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Espèces asiatiques.
8° La COLOMBE TOUROCCO (5) a été décrite par Buffon sous le nom de tourterelle à large queue ou tourocco, comme provenant du Sénégal Elle est figurée enlum. 529, et vit dans l’île de Ceylan.
90 La tourterelle d'Amboine, ou PHASIANELLE (4), a été très imparfaitement décrite par Buffon sous le premier nom. M. Temminck l’a nommée phasianelle. en figurant le mâle adulte , par rapport à la forme allongée de sa queue. Cette espèce paroît être répandue sur toutes les terres de la Malaisie; on l’a rencontrée dans les îles de la Sonde, des Moluques, des Philippines, de la Nouvelle - Guinée, jusqu’au nord de la Nouvelle-Hollande. M. Dussumier rapporte que la phasianelle est commune dans les environs de Manille, où elle s’accouple au mois de février. Sa nourriture ordinaire consiste en piments très forts, qu’elle avale entiers. Sa chair est noire, mais délicate.
A Java, cette colombeest appelée derkuku-sopa. Elle est longue de quatorze à quinze pouces. D'un roux-brun émaillé de roux clair sur le corps et la
{) Columba melanoptéra, Molina, Chili, p. 308. Gm. Lath. Le pigeon sauvage, d'Azara, Voy. 1. IV, p. 129. Temm., Gall ,t. I, p. 359 et 489.
(2) C. capensis, L. Temm., Pig. pl. 53 Gall.,t.1, p. 366. Enl. 140. Temm., pl. col. 341, fig. 2. La tourterelle à cravate noîre, Levaill., Afriq., pl. 273 (mâle), 274 (fem.), et 275 (jeune mâle;.
(3) Columba macroura, L. Lath. Temm., Gall.,t.1, 344 et 486.
(4) Turtur amboinensis, Briss.,t.[, p. 127, pl 9, fig.3, columba amboïnensis, L. Gm. Lath. Horsf., XILT, 183. Raffles, XIII, 348. C. phasaniella, Temm., pl. col. 100, et Trans. soc. linn., t. XII, p. 129 (jeune) Wagjler, esp. 36.
queue ; du violet est répandu sur le derrière du cou, un rouge saturné sur la tête et les parties inférieures. La gorge est d’un blanc mat, en bandelette verticale. Le bec est jaune à sa base et noir à la pointe. Les pieds sont orangés.
40° L’oxcHaLr (1) a été confondue avec l'espèce précédente par M. Temminck, qui l’a décrite comme étant le jeune âge de la phasianelle. M. Wagler l’a regardée comme une espèce distincte dont il a vu des individus de divers âges tués par le docteur Kollmann, et qui provenoient de Java, où l'oiseau porte le nom de burong-unchall. Semblable par les formes du corps de la queue à la phasianelle, l’onchall en diffère cependant par son bec plus grêle, d’une seule couleur, c’est-à-dire brun; par la nudité du pourtour des yeux ; sa longueur, qui ne dépasse pas douze pouces et demi. Les plumes du thorax sont vineuses glacées d’un gris d'argent, à reflets d’or vert sous certains effets de la lumière. Les rémiges sont uniformément noires. Les deux rectrices les plus externes sont blanches au sommet, et largement rayées de noir sur le rebord blanc Le jeune a le plumage couleur d’ocre en devant, et chaque plume est largement cerlée de brun.
41° La COLOMBE MULTIRAIES (?) rappelle complétement la phasianelle par ses formes; mais elle s’en distingue aisément par les barres nombreuses qui couvrent son plumage sur le corps. Commune à Java et à Sumatra, cette espèce est longue de quatorze pouces. Sa face est roussâtre vineux. Le sommet de la tête et le manteau sont d’un riche vert métallique à reflets irisés et d’un riche pourpre. Ces reflets, moins intenses , apparoissent encore sur la gorge et sur la poitrine , que traversent des bandelettes noires. Un gris pourpré strié règne sur les flancs ; une teinte isabelle colore le menton et le ventre. Les couvertures inférieures sont rousses. Les parties supérieures du dos et de la queue sont rouge de brique, rayées de noir. Les rectrices latérales, d’abord cendrées , puis noires, sont terminées de gris bleuâtre. Les pieds sont rouges et le bec est noir. La femelle et les jeunes sont régulièrement bariolés en dessus de bandelettes égales, alternativement noires et roussâtres.
Cette colombe multiraies, dont l’espèce qui suit semble être un représentant fidèle, a aussi avec elle des mœurs et une patrie communes. Elle vit le plus ordinairement par paires sur les crêtes des hauts rochers, dans les bois, d’où elle se jette dans les plantations de poivriers, qu’elle ravage en mangeant les graines encore vertes. Elle aime encore beaucoup le graines du poivre bétel , et diverses graines âcres
() Columba unchall, Wagl., esp. 38. C. phasaniella (jeune), Temm., pig., pl. 17.
(2) C. leptogrammica, Temm., pl. 560 (mâle).
HISTOIRE NATURELLE
qu’elle recherche dans les forêts, et qui donnent à ses chairs une saveur très haute en goût ; aussi sontelles estimées comme un mets exquis et très recherché. Son gloussement se compose de deux notes : l’une fort basse et l’autre plus élevée; aussi celleci est le plus ordinairement la seule qui se fasse entendre.
12° La COLOMBE A TÊTE ROUSSE (1) rappelle complétement la précédente, dont elle semble être la sœur. Toutefois elle est plus petite, et n’a que onze pouces à onze pouces et demi, et sa coloration est un peu diflérente. Elle vit dans les mêmes îles, et a les mêmes mœurs. Sa tête estcomplétement rousse. La nuque porte des reflets chatoyants plus ou moins ondulés dezigzags noirs. Les parties inférieures sont de couleur rouille, plus ou moins vive, et les plumes du thorax sont seules terminées de blanc. Les parties supérieures et la queue en dessus sont d’un brun sombre, chaque plume étant lisérée de rougeâtre. Le bec est brun rougeûtre; les pieds rosés. La femelle n’a pas les plumes de la poitrine lisérées de blanc. Les jeunes ont plus de roux que les vieux. La gorge est tachée de noir, et la nuque et le dos sont rayés de bandes roussâtres et noires.
45° La COLOMBE REINWARDT (?) habite les îles Célèbes et Moluques de même que la Nouvelle-Guinée. Le nom qu’elle porte est celui d’un voyageur que le gouvernement hollandois défrayoit avec une somptueuse magnificence pour explorer les Moluques, alors que nous les visitions par ordre du nôtre, n'ayant pour toute ressource que les appointements d’un officier de santé de deuxième classe (1,800 fr. par an), et sans avoir jamais touché un sou de gratification. M. Reinwardt explora donc une partie des possessions néerlandoises de l’Archipel de l'Ouest, en laissant à d’autres le soin d’en publier les récoltes : cette colombe gracieuse, que nous trouvâmes à la Nouvelle-Guinée, rappellera donc le nom d’un naturaliste estimable qui précéda les Muller, les Macklot, les Van Hasselt, les Kuhl, et même Diard, François qui renonça au service de son pays pour passer à celui de la Hollande.
Son becest fort, large, terminé en pointe renflée et cornée. Un cendré très pur couvre la tête et la nuque. La face et le devant du cou sont d’un blanc pur, qui passe au cendré clair sur les parties inférieures , et au plombé sur le bas-ventre. Le corps en dessus est rouge cannelle. L’épaule et la moitié de l'œil sont noirs. Les rectrices les plus externes sont grises, barrées de noir et terminées de blanc. Le bec et les pates sont rouges. Sa taille est de dix-huit à dix-neuf pouces.
La femelle a les parties supérieures fauve bru-
() Columba ruficeps, Temm., pl. col. 561 (mâle). (2) C. Reinwardtsii, Temm., pl, col. 248 (adulte).
DES OISEAUX
nâtre , et les inférieures brunes cendrées, le croupion brun mordoré t'ès foncé. Le bec et les pieds sont bruns; le noir de l’œil du mâle est remplacé par du brun. Les jeuues ressemblent aux femelles, mais leur livrée est plus terne. Ils n’ont que seize pouces de longueur.
44° La COLOMBE MODESTE (!) habite l'ile de Timor. Elle a de treize à quatorze pouces de longueur. Le bec et les pieds noirs, les yeux rouges, le cercle nu qui entoure l’œil jaune citron. Son plumage est le même chez tous les sexes et dans tous les âges; c’est un fond bleu de plomb, plus foncé sur les ailes et la queue , avec quelques reflets chatoyants verts et pourprés sur la queue, le cou ou la poitrine.
- 459 La Maucé (?) provient de Timor. Elle a dix pouces de longueur. Le bec et les pieds sont noirs; douze rectrices à la queue, qui est un peu cunéiforme. Le front et la gorge sont noirâtres; le cou, le thorax et les flancs sont rayés de noir et de blanc. -Les deux rectrices intermédiaires sont brunes, les autres sont noires, terminées de blanc. Le nom qu’elle porte est celui d’un estimable zcologiste mort à Timor de la dysenterie , si redoutable dans cette île, lors de l'expédition de Baudin.
46° La COLOMBE DE ManaDo (5) a été tuée dans le comptoir de Manado, dans l’ile de Célèbes. Elle a dix-sept pouces de longueur, et la queue seule en a buit. Son plumage est d’un brun presque noir, excepté la moitié de la tête et les joues qui sont blancs. Les plumes de l’occiput, du derrière du cou, de la gorge et de la poitrine sont lisses et d’un vert métallisé. Son bec est long, grêle et noir, ainsi que les pieds. La queuc est très peu étagée, large, et composée de douze pennes. Le pourtour de l'œil est nu et rouge.
& IV
Espèces australiennes.
47° La COLOMBE MACQUARIE (#) estassez rare. Elle a au plus sept pouces de longueur, et la queue seule en prend trois et demi. La tête, le cou et la poitrine sont d’un cendré bleuâtre; le ventre est d’un blanc sale ; le dos et le croupion sont brun clair, tandis que les petites couvertures des ailes sont brunâtres et irrégulièrement parsemées de taches oculaires blanches, bordées de noir dans la moitié de leur contour. Les grandes couvertures sont cendrées, avec des ocelles semblables aux précédents. Quelques lunules brunes se font remarquer au sommet
(1) Columba modesta, Temm., pl. 552.
(2) €. Maugei, Pig., pl. 52, Gall, LI, p. 363,490, (2) C.manadensis, Quoy et Gaim., Ast., pl. 30, LI, p. 248 () C. cuneata, Lath., supp.,n.87. C. Macquarie, Quoy et Gaim., Ur., pl. 31,et texte, p. 122, I,
des rémiges, qui sont brun rougeàtre. La queue est étagée et pointue; les couvertures supérieures et les premières rectrices sont d’un cendré bleuâtre. Les pieds, assez longs, sont rougeätres. Le bec est noir ; l’œil est encadré d’un cercle aurore , au milieu duquel se dessine le rebord noir et piqueté des paupières. L’iris est rougeâtre.
Cette espèce paroît habiter les îles placées au sud du continent austral, et aussi la Tasmanie.
48° La COLOMBE À COLLIER ROUX (1) a été rapportée de Broad-Sound sur la côte orientale de la Nouvelle-Hollande, per le célèbre botaniste Brown, dans l'exploration du capitaine Flinders. La tête, le cou et la gorge sont d’un cendré bleuâtre, à teintes douces. Les parties inférieures sont d’un blanc pur. Sur la nuque se dessine un large collier formé de plumes d'un riche orangé, frangées de noir. Les parties supérieures sont brun cerdré, mais chaque plume est rayée transversalement de noir plein. La queue est large, longue et étagée. Les pennes latérales, brunes pourprées, sont terminées de blanc; les deux moyennes ont la coloration brun cendré du dos. Le tour des yeux est rougeâtre. Les pieds sont jaunes, et le bec jaune bleuâtre. Cet oiseau a dix pouces de longueur, et la femelle ne diffère point du mâle.
19° La COLOMBE AUSTRALE (?) provient de la Nouvelle-Hollande, et est fort peu connue. Latham lui donne une queue courte, cunéiforme. Elle est de la longueur de la tourterelle commune. Son plumage est roux brunâtre, à petites tectrices des ailes d’un pourpre noirâtre. Les rectrices sont blanches au sommet.