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LES BATELEURS

Forment une tribu qui n’a toutefois qu’une espèce répandue au Sénégal et à la pointe méridionale-de l’A'rique. Els se reconnoissent au premier aspect à leur forme écourtée, car leur queue rectiligne est d'passée par les ailes. La face est nue ou seulement rarnie de quelques poils rares. Les narines, taillées en ovale , sont placées verticalement. Des squamelles recouvrent le dos des doigts et occupent ledevant des tarses. Le RATELEUR (5), que Levaillant a le premier fait connoitre, est, à ce qu’il paroît, très commun dans les bois de Lagoa, aux environs du cap de Bonne-Espérance, et sur les montagnes, où il vit par paires. Sa cire est d’un rouge orangé, de même que les tarses, tandis que son plumage est d’un noir profond, lavé de roussâtre, la queue excepté, qui est d’un roux vif. La femelle, plus grosse que le mâle, est d’un roux brunâtre sur le corps, brun

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(:) Pandion, Savig., Cuv.

2) Falco halietus, Gm.

() Falco carolinensis, et F. leverianus, Gm.

(4) Theratopius, Less. ,Ornith. 46; Helotarsus, Smith, Proceed. 3, 45.

(5) Falco ecaudatus, Shaw ; Levaill, Af, pl. 7 à 8.

HISTOIRE NATURELLE

teinté de roussâtre à la queue, et sa cire est noiràtre. Elle pond de trois à quatre œufs qu’elle place dans un nid fait de bûchettes, et assujetti dans les fourches des arbres. Le père et la mère dégorgent la nourriture à leurs petits à la manière des vautours , et se nourrissent de proie vivante aussi bien que de charognes, et recherchent de préférence les jeunes des gazelles et des autruches. Le nom de bateleur, donné à cet accipitre, vient de son habitude de faire des cabrioles en volant : les colons d’Auteniquoi l’appellent berghaan ou coq de montagne.

LES CIRCAETES ().

Tiennent à la fois des aigles-pêcheurs , des buses et des balbuzards. [ls ont les ailes des premiers, l’allure des secondes, et les tarses réticulés des derniers. Le type de cette tribu est le jean le blanc (?), que Buffon a figuré pl. 415 de ses enluminures. On doit placer encore dans ce groupe trois espèces nouvelles. 4° Le CIRCAETE A POITRINE NOIRE ($) a son plumage brun, la gorge brune variée de blanc, la poitrine noire, ainsi que l'indique son nom spécifique, le ventre blanc, de même que la queue, simplement zonée à son extrémité, qui est échancrée. C’est un oiseau du cap de Bonne-Espérance. 2 Le CIRCAETE GRIS (#) à plumage roux brun enfumé, avec quelques rayures blanches sur les couvertures inférieures. La queue, légèrement échancrée, est brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous. La cire et les tarses sont jaunes. I! habite le Sénégal. 5° Le CIRCAETE COURONNÉ(®) décrit par d'Azara sous le nom d’aigle à couronne, et que les Guaranis nomment {aguato-hobi ou buse bleue, est un grand accipitre du sud de l'Amérique, remarquable par la petite huppe qui surmonte l’occiput, par son plumage brun mêlé de bleu, plus foncé sur les parties supérieures, par sa queue carrée, noire, marquée de deux barres blanches. Il pousse un sifflement aigu et lamentable; se perche sur la cime des plus grands arbres , d’où il se précipite sur sa proie, qui consiste en tinamous, en oiseaux de basse-cour et en petits mammifères. Pressé par la faim , on le voit se rabattre sur des charognes. Ce circaële se rencontre au Brésil, au Paraguay et sur les rives de la Plata.

(x) Circaetus, Vieill. de circus aquila.

() Falco gallicus, Gm.

() Falco thoracicus, Cuvier, Less. 48; Circactus pectoralis, Smith. Proceed , IX, 45.

(‘) Circactus cinereus, Vieill. Gal. pl, 12.

(5) Falco coronatus, Temm. 234; Harpyia coronata, Vieill, Encycl. IE, 1252.

DES OISEAUX

EL DEECEEEEEEE—————— ………—…… …— ———

LES HOEMATORNIS ().

Tiennent des balbuzards par la disposition des maudibules, la coupe des ailes et leurs tarses réticulés, mais ils s’en éloignent par les proportions grêles des j mbes, la forme de leurs ongles et par la puissance de leur instinct destructeur. Les trois espèces qui constituent ce groupe tirent leurs principaux traits de dissemblance de leur taille. Ce sont : 4, Le BACHA (?) qui habite l'Afrique et l'Inde continentale dans le Dukhun, et que Levaillant a décrit en ces termes :

« L'oiseau de proie, nommé bacha , ne fréquente que les montagnes stériles et brûlées du pays le plus reculé des grands Naraquois, et de là vers le tropique du Capricorne, seule partie de l’Afrique méridionale où je l’ai rencontré, et où il est même peu commun. Cet oiseau, qui paroît assez se rapprocher des buses, se perche toujours sur le sommet de quelque roche escarpée, d’où il peut guetter et découvrir plus facilement un petit quadrupède très abondant sur toutes les montagnes de ce pays aride, savoir : le clip-das des colons du Cap; et quoique d’autres oiseaux de proie chassent aussi ces animaux, il est certain que celui dont il est question en prend infiniment plus ; enfin, c’est sa chasse habituelle et sa nourriture de préférence. Il est positif que les damans, qui sont très subtils et toujours en garde contre un ennemi aussi cruel, quittent dans ces circonstances rarement le bord de leur antre profond, où ils sont bientôt enfoncés dès qu'ils apercoivent leurs ennemis, et par là forcent souvent l’oiseau de proie à chasser de plus petits individus ; trop heureux alors de se rabattre sur quelques lézards, et sur des insectes qu’il ne dédaigne pas dans les cruels instants de disette. »

« J'ai vu le bacha, dit Levaillant, pour surprendre un daman , passer trois heures de suite sur une pointe de roche, ayant la tête enfoncée dans ses épaules , et y rester si immobile, qu’on l’auroit facilement pris pour une partie même de la roche sur laquelle il étoit posé. C’est de cette embuscade que, saisissant un instant favorable, l’oiseau chasseur se précipite comme un trait sur l’animal qu’il aperçoit au bas du rocher sur le bord de son trou. Quand il a manqué son coup , on le voit retourner tristement à la même

{) Vigors, Proceced. I, 170. Rostrum subforte, satis elongatum ; mandibula superiori ad basin recta, ud apicem valdé curvata, naribus ovalibus oblique incera positis. Alæ longa, subrotundeæ ; remige prima subbrevi, pedes subdebiles, subelongati; tarsis rugosis squamatim reticulatis, digitis subbrevibus, reticulatis ; unguibus fortibus, cauda satis longa, subrotundata.

&) Falco bacha, Lath, ;Levaill. Af, €. E, pl. 15, p, 4%.

place où il s’étoit mis aux aguets; et là, comme s’il étoit confus de sa maladresse, il laisse échapper plusieurs cris lamentables qu’on peut rendre par hi-houi-hi-houi-hi-houi-hi-hi; ces tristes accents semblent peindre ses regrets et sa colère ; mais un instant après, quittant cette première embuscade, il va loin de là s'établir dans un poste, où il se fixe avec la même patience et la même immobilité, jusqu’au moment où, plus heureux ou moins maladroit, il a réussi à se saisir d’un de ces animaux qu’on entend à son tour faire des cris affreux, qui jettent tellement l’effroi parmi tous les damans du voisipage, qu’on les voit alors partout se précipiter dans leurs vastes souterrains pour n’en sortir de la journée.

» Étant quelquefois moi-même à la chasse du daman , dans ces cantons stériles où, manquant de vivres, nous étions obligés de les tuer pour nous en nourrir, si par h:sa1rdun bachasesaisissoit d’un daman dans les environs de notre chasse, il étoit inutile de s'attendre , de plus de trois à quatre heures, à en voir venir un seul sur le bord de leurs demeures, tant les cris de celui qui avoit été saisi imprimoient de terreur à tous ceux du canton, et pour en voir d’autres il falloit absolument s'éloigner assez pour arriver dans les environs où les cris du malheureux patient n’eussent point été entendus.

» Aussitôt que le daman est saisi, l'oiseau l’emporte vivant sur une plate-forme voisine, et là il semble jouir du plaisir de déchirer les flancs de cet animal , qui est déjà à moitié dévoré qu’on entend encore ses cris douloureux. A voir cet oiseau de proie dépecer et déchirer le daman, on le croiroit plutôt animé par la colère que commandé par la faim.

» On peut remarquer sur les roches, teintes de sang, toutes les places où cet oiseau cruel et sanguinaire a immolé une victime ; au reste, ce caractère féroce du bacha est bien analogue au sol ingrat et stérile où la nature semble l’avoir fixé et condamné à vivre. Je ne l’ai jamais vu dans les cantons riants et fertiles que j'ai parcourus dans mon premier voyage. Des habitudes aussi sauvages annoncent un oiseau fait, comme l'aigle et tous les êtres cruels, pour vivre isolé; aussi le bacha vit toujours seul, jusqu’au moment où la nature semble commander si puissamment à tous les êtres, même les moins faits pour la société, de se réunir pour multiplier leur espèce. C'est donc dans ce seul temps que le besoin de se reproduire force le mâle à chercher une femelle, qu’il s'associe seulement pour passer ensemble la saison des amours, qui ne commence pour ces 0isCaux qu’en décembre, et ne dure que le temps nécessaire au développement de deux ou trois petits, qui naissent dans une caverne profonde, parmi les rochers, et n’ont eu pour berceau qu'un amas de branches sèches, surmontées d’un lit de mousse et de feuilles mortes, entassées sans aucun ordre, et sans beau-

coup d’arrangement. Le bacha est de la taille de notre bused’Europe, oiseau auquel ilressemble assez quant à sa configuration générale, mais duquel il diffère beaucoup dans le détail, tant pair ses caractères que par ses mœurs; il est aussi plus leste, moins massif et plus allongé, mieux taillé enfin pour la chasse. El se caractérise par une touffe de piumes longues, qui dépassent par derrière et au bas de la tête. L'oiseau étale cette espèce de huppe horizontalement , comme une queue arrondie. Le bout de chacune des plumes de cette huppe est noir, et du reste elles sont entièrement blanches. Le sommet de la tête est couvert de plumes noires à leurs pointes, et blanches extérieurement ; mais le blanc qui s’apercoit dans plusieurs endroits égaie un peu le plumage monotone de cet oiseau, dont la couleur est généralement partout d’un brun terreux, plus foncé sur les ailes et la queue, et plus lavé dans les parties du dessous du corps. Depuis la poitrine jusqu'aux jambes , toutes les plumes sont parsemées de plusieurs taches blanches, à peu près rondes; pareilles se voient sur l’épaule de l'aile. Les recouvrements du dessous de la queue, et le bas-venire, sont rayés de blanc et de brun, et les couvertures des ailes sont terminées de blanc; la queue porte une large bande d’un blanc fauve, et toutes ses pennes sont liserées de blanc à leurs pointes. Le bec est couleur de plomb, sa base est jaune, ainsi que la peau presque nue du tour de l’œil. Les pieds, les doigts et les serres sont noirâtres, l'iris est d’un brun rouge foncé.

» La femelle est plus forte que le mâle, et ses taches blanches sont moins apparentes et plus salies de fauve. Je n’ai vu que sept individus de cette espèce; des sept, je n’ai pu parvenir à en tuer que quatre, deux mâles et deux femelles. Il ne m'est jamais arrivé de trouver ces oiseaux dans la plaine, et souvent je les ai entendus sans les apercevoir. Au reste, ils sont très farouches et fort difliciles à approcher. »

2 Le B1po (1) des Javanais, décrit par le docteur Horsfield, ne paroît différer du précédent rapace que par une taille moindre ; tout porteà croire qu’il n’en est qu’une variété de localité.

5° L'HOEMATORNIS ONDULÉ (?) est long de deux pieds sept pouces anglois ; son plumage est, sur le corps, d’un brun intense, passant en dessous au roux brunâtre. La poitrine est recouverte de raies fauves et onduleuses, et sur le ventre se dessinent

() Falco bido, Horsf., Trans. Soc Linn.t. XIE, p. 137 ; fuseus, capite supra remigibus caudaque nigris; plumis cristæ capitis aliis basi albis ; cauda fascia lata albida, alis subtus abdomine crisso cruribusque albo guttatis.

2) I. undulatus, Vig., Proceed. 1, 170; U, 15, Gould, Cent, of birds.

HISTOIRE NATURELLE

des ocelles blancs bordés de noir. La tête, la huppe et la queue sont d’un noir brunâtre ; mais les plumes de la tête , blanches à leur naissance , sont frangées de roux à leur sommet, tandis que sur la queue s'étendent une large bande dans son milieu et une plus grêle à son extrémité, l’une et l’autre roux blanchâtre.Sur le carpe apparoissent des taches blanches. C’est dans les montagnes de l'Himalaya que se rencontre cette espece.

49 L’'ŒMATORNIS DE MANILLE (!) est moins gros que le bacha d’un tiers, et lui ressemble beaucoup, quant à la coloration du plumage. Il vitaux iles Philippines.

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