LES PALOMBES AUSTRALES
Ont une forme peu caractérisée, et cependant ont ne peut les placer dans les sections qui précèdent où qui suivent. Leur bec est mince, droit, renflé au bout ; leurs narines sont assez ordinairement recouvertes par une lamelle. Leurs tarses sont médiocres, parfois à demi vêtus par les plumes du talon, terminés par des doigts minces, allongés. Leur queue est moyenne , presque rectiligne, ou un peu arrondie. Toutes les espèces sont de l'Océanie ou de l'Australie.
4° La COLOMBE MAGNIFIQUE ({) habite la Nouvelle-
(r) Columba humoralis,Temm.,Trans.soc.linn.,t. XIE, p. 128; pl. col 191. C. erythrauchen, Wagl. esp. 98. (2) €. meridionalis, Lath., suppl., n. 86.
(3) Les colombines, Less., Ornith.
(4) C. magnifica, Temm., Trans. soc. linn., tt, XIE, p.125; pl. col., 163. Wagl:, 26,
Galles du Sud et les districts de New-Casile et de Red-Point, sur la côte orientale de la Nouveile- Hollande, où elle $e nourrit principalement des baies de l’arbre à chou ou cabbage-tree : on dit sa chair très savoureuse. Un cendré pur couvre la tête, les joues et la nuque. Cette coloration passe, par demiteintes, au vert brillant sur les parties supérieures. L’éclat de cette riche nuance verte est relevé par de nombreuses taches jaune d’or, semées sur les couvertures des äiles. Les pennes alaires et les rectrices sont nuancées de vert chaloyant, à éclat émeraudé, comme celui des jacamars , à partir du menton jusque sur la poitrine, et sur la t6talité du ventre par uve bandelette de plu: en plus élargie, d’un riche violet pourpré, à éclat vert saphirin. Le bas-ventre et les couvertures inférieures sont jaune d’or, ainsi que les couvertures du dessous des ailes. La queue est cendrée en dessous ; les pieds sont bleuâtres; le bec est brun, mais rougeätre à la pointe. L'iris et Ja nudité du pourtour des yeux sont rouges. Elle a de longueur totale quinze ou seize pouces.
20 L'AMARANTE (') ressemble parfaitement à la magnifique, dont elle est la miniature, et une copie fidèle , à la taille près, car ses proportions sont de moitié moindres. Ainsi, vivant dans la Nouvelie- Galles du Sud et sous une zone beaucoup plus froide, la colombe magnifique acquiert des nroportions robustes, tandis que l’ancrante, affectant dans son plumage l’imitation la plus servile, est très commune sous les zones brûlantes de l’équateur, et n’y à conser vé que des formes grêles et délicaies.
C’est à là Nouvelle-Frlande et à la Nouvelle-Guinée que nous observämes la colombe amarante, dans les forêts vierges des alentours du port Praslin et du havre de Doréy. Elle a la tête et le cou de couleur grise, ou plutôt d’un cendré blanchätre; le dos, les aileset le des us de la queue sont d’un vert agréable et changeant ; les grandes pennes alaires sont d’un vert noir. Des gouttes arrondies, formant une ligne sur les couvertures moyennes, sont d'un jaune doré très .vif, et se terminent par une tache élargie et ovalaire sur les deux dernières pennes moyennes. Les côtés de la gorge sout veits; une large bande, d'un beau rouge amarante, prend naissance au tiers supérieur du cou, en devant descend sur la gorge en s’élargissant, et occupe tout le dessous du corps jusqu’aux cuisses. Les plumes de la région anale sont du jaune le plus pur ; les couvertures inférieures de Ja queue sont verdâtres, et le dessous des pennes est brun. Les ailes , en dedans, sont jaunes, et d’une belle teinte de rouille à la naissance de grandes pennes. Le bec est noirâtre à sa base. et blanc rosé à son extrémité. Les pieds sont d’un brun noir.
() Columba puella, Less., Bull, Féruss. 1827, L.X, p. 400. Manuel, t. 11, p. 172. Zoo!. de la Coquille, texte, p 711.
HISTOIRE NATURELLE
La colombe amarante ne forme sans doute qu'üne variété de la magnifique : elle n’a toutefois que onze pouces de longueur totale. Le bec, du front à sa pointe , a six lignes, et la queue, qui est arrondie, a quatre pouces huit lignes. Nous n’avons point figuré dans la Zoolojie de la Coquüle cette jolie espèce, parce qu’elle ne diffère point par les couleurs de la columba maguifica, de la 465° pl. de M. Temminck, qu’elle représente en miniature.
Les nègres l’appellent mapouha.
3° La LEUCOMELE (1) a la taille et presque les formes du ramier d'Europe. Elle vit dans la Nouvelle- Galles du Sud, au-delà des montagnes Bleues. La tête, le cou et les parties inférieures sont blanc lavé de rose sur les côtés du cou, et de gris clair sur le ventre et les flancs. La partie moyenne du dos est parcourue par un ruban pourpre vi!, qui règne aussi sur le croupion. Les plumes scapulaires sont noires, fraugées de pourpre vif. Les ailes et la queue sont noirâtres , le bec et les pieds sont jaune clair. |
4» La COLOMBE MARQUETÉE (?} a été tuée à Shoal- Water-Bay, par 22 degrés de latitude sud, sur la côte orientale de la Nouvelle-Hollande. Elle a neuf pouces six lignes de longueur totale. Le mâle adulte a la tête, la nuque, le cou et les parties supérieures du corps et des ailes, ainsi que les deux pennes du milieu de la queue, d’un brun cendré. Quelques maculatures d’un vert opalin , à reflets miroitants en violet et en pourpre, sont semées en petit nombre sur les couvertures des ailes. La gorge est blanche, et ce blincest encadré de noir. Deux tachés blanches recouvrent les joues : elles sont bordées de noir, et striées de lignes imitant une sorte de marqueterie. La poitrine et ie milieu du ventre sont cendré bleuâtre. Les flancs , le bas-ventre et le dessous des ailes sont blancs. La queue est égale, etles rectrices latérales sont brun cendré à leur moitié supérieure, et d’un noir profond dans le reste de leur étendue. Les rémiges et les pieds sont bruns. Le bec est noir, la femelle et les jeunes ont les taches opalines plus petites, et à reflets moins éclatants.
5° La LUMACUELLE ($ a été rapportée de la Nouvelle-Huollande par Maugé, et déposée au Muséum d'histoire naturelle de Paris. On eu trouve la description et la figure dans le voyage du capitaine Philipp (page 162 )), et dans celui de John-White ({), qui l’appelle golden winged pidgeon. C’est une des plus belles espèces que l’on connoisse, et qui vit à la terre de Diémen, dans l'ile de Norfolk, et dans
(:) Columba leucomela, Temm., Trans. soc. linn., LL XII,p. 126, et pl. col. 186. Wagl., esp. 56.
(1 C scripta, Temm.,Trans., t. XI, p.127, et pl. col. 108. C inscripta, Wagl., esp. 59.
(5) C. chalcoptera, Lath. Temm., Pig., pl. 8, p. 403. Shaw.
() White, p. et pl. 146.
DES OISEAUX
plusieurs parties de la Nouvelle-Galles du Sud :.ses pieds sont rouges ; sonhecest noir. Elle a treize pouces et demi de longueur totale, un plumage brun cendré émaillé, des bordures rousses à chaque plume, le front et la gorge blane pur, des taches brillantes d’un cuivre doré disposées en deux rangées sur les ailes, et la queue barrée de noir à l’extrémité.Celleci est formée par dix-huit rectrices.
6° La COLOMBE À REFLETS DE PIERRE DU LABrA- DOr(!) a été rencontrée sur la côte sud-ouest de la Nouvelle-Hollande, sur la côte du canal d'Entrecasteaux, et à la terre de Diémen ou Tasmanie. C’est une belle espèce dans un genre déjà si riche en races adrmirablement peintes. Sa taille est de onze pouces. Son bec est noir ; ses pieds rouge vif. Quatorze rectrices forment sa queue, qui est blanche et rayée en travers d’un ruban noir. Son plumage est fauve, passant au gris blanchâtre sur l’occiput. ou blanclätre sur la poitrine , le ventre : une tache brune chocolat se dessine sur le milieu du thorax. Les moyennes couvertures présentent: sur l'aile, lorsque celleci.est au repos, deux larges bandes transversales chatoyant comme les gemmes. La première bande a l'éclat du rubis et de l’opale , etl’inférieure resplendit comme le saphir et l’émeraude, et chaque plume se termine par du blanc argentin.
7° La sPILOPTÈRE (?) habite la Nouvelle-Hollande. On lui donne cinq pouces trois lignes de longueur, un plumage d’un brun rougeâtre pâle sur l’occiput, le dos, les tectrices alaires; sur celles-ci se dessinent des gouttelettes blanches. Le front et.les parties inférieures sont d’un blanc bleuâtre ou léger gris de plomb. La gorge et le tour de l’œil sont blancs. Les rémizes sont rousses en dedans et à leur naissance. Les pieds sont jaunes.
LES MUSCADIVORES ().
Forment dans la grande famille des colombes une tribu bien caractérisée par sa manière d’être, qu’il est fort difficile de préciser, et qui cependant, lorsqu'on en à vu les individus, ne permet pes de Ja confondre avec aucun autre groupe. Le nom de muscalivore rappelle l'espèce type la plus anciennement décrite par lesauteurs. Aïnsi, les colombes de cette section ont une forte taille, un plumage métallisé ou rigide , et alors il est blanc ; un bec surmonté, chez quelques espèces, et à sa base, d’une caroncule graisseuse qui se développe au temps des
(") Columba elegans . Temm., Pig., pl. 22, ett.f, p.240. C. lawsonii, Sieber, Wag.,esp., 58.
(2) C. spiloptera, Vig , Zool. Journ., n. 18, p. 275.
(8) Less., Ornilh,
amours. Ce bec est robuste, assez renflé en dessus etcomprimé sur les côtés. Les narines sont libres et médianes. Les tarses sont robustes, garnis en avant de larges seutelles, emplumés ou nus, et seulement parfois recouverts dans le repos par les plumes tibiales. Les doigts qui les terminent sontgros, longs et forts. La queue est toujours ample , formée de rectrices larges et fermes ; elle est rectiligne ou échancrée au milieu. Les ailes sont larges, et dépassent un peu le croupion. Toutes vivent exclusivement dans la Malaisie (!), l'Océanie ou les îles de PAustralie.
4° La COLOMBE MUSCADIVORE (?) est la manroua des Papous, et la pergam des habitants de Sumatra. Cette belle espèce se trouve donc répandue dans les iles de Java, de Sumatra, de Bourou , de Waigiou, de la Nouvelle-Guinée. Sa longueur est de quinze pouces et demi, et le mâle a le bec surmonté d’une éminence arrondie, graisseuse , de la grosseur d’une balle de fusil. L’enl. 464 de Buffon est mauvaise : il en est de même du texte descriptif.
2° La COLOMBE PACIFIQUE (3) est une espèce qui semble bien distincte de la muscadivore, avec laquelle M. Femminck a, dans ces derniers temps, été tenté de Ja réunir. Elle vit aux îles des Amis, dans l'Océanie. Sa longueur est de treize pouces deux lignes, et son bec, qui a douze lignes, est fortement recourbé à la pointe. La tête, le cou, la poitrine et le ventre sont d’un gris nuancé de pourpre clair, à reflets métallisés sur le cou et sur la poitrine. Des taches jaune terreux occupent le dessous des yeux et la gorge. Le manteau, les scapulaires et les petites couvertures des ailes sont d’un violet pourpré brillant. Les grandes couvertures et les pennes secondaires sont noiritres, avec de légers reflets pourprés sur les premières. Un noir verdâtre règne sur le dos et le dessus des rectrices. Le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue sont d’un ferrugineux vif. Les rémiges primaires ont aussi du roux intense, et les pieds sont rouges, le bec et les ongles bruns. Le nom de largup indique que les plumes de
{) Lenom de Malaisie a été donné par nous, etadopté par M. Balbi, à l'ensemble des îles peuplées par la race malaie, ou visitées par les navigateurs des peuples de celte race. M d'Urville et autres se sont emparés de ce nom sans en désigner l'auteur. (Mémoire sur les races humaines , de ce Complément.)
!2) Pallumbus moluccensis, Briss., Ornith., t. I, p. 448, pl. 13, fig. 2, pigeon cuivré mangeur de muscades, Sonnerat, It., fig. 102. Pigeon ramier des Moluques; columba ænea, Lalh.Gm.; colombe muscadivore , Temm., pl. #, Gall. , t.1, p. 86. Quoy et Gaim., Ur., pl. 29 ,p. 419. Raffles, Trans., XII, 315. Horsfield ibid. 183.
() Columba pacifira,Gm. Lath. Pigcon cendré-ferrugineux, Sonnini, Buff., t. VIH, p. 225, Col. largup., Temm., Pig., pl. 9, et Gall, t, I, p. 108. Wagl., esp. rs
la tête sont larges, et assez lâches pour simuler une sorte de huppe sur l’occiput.
Forster a rencontré sur les îles Tanna, archipel des Hébrides, une espèce fort voisine si elle n’est pas identique.
5° La COLOMBE OCÉANIQUE (!) diffère de la colombe muscadivore, sur le modèle de laquelle elle semble calquée ; elle s’en éloigne toutefois par la taille, qui est d’un tiers moindre, et par la distribution de quelques couleurs. L’océanique est excessivement commune dans la petite ile d’Oualan, au milieu de Parchipel des Carolines, et paroît exister aux îles Pelew, où le capitaine Willson sembla la mentionner sous le nom de cyep. À Oualan elle est appelée mouleux ou moulouesse.
Cette espèce ne mange pas de muscades, car ces fruits ne paroissent pas exister dans cette ile ; elle s’y nourrit d’une baie fort abondante dans les taillis touffus de l’ile d’Oualan, etelle n’est jamais inquiétée par les naturels. Elle a quatorze pouces de longueur totale, y compris la queue, qui en à cinq. Le bec est long d’un pouce, brun, fort, et surmonté à la base d’une caroncule arrondie, très noire. Ses pietls sont robustes et d’un orangé fort vif. Les tarses sont emplumés à leur tiers supérieur, et les doigts ont un épais rebord ; la queue est à peu près rectiligne.
Les plumes du front, des joues et de la gorge sont d'un blanchâtre mêié de gris. La tête et le derrière du cou sont d’un gris ardoisé assez foncé. Le manteau, le croupion, les couvertures des ailes, les grandes pennes et celles de la queue sont d’un vert métallique uniforme, passant au brun à l'intérieur des grandes plumes. La poitrine et le haut de l'abdomen sont gris, teinté de rouille. Le ventre, les plumes anales, tibiales et du dessous de la queue sont d’un rouge ferrugineux foncé ; le dessous des pennes de la queue est d’un vert rougeûtre clair.
4° La COLOMBE viti (2) habite les îles Viti ou Fidgis, ainsi qu’on les appelle plus communément. Elle a la queue large, arrondie, formée de douze pennes, un pied de longueur et des couleurs sombres. Le dessus de la tête, du dos et du croupion, ainsi que les côtés de la gorge, sont d’un brun sombre, avec des reflets métalliques verdâtres. Les ailes et la queue sont d’un brun mat plus foncé vers la pointe; le dessous de la gorge est d’un blanc un peu sale; la poitrine est d’un brun rougeâtre, plus intense sur le ventre; les pieds sont noirâtres , les ongles très longs.
5° La COLOMBE A QUEUE RAYÉE (5) a été tuée aux
(") Columba oceanica, Less., Man, t. IH, p.166. Zool. de la Coq., pl. 41.
(2) € vitiensis, Quoy et Gaim. , Astrol., pl. 28 (mâle); texte, t. I, p. 246,
() C. radiata, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 26, texte, {.1, pag. 266.
HISTOIRE NATURELLE
environs de Manado, dans l'ile de Célèbes. Sa taille est d'un pied. La tête, le cou, la poitrine et le ventre sont d’un cendré bleuâtre, passant au blanc sur la gorge; le dos est d’un violet rougeâtre métallique, passant au vert cuivré sur le croupion; les ailes sont cuivrées, avec des reflets rougeûtres, et le sommet des pennes est d’un verdâtre sombre. Une large bande d’un noir bleuûtre luisant sépare le cendré du cou du violet du dos. La queue, formée de quatorze pennes, est grande, large, carrée, cuivrée en dessus, avec une large bande d’un joli gris clair, qui se répète en dessous sur un fond brun. {es couvertures inférieures de la queue et les plumes qui recouvrent les jambes sont d’un roux vif. Le bec est grêle et noir; les pieds sont rouges, avec des doigts longs.
6° La COLOMBE GEANTE (1) habite les îles antarctiques de la Nouvelle-Zélande, où elle porte, chez la race belliqueuse qui les habite, le nom de koukoupa. Nous en tuâmes piusieurs individus aux alentours de l’immense baie des fles.
Cette espèce, si remarquable par la couleur verte métallique qui la revêt, a seize pouces et demi de longueur totale; sa queue, longue de six pouces, est à peu près rectiligne ou légèrement échancrée au milieu; le bec est un peu renflé près la pointe de la mandibule inférieure : il est d’un rouge de carmin brillant à sa base, ainsi que les pieds, dont les tarses sont emplumés presque jusqu'aux doigts; les yeux sont entourés d’une membrane d’un rouge vif, et Piris est de la même couleur.
Toutes les parties supérieures de cet oiseau, le dos, le croupion, le dessus des ailes, la gorge jusqu’à la poitrine, sont d’une teinte chatoyante, à laquelle se mêlent des reflets rouges de cuivre de rosette, affectant des nuances irisées et brillantes, plus sombres sur les grandes pennes; la poitrine , le ventre et les plumes anales et des tarses sont d’un blanc pur ; le dessus de la queue est d’un brun légèrement verdâtre, et le dessous est d’un brun plus foncé en dedans et à l’extrémlté.
Cette brillante colombe, dont la chair est excellente, est très multipliée dans les bois des environs de la baie d’Ipiripi, ou des Iles. La première que nous nous procurâmes fut tuée et remise à l’expédition par M. de Blois de la Calande, un des officiers de la corvette La Coquille. Tout, chef de l’hippah de Kaouera, près duquel nous étions mouillés, nous en apporta plusieurs fois à bord. Celle que décrivit Latham, sous le nom de chesnut-shouldered pigeon, provenoit de l’île de Norfolk, peu éloignée de la Nouvelle-Zélande, et M. Temminck indique aussi les îles des Amis ou de Tonga comme la patrie de cette belle espèce. Nous sommes autorisé à penser toute-
(") Columba spadicea, Lath. C. leucogaster , Temm., pl.1, p. 74. Less., Coq., texte, p. 710. Wagler, esp. 12.
DES OISEAUX. 293
fois qu’elle ne doit point s’y trouver. En général, les indications des objets rapportés des contrées lointaines sont le plus souvent erronées, ainsi que nous en connoissons une foule d'exemples.
7° La COLOMBE À LUNETTES (1) vit aux Philippines et aux îles Moluques. Elle a la taille et les formes de la précédente, et sa longueur est de dix-huit pouces. Un cendré très foncé couvre la tête, les joues et la nuque ; le front est ceint d’un bandeau blane, et des plames de cette couleur forment un large cercle autour des yeux. Les parties inférieures du cou, depuis la nuque, le dos et les ailes, sont colorées de vert, à reflets bleuâtres et à teintes métalliques. Les pennes des ailes sont d’un bleu métallisé chez les adultes et bleu noirâtre chez les jeunes. Une teinte cendrée à reflets lustrés règne sur les côtés du cou. La poitrine , le ventre, les cuisses et les couvertures inférieures de la queue sont cendré clair ; le bec est blanc et les pieds sont rouges.
Un individu, conservé au Muséum de Paris, est dit avoir été rapporté de Java par M. de La Billardière.
8° La cocouee Z0E (?) vit sur les bords du havre Doréy, à la Nouvelle-Guinée.
‘La nature semble avoir pris plaisir à revêtir des couleurs les plus douces ou les plus éciatantes la parure des colombes, qui partout se font remarquer par des teintes empruntées à celles des métaux les plus précieux. La colombe Zoé, très remarquable parmi les espèces les plus belles de ce genre, est de la grosseur du pigeon de volière ; sa longueur est d'environ seize pouces, y compris la queue, qui en a quatre, et qui est rectiligne ; le bec est noir, ainsi que le rebord, qui forme un cercle membraneux à l’œil ; les pieds sont d’un rouge de sang ; les tarses sont robustes et emplumés jusqu'à moitié ; le front, le sommet de la tête et les joues sont d’an gris cendré un peu foncé ; le dessous de la gorge est blanchâtre, ou d’un cendré clair; le cou jusqu’au dos, la poitrine, sont d’un gris vineux d’égale teinte ; une bande étroite noire entoure le corps, et tranche au commencement de l’abdomen avec le gris cendré qui le recouvre ; les plumes anales et celles du dessous de la queue sont rouges et terminées au milieu de leur extrémité par des taches oculaires blanches, ce qui leur donne un aspect émaillé ; le dos et la partie moyenne des ailes sont d’un rouge brun foncé; les rémiges , le croupion et le dessus des plumes de Ja queue sont d’un vert éclatant et doré ; le dedans des pennes est brun ; le dessous de la queue est fauve rougeâtre.
Nous avons tué cette colombe dans un eugenia,
(r) Columba perspicillata, Temm , pl. col. 246 (adul). (2) C. Zoæ, Less., Man., t.11, p. 164. Zool. dela Coq, pl. 39.
où se rassembloient un grand nombre de loris, près le village de Doréy, à la Nouvelle-Guinée. Sa chair est parfumée, et nous trouvimes dans le gésier des fruits entiers de l'arbre sur lequel elle étoit posée avant sa mort. Les Papous la nomment minar gore.
9° La COLOMBE PINON (1) a été découverte sur la petite île de Rawack. dépendante de la grande île de Waigiou, à la terre des Papous, par MM Quoy et Gaimard, alors embarqués sur la corvette l'Uranie avec M. de Freycinet, et le nom qu’elle porte est le nom de famille de lépouse de ce capitaine, jeune Parisienne, jolie et gracieuse , et qui s’arracha aux mollesses des salons de la capitaie pour accompagner son mari dans le voyage autour du monde qu’il étoit chargé d'exécuter. On doit croire que sa présence porta ec navigateur à éviter les parages dangereux, et à se borner à promener sur le grand Océan le pavillon de la France.
La colombe Pinon a dix-sept pouces trois lignes de longueur totale. Sa queue est carrée, ardoisée , et traversée par une large raie blanche ; la tête, le cou, la poitrine et une grande partie du dos sont gris brun, avec de légers reflets rougeâtres. Les ailes sont gris ardoisé, le ventre roux ferrugineux , de même que les couvertures inférieures de la queue. Les tarses sont emplumés, variés de roux et de blanc. Le bec est noir à sa base, blanc de corne à sa pointe, avec une arête au milieu de la mandibule supérieure. L’œil est rougeâtre ; les pieds sont rouges, robustes, et garnis de replis membraneux assez larges.
100 La COLOMBE A VENTRE ROUX (2) vit aux alentours du havre Doréy, à la Nouvelle-Guinée. Son bec est noir et médiocre; son œil rouge. Sa taille est de'‘onze pouces. La tête, la gorge, sont de couleur vinense. Le dessous du cou est d’un joli cendré en forme de camail. La poitrine, le ventre et les cuisses sont d’un beau roux vif, passant au café au lait sur les couvertures inférieures de la queue. Le dos et les petites couvertures des ailes sont d’un vert rougeâtre changeant. Les pennes secondaires sont vert cuivré, sans beaucoup de reflets, et les grandes plumes ont une teinte noire avec des nuances de verdâtre. Le croupion et la queue, jusqu’à un pouce et demi de son extrémité, qui est ardoisée, sont d’un violet foncé, de couleur d’iode en vapeurs. Les ailes, très longues, atteignent presque l'extrémité de la queue : cette dernière, formée de quatorze pennes, présente une échancrure lorsqu'elle est étalée. Les ailes en dedans sont d’un brun clair, et leurs couvertures inférieures sont rousses. Les tarses sont carrés , très fournis de plumes à l'articulation.
41° La COLOMBE MARINE () couvre par essaims les
(:) Columba pinon, Quoy et Gaim., Ur., pl. 28, p. 117.
(2) C. rufigaster, Quoy et Gaim., Astrol , pl.27,t.H, p. 245.
3; €. alba, Gm. Lath. Sonnerat, It., p. 103. C. litto-
rochers et les plages du littoral de quelques îles de l'archipel des In&es. M. Reinwardt qui l’a observée aux Moluques et sur la côte sud-ouest de Java, où parfois ses volées couvrent un espace considérable du littoral, dit qu’elle est de passage, et que ses migrations sont régulières, suivant les époques de l’année. Elle se nourrit de fruits d’eugenia, et plus particulièrement de ceux de VE. erassiformis. On dit aussi qu’elle se nourrit de muscades, et Sonncrat l'appelle même pigeon blanc mangeur de muscades. Son plumage est blanc, à rémiges noires, à queue terminée de noir, à bec et tarses gris, à iris jaune. Elle a treize pouces de longueur, douze pennes à la queue, et elle niche dans les rochers des rivages. Une variété a les rémiges et les rectrices entièrement blanches. M. de La Billardière en a apporté un individu d'Amboine. A Java on la nomme burong-daralahut.
420 La COLOMBE LUCTUOSE (1) a les plus grands rapports de coloration et de formes avec la précédente. Elle habite les mêmes lieux ; seulement on la dit sédentaire, et vivant retirée pendant le jour, cachée dans les rochers. Elle se nourrit des mêmes substances que la colombe marine. La luctuose a quinze pouces de longueur ; le bec est blanchâtre et le plumage blanc, les rémiges exceptés et le bout de la queue, qui sont noirs ; les grandes pennes sont cendrées et bordées de noir intense; la rectrice la plus externe est totalement blanche en dessous ; la ligne moyenne du ventre et les plumes tibiales sont d’un noir franc. Cette espèce est plus rare que la précédente. L’individu conservé dans la galerie de Paris vient d’Amboine.
45° La COLOMBE MANTELÉE (2 vit dans l'ile de Java. Sa queue est longue, carrée, et les ailes en couvrent seulement le tiers; son bec est noir. et les tarses sont orangés; une calotte cendré bleuâtre couvre la tête et descend sur les joues ; la gorge est de couleur vineuse claire ; le devant du corps vineux cendré; les couvertures inférieures d’un roux vif; le manteau présente des reflets verdâtres et bronzés ; le dos est cendré noirâtre, ou couleur de plomb sur le croupion; les ailes sont d’un vert métallique ; la queue est grise en dessous , avec le bout des pennes blanchâtre.
14° La COLOMBE À TÊTE ROSE (3) est de la taille de la muscadivore et de la mantelée, dont elle a toutes les formes. Facile à distinguer de la dernière, elle pourroit aisément être confondue avec la première de ces espèces. On la reconnoîit, du premier coup
ralis, Temm., Pig., pl. 7 , p.99. Wagl., esp. 20. Horsf., Trans., XIII, 182.
() Columba luctuosa, Temm., pl. col. 247.
) C. lacernulata, Temm., pl. col. 16% (mâle). Wagl., esp. 16.
() C. rosacea, Temm., pl. 578.
HISTOIRE NATURELTIE
d'œil, à la couleur rose dont le sommet de la tête est couvert, et aux teintes très foiblement bronzées dont le manteau, les ailes et la queue sont nuancés; ces reflets peu chaloyants paroissent comme couverts ou saupoudrés de cendré clair :| du gris clair est répandu sur le cou; Ja gorge est blanchôtre ; la poitrine, le ventre et l’abdomen sont d’un gris rose; les couvertures sous-caudales sont d’un brun roux; les pieds sont rouges, et le béc est de couleur de corne noirâtre. Longueur quinze pouces. Les sexes ne diffèrent point. On trouve l'espèce à Timor.
43° La CAPISTRATE (1) habite les îles indiennes de l'Est. C’est de Batavia qu ont été envoyés en Europe les individus décrits par Temminek. Cette colombe, très voisine de la mantelée, a quatorze pouces de longueur ; le bec rouge, jaune à sa pointe; les tarses sont orangés. Sa quene est longue, composée de pennes égales ; mais les ailes couvrent plus de la moitié de leur longueur. Une calotte bleue revêt; la tête; la gorge est blanche; le cou est purpurin sur locciput, violet au milieu. Le dos est d’un violet pourpré; une teinte vineuse colore les parties inférieures. Les ailes sont brunes ; les couvertures sont frangées de marron ; la queue est longue, arrondie, brune, liserée de gris enfumé.
46° La COLOMBE MARRON (?) habite l’ile de Sumatra, où on la nomme lampatu, ou pergam kalubu. Elle représente la muscadivore, avec laquelle elle à la plus grande analogie. Sa taille est de seize pouces anglois, et les parties supérieures d’un rouge marron vif, tandis que les inférieures sont colorées en bleuâtre vineux , qui s’étend sur les côtés du cou, et passe au gris bleuâtre sur la tête et sur les joues. Les pennes alaires sont d’un brun foncé, tirant sur le noir; les rectrices sont longues, égales, noires, et terminées par un ruban gris de cendres; les couvertures inférieures sont d’un blanc pur; le bec et les pieds sont rouges, et les tarses sont presque emplumés jusqu'aux doigts ; les yeux sont rouges, à iris blanc.
17° La COLOMBE A CEINTURE NOIRE (3) paroît habiter les îles de l’Est. Le seul individu que M. Temminck a vu provenoit de Batavia. Elle a treize pouces de longueur. la tête, le cou et la poitrine d’un jaune lavé de blanchâtre, avec une ceinture noire sur le milieu du thorax. Le dos et les ailes noires, le ventre et les plumes tibiales, ainsi que le ventre, jaunes ; la queue longue, égale, composée de quatorze rectrices, est terminée de blanc. Les tarses sont emplumés : le bec et les tarses sont jaunes.
(«) Columba capistrata, Temm., pl. col. 165.
E) C. badia, sir Raffles, Cat., Trans., t. XII, p. 317. () C. cincta, Temm., pl. 23, et Gal., t. IL, p. 243.
DES OISEAUX
rm
LES CALONGALELES ().
Ont le bec épais, fort, élargi, enveloppé à la base d’une peau nue. Les joues sont le plus souvent dénudées, papilleuses. Les tarses sont courts, emplumés jusqu’au milieu. Les plumes de la tête et du cou sont rigides, étroites, lancéolées, comme hérissées et échancrées. Les quatre espèces connues sont des archipels des Indes, de Madagascar ou de la Nouvelle-Hollande.
40 Le PIGEON u£rISSÉ (?) habite l’Afrique, suivant Levaillant; mais il n’y est que de passage, puisqu'on le rencontre à Madagascar, aux iles Bourbon et Maurice. Sa taille est longue de douze à treize pouces. Le bec est jaune au sommet, les tarses sont noirs, et l’orifice des oreilles est dénudé. Son plumage est bleu , à croupion et queue rouges.
2° Le FOUNINGO (3) a été décrit par Buffon sous le nom que nous lui conservons. C’est aus+i son pigeon ramier bleu de Madagascar, enluminure 41, On le trouve en effet dans l’Afrique méridionale, sur la côte orientale et dans l’île de Madagascar. Sa tête est noire, le cou et le thorax gris brun glacé. Tout le corps est bleu indigo, avec du blanc sur la région anale. La queue est rouge de sang en dessous et au milieu, et les doigts sont jaune serin. Sa taille varie entre onze pouces et onze pouces et demi. Le pourtour des yeux est nu et rouge.
5° Le PIGEON ROUGE-CAP(#) habite les îles indiennes de l'Est, et Sonnerat l’a décrit sous le nom de piÿeon violet à têle roue d’Antigue.. Il à dix pouces de longueur. Le bec est muni à sa base d’une cire charnue qui s’avance sur les yeux. Les pieds sont d’un gris léger. Son plumage est d’un violet noir, tandis que le sommet de la tête ét le pourtour des yeux sont écarlates. Le cou, le dos, la poitrine, ont du gris. Les tarses sont emplumés.
4e Le PIGEON À DOUBLE HUPPE (5) vit à la Nouvelle- Hollande, dans l'intérieur des terres. vers Red- Point. II a une huppe qui commence au front et s’arrête sur le devant du crâne. Celle-ci est grise; puis une seconde plus élevée partant de la ter minaison
() Less., Ornith.
() Columba Franciæ; Lath., Temm., Pig., pl. 19, ett. I, p. 228. Levail., Afriq., pl. 267. C. jubata, Wagl., esp. 22, Le pigeon hollandois, Sonner., pl. 401, p.175.
(3) C. madagascariensis, Lath. Temm.,1,221,463. Le founingo, Levaill., Afriq., pl: 266.C. phœnicura, Wagl, esp. 23.
(&) C. rubricapilla, Lath. Temm., Pig., pl, 20, et Gall. t. 1, p. 233. Sonnerat, It , pl. 67.
(5) C. dilopha, Temm. , pl, col. 162, Trans. ,t, XHIy, p. 124. Wagl., esp. 11.
de la premiére et descendant jasqu’après l’occiput. Celle-là est jaune mordoré. Les plumes sont étroites, rigides, minces. Toutes les plumes de la nuque et de la poitrine ont une double échancrure. Le plumage a généralement une teinte grise cendrée, plus foncée aux ailes et au dos, Les rémiges et la queue sont noires. Cette dernière est égale , ample, barrée de buffle. Les tarses sont à demi emplumés. Ils sont rouges, tandis que le bec est jaune.
mm
LES PICAZUROS OÙ RAMIRETS.
Taillés à peu près sur le modèle de nos ramiers, ils forment une petite tribu qu’on ne rencontre qu’en Amérique, depuis les Antilles et le golfe du Mexique jusqu’au Paraguay, au Chili et aux îles de Chiloë. Leur bec est grêle, mince, peu renflé au bout, as-ez dur. Leursailes atteignent le milieu de la queue. Celle-ci est ample, arrondie. Les plumes de la vestiture sont larges, arrondies ; les tarses sont courts, scuiellés, à demi emplumés, à pouce grêle. Souvent le-derrière du cou possède des piumes écailleuses métallisées. Ce nom de picazu est emprunté à la langue guaranis.
4° Le souxup (1} vit au Brésil et au Paraguay. Il
a treize pouces de longueur, Le bec et les pieds rouges; douze pennes à la queue, et le pou:tour des yeux recouvert de papilles nues et bleues. La tête, le cou, la poitrine et le ventre sont d’un vineux agréablement nuancé, avec des plumes écailleuses sur es côtés du cou. Le dos et les ailes sont bruns. Le croupion et les pennes de la queue blanchâtre:. La femelle est plus petite que le mâle, et a des couleurs moins vives.
Le jeune âge de cet oiseau à été décrit comme espèce sous le nom de picazuro (2), et c’est au Paraguay où les Guaranis lui ont donné le nom de picazu, qui signilie pigeon en leur langue, tandis que ro veut dire amer. Ses chairs contractent souvent de Pamertume par l’usage de certains fruits. Les Espagnols appellent palonz:o, palombe, nom qu'ils donnent indifféremment à tous les pigeons. Le pica- Zuro est la plus commune de toutes les espèces qui vivent au Paraguay. Il va par paires isolées ou par bandes très nombreuses. Ses mœurs sont farouches, et il aime s’ébattre, non pas dans les bois, mais dans les plantations et les plaines. Il se nourrit de maïs
(*) Columba gymnophthalmos,Temm., Pig., pl.18, et Gall.,t. 1, p. 463, pl. 18. C. leucoptera, Neuw., Reize, t. H, p. 242.
(2) C. picazuro, Temm., Gall.,t.I,p.3. La colombe picazuro, Azara, Voy. Amér. mérid., t. IV, p. 126, et n. 317. C. loricata, Licht.
récemment levé, de graines, et même de débris de chair crue de bétail tué dans la campagne. Il a treize pouces et demi de longueur totale, la tête et le devant du cou d’un rose vineux, avec, sur chaque côté du cou, une tache noire terminée de blanc. Le dos et le croupion sont d’un bleu plombé, les ailes et la queue brunes, la queue terminée de noir. Son bec est bleuâtre; l'iris est jaune ; les tarses et :e tour des yeux sont rouges.
20 La COLOMBE TIGRÉE (!) habite aussi le Paraguay , entre les 27 et 28 degrés de latitude. Elle a douze pouces de longueur, un plumage généralement à teinte de plomb, mais avec les couvertures alaires semées de taches blanches, et les petites couvertures lisérées de blanc. Les tarses sont rouges, les yeux blancs.
5° La COLOMBE ARAUCANIENNE (?) habite le Chili, et plus particulièrement les bois de Taicahuano, dans la province de la Conception, sur le boulevard du pays des belliqueux Araucans. Sa nourriture consiste le plus ordinairement en baies de myrtes, qui donnent à sa chair une saveur très délicate.
Cette espèce vient naturellement se ranger près de la colombe à queue annelée, columba caribæa, Latham, de la Jamaïque et de Porto-Rico, où l’indiquent Browne et Maugé, mais elle se rapproche surtout de la colombe à nuque écaillée (C. porloricensis, Temminck ), et de la colombe picazuro de Vieillot, ou picazu de d’Azara, qui habite le Paraguay.
La colombe araucanienne a un pied de longueur totale; il s’en faut d’un pouce que les ailes soient aussi longues que la queue, qui a quatre pouces. La grosseur du corps est à peu près celle de notre ramier commun. Le bec est assez fort et noir. Un espace nu rougeätre entoure l’œil. Les pieds sont jaunes et les ongles noirs. Les doigts sont débordés par une membrane plus élargie que dans plusieurs autres espèces. Le doigt du milieu est plus allongé que les deux autres, et a dix-huit lignes.
Cette colombe porte la livrée sombre des climats tempérés. Elle ne présente point ces nuances heureusement fondues et combinées qu’offrent les colombes des climats chauds. Cependant, en examinant en détail les couleurs qui teignent ses diverses parties, on trouve encore dans leur uniformité des reflets qui flattent l'œil.
Un demi-collier de plumes écailleuses occupe la partie postérieure du cou. Brunes au milieu, plus claires à leur bord, la lumière leur donne quelques
(:) Columba maculosa, Temm., Gall, t.F, p. 413. C. poicilophora, Wagl., esp. 49. Azara, Voy., t. IV, p. 125, esp. 318.
() C. araucana, Less , Zool. Coq., pl. #0. Man, L. IE, p. 170.
HISTOIRE NATURELLE
teintes irisées et un peu chatoyantes. Le dessus de la tête, du cou, la poitrine, l'abdomen, les couvertures des cuisses, la portion supérieure du dos, sont d’un rouge de rouille ou ferrugineux , légèrement lustré, parfois mêlé d’un peu de gris. Le dos et le croupion, ainsi que les plumes scapulaires, sont gris cendré. Les grandes pennes des ailes sont brunes, à tiges rousses, bordées en dehors d’un peuit liséré jaune. Elles sont cendrées en dessous. La queue est carrée ou presque rectiligne, à pennes cendrées en dessus. Cette teinte augmente et passe au brun, de manière à former une bande de cette couleur à un peu moins d’un pouce de son extrémité, qui est d’un cendré clair. Le dessous est brun. Les couvertures inférieures sont mélangées de gris cendré et de rouge ocreux.
4° La COLOMBE MÉRIDIONALE (!) habite sur, les bords du détroit de Magellan. Son bec est noir, ses larses sont orangés. Sa taille est de neuf pouces et demi angiois. Son plumage est gris de plomb en dessus, roux en dessous. Sur les côtés du cou se dessinent des plaques pourpre b:illant. Sur les joues et les pennes secondaires se dessinént des taches noires. La poitrine est blanchätre. La queue est grise à son extrémité, et le gris est retenu par une bandelctte noire.
So La DExISE (?) vit au Chili. Elle a quatorze pouces de longueur totale, les tarses à moitié emplumés rouges; le bec noir. La tête, l’occiput, le manteau et toutes les parties inférieures sont rouge pourpré, nuancé de gris blcuâtre. Le dos, le croupion, les couvertures inférieures de la queue et le bord externe des pennes moyennes, sont gris de plomb. Un croissant blanc, trés étroit, existe Sur la nuque, et au-dessous de ce croissant se dessine une large plaque à plumes écaillées, à reflets dorés et pourprés. Les rémiges sont noires, finement lisérées de blanc. La queue est brune , coupée vers les trois quarts de sa longueur par une large bande noire.
6° Là COLOMBE À QUEUE ANNBLÉE (3) habite l'ile de Porto-Rico. Buffon Pa décrite sous le nom de pigron à queur ann:lée de la Jamaïque, tout en la regardant comme une variété du ramier. La description repose sur les détails fournis par Hans Sloane et Browne. Cet oiseau vit dans les forêts de toutes les iles Antilles.
7° LeRaAMIRET (#) vit à la Guyane, et Buffon. après lavoir décrit, en donne, enl. 215, un portrait sous le nom de piyeon ramier de Cayenne.
() Columba meridionalis, King Zool. journ., t. IV, p. 92.
(2) C. denisea , Temm., pl. col. 502.
G) C.caribea , Lath. Temm., Pig. pl. 10, t. 1, 114. C. lamprauchen, Wagi., esp. 46 Rai, 183.Sloane, Jam., 302,27. Brown, Jam. pl. 468. Brisson, L. 1, p. 1438.
() C. speciosa, Gm, Lath. Temm., pl. 44, LH, p. 2.
8° La COLOMBE RAYÉE (1) habite les hautes montagnes des chaînes appelées Rocky-Mountains, dans l'Amérique du Nord, et n’est pas rare proche la rivière des Arkansas. Sa queue est médiocre, arrondie, composée de douze rectrices. Son bec est jaune, un peu élevé entre les narines. Les pieds sont orangés, les yeux sont rouges. Son plumage est cendré pourpré, relevé par une bande blanche sur la nuque; la queue, traversée dans son milieu par une bande noire, est blanche au sommet. Le ventre est blanc.
9o Le PIGEON IMBRIQUÉ (?) habite l’ile de Porto- Rico, d’où l’a rapporté le voyageur Maugé, et aussi la Dominique, la Guadeloupe et Vénézuéla sur le continent de l'Amérique méridionale. Sa taille a de longueur quatorze pouces et demi. Ses pieds sont rouges, de même que le bec. Sa queue , égale, est composée de douze rectrices. Son plumage est ardoisé, excepté la tête, le cou, la gorge et la poitrine, qui sont teintés de rose vineux. Des plaques écailleuses brillantes garnissent le bas du cou; les rémiges etles rectrices sont brun fauve. Le pourtour des yeux est papilleux et rouge.
10° Le PIGEON DE FITzrOY (3) a été découvert dans les bois des îles de Chiloë, voisines de la côte du Chili, par le capitaine King. Son plumage est vineux. Les ailes, le bas du dos et la queue sont plombés. Celle-ci est terminée par une bande noire. Les rémiges sont aussi noires. Les plumes de la nuque d’un vert chatoyant. Sur l’occiput se dessine une bandelette blanche. M. King s’est procuré cette espèce aux alentours du port Otway , dans la baie de Pegnas.
41° La COLOMBE SIMPLE (#) habite l’île de Cuba, aux environs de la Havane. Son plumage est plombhé. La tête, le cou, la poitrine, le ventre et les tectrices alaires sont d’un roux vineux. Elle a de longueur totale quinze pouces et demi. Le bec est brun, les pieds sont rouges. Elle est fort voisine de la colombe rufine de M. Temminck.
12° Le PIGEON à TÉTE BLANCHE (5) a été rencontré au Mexique, à la Jamaïque, à Cuba, par Macleay, à Porto-Rico par Maugé, dans le sud de la Floride par Peale, et paroît être répandu sur tout le pourtour du golfe du Mexique et dans les grandes An-
() Columba fasciata, Edw., Jam.Say, Ace. of an Exp. to the Rocky-Mount, t. IE, p. 272. Wagler, esp. 47.
() € corensis, Gm. Lath. C. portoricencis, Temm., Pig., pl. 15, et Gall.,t.1, p. 211. C. monticola, Vieill. C.imbricata, Wagler, esp 48 Bull.,t. XII, 12%. Pigeon ramier de la Guadeloupe, Bonnat., Encyel.
(3) C. Fitzroyir, King, Proceed., LE, 45.
(@) C. columba inornata, Vig. Zool. Journ. , t. IN, p. 446. Bull. 21, 315.
(5) C. leucocephala, L. Eath. Wagl. , esp. 52. Temm., pl. 43, et Gall ,t.1, p. 204. Viell., Gal. , pl. 294. Le pigeon de rocher de la Jamaïque, Briss., t,E, p. 137, withe crowned pigeon, Catesby, Car., pl. 25.
IT
tilles. Il fréquente les grands bois, mais il niche dans les rochers, d’où lui est venu le nom de pigeon des rochers, que les naturalistes anciens lui ont donné. Il vit principalement de baies, surtout de celles de l’arbre appelé bois-doux, et sa chair devient savoureuse , très grasse et d’un goût agréable, quand ces baies sont en abondance, et amère quand il mange certains fruits.
Cet oiseau a douze pouces de longueur totale. La femelle ne diffère pas du mâle. Une calotte blanche lui couvre la tête, et se trouve bordée d’un liséré noir Cette dernière couleur prend la forme d’une frange sur les plumes du cou, qui sont vertes et à réflets bleus, gris et dorés, suivant le jeu de la lumière. Un gris ardoisé domine sur tout le corps, les ailes et la queue, mais il est plus clair sur le ventre. La peau nue qui entoure les yeux est rouge dans Ja saison des amours, et blanchâtre dans tout autre temps. Le bec est de cette teinte depuis les rarines jusqu'à sa pointe, et pourpré dans le reste. L’iris est jaune. Les pieds sont rouges et les ongles bruns.
Les jeunes ont le dessus de la tête gris et le plumage terne.