‹ Compléments de BuffonChapitre 309 sur 667 · LE MINO DE DUMONT · texte numérisé non relu

LE MINO DE DUMONT

Mino Dumontii ?).

* C’est dans les profondes forêts de la Nouvelle- Guinée, si peu connues et si riches en animaux nouveaux, que vit le mino de Dumont remarquable par son plumage. Gros et ramassé dans ses formes , il n’a que neuf pouces de longueur totale; le bec a, lui seul, quinze lignes, et la queue n’a que deux pouces ; le bec est fort et robuste, de couleur jaune-orangée ; la membrane qui embrasse les branches de la mandibule inférieure, et qui descend sur les parties latérales de la gorge, est jaunâtre; les côtés de la tête, du front à l’occiput, sont garnis d’une large peau nue qui recouvre les joues, et qui est hérissée de papilles vermiculées, égales, érectiles, d’un jaune orangé très vif; les plumes du front et des narines sont courtes, rig des, ron veloutées , composées de petites houppettes, terminées par des tiges roides ; les plumes du front et du sommet de la tête sont d’un vert-noir luisant comme celle du cou, du dos, des couvertures des ailes, du ventre, des flancs et des jambes ; les premières sont blanches à leur racine et les dernières sont grises.

Les plumes du cou sont pinnulées sur chaque barbe , et le rachis est terminé par un petit faisceau aplati et oblong. Au milieu de ces plumes, sur la gorge et sur les côtés et derrière le cou, naissent uu grand nombre de petites plumes éparses semblables à des poils, très fines, et s’élargissant à leur sommet en une petite palette; elles sont blanches.

Les ailes et le dessus de la queue sont d’un brun verdâtre ; le croupion et les couvertures inférieures de la queue sont d’un blanc très pur : un miroir

(:) Mino, Less., Man ,1, 402 : gymnops, Cuv.: gracula, Wagler , Isis, 1829, p. 747.

() Less., Zool. de la Cogq., pl. 26.

Le *

blanc, peu apparent lorsque les ailes sont fermées, occupe le milieu des cinq premières rémiges, en commençant en dedans du rachis de la première ; l'extrémité de celles-ci est brune, et leurs barbes extérieures sont comme échancrées ou coupées un peu en biais vers le bout de laile. La queue ne dépasse les rémiges que de six lignes; le ventre est d’une couleur verte-bronzée comme le dos. Il présente à son milieu, entre les cuisses et jusqu’à la région anale, une large tache d’un jaune vif. Quelques petites plumes analogues à celles que nous avons mentionnées au cou sont çà et là éparses sur l’abdomen ; le dessous des pennes de la queue est brun.

Les tarses sont longs et garnis de scutelles larges et minces; le doigt du milieu est le plus grand : il est uni à la base avec l’externe, qui est le plus court et le plus faible; les doigts et les ongles sont d’un jaune très vif.

Les tarses sont longs et garnis de scutelles larges et minces; le doigt du milieu est le plus grand : il est uni à la base avec l’externe, qui est le plus court et le plus foible ; le tarse, les doigts et les ongles sont d’un jaune très vif.

Le mino de Dumont habite les alentours du havre de Doréy, à la Nouvelle-Guinée. Nous nous en procurâmes deux individus, l’un tué par M. Bérard , lieutenant de vaisseau, et l’autre par un de nos meilleurs marins, le nommé Valentin.

Nous avons dédié cet oiseau à M. Charles Dumont de Sainte-Croix , notre beau-père , connu par plusieurs ouvrages de jurisprudence, et auteur de la partie ornithologique du Dictionnaire des Sciences naturelles publié par M. Levrault.

On doit joindre au genre M1No0 ainsi constitué les deux espèces suivantes.

LE GOULIN où MERLE CHAUVE, gracula calva, L., enl. 200, oiseau gris enfumé, à ailes et queue brunes, celle-ci médiocre; bec et tarses jaunes ; les côtés de la tête nus et recouverts d’une membrane rougeâtre , séparée sur le front de celle du côté opposé par une ligne très étroite de plumes. Ce goulin est long de dix pouces et habite les îles Philippines, où il vit d’insectes, de fruits : il s’apprivoise aisément. L'autre espèce est le GOULIN OLIVE ou gracula cyanotis de Latham.

LES CRÉADIONS (‘.

Conduisent aux philédons. Ils ont le bec courbé, comprimé, entier et pointu. Les narines sont lon-

() Creadion, Vieill.: antochæra, Vig. et Horsf., Trans., XV, p. 321.

gitudinales , couvertes d’une membrane. La langue est ciliée à la pointe. Des pendeloques charnues occupent la commissure. Les tarses sont robustes et proportionnés. Les ailes ont leurs deuxième et troisième régimes les plus longues. La queue est allongée, et formée de rectrices étagées.

Le type de ce genre, et sans contredit la seule espèce qu'on doive y admettre, est le créadion à pendeloques (1), qui habite la terre de Diémen , et dont le plumage est roux, flammé de brun, avec les plumes de la gorge étroites et soyeuses, ayant du blanc aux ailes et à l’extrémité de chaque rectrice. Le ventre est jaune, le dessus du corps gris, flammé de roux-brun.

LES CALLOEAS.

Callœas Forsr.

Sont rangés parmi les glaucopes par les naturalistes modernes. Ils s’en distinguent par plusieurs caractères. Le bec est court, épais, renflé sur les côtés ; à narines nues, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas cachées par les plumes du front. Leurs barbillons charnus, aplatis, discoïdes, s’attachent à la base des mandibules. Les ailes sont courtes et arrondies; la queue est ample, arrondie; les tarses sont très longs et grêles, à scutelles très minces. Le seul oiseau de ce genre est le callæas cendré (?), qui vit à la nouvelle - Zélande, et qui se tient dans les bois, où il se nourrit de fruits en poussant un petit gloussement. Ses longues jambes lui servent à courir, car son vol est peu étendu. Son plumage est uniformément bleu-ardoisé, relevé par un petit bandeau frontal noir-séricéeux. Son bec et ses jambes sont noirs. Sa longueur totale est de quinze pouces. Les barbillons sont rouge-defeu au disque,

* azur à leur attache , et se font remarquer chez les deux sexes.

LES GLAUCOPES ().

Ont un bec assez allongé, convexe, comprimé sur les côtés ; les narines sont entièrement cachées

x) Pie à pendeloques, Daudin, t. If, pl, 16 : creadion carunculatus, Vieill., Gal , pl. 94: merops carunculatus, Lath.: corvus paradoæus, ibid.: Shaw, White, p. 144% et 240 : antochæra carunculata, Horsf. et Vig.

(2) Callœus cinerea, Forst.: Enchiridion : Vieill., Gal., pl. 93 (mauvaise figure), Paudin, Ornith, t. Hi, pl. 21 : glaucopis cinerea, Gm.: Quoy et Gaim., Astr., pl. 15 (bonne figure ).

(3; Glaucopis, Lath.: Temm. : temnure, femnurus, Less., Ornith., p. 341.

HISTOIRE NATURELLE

par les plumes veloutées du front. Leurs ailes sont courtes , subarrondies , à cinquième rémige la plus longue. Les tarses sont robustes, mais courts et garnis de scutelles rapprochées. Leur queue est composée de rectrices étagées, arrondies ou tronconnées à leur sommet. Les trois espèces connues sont de l'Asie : 4° le leucoytère (1), que l’on trouve à Sumatra, est noir dans son entier, un miroir neigeux sur l’aile excepté. Sa queue est arrondie. 2° Le nègre (?) ressemble au précédent , mais il habite à Bornéo, et son plumage, entièrement noir-bleuâtrelustré, n’a pas de miroir blanc. Ses ailes sont aussi plus longues et moins arrondies : sa tête est surmontée d’une petite huppe placée sur le front. C’est aux alentours de Pontianak que se l’est procuré le voyageur françois Diard. 5° Le temnure (3) est aussi complétement noir, mais toutes les pennes de la queue sont tronquées et decoupées en travers à leur sommet. Il vit à la Cochinchine.

LES TÉMIAS ().

Réunis aux glaucopes par M. Temminck , ils s’en distinguent par leur bec moins élevé, à mandibules entières, comprimées sur les côtés, lisses à leurs bords et à commissure peu fendue. Les narines sont entièrement cachées sous les plumes veloutées du front. Les ailes sont aiguës, à troisième et quatrième rémiges les plus longues. Les tarses sont médiocres, scutellés. La queue est longue, régulièrement étagée, et formée de dix rectrices roides. La seule espèce de ce groupe est le témia (°) de Levaillant, que l'on trouve dans la plupart des Moluques, à Badda, à Java, etc. Dans cette dernière île, on le connoît sous les noms de chekelut et de bonteot. Son plumage est vert bronzé, tirant au noir velouté sur la tête.

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