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ne.
LA
queue en dessous est d’un roux brun à teinte égale, et d’un brun jaune clair en dessous. Les joues et les côtés du cou sont roux brun tacheté de jaune roux. L'iris est brun ; tout le dessus du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, est d’un jaune roux finement rayé de brunâtre par raies rapprochées et régulières.
Cette femelle n’a point d'éclat, n’a point de parure ; sa queue est régulière; en un mot, elle ressemble à un oiseau obscur, s’il ne s’attachoit point à sa connoissance le haut intérêt que la beauté et la rareté de son époux inspirent aux ornithologistes.
M. Roland, le maitre canonnier de la corvette /« Coquille, dans son voyage autour du monde, qui nous à rendu tant de services par son adresse à la chasse, tua le mâle et la femelle des manucodes qui enrichissent en ce moment les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris. M. Valenciemens, dans son catalogue de nos collections présenté à l’Institut,
avoit pris cette femelle pour un oiseau du genre merle, turdus.
LES DIFILLODES.
Diphyllodes.
La seule espèce de cette tribu, connue sous Île nom de magnifique ou de manucode à bouquets, se rapproche plus du vrai manucode que de tout autre petit genre des paradisiers. Comme dans ce genre, le bec, plus court que la tête, est comprimé sur les côtés, ayant les fosses nasales abondamment revétues de plumes courtes, serrées et veloutés. Comme chez le manucode mâle, les deux rectrices moyennes s’allongent en deux longs brins recourbés, mais avec cette différence que ces deux brins se terminent en pointe, et se trouvent garnis de fines barbules sur leur bord externe. Ce qui caractérise assez nettement le difillode, ce sont les plumes allongées et imbriquées du manteau, les plumes en payé du devant du corps, et les ailes moins longues que la queue, bien que celle-ci soit courte; ailes moins amples, plus pointues que celles des manucodes. Les flancs n’ont point non plus les parures de ces derniers.
On connoit seulement l'individu mâle de ce type générique, et encore cette connoissance repose-t-elle sur des individus en assez mauvais état : mais nul voyageur européen ne s’est procuré ni la femelle ni le mâle complet, et encore moins des détails sur les mœurs, le genre de vie, et même la patrie réelle de cet oiseau. C’est donc sur ce ditillode que les observations des navigateurs devront à l’avenir se diriger,
s'ils veulent compléter nos études sur la brillante famille des paradisiers.
LE DIFILLODE MAGNIFIQUE.
Diphyllodes magnificus.
Le magnifique, que Guénau de Montbéliard a nommé le premier manacode à bouquets, par rapport aux plumes rangées en faisceaux derrière le cou, paroît être identique avec le paradis huppé ou manucodiata cirrhata, qu'Aldrovande a décrit d’après des peaux évidemment falsifiées par les préparateurs, et dont quelques auteurs ont fait à tort une deuxième espèce.
Le difillode magnifique a près de sept pouces de Jongueur totale. Son bec est brunâtre à la base et jauue à la pointe. Les tarses et les pieds desséchés paroissent avoir été à teinte carnée ou jaunâtre. Le nombre des plumes caractéristiques qui revêtent le cou varie, car Montbéliard n’en a compté qu'une vingtaine, tandis que Levaillant en a signalé plus de cent. Ces plumes étroites, roussâtres , tachetées de noir à leur extrémité, se relèvent sur leur base, mais moins à mesure que l’on avance vers le dos, où, plus longues et couchées, elles forment un second faisceau d’un jaune paille plus foncé sur ses rangs inférieurs. Ces plumes, couchées dans l’état de repos, peuvent être relevées en une espèce de fraise ou de collerette bouffante, et toutes sont coupées carrément à leur sommet. Les narines sont cachées par des plumes courtes, épaisses et séricéeuses : les plumes du dessus de la tête et de l’occiput sont vertes, celles de la gorge et de la poitrine sont bleues ; toutefois, le vert et le bleu sont distribués de manière à ce que chaque plume, taillée en pavé, soit émaillée d'azur au milieu, et de vert à sa base et à son sommet, de sorte que couchées les unes sur les autres, elles dessinent des sortes de lignes transversales sur une ligne verticale. Les côtés du cou, ou les jugulaires, sont vert brun; ie ventre est vert glaucescent; les grandes couvertures alaires sont jaune chamois et marron lustré. Les rémiges sont branâtres en dedans, jaunes en dehors, tandis que les rectrices sont brunâtres. Le dos et le croupion sont vert bronzé.
Le: deux filets de la queue ont de sept à huit pouces de longueur. Els sont pointus et très légèrement barbulés sur leur bord externe, et se croisent en dessus de la queue.
Les Papous du havre Doréy nous vendirent une dépouille de magnifique en mauvais état. Ce fut la seule que nous observâmes durant notre séjour sur ce poiat du globe. Les auteurs s'accordent tous à donner pour patrie à celte espèce la Nouvelle- Guinée.
HISTOIRE NATURELLE
Levaillant, dans la planche 19 de ses oiseaux de paradis, a fait figurer un individu qu’il regarde comme un jeune âge, et cet ornithologiste suppose avec juste raison que la femelle doit avoir une livrée terne et bariolée. 11 va même jusqu’à dire le plumage brun en dessus, gris rayé de noir en dessous, avec les ailes roussâtres. Certes, cette femelle doit être, comme toutes celles que nous connoissons, privée des parures des mâles, des brins de la queue, et peinte de roussâtre avec des traits en zigzags bruns sous le corps.
LES ASTRAPIES.
Astrapia.
On ne connoît qu’une seule espèce d’astrapie, que sa rareté et son admirable plumage ont fait nommer par Levaillant l’incomparable ou pie de paradis , et c’est à M. Vieillot qu'on doit sa distinction générique et la création du nom barbare astrapia. Cet oiseau est un exemple frappant des fluctuations que les auteurs systématiques font éprouver aux êtres qu’ils cherchent à caser dans leurs diverses méthodes; car M. Cuvier à persisté à le classer avec les merles, M. Temminck avec les pastors, sortes de turdusinées , il est vrai; M. Vieillot après le témia, bien que rien ne puisse légitimer son enlèvement de la famille des paradisiers à laquelle il appartient comme tribu distincte seulement.
L’astrapie a le même plumage somptueux chez le mâle, sordide chez la femelle, que les vrais paradisiers. Les plumes ont la forme gemmacée qui caractérise celles des émeraudes, des manucodes et des épimaques ; seulement les plumes de la queue ont pris un immense développement, à la manière des rectrices de quelques merles bronzés d'Afrique.
Onignore complétement les habitudes etles mœurs des astrapies.
L'ASTRAPIE À GORGE D'OR.
Astrapia gularis.
Le corps de l’astrapie à huit pouces de longueur, et sa queue de dix-huit à vingt-deux pouces : sa tête est remarquable par les plumes des côtés de la tête et de l’occiput, qui sont longues et soyeuses, et qui retombent sur les côtés du cou en formant une double happe. Toutefois, ces plumes ne paroissent point être dressées dans l’état de vie, mais seulement flotter lâchement sur les côtés de la tête : celle-ci, en entier d’un noir vert à reflets luisants; le dessus du
cou, à partir de l’occiput, le manteau, sont d’un vert bronzé très brillant ou à reflets dorés, mordorés et iodurés , suivant les directions des rayons lumiueux. Toutes ces plumes sont rigidules , étroites à leur base, arrondies à leur extrémité, et imbriquées les unes sur les autres absolument à la manière des écailles de poisson. Tout le devant de la gorge est revêtu de plumes aussi squameleuses, formant une sorte de large cravate, ayant les teintes les plus miroitantes, depuis l'or vermeil jusqu’au cuivre de Rosette, et entouré d’une sorte de haussecol des plus chatoyants en or, cuivre et acier. Les côtés de la poitrine et toutes les parties inférieures sont d’un vert uniforme, intense et lustré.
Les ailes sont dites à rémiges primaires noires, teintes de violet sur les secondaires ; mais les individus que nous avons possédés étoient privés de ces parties. La queue est formée de douze rectrices grandement étagées, très larges, très roides, arrondies à leur extrémité, nuancées de marron brunâtre ondé de bandelettes transversales brunes en dessous, tandis qu’en dessus elles sont d’un beau et riche violet velouté, les barbes internes étant violettes et les externes bleu noir pruineux.
L'individu que Levaillant a décrit comme étant du sexe femelle nous paroît être un jeune mâle caractérisé par sa taille plus petite, son plumage noirâtre ou fuligineux, sa queue brun roussâtre et son ventre rayé de fauve.
La femelle a son plumage gris ardoisé, la tête et le cou noirs, les ailes grises, lavées de roux, et la queue lisérée de brunâtre.
L’astrapie est encore très rare dans les collections, et son prix commercial est de cinq cents francs. Nous avons déposé au Muséum d’histoire naturelle le bel individu qu’on y remarque, et donné un second individu à la curieuse collection de M. Kéraudren. Nous nous procurâmes ces deux magnifiques dépouilles à la Nouvelle-Guinée, par des échanges avec les Papous, et ce furent les seuls que les François se procurèrent dans les deux voyages de découvertes de la Coquille et de l’Astrolabe.
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LES TIMALIES ().
Sont des oiseaux asiatiques, de la taille à peu près d’un merle; et caractérisés par un bec médiocre, plus haut que large, comprimé sur les côtés, peu échancré à la pointe. Les narines sont placées sur le rebord des plumes du front. La commissure est gar-
() Timalia, Horsf., Zool. res.in Java, Trans. XIII, 450. Lafresn., Révis., 1835, Mag. de zool., pl. 39 et 40.
nie de quelques poils rares et courts ; les ailes sont courtes et arrondies , à sixième et septième les plus longues. Leur queue est allongée, graduce; leurs tarses sont robustes, et l’ongle du pouce est très prononcé.
La timalie chaperonnée (1) est sociable, car on la rencontre, audire de M. Horsfield, dans les buissons qui entourent le village et les plantations, et très rarement dans lesgrandes forêts. Son chant est agréable et cadencé; on ignore si les autres espèces présentent les mêmes particularités de mœurs. Cet oiseau, que les Javanois nomment gogo-stile et dawit, est d’un fauve olivâtre, que relève le marron vif dessinant sur sa tête une sorte de calotte. La gorge et le cou sont blancs, linéolés de noir; le ventre est d’un blanc sale, les rémiges sont fauves en dedans, châtains en dehors ; sur le cou les plumes ont leur rachis noir. Sa taille est de six pouces.
M. Temminck rejette parmi les fourmiliers la timalie gulaire (?), qui a les plus grands rapports avec la précédente. C’est un oiseau de Sumatra, où les Malais le nomment burong-puding, à corps brun en dessus, mais les ailes et la queue brunâtres, les parties inférieures jaunâtres, les flancs cendrés, la gorge et la poitrine jaunes, avec des traits sagiltés sur chaque plume.
M. Franklin a ajouté à ce genre les espèces indiennes qu'il a étudiées sur les bords du Gange. La timalie bicolore (3) ; son plumage est roux brun en dessus, blanc jaunâtre en dessous. La timalie à ven tre ferrugineux ({) ; brune olivâtre en dessous, avec le front et le dessous du corps roux ; sa queue est légèrement rayée de brun en dessus. La timalie chataræa (5) est brunâtre clair sur le corps, roux cendré en dessous, la tête et le dos sont striés de lignes brunes.
M. Jardine a figuré la timalie (6), dont le plumage est brun marron sur le corps, blanc en dessous, mais lavé de teinte ocreuse au bas-ventre; les jambes sont jaunes.
M.Sykes, dans son excursion dans le pays des Mahrattes, a ajouté deux nouvelles espèces à ce genre. Latimalie de Malcolm (T), qui est brune grisâtre, avec les ailes plus foncées, et finement rayées de brun ; le
(:) T. pileata, Horsf., Zool. res. in Java, et Trans. XIII,
(2) Motacilla qularis, sir Raffles , Cat., Trans. XIIT : timalia gularis, Horsf., res. in Java, fig. 2: myiothera gularis, Temm., pl. 442, fig.1.
(3) Timalia hypoleuca, Frank., Proceed., 1, 118 : Lafresn., Mag. de zool., 1835, pl. 39.
) T. hyperythra, ibid. : Lafresn., pl. 49 : pastor minutus , Lin.
(5) T. chataræa, ibid. : gogoye thrush? Lath.
(6) T. Horsfieldii, vl. 119.
(1) T. Malcolmi, Sykes , Proceed., IT, 88.
dessous du corps blanchâtre, lavé de rose. Cet oiseau viten troupes composées d’une douzaine d'individus, dont le vol est lent et embarrassé, et qui ne cessent de gazouiller. Il se nourrit de graines et de sauterelles. La timalie de Somerville (1), a les habitudes semblables à l'espèce précédente; ses yeux sont jaune pâle, et elle se tient dans les plaines ; son plumage est brun roussâtre, passant au roux sur le ventre et le bas du dos. Les plumes du devant du cou ont des gouttelettes bleues dans leur portion moyenne.
Il nous répugne de placer avec les timalies (ainsi que le propose M. Temminck) l'oiseau qu’il a d’abord figuré sous le nom de brève thoracique (?) et qui vit dans les iles de Java et de Sumatra ; les narines sont percées en scissure oblique etétroite, dans une fosse profonde ; le bec n’a pas de cils à la commissure. Les ailes sont subaiguës, la queue est simplement arrondie. Cet oiseau a le plumage chocolat, excepté la gorge, qui est noir mat, et un large plastron blanc de neige qui occupe le haut du thorax.
Le fourmilier hausse - col noir (?) de M. Temminck, qui vit à Java, est évidemment une timalie, brun roux en dessus, blanc bleuâtre en dessous, avec du roux sur le ventre. Cet oiseau a deux taches noires sur les côtés du cou et une en avant de la poitrine ; les ailes sont rousses, avec un miroir blanc sur l'épaule.
La timalie poliocéphale (4) est un peu moins grande que la tachetée. Toute la tête, les joues et la gorge sont d’un gris cendré dont la nuance rembrupit un peu vers l’occiput, les petites plumes qui garnissent le front sont bordées de blanchâtre, et celles de la gorge portent une petite raie longitudinale et blanche sur leur ligne médiane ; tout le dessus du cou et du corps est d’un brun légèrement olivâtre ; les ailes et la queue d’un roux foncé; le devant du cou et la poitrine roux de rouille ; le ventre, l'abdomen et les cuisses d’un brun roux. Pieds et mandibule supérieure du bec bleuâtre , l’inférieure blanchätre. Sa longueur est cinq pouces six lignes. Les sexes ne diffèrent point. On trouve cette espèce à Sumatra et à Bornéo.
La timalie à gorge noire (5) n’est point munie d’ornements accessoires, mais elle se distingue par des couleurs tranchées, quoique formées de teintes sombres, comme le sont généralement toutes les espèces dont ce genre est composé.
« Sommet de la tête noir, marqué de petites stries blanches longitudinales; occiput d’un noir olivâtre sans taches ; nuque , dos, ailes et les longues plumes du croupion d’un roux marron vif; joues, côtés du
() T. Somervillei, ibid.
E) T. thoracica , Temm., pl. col. 76.
(©) Myiothera melanothorax, Temm., pl. 185 , f, 2. (4) T. poliocephala, Temm., pl. 593, fig. 2.
(3 À. nigricollis, Temm., pl. 494, fig. 2.
HISTOIRE NATURELLE
cou, poitrine et ventre d’un gris foncé ; gorge et devant du cou noir parfait; ces parties sont encadrées par un ruban blanc; une tache blanche forme moustache et une autre tache est placée derrière les yeux; pennes des ailes et de la queue noires, lisérées de marron vif; les pieds très vigoureux sont, de même qu’une partie du bec, noirâtres ; la mandibule inférieure est blanchâtre. Longueur einq pouces. »
Celle-ci a été rapportée de Bornéo, et n’a point été trouvée à Sumatra ni à Java.
La limalie porte-crins (1) est remarquable par la longueur extrême des plumes subulées, dont une partie du dos, le croupion et les flancs sont couverts. Elle se rapproche un peu par la forme du bec des vraies fourmiliers , mais ses pieds robustes à tarse court lui assignent un rang parmi les {imalies, dont elle a les mœurs et les habitudes.
« Sommet de la tête d’un roux ardent; joues, nuque, manteau, poitrine et flancs d’un brun roux ; gorge et région labiaire d’un noir plein; de chaque côté de la gorge une petite tache d’un blanc pur; milieu du ventre cendré, ailes et queue noires. D’une partie du dos et des flancs naissent des bouquets de longues plumes subulées ou crins à barbes désunies et à tiges blancies, que l’oiseau a probablement la faculté d’étaler , et qui forment un ornement accessoire échu en partage aux deux sexes ; le manque de tache blanche à la gorge distingue la femelle du mâle. Longueur, cinq pouces et demi. »
On a trouvé cette jolie espèce à Bornéo et à Sumatra ; mais elle ne vit point à Java.
La timulie tachetée (?) a été décrite par M. Temminck en ces termes :
« Le mâle a le front, une partie du sommet de la tête, le devant du cou, la poitrine et le ventre couverts de larges mèches noires encadrées par un liséré blanc; la gorge et les lorums sont d’un noir plein ; occiput, nuque, dos, ailes et flancs d’un cendré brun verdâtre; le croupion, amplement garni de longues plumes à barbes soyeuses, est d’un roux ardent; la queue et les rémiges brunes, bordées de reux ; le bec et les pieds noirs. Longueur, six pouces ou un peu plus.
» La femelle a des teintes plus claires; point de taches sur la tête et seulement de faibles marques au ventre ; le roux du croupion plus elair et des teintes roussâtres aux flancs et à l’abdomen ; la mandibule inférieure du bec est blanchâtre.
» On trouve cet oiseau à Bornéo et à Sumatra, mais nullement dans l’île de Java. »
(") T. thrichorrhos , Temm., pl. 594, fig. 1. (2) T. maculata, Temm., pl. 593, fig. 1.
DES OISEAUX
LES TIJUCAS.
Tijuca. Less.
Ont leur bec médiocre, plus court que la tête, assez robuste, un peu courbé, terminé en pointe erochue, assez fendu, à bords légèrement rentrés en dedans, élargis à la base et comprimés vers la pointe. La mandibule supérieure est convexe, à arête arrondie,entamant les plumes du front, terminéeen pointe et fortement échancrée à son extrémité, qui reçoit Ja pointe de la mandibule inférieure; celle-ci un peu plus courte et arrondie en dessous; les narines sont basales, larges, couvertes, creusées dans une fosse profonde et triangulaire, en partie recouverte de plumes eflilées, soyeuses, terminées en barbe unique et légère.
Les ailes sont amples, médiocres , à rémiges larges, échancrées vers leur extrémité au bord externe. La première penne assez longue, la seconde plus longue et presque égale à la deuxième et à la troisième ; cette dernière, la quatrième et la cinquième les plus longues.
Les tarses sont courts, médiocres, de la longueur du doigt intermédiaire, vêtus jusqu’un peu au dessous du genou, légèrement scutellés en avant, et réticulés en arrière, à doigts antérieurs au nombre de trois, l’interne le plus court, l’externe soudé avec l'intermédiaire jusqu’à la première articulation, tous terminés par des ongles recourbés, médiocres, comprimés ; le pouce est robuste, plus développé, ainsi que l’ongle, que les doigts antérieurs.
La queue est médiocre, égale, composée de douze rectrices roides, larges, dont les externes se déjettent un peu à leur extrémité.
La seule espèce de ce genre remarquable est le lijuca noir (1), qui a douze pouces de longueur totale, et dans ces dimensions le bec entre pour un peu plus de sept lignes, et la queue pour quatre pouces et demi. Ses formes sont robustes et bien proportionnées, et ses ailes etsa queue, par la nature de leurs pennes, annoncent que son vol est étendu, et qu’elle vit plus exclusivement dans les forêts.
Son plumage est de nature soyeuse, et est presque en entier d’un noir profond, mais légèrement lustré ; la sommité des plumes possède seule cette couleur, car le reste de leur surface est blanchâtre, et enveloppe le corps d’une couche épaisse de duvet; toutefois une légère teinte jaune se mêle au noir sur les couvertures inférieures de la queue, et les ailes présentent à leur partie moyenne un large miroir d’un jaune très pur et très éclatant, qui tranche sur le
(1) Tijuca nigra, Less., Cent. Zoo! , pl. 6.
noir intense de toutes les autres parties.Ce jaune, qui règne ainsi sur le milieu des rémiges, n’occupe toutefois que les barbes externes de chacune d’elles, et la première est même entièrement noire. Les tiges des rémiges sont aussi très fortes , assez larges, et d’un noir vernissé; les rectrices sont d’un noir profond, et la queue dans le repos est étroite, etun peu deltoïdale dans le mouvement.
Les plumes qui entourent la base du bec sont allongées, séliformes, soyeuses. Le bec est de couleur orangée et les tarses sont brunâtres.
Ce bel oiseau provient de l’intérieur du Brésil.
LES CHOCARDS ().
Sont remarquables par leur bec comprimé, arqué et échancré comme celuides merles, mais leurs narines sont couvertes de plumes veloutées, comme celles des corbeaux. Buffon s’est occupé assez longuement du chocard des Alpes, représenté en]. 551, qui étoit naguère la seule espèce de ce genre. Ccpendant M. Cuvier y ajoute le sicrin (?), que Levaillant a figuré pl. 82 de ses oiseaux d’Afrique. C’est un oiseau remarquable par les trois longues tiges recourbées et sans barbes qui naissent dans la région de l'oreille, de chaque côté de la tête, et qui dépassent le corps. Il est brun, avec des plumes làches et rougeâtres sur l’occiput, le bec jaune et les tarses noirs. On dit qu'il vit aux Indes.
LES RHINOMYES ().
Ont été rapprochées des geais par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui ne connoissoit de ce genre que la curieuse espèce rapportée du Paraguay par M. d’Orbigny , et décrite sous le nom derhinomye lancéolée (4). Ce genre nous paroît faire double emploi avec les megalonyx, qui eux-mêmes semblent identiques avec les hylactes de M. Vigors. Voici les caractères assignés par le naturaliste anglois à ses hylartes. Leur bec est ailongé, grêle, échancré à la pointe, à narines basales, longitudinales , recouvertes dans la moitié de leur étendue
(1) Pyrrhocoraæx , Cuv.
) P.hexanemus, Cuv., Rég. an., I, 380.
(3) Rhinomya, ibid.; hylactes, Vig.? Le genre megalonyx (Less.)a été publié en janvier 1831 ; l’hylactes { Vig.) en 1831; et le rhyromya (ibid, Geoff.), le 30 mars 1832.
(4) R. lanceolata d'Orbigny et Isid.Geoff., Études zool., Fase.l, Mag. de Guérin, t. Il, 1832, pl. 3 ; d'Orbigny, Voy. Oùs., pl, 7, fig. 1 et 2 (9e liv.).
par une membrane renflée et par des poils. Leurs ailes sont très courtes et arro dies, à cinquième rémige la plus longue. Leur queue est étagée et assez allongée Les tarses sont robustes, scutellés en avant, à doigts et ongles longs, et ces derniers robustes et comprimés, celui du pouce surtout, qui est recourbé (1).
Les rhinomyes (?) ont le bec triangulaire, conique, et recouvert à la base par des plumes allongées. Les narines sont surmontées d’une écaille ovale qui les recouvre, en ne laissant se dessiner qu’une fente longitudinale (5). La queue est formée de douze rectrices étagées. Les ailes sont très courtes , et n’atteignent pas la naissance de la queue. Leur forme est arrondie. Les tarses sont forts, robustes, scutellés en avant, terminés par des doigs assez lonzs, armés d'ongles robustes; celui du pouce est fort et recourbé,. Or, tous ces caractères conviennent aux megalonyx, hylartes, et rhinomya. A1 faudra donc supprimer deux de ces dénominations pour n’en conserver qu'une dans la science.
LA RHINOMYE LANCÉOLÉE (1).
A sept pouces neuf lignes de longueur, c'est-àdire à peu près la taille d’un merle. Les plumes qui recouvrent la tête sont étroites, cfilées, et forment une sorte de huppe occipitale en se prolongeant en arrière : elles sont blanches au centre , rousses sur leurs bords, de même que celles qui recouvrent le cou. La gorge et la poitrine sont d’un cendré clair ; les flancs sont d’un roux vif, et le milieu du ventre est blanc. Le reste du corps est olivâtre , et les pennes caudales sont brunes à leur terminaison. Les yeux sont bruns, les pieds sont noirs et le bec de couleur de corne.
Cet oiseau a été rencontré sur les bords du Rio Négro dansla Patagonie, où ilest rare, et nommé 4allito parce qu’il dresse sa queue comme un petit coq, lorsqu'il marche en sautillant. Il se tient dans les haies et les buissons, où il se réfugie au moindre bruit. Son cri modulé est assez bien rendu par les syllabes elot, elot, poussé une ou deux fois par minute. Son vol est presque nul, et c’est en rasant la terre et s'appuyant de quinze à quinze pas qu’il fait usage de ses ailes. La 1hinomye saute et court avec Ja plus rare agilité, vit isolée, et se pourrit de
() M. Vigors décrit (Proceed., I, 15) l'Aylactes tarnii, d’un brun fauve foncé, ayant lefront , le dos, le ventre roux, et ce dernier rayé de brun. On le trouve dans l’île de Chiloe et au port Olway, dans le golfe de Penas.
(2) De rhines, narines, et myo , je ferme.
() Caractères tracés par M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire.
() Megolonyx Orbignyanus , N.
HISTOIRE NATURELLE
petites graines, de petits animaux, et surtout d’insectes et d'araignées.
LES PODOCES (!).
Podoces. Fisner.
Les podoces ont été décrits tout récemment par M. Fisher dans le tome VE (p. 251, pl. 21) des Mémoires de la Société impériale de Moscou. Leur nom vient du gree rufoxns , et indique qu’ils ont pour habitude de courir, car leur vol est lourd et de peu d’étendue. On n’en connoît qu’une espèce, découverte par le docteur Pander chez les Kirguis, au-delà d’Oremborg , et dont le genre de vie et les habitudes sont assez analogues à ceux des corbeaux. Tout autorise à penser que-se n’est même qu’une espèce de corvus, et qu’il faudra rejeter le nom de poduces quand l'oiseau sera mieux connu. Quoi qu’il en soit, M. Fisher établit ainsi les caractères de son nouveau genre :
Son bec est médiocre , de la longueur de la tête, déclive à la pointe, sans échancrure, peu anguleux ; la mandibule supérieure est plus courte que l’inférieure , et recoitet recouvre les bords decelle-ci; les narines sont basales, arrondies, larges, couvertes de plumes sétacées et retombantes ; les tarses sont robustes, longs ; leurs ongles sont triangulaires, très aigus, peu recourbés; une membrane verruqueuse déborde l'épaisseur des phalanges ; la première rémige est courte, la deuxième plus longue, les trois suivantes égales ; la queue est rectiligne.