LES TISSERINS
Ploceus. Cu.
Forment une tribu riche en espèces nouvelles, bien qu’elles ne soient pas toutes caractérisées d’une manière satisfaisante.
(‘) Alecto , Less. Textor, Temm.
(2) Teætor alecto. Temm., pl. 446.
(:) Goniaphea leucocephala, Bowdich,Exc,. à Madère, elc., p. 44, Allas, fig. 28.
HISTOIRE NATURELLE
En démembrant le genre fringilla de Linné en plusieurs sous genres, M. Cuvier a proposé comme première division des moineaux, les tisserins adoptés par M. Vieillot, et classés dans son ordre des syLvAINs et dans la famille des tisserands. M. Temminck a aussi reconnu ce genre, qu'il place dans son quatrième ordre, les GRANIVORES, à la suite des tangaras et avant les becs-croisés. Linné et Latham ont décrit les espèces qu’on doit réunir sous ce nom dans les genres gros-bec, troupiale et Joriot ; et il est en effet fort difficile de les isoler des oiseaux de ces genres, avec lesquels elles se confondent par des nuances insensibles et graduelles. Ce qui isole net: tement les tisserins des troupiales, suivant M. Cuvier, c’est que les premiers ont la commissure de leur bec droite, tandis qu’elle est recourbée chez les seconds. Leurs caractères génériques sont : bec robuste, dur, fort, longicône, convexe, un peu droit, aigu, à arête s’avançant sur le front, fléchi et comprimé à la pointe, sans échancrure, à bords des mandibules courbés en dedans ; narines basales près de la surface du bec, ovoïdes et ouvertes ; les pieds médiocres, à tarse de la longueur du doigt intermédiaire ; les doigts antérieurs soudés à la base; les ailes moyennes; la première rémige médiocre ou courte; la seconde et Ja troisième moins prolongées que la quatrième, qui est la plus longue. Telle est la définition admise par M. Temminck :elle s’accorde assez avec celle adoptée par M. Vieillot, mais cependant ce dernier dit que les narines sont recouvertes par une petite membrane, et que la langue, cartilagineuse, est frangée à sa pointe.
Ce nom de tisserin vient du grec roxes, tisserand , parce que les oiseaux qui composent ce genre tissent leurs nids avec le plus grand art. Cet instinct ne leur est point exclusivement propre, puisque la plupart des fringilles et des loxies le partagent, et cette particularité de mœurs est peut-être ce qui établit entre eux les rapports les plus intimes et les plus naturels. Les tisserins fissent donc, ainsi que l'indique leur nom, le nid qui doit être le berceau de leur famille, avec la soie, la laine, et tout ce qu’ils peuvent se procurer, même les herbes menues. Ces nids, suspendus aux rameaux des arbres, sont divisés par compartiments, et faits avec un art admirable, ainsi qu’il est facile de s’en faire une idée par celui du nélicourvi.
Les tisserins vivent à la manière de tous les moineaux et gros becs, c’est-à-dire qu’ils se réunissent volontiers par troupes criardes et dévastatrices des terres ensemencées. Leur livrée est assez uniforme, et le plus souvent mélangée de jaune, de brun ou de noir. Ils se nourrissent de graines céréales, de bourgeons , et occasionnent de grands dégâts dans les rizières. Le plus grand nombre des espèces appartient à l'Afrique et aux Indes orientales ; et M. Vicil-
DES OISEAUX
lot en sépare une espèce d'Amérique, qu'il laisse parmi les troupiales , tandis que M. Cuvier la réunit aux tisserins ; c’est le cassique noir ou oriolus oryzivorus de Gmelin.
Les espèces admises dans le genre ploceus sont les suivantes.