avec fureur.

Le magot a une grande propension à faire des grimaces et à montrer les dents. La locomotion à quatre pattes sur le sol est la plus ordinaire; mais il grimpe avec la plus grande aisance , surtout dans les arbres. Il se sert de ses mains pour porter les aliments à sa bouche après les avoir flairés : tout lui est bon, bien qu'il préfère cependant les bourgcons ct les fruits. Pour se reposer ou pour dormir il s’assied en penchant sa tête sur le corps, ou il se couche sur le côté. La colère se décèle chez lui par le claquement des dents; mais lorsqu'il est mû par des passions douces, sa voix est une sorte de petit grognement léger. En captivité, ce singe éprouve du plaisir à être réuni à quelque animal d’une espèce même opposée à la sienne; il s’y attache, témoigne la satisfaction qu’il ressent dans sa compagnie, en lai épluchant les poils et en lui cherchant des insectes sur la peau. C’est aussi de cette manière qu'il manifeste l’attachement qu’il porte au maître qui a pris soin de l’élever,

Par l’ensemble de son organisation, le magot est le lien de transition des macaques avec les cynocéphales , bien que son manque de queue ait

servi à beaucoup d'auteurs pour le rapprocher des orangs,.

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