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L'IRÈNE VIERGE

Habite les bois et les forêts montagreuses les plus désertes , où elle recherche les fruits et les graines sauvages dont elle se nourrit, et sans doute aussi les insectes. Ce magnifique oiseau est assez rare à Java, et c’est principalement dans le district de Banyumas qu’on le rencontre. On le trouve aussi à Sumatra , et les individus envoyés de cette dernière île ont une taille plus forte, un plumage plus éclatant que ceux tués à Java. La livrée du mâle est des

() Levaill.. Afr., pl. 175. Lanius malabaricus , Shaw. Cuculus paradiseus, Briss. Dicrurus platurus, Vieill., Sonn., it., pl. 97. Edolius retifer, Temm.

(>) Edolius remifer, Temm., pl. 178.

(5) Coracias pueila, ath.ind.n.12. Irena puella, Horsf, res. in Java. Edolius puellus, Reinw., Temm., pl. 70 (mâle), 225 (fem.), et 476 (mâle en mue). Raffles, cat., Trans, MIT, 302,

braneux. Les ailes ont leur première penne courte,

HISTOIRE NATURELLE

plus splendides, bien qu’elle ne soit formée que de

| deux couleurs. Le dessus du corps est d’un bleu

| azur céleste et luisant, et tout le dessous est d’un noir de velours. Les ailes et les rectrices sont de ce même noir, mais les couvertures enveloppent presque en entier ces dernières, et sont du même bleu que le dos. La femelle est uniformément d’un bleu clair tirant au cendré et sans éclat. Le mâle en mue est panaché de vert sale et d’azur chatoyant : l’œil est écarlate. Sir Raffles dit qu’à Sumatra on le nomme biang kapour, et les Malais donnent le nom de biang à diverses espèces de pies-grièches.

On distingue de l’irène vierge l’irène à ventre bleu (?), qui en a la taille et les formes, mais qui en diffère par la disposition des couleurs. Son plumage est d’un bleu noir, mais le dessus de la tête, une bande sur les tectrices alaires, le croupion et le basventre sont d’un bleu éclatant. Le cou, jusqu’au front , les joues et les rémiges sont noirs. Comme on le voit, cette seconde espèce a le ventre et la queue bleus : son bec est aussi plus élevé. Elle provient des îles Philippines.

LE EDS SE Se LES HYPSIPÈTES ©).

Tiennent à la fois des pies-grièches, des martins, par leur tête et leur bec, et des drongos par leur queue fourchue, leurs ailes aiguës et leurs jambes courtes et minces. Ces oiseaux indiens ont donc un bec allongé, foible, peu recourbé , et légèrement échancré à la pointe. Sa commissure est garnie de quelques soies peu fortes ; les narines sont basales, longitudinales, en partie fermées par un repli mem-

les quatrième et cinquième égales et les plus longues. La queue est assez longue, fourchue.

LA PSAROIDE (5).

Se trouve dans les montagnes de l'Himalaya. Son bec et ses pieds sont jaunes. La tête est surmontée d’une huppe. Son plumage est gris cendré, que relève le noir de l’extrémité des rémiges et des rectrices. Le bas-ventre est gris clair. Cet oiseau a onze pouces et demi {anglois) de longueur.

LE GANEESA ().

À été observé dans le Dukhun ou pays des Mahrattes. C’est un oiseau gris brun en dessus, plus clair

() Frena cyanogastra , Vig., Proceed., 1, 97. (2) Hypsipetes, Vig., Proceed., I, 43.

(3) H. psaroides, ibid.

(4) H.ganeesa, Sykes, Proceed., IT, 86.

A Re eva F.

Carteuttt CCuM2Citite

4 , : ; \otaceilla spec1os à Ve) ap

DES OISEAUX

en dessous, avec les ailes et la queue brunes. Une sorte de petite huppe, d’un noir métallisé. surmonte la tête Les yeux sont d’un roux brun intense. Sa taille est de dix N.. La langue est fourchue, et M. Sykes a trouvé dans le gésier des noyaux osseux de fruits. Les deux sexes de cette espèce se ressemblent. Leur vol est rapide , et leur séjour de prédilection est les montagnes des Gates.

LES EÉNICURES.

Enicurus. TEM.

© Forment un genre fort intéressant que les naturalistes modernes ne savent où placer. Leurs mœurs et quelques rapports de formesles rapprochent des bergeronnettes, etcette opinion est celle de M. Horsfield, qui décrivit sous le nom de motacille la première espèce connue. D’un autre côté, M. Reinwardt en envoya des dépouilles sous le nom de pie-grièche, et cette dernière manière de voir nous paroît rationnelle. Les énicures forment un genre bien distinct, dont les espèces tiennent des drongos par leur queue fourchue, des notodèles par leur bec, des motocilles par leur coloration et leurs mœurs, des sylvies par leurs jambes , et des gobe-mouches par la coupe du bec et par leurs soies , de même que par leur genre de nourriture.

Leurs caractères zoologiques peuvent donc être rendus par la description suivante”( Temm. ; : Bec long, fort, dur, à peu près droit, à mandibule supérieure triangulaire, dilatée à sa base, à arête vive, à pointe fortement inclinée, et munie d’une petite échancrure. Lacommissure est garnie de poils courts et roides. La mandibule inférieure est droite, renflée à son milieu et retroussée à la pointe. Les narines sont ovoïdes et à demi cachées par les plumes du front : les pieds sont allongés, à ongle du pouce assez robuste : les ailes sont courtes, à cinquième ou sixième penne plus longue. La queue est profondément fourchue.

Les énicures vivent solitaires aux bords des ruisseaux et des ravins qui se précipitent des montagnes, et plus particulièrement dans les lits rocailleux et graveleux, où ils poursuivent, en courant avec célérité , les insectes et les vers qu’ils saisissent en remuant fréquemment la queue, comme le font les bergeronnettes. Toutes les espèces connues sont asiatiques.

40 L’énicure couronné (1) se trouve à Java et à Sumatra, et les Malais lui donneut le nom de chin-

() Enicurus coronatus, Temm., pl. 113. Motacilla speciosa, Horsf., Zooï.resear. in Java, prem, liv. (Yoy. At.,pl 14).

ginging ou de kingking. C'est principalement dans les districts les plus déserts de Java, sur les bords du lac Prahu, qu’on observe cet oiseau, remarquable par son plumage, mi-partie noir et blanc. Le dessus de la tête est d’un blane neigeux qui simule une couronne et qui tranche sur le fond noir du cou et du dos. Sa taille est de onze pouces. 2° L’énicure voilé (1) habite aussi l’ile de Java. Sa taille est de moitié moindre que celle de l'espèce précédente. Le front est blanc, l’occiput roux brun; le cou et le dos noir ardoisé, le croupion et le dessous du corps blanc à partir de la gorge qui est noire. Les rectrices externes sont blanches. La femelle a toute la tête et le dessus du cou roux. Le bec est noir et les jambes sont jaunes. 5° L’énicure rousse-cap (?) provient de Pallambang, dans l'ile de Sumatra. Sa longueur est de sept pouces. Il est reconnoissable à son front blanc de neige, à une bande noire qui traverse le haut du crâne , et au rouge cannelle qui teint Pocciput et le cou jusqu’au manteau. Les joues et le devant du cou sont d’un noir intense. Le ventre est crisâtre, zoné de traits branâtres. Ses mœurs sont très farouches, 4° L'énicure tacheté (3) habite sur le continent de l'Inde, dans la chaine de l'Himalaya. Il a la tête, le cou, le haut du dos, la poitrine, les rémiges secondaires et la queue d’un noir intense. Un bandeau sur le front, des taches sur la nuque et sur le dos, les épaules , le croupion, le ventre, les rectrices latérales et le milieu des moyennes d’un beau blanc. Le bec est noir et les pieds sont jaunätres. 3° L’énicure de scouler (f) provient aussi des montagnes de l'Himalaya. La tête, le cou, le manteau, les ailes et la queue sont noirs. Le front, une bande sur les ailes, le croupion, le ventre, la base et les pennes latérales de la queue blancs; le ventre et le croupion sont tachetés de noir. Sa taille est de sept pouces.

LES PTILIOGONATES ().

Dont on ne connoît bien qu’une espèce originaire du Mexique, se distinguent par leur bec court, déprimé, subtriangulaire , à arête élevée et arquée. Les narines sont nues, et la commissure présente quelques soies molles ; leurs ailes sont médiocres, à quatrième et cinquième rémiges les plus longues. La queue est échancrée et ses rectrices latérales sont arrondies. Ses tarses sont très courts et munis de très

) E. velatus, Temm., pl. 160 (mäle et fem.).

) E.ruficapillus, Temm.. pl. 534.

) E.maculatus, Vig., Proc., I, 9.

; E. scouleri, VNig., Proc., I. 174.

(5) Ptiliogonatus. Sw., Zool. journ., IN, 164. Ptiliogonis ,ibid , Birds of mex., n. 26.

“, Jo

petits ongles aux extrémités des doigts. M. Swainson en admet trois espèces dans ce genre, mais la seule qu’il décrit est nouvelle (1). C’est un oiseau qu'on rencontre à Table-land et à Real del Monte, à Mexico. Son plumage est cendré, mais le menton et la moitié de la rectrice externe sont blancs. Les couvertures inférieures sont jaunes; les ailes et la queue sont ondées de noir.

LES MÉRULAXES ().

Ont un bec médiocre, peu épais, à mandibule supérieure convexe, presque droite, à arête très marquée seulement entre les narines, à pointe recourbée et très notablement dentée. La mandibule inférieure est peu épaisse, à branches allon’ées, à pointe mousse et légèrement renflée en dessous; les bords du bec sont lisses, un peu épais, légèrement arqués , et la commissure est déjetée, ample et rebordée. Les fosses nasales sont larges, triangulaires, recouvertes en avant d’une écaille bombée sous laquelle est percée la narine, et en arrière cachée sous des plumes rigides, étroites, lancéolées, dressées, et dirigées en avant. Les ailes très courtes, très concaves, arrondies : les quatre premières rémiges étagées les plus courtes; les cinquième, sixième, septime et huitième presque égales et les plus allongées. Queue allongée, étagée, à rectrices peu fournies, amincies et molles, au nombre de dix. Tarses longs, assez robustes, fortement scutellés, terminés par des doigts proportionnés. Le pouce plus robuste ; ongles minces, comprimés, foibles.

Ce genre, très remarquable et parfaitement distinct, se compose de deux espèces, ayant la plus grande analogie de formes, mais différant l’une de l’antre par les teintes de leur plumage, et par la nature rigide et les barbules décomposées des plumes ; la texture de ces dernières a, en effet, beaucoup d'analogie avec celles des coucals. On ignore quelles sont les mœurs et les habitudes des oiseaux de ce genre, dont les espèces vivent au Mexique.

La première, le mérulaxe notr (3), est, ainsi que l'indique son nom, d’un noir mat sur les ailes, et d’un brun noir ardoisé foncé sur la tête et le dos. Une teinte rousse règne sur le croupion et se dessine encore plus nettement sur le bas-ventre; les ailes ont du roux ferrugineux aux épaules.

La seconde espèce, dont la patrie est inconnue, est le mérulaxe roux (4), qui est brun ardoisé en

() P.cinereus, ibid.

() Merulaxis, Less. Cent. Zool., pl. 30, et traité d'Ornith., 397.

&) DT. ater, Less. Loc. cit.

() AL. rutilis, Less., Ornith., 397.

HISTOIRE NATURELLE

dessus, roux vif sous le corps. Les plumes du front s'avancent sur les narines en formant une petite huppe comprimée.

E. N = LES ATILAS.

Atila. Less.

Tiennent des tyrans et des coracines. Leur bec est triangulaire, allongé, dilaté à la base, muni d’une arête saillante et arrondie, terminée en crochet aigu et denté. La mandibule inférieure a sa pointe acérée et se trouve renflée en dessous. Les fosses nasales sont profondes, triangulaires, et couvertes par un repli membraneux. Des cils garnissent la commissure du bec. Les ailes sont aiguës et ont leur troisième rémige la plus longue. Leur queue est élargie, et les jambes sont assez allongées. La seule espèce de ce groupe porte, dans les galeries de Paris, le nom de ty: an olive (1), parce que son plumage est vert olivâtre en dessus et vert jaunâtre en dessous. Les rémiges sont brunes, boïrdées de blanc ; le bas-ventre est jaune clair, et la queue est rouge cannelle.

LES HYPOTYMES.

Hypothymis. Licur.; TE.

Tiennent des phibalures et des manakins, mais surtout des gobe-mouches, et même des éperviers, par l’ensemble de leurs formes corporelles. On n’en connoît qu’une seule espèce du Mexique, l’hypotyme cul-d’or (?), dont le plumage est soyeux, serré, et garni d’un épais duvet. Un bec très court caractérise ce genre. Ce bec est déprimé et a une arête vive ; il est large à la base, un peu comprimé à Ja pointe, qui est foiblement échancrée. Les narines sont en partie recouvertes par les plumes du front. Les tarses sont très courts, et le doigt externe est soudé jusqu’à la première phalange avec celui du milieu. Les ailes sont médiocres, à première rémige nulle, mais les cinquième et sixième pennes sont les plus longues. La queue est fort longue , égale et élargie à son sommet.

L'hypotyme a sept pouces huit lignes de longueur totale. Son plumage est gris glacé, que relève un bandeau blanc sur le front, le jaune d’or de la région anale et des flancs. Le milieu du ventre et les plumes tibiales sont blancs; les ailes et la queue noires: cette dernière partie est largement barrée de blanc à sa naissance.

(:) Atila brasiliensis , Less., Ornith. 360.

() Hypothymis chyrsorhæa, Licht., Temm., pl. 452.

DES OISEAUX

Les phibalures ou tanmanaks (1) pourroiïent bien être classés ici, tant ils ont de rapports avec les oiseaux qui suivent.

LES PHIBALURES OU TANMANAKS.

Phibalura. VIiELz.

” Les phibalures sont des oiseaux voisins ‘des tangaras et des manakins, ainsi que l’indique le nom contracté de tanmanak que leur donna primitivement M. Vieiliot. On n’en connoit qu’une espèce , découverte dans le Brésil, et dont les caractères génériques sont ainsi établis : le bec est très court, large à la base, un peu conique, convexe en dessus, dilaté sur les côtés, épais, fort. La mandibule supérieure est arquée , à arête distincte, et munie d’une forte échancrure à la pointe; l’inférieure est droite, un peu pointue. Les fosses nasales sont très petites; les narines se trouvent être basales, latérales, peu distinctes, couvertes d’une membrane. Les pieds sont médiocres ; les doigts interne et externe soudés à la base ; les ailes de moyenne longueur ; la première et la seconde rémige les plus longues; la queue allongée, grêle, très fourchue.

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