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LE VIRÉON A FRONT JAUNE

Vireo flavifrons (1).

Le mâle a les parties supérieures d’un beau vert jaune, excepté le croupion, qui est d’un vert cendré ; le front, ainsi qu’un cercle autour de l’œil, la gorge, la partie antérieure du cou, la poitrine et le haut de l'abdomen, d’un jaune pur ; bas-ventre blanc. Les rémiges sont noirâtres, les primaires grises en dehors, et les secondaires blanches: les petites et moyennes couvertures sont bordées et terminées de blane; les rectrices latérales sont lisérées de blanc à leur bord externe; l’iris est de couleur noisette. Les pices et les ongles sont d’un bleu cendré , et le bec plombé. Cet oiseau a de longueur totale quatre pouces huit lignes. La femelle diffère du mâle parce qu’elle est olivâtre en dessus, et les parties inférieures sont d’un gris blanc. Les couvertures supérieures de l'aile sont d’un blanc sale à leur extrémité.

(‘) Vieillot, Amér, septentr. pl. 54,

M. Vicillot rapproche de cette espèce un oiseau de New-York que Pennant a nommé ulive-tanager.

Le vi:éon à front jaune émigre annuellement aux Etats-Unis ; il arrive du sud vers les provinces du centre en mai, et en part en septembre. Cet oiseau habite les bois et les taillis, et se tient caché dans le plus épais du feuillage; son chant est languissant et plaintif, et M. Vieillot, de qui nous empruntons ces détails, dit que c’est une répétition peu variée pendant dix à douze secondes des mots preco, prea A cache soigneusement son nid au milieu du feuillage d’une branche horizontale; il est composé en dehors de minces écorces de vigne, de mousse, de lichens, et tapissé entièrement de fibrilles délicates. La femelle pond quatre œufs blancs, marqués de noir au gros bout.

LE VIRÉON MUSICIEN.

Vireo musicus ().

Le mâle de cette espèce a une tache jaune entre le bec et l’œil ; le front de la même couleur; la tête, le dessus du cou et du corps, d’un vert olive foncé ; les rémiges brunes, bordées d’olivâtre; les petites et les moyennes couvertures vert olive foncé, terminées de jaune clair, ce qui forme deux bandes transversales sur l’aile; la gorge et le devant du cou sont gris blanc; le bas-ventre est blanc au milieu et jaune sur les côtés; le bec et les pieds sont d’un bleu clair. La femelle à la tête d’un gris vert, et l’extrémité des couvertures de l’aile blanchâtre. Le jeune a le dessus de la tête et du corps d’un vert cendré sale ; les parties inférieures sont blanches, et légèrement nuancées de jaunâtre sur les côtés. Cet oiseau a de longueur totale quatre pouces. .

Ce viréon abandonne les Etats-Unis en automne, et n’y revient qu’au printemps. Comme le précédent, il ne se nourrit que d'insectes ailés. Sa voix est sonore et fort étendue; et bien que les accentuations en soient courtes, leur variété de ton paroît très agréable. Il habite les bosquets situés dans les lieux arides, sur des monticules, et à proximité des terrains cultivés ; il construit son nid à la cime d’un

arbrisseau, le place à découvert, et le pose de ma-

nière à ce qu’il paroisse suspendu. Il est formé de bourre, de laine, de fibres, d'herbes ténues, et même de petits morceaux de papier. Sa forme est circulaire. M. Vieillot dit que la femelle pond cinq œufs d’un blanc sale, taché de verdâtre, tandis que Wilson rapporte qu’ils sont d’un blanc pur, et tachés, vers le gros bout, de noir intense ou de pourpre foncé.

() Vieillot, Amér. septentr.. fig. 2; muscicapa Novæ Boracensis, Lab.

LE VIRÉON SOLITAIRE.

Vireo solitarius (1).

Cet oiseau a quatre pouces de longueur; il est d’un gris bleuâtre à teintes douces en dessous; la poitrine est d’un cendré pâle dans son milieu ; les flancs sont jaunes; le ventre et les couvertures inférieures de la queue sont blancs ; le lorum est noir ; un cercle blanc entoure l'œil; le dos et le croupion sont olivâtres ; la queue est un peu fourchue; le bec poir en dessus est d’un bleu clair en dessous ; les ailes presque noires sont traversées par deux lignes blanches.

On ne connoît point la femelle de cet oiseau solitaire et silencieux, qui vit dans la Géorgie et non loin de Philadelphie, aux Etats-Unis.

LE VIRÉON VERDATRE.

Vireo virescens (?).

Cette espèce a quatre pouces sept lignes de longueur totale. Elle a le sommet de la tête noirâtre, les sourcils blancs, une tache grise entre l’œil et le bec, la gorge et le bas-ventre d’un gris blanchâtre, et le dos, les flancs et le bord externe des rémiges et des rectrices d’un gris tirant sur le vert; les petites couvertures alaires sont d’un gris verdâtre sombre , et celles de la queue sont jaunâtres ; les pieds sont noirâtres ; le bec est brun en dessus, corné en dessous.

Cet oiseau, dont M. Vieillot n’a rencontré qu’un seul individu, habite aux Etats-Unis le New-Jersey. IL voltige d’arbre en arbre, visite les feuilles pour y prendre les insectes et sautiller sur les rameaux. M. Swainson l'indique aux alentours de Mexico.

LES POLYODONS F).

Fiennent des merles et des pies-grièches, et surtout des crinons. Leur bec est plus court et un peu plus élevé que celui des merles ordinaires, mais sa commissure a quelques poils forts et rigides; leurs tarses et leurs doigts sont assez courts; le bord de la mandibule supérieure est marquée par quatre

M) Vieill., Dictionn. t. XXXVI, p. 103 ; muscicapa solitaria, Will., Amér. Ornith., pl. 17, fig. 6.

(2) Vieill, Amér. septentr., pl. 53; Will, Amér. Ornith. 11, pl. 12, fig. 2.

G) Polyodon, Lafresnaye; picnotus, Horsf, ? ixos, Temm., pars?

HISTOIRE NATURELLE

échancrures. La seule espèce connue de ce genre est le merle importun (1), qui vit aux alentours du cap de Bonne-Espérance. Sa taille est de sept pouces environ, Son plumage est en dessus d’un vert olive sombre, passant au gris verdâtre sale en dessous; le bec et les pieds sont d’un noir brun. Cet oiseau voltige d’arbre en arbre, en fatiguant les échos de ses cris continuels. :

LES CRINONS OÙ TRICOPHORES ():

Sont des pies-grièches d'Afrique, assez distinctes, que M.Temminck a établies pour recevoir des oiseaux africains voisins des langrayens, qui ont le bec court, en cône allongé, comprimé à la pointe, un peu dilaté ou élargi à la base; la mandibule supérieure fléchie vers la pointe, qui est un peu échancrée; la naissance du bec garnie de très fortes et longues soies ; les narines un peu éloignées de la base, ovoï-# des, ouvertes, point cachées par les soies du rebord ; À les pieds foibles; le tarse plus couri que le doigt: du milieu; les doigts latéraux inégaux , l’externe uni jusqu’à la seconde articulation, l’interne soudé à la base; les ailes médiocres ; les trois premières rémiges étagées ; les quatrième, cinquième et sixième, les plus longues.

Les crinons sont exclusivement d'Afrique. M.Tem minck en connoît cinq espèces qui vivent sur les côtes de Guinée : leurs mœurs et leurs habitudes sont complétement ignorées. Leur place paroit devoir être parmi les pies-grièches. .

LE CRINON BARBU (5).

A le plumage généralement vert olivâtre. Les plumes de la gorge sont lâches, redressées et jaunes. D’entre les plumes du front sortent des crins longs et roides, formant une espèce de crinière peu fournie, retombant sur le derrière du cou. Sa longueur est de huit pouces, et on le trouve aux alentours de Sierra-Leone.

La PIE-GRIÈCHE OLIVE (#) de Galam est aussi un crinon, caractérisé par son bec long, droit, courbé subitement en pointe acérée. La tête, les joues, le dos, sont d’un beau vert olive; le ventre est d’un gris

() Polyodon importunus, Lafresn., Mag. z001., 1832, pl. 4; turdus importunus, Vieill., Levaill. Afriq.

(2) Criniger, Temm., Man.; tricophorus, Temm., pl. col.; trichas, Gloger.

() Tricophorus barbatus , Temm., pl. 88 (mâle).

(4) Lanius chloris, Val., gal. de Paris, Dict. sc. nat. XL ,2%6.

DES OISEAUX

cendré uniforme ; les ailes et la queue sont vertes. Sa taille est celle de la grive mauvis.

LES LANICTÉRES().

Ont pour caractères zoologiques le bec convexe, légèrement dilaté, recourbé, denté et crochu à la pointe de la mandibule supérieure dont lés bords sont lisses, légèrement rentrés; l’inférieure est déprimée, à bords lisses, à pointe aiguë et dentée au sommet. Les fosses nasales sont couvertes de petites plumes cachant les narines. Une rangée de plumes terminées en soies fines à l'angle du bec; celui-ci très fendu, et garni à sa commissnre de rebords charnus et colorés. Ailes dépassant le croupion, aiguës, à première penne bâtarde, à troisième, quatrième, cinquième et sixième rémiges égales et les plus longues.

La queue est médiocre, formée de dix rectrices, dont six presque égales, deux plus courtes, et les deux plus externes encore plus courtes, ce qui lui donne une forme étagée et arrondie.

Les tarses sont courts, scutellés, à doigts antérieurs foibles, à pouce et son ongle plus forts que les ongles et doigts antérieurs.

Ces oiseaux, à leur bec près, ont la plus frappante analogie avec certains troupiales, au point d’être pris pour des oiseaux de ce genre au premier coup d'œil. Ils ont un plumage soyeux, doux, à reflets métallisés et colorés par grandes masses. Leur tête est lisse et sans accessoire ; leur bec est tout-à-fait celui d’une pie-grièche. Ils n’ont, jusqu'à présent, été rencontrés qu’en Afrique.

LE LANICTÈRE DE SWAINSON (2.

Est remarquable par le feston charnu qui borde l’angle du bec et qui est coloré en rouge vif, ce qui Jui a valu son nom anglois red lipped flycatcher. X1 a été découvert proche la grande rivière des Poissons, dans l’Afrique méridionale. M. Swainson le décrit en ces termes : Sa taille a plus de sept pouces de longueur totale; son plumage est entièrement d’un noir profond nuancé de bleu vert sur le côté externe des pennes alaires et caudales. Les rémiges sont grises en dedans et lisérées d'olive; la plus externe est très courte, les deuxième et troisième plus courtes que la quatrième; celle-ci et les deux suivantes sont égales et les plus longues. Les rectrices, au nombre de dix, sont presque égales, les deux paires les plus

() Lanicterus, Less.

(2) L. Swainsontii, Less. Muscipeta labrosa , Sw, Zool., Ilust., pl. 179. Muscipeta nitidè nigra; rictu labroso, rubro ; cruribus infra genua plumatis.

externes exceptées, qui sont progressivement plus courtes. Son bec a une arête apparente, et la pointe de la mandibule supérieure est fortement recourbée. Les narines sont cachées sous des plumes avancées du front, mélangées de poils, et sont arrondies et garnies d’une membrane. Les tarses sont courts et à plante lisse.

LE LANICTÈRE FAUX TROUPIALE (1).

A été découvert sur les bords de la Gambie par M. Goulard, chirurgien de la marine. C’est un oiseau ayant sept pouces et demi de longueur totale, le bec noir luisant, le plumage mollet, doux et soyeux, partout également d’un noir luisant à reflets verts, l'épaule de chaque aile exceptée, qui est recouverte d’une plaque allongée jaune aurore très vif. Tarses noir foncé. Rémiges noir séricéeux. Rebord charnu de la commissure d’un beau jaune.

LES NOTODÉÈLES ().

Sont des pies-grièches dont le bec est mince et robuste, peu haut, très compriméfsur ses côtés, ayant la pointe crochue et recourbée, les narines en partie recouvertes par les plumes veloutées du front. La commissure est ample, bordée de quelques cils roides. Les ailes sont pointues et s'étendent jusqu’au tiers supérieur de la queue; la première rémige est rudimentaire ; la deuxième plus longue; la troisième moins longue que la quatrième ; la cinquième est la plus longue de toutes ; la sixième et la septième diminuent graduellement. Les tarses sont longs, grêles, minces, scutellés. Le pouce et l’ongle qui le termine sont plus robustes que les doigts antérieurs, dont le médian est le plus long. La queue est ample, élargie, composée de douze rectrices assez longues, arrondies.

Les notodèles sont des contrées les plus reculées de l'Asie. Nous n’en connoissons que deux espèces fort semblables par leur coloration. L'espèce type est la diane (5), qui a été découverte au Pégou par M. Bélanger.

Sa longueur'totale est de huit pouces; le bec de la commissure à la queue vingt-six lignes. Le bec, les tarses et les ongles sont noirs; le plumage en entier est d’un bleu brunâtre foncé, que relève sur le front un croissant blanc satiné; les ailes et la queue sont noir bleu ep dessus, noir mat en dessus.

(‘) L. icteroides, Less.

(2) Notodela, Less.; eupetes, pars., Temm.

(5) Lanius (notodela) diana, Less., zool, de Bélanger, planche 3.

La seconde espèce, le bleuet (1), a été rapportée, de la baie de Lobo à la Nouvelle - Guinée, par MM. Müller et Macklot. Sa taille est de sept pouces trois ou quatre lignes. Son plumage est généralement bleu, à teinte moins vive sur les pennes de la queue ; la gorge et le devant du cou sont d’un blanc pur, qu’encadre une étroite bandelette noire ; le bec est noir, et les pieds sont bruns.

LT

LES EUPÉTES.

Eupetes. Temx. Pars.

Tiennent à la fois des notodèles, des brèves et des fourmiliers. Leur bec est très long, droit, déprimé, ayant une arête assez vive, entamant les plumes du front. Les mandibules sont égales, mais la supérieure est courbée et échancrée à la pointe. Les narines sont assez grandes, percées vers le milieu du bec et à moitié couvertes par une membrane garnie d’un duvet serré. Les ailes sont très courtes, n’atteignant pas la naissance de la queue; elles sont arrondies. Les quatre premières rémiges sont très étagées ; les sixième , septième et huitième sont égales. Les jambes sont fort longues et grêles, mais les doigts sont courts et les ongles très petits. La queue est longue, formée de rectrices larges , fortes et étagées.

La seule espèce connue de ce genre insolite est l’eupète à large queur (?) qui se trouve à Paddang, dans l’ile de Sumatra. Son plumage est de couleur cannelle, relevé par un trait neigeux sur les côtés de la tête, le noir des joues et le rouge brun de la gorge. On pense que cet oiseau, mauvais voilier, se nourrit de termites et de fourmis.

LES AJAXS.

Ajax. N. Eupetes. TEMx.

Ont à peu près le bec des notodèles, c'est-à-dire que chez ces oiseaux il est mince, droit, à arête entamant légèrement les plumes du front. Les narines sont nues. La mandibule supérieure est échancrée et crochue; l’inférieure est pointue et renflée en dessous. Les ailes sont aiguës , à trois rémiges étagées ; les quatrième et cinquième sont les plus longues. La queue est longue et conique, composée de rectrices fortement étagées et minces au sommet. Les tarses sont allongés , forts. Les doigts et les ongles sont proportionnés. La seule espèce connue, l’a-

{1 Eupetes cœrulescens , Temm., pl. 574.

(») Eupetes macrocercus, Temm., pl. 516.

jax (1), vit à la Nouvelle-Guinée. Sa longueur est de huit pouces. Son plumage est varié de roux et de noir ; le gosier, les joues et le milieu du ventre sont blancs; les rectrices et les couvertures inférieures de la queue sont terminées de blanc lavé de roussâtre. Des traits noirs émaillent le rouge cannelle de la poitrine et des flancs.

LES RAMPHOCÈNES ©).

Sont des oiseaux remarquables par leur bec très long, droit, à bords déprimés depuis son origine jusqu’au milieu, puis de forme étroite et très grêle. La mandibule supérieure est arrondie sur le dos, crochue et légèrement échancrée à la pointe. Le sommet de la tête est très déprimé Les narines sont linéaires. Leurs ailes sont courtes et concaves, à première penne bâtarde ; les cinquième et sixième égales et les plus longues. Leur queue est arrondie à son extrémité.

Le type de ce groupe est le ramphocène à queue noire (), que M. Delalande a rapporté du Brésil, où il se tient caché dans les buissons et les broussailles pour y prendre les insectes qui constituent sa principale nourriture. C’est un oiseau de petite taille, ayant des soies roides à la commissure du bec, le plumage roux brun en dessus, la gorge blanche, ainsi que le milieu du ventre; les ailes brunes, marginées de jaune ; la queue noire, excepté les deux rectrices latérales qui sont jaunâtres.

Nous ajouterons à ce genre un oiseau de Madagascar, le verdin (f), qui est vert olive en dessus, et jaune en dessous, et qui a tous les caractères que nous avons énumérés plus haut.

LES MANICUPS.

Pithys. ViEILL.

Ne comprennent qu’une espèce de Cayenne que Buffon a figurée dans ses enluminures (pl. 707, fig. 1), sous le nom de mantkup de Cayenne (5).

() E Ajax, Temm., pl. 573.

2) Ramphocænus, Vieill., Gal., I, 205.

G) R melanurus, Vieill., Gal., pl. 128.

(4) R. viridis, Less., Ornith., p. 377.

(5) Pithys leucops, Vieill., Gal., pl. 129; pipra albifrons , Gm.

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