LE GARRULAXE A FRONT ROUX
Est long de dix pouces quatre à cinq lignes; le bec n'a guère que huit lignes , tandis que la queue entre dans ces dimensions pour quatre pouces.
Comme on le remarque chez l’espèce précédente, les plumes sont abondantes, touffues, à barbes làches, très finiment barbelées ; ses ailes sont courtes, concaves. La première rémige est très courte, la deuxième allongée, la troisième moins longue que la quatrième, celle-ci moins que la cinquième; les sixième , septième et huitième presque égales et les plus longues. Les rectrices légèrement étagées sont au nombre de douze, molles, et prêtent à la queue une disposition arrondie. Les couleurs du plumage du garrulaxe à front roux sont uniformes et d’un roux brun, d’une teinte égale sur tout le corps, et que relève sur le front un roux sanguin foncé, s’avançant sur les narines. La gorge est d’un roux clair; le thorax est d’un roux cannelle léger. Les ailes sont d’un brun roux uniforme en dessus, tandis qu’en dedans elles sont d’une teinte cannelle gracieuse. La mandibule supérieure est noire, l’inférieure est cornée, les tarses sont bruns.
Cet oiseau habite l’ile de Java.
LES CASSICANS (©).
Ont un bec robuste, fort, qui entame les plumes du front par une échancerure circulaire; il est arrondi ou plane en dessus, comprimé sur les côtés, et sa pointe est échancrée et crochue. Les narines sont percées en fente linéaire. Les ailes sont médiocres, à quatrième et cinquième rémiges les plus longues.
Les cassicans vivent exclusivement en Asie eten Australie. Ce sont de grandes pies-grièches à formes massives et trapues, très bruyantes, vivant de scarabées et antres insectes, et aussi, dit-on, de jeunes oiseaux. M Cuvier leur a appliqué le nom de barila, que les Grecs avoient donné à un oiseau qui nous est inconnu. Celui de cassican leur est venu de Buffon, qui a voulu exprimer quelques caractères communs entre eux, les caciques et les toucans.
Ces oiseaux ont de nombreux points de contact par leurs habitudes avec les corbeaux. Leurs mouvements sont brusques, leur démarche sautillante. Is ne dédaignent aucune matière pour leur nourriture, du moins en captivité, et on les voit manger de la chair crue, des graines, de gros insectes.
(") G. rufifrons , Less., Zool. Bél., pl. 5.
() Barita , Cuv.; cracticus, Vieill.; corvus, Lesson, Latham.
Buffon n’a connu de ce groupe que le cassican varié (1), qu’on trouve aux iles Philippines et à la terre des Papous,
Les autres espèces sont :
4° L'anaphone(?) est de la Nouvelle-Hollande. Son plumage est entièrement brunâtre cendré uniforme, relevé de blanc pur au bout des rectrices et des rémiges. Nous en avons tué un individu dans les montagnes Bleues. 2 Le réveilleur (3), de l'ile Norfolk, est noir, avec un miroir sur l’aile, le basventre et la racine de la queue blancs. Les jeunes sont roussâtres en dessous. 5° Le flüteur (), de la Nouvelle-Galles du Sud, est également noir, mais la nugre, les rectrices des ailes, le bas-ventre et la queue blancs. Celle-ci est noire au sommet. La femelle est d’un gris brunâtre. 4 Le destructeur (5), aussi de la Nouvelle-Hollande, est d’un cendré fauve en dessus, blanc en dessous ; la tête, les joues, les rémiges et les rectrices noires; les premières striées de blanc, les dernières bordées de blanc à leur extrémité. Le vanga destructeur se tient dans les arbres des environs de Sydney, non loin des habitations, surtout lorsqu'il fait mauvais temps; aussi le nomme-t-on oiseau de pluie. Ses habitudes paroissent être solitaires. 5° Le cassican de Quoy habite la Nouvelle-Guinée, où les Papous l’appellent kohuoque. Son plumage est d’un noir intense. Son bec est noir à la base, et blanc de corne à son extrémité.
LES PITYRIASES.
Pityriasis.
Sont des cassicans à hec fortement crochu, muni d’une sorte d’arête en dessus, très comprimé sur les côtés, à narines percées en fissure presque marginale. La commissure est peu ample et sans soies. Le pourtour de l’œil est nu. La tête est recouverte de filaments cartilagineux très courts et très rudes. Une épaisse brosse est disposée en touffe sur le méat auditif. Les ailes sont fort longues, pointues. La queue est médiocre et égale, Les tarses sont minces et proportionnellement foibles.
La seule espèce de ce genre est le gymnocé-
kr) Enl. 628 ; barita varia , Temm. ; coracias-varia, Lath., esp. 22.
(2) Barita anaphonensis, Temm. ; Less., atlas, pl. 47, fig. 1.
(3) B. strepera, Temm.; le grand calybé, Levaill., pl. 24; Shaw, Misc., pl. 86; White, birds. of New-Holl. ; coracias strepera , Lath., esp. 21.
(4) B.tibicen , Shaw; Quuy et Gaim., Ur., pl, 20; coracias tibicen, Lath., esp. 24.
(5) B. destructor, Temm., pl, 273.
HISTOIRE NATURELLE
phale (!), rare et curieux oiseau qui vit à Bornéo, à bec et plumage noirs, à plumes du cou, du thorax, du haut du manteau et des jambes rouge fulgide. Les pieds sont jaunes, la tête papilleuse et jaunâtre ; les oreilles rouge brun.
LES VANGAS °).
Forment un groupe fort bien caractérisé de puissantes et robustes pies-grièches, vivant exclusivement en Afrique et en Asie. Leur bec est robuste, très comprimé, fortement denté et très crochu à la pointe, ayant une commissure fendue et garnie de quelques pois roides. Leurs ailes sont assez courtes, à troisième, quatrième et cinquième rémiges égales, et les plus longues. Leur queue est moyenne et rectiligne.
Les types de ce genre sont le vanga (3) de Buffon, et le chat-chert-bé{#), lun et l’autre rapportés de Madagascar par Sonnerat.
Levaillant a figuré un vanga sous le nom de grai longup(5). C’est un oiseau qui vit à Java, et qui a le plumage noir, deux longues plumes sur la tête, un collier blanc, le bec noir et les pieds bruns.
Le BLANCHOT(6) du Sénégal a l’occiput et le derrière du cou gris, le corps en cessus vert, les ailes vertes, émaillées de larmes jaunes. Tout le dessous du corps d’un jaune soufre uniforme. Une tache blanche marque le devant de l’œil. Une espèce fort voisine du blanchot est celle que nous avons nommée.
Le vANGA ÉCORCHÉ (7) long de neuf pouces et demi ; il est armé d’un bec puissant, haut, très comprimé sur les côtés, fortement crochu, à narines Jatérales creusées dans une ample fosse nasale, Ses ailes, courtes, dépassent à peine le croupion. Leur première rémige est brève, la deuxième plus longue, la troisième moins longue que la quatrième ; celle-ci de même que les cinquième, sixième, septième et huitième presque égales, sont les plus longues. La queue est allongée, élargie et arrondie à l'extrémité, composée de douze rectrices. Les tarses sont longs de quinze lignes, robustes, épais, termi-
() B. gymnocephala, Temm., pl. 570.
() Vanga, Buff.; tamnophilus, Vieill.; lanius, Cuv.; Lesson.
(3) Enl. 298 ; lantus curvirostris, Gm.;vangaleucocephala, Less., Man,
(#) Lanius leucocephalus, Gm.; enl. 374.
(5) Bataracristata,Cuv.;Levaill., Roll., pl. 42; vanga galericulata, Less.; ganulus galericulatus, Vieill., Encycl., 892.
(6) Vanga ictera, Cuv.; Levaill.. Af., pl. 283; tammophilus olivaceus , Vieill., Gal., pl. 139.
(7) V. cruenta, Less., Cent. Zool., pl. 65; Voy. de Bélanger, p. 256.