OU LES AIGLES AUTOURS
Font le passage des aigles-pêcheurs aux véritables autours. Leurs ailes sont plus courtes que la queue ; leurs tarses sont élevés, grêles, couverts d’un duvet serré, et terminés par des doigts peu robustes. Les Grecs donnoient le nom de morphnus à un oiseau de proie ii connu aux modernes, tandis que celui de spizaëtus a été forgé du grec, et signifie aigle et accipitre. Ce sont de grands rapaces des Indes orientales ou occidentales, et aussi de l’Afrique méridionale.
Le type de cette tribu est l’oiseau que nous avons décrit sous le nom de SPIZAETE A RÉMIGES HAS- TÉES (?). M. Bellanger a rapporté deux individus de J’accipitre qui nous occupe, assez différents l’un de l’autre par leur plumage, pour que de prime abord on soit tenté de les distinguer. Mais les caractères génériques se réunissent pour donner une preuve assez positive de leur identité spécifique, en même temps que l’un et l’autre offrent la particularité d’avoir des rémiges ensiformes, mais à barbes dilatées et allongées à leur base et sur leur bord interne. Nous n'avons pu vérifier si les autres spizaëtes présentent cette dernière particularité, ce qui est supposable ; car tous les oiseaux de proie ont leurs rémiges à barbes rétrécies vers le tiers ou le milieu du rachis, mais aucun autre genre ne présente une dilatation aussi large , aussi régulièrement marquée que notre spizaëte. Ce caractère se retrouvera peut-être chez les aigles, et doit donner au vol une impulsion plus puissante, et une action plus compressive sur le fluide aérien que frappe l’aile.
Le bec de ce spizaëte est droit à la base en dessus , qui forme une sorte de plateau convexe; il est recourbé à l’extrémité, assez mince, médiocrement robuste, à arête légèrement convexe, à pointe très crochue, droite, à bord coupant, lisse, uni. La mandibule inférieure est taillée en biseau, à bords réguliers, lisses et canaliculée; ses branches sont très écartées , et leur intervalle est rempli par la peau de la gorge. La cire occupe la moitié de la mandibule supérieure ; elle est garnie de poils en avant de l'œil, et percée sur son bord antérieur et moyen pour l’ouverture de la narine. Celle-ci est nue, ouverte, ova- Jaire et oblique. La commissure de la bouche est
() Morphnus, Cuv.; spisaëtus, Vieillot.
2) Morphus hastatus, Less., voy. de Bél., Zool., p. 217.
d’une très grande ampleur, ellé se trouvé rebordée par un repli épais et comme cartilagineux, et s'étend jusqu’à l'œil; elle a deux pouces de longueur de l'angle à la pointe du bec.
Or, la particularité des poils implantés sur la cire, l’ampleur de la bouche, sont des caractères distinetifs des buses; mais l’allongement de la base du bec, et la portion recourbée éloignée du front est un caractère des aigles.
La tête de notre spizaëte est déprimée, aplatie; le cou est gros et court, les ailes longues et puissantes, bien qu’elles ne s'étendent que jusqu’aux trois quarts de la queue. Celle-ci est allongée. arrondie, composée de douze rectrices roides, et ovales à leur extrémité. Les ailes sont étroites, épaisses, à première rémige longue, mais beaucoup plus courte que la deuxième, et celle-ci que la troisième, qui est un peu moins longue que la quatrième; les troisième, quatrième, cinquième et sixième sont donc les plus longues. Les rémiges secondaires sont courtes, arrondies et amples; les couvertures sont de même forme que ces dernières, mais moins rigides. Les rémiges sont roides et terminées en lames à pointe conique. Les barbes du côté externe sont courtes, serrées et roides, toutefois celles de la base sont plus larges et forment un épatement. Celles du bord interne , d’abord très longues, se coupent assez nettement au tiers supérieur, et toutes celles qui leur succèdent assez uniformément égales ont neuf lignes de longueur, tandis que les premières en ont dix-huit.
Ce rapace a près de deux pieds de longueur totale. Son plumage est brunâtre sale, et la nature de ses plumes est sèche et sordide; un épais duvet blanc recouvre la peau. Les plumes, qui sont implantées sur la tête ,sont très pointues etterminées en un brin filiforme , prolongement de la tige moyenne. Les tarses sont allongés, emplumés jusqu’à la naissance des doigts, et recouverts dans toute leur étendue de plumes serrées et courtes. Celles des jambes sont au contraire épaisses et touffues. Les serres sont très robustes, très crochues, noires, convexes en dessus et imparfaitement creusées en goultière en dessous ; les doigts sont recouverts d’écailles petites, en aréoles , et la plante des pieds est épaisse et charnue. Le pouce, à la racine de l’ongle, a trois écailles, le doigt interne trois, le médian et l’externe chacun quatre ; la couleur des doigts est olivâtre.
Jeune äge : les plumes de la tête et du cou sont fauve blond, leur tige est brune, lustrée ; le dos, les grandes couvertures, sont fauves brunâtres, plus clairs et plus blonds sur le croupion ; les ailes sont fauves brunâtres. Les rémiges primaires et secondaires sont d’un noir vif et mat ; la queue est ample, arrondie , composée de douze rectrices arrondies à leur extrémité; elles sont brunes et légèrement
bordées de fauve blond, le plus souvent elles sont usées, de manière à ce que la tige, qui est d’abord blanche et puis noire, se termine en brin court et aigu. La partie inférieure de ces mêmes rectrices est d’un gris taché de fauve et terminé de cendré. Les plumes du dessous du corps sont d’un roux beaucoup plus vifsur les cuisses, que nuance par petites rayures un brun peu décidé. La région anale et les couvertures inférieures, qui sont très longues, sont d’un blanc légèrement lavé de jaunâtre.
Le bec et les tarses sont bruns; la cire paroît être jaune dans l’état de vie.
Agemoyen: les nuances par lesquelles l'individu que nous avons sous les yeux s'éloigne de l'état que nous venons de décrire, sont les suivantes : les plumes de la tête sont moins capillacées à l’extrémité que dans le jeune âge; leurs barbes sont plus pleines, et chacune d’elles, brune roussâtre dans son étendue, est terminée par une gouttelette roux clair; le plumage’, sur le corps, est brun à teinte roussâtre ; les grandes couvertures surtout sont d’un brun assez foncé, qui se dégrade sur les bords des barbes, de manière à les franger de roux clair ou de blanc. Les ailes sont gris roussâtre et brun roussâtre en dessus, chaque plume étant terminée d’une gouttelette blanche, arrondie sur les épaules, et bordée d’un triangle sur le rebord ; les parties inférieures sont d’un roux fuligineux assez intense, que relève une flammèche blanchâtre au centre de chaque plume. Les couvertures inférieures sont rousses , flammées de blanc, et les plumes des jambes d’un roux assez foncé. La queue, brune en dessus, est grise en dessous, rayée de brur fauve, et les deux rectrices externes sont plus écartées que leurs voisines. Les rémiges sont d’un noir franc, et les tarses sont jaunes.
Bien qu’il y ait des dissemblances très grandes
entre le plumage du spizaëte linéolé, décrit par le docteur Horsfield , et les deux individus que nous venons de peindre, nous sommes assez tenté de regarder notre spizaële haslé comme le sexe femelle, ou l’âge non adulte de cette espèce javanaise, figurée sous le nom d’autour unicolore, pl. 15%, par M. Temminck, tant il y a des rapports dans la forme du bec, la vestiture des tarses, les proportions des ailes et de la queue, etc.; mais le falco limnætus a le bec noir, la cire et les doigts d’un gris de p omb, le plumage en entier d’un brun fuligineux, finement flammé de brun, un trait jaunâtre derrière l’œil, et la queue qui, blanche à sa base, est brune dans le reste de son étendue.
‘ Les individus de notre spisaële hasté ont été rapportés du Bengale par M. Bellanger, et on donne au linéoié cette même patrie, bien qu’il soit plus commun dans l’île de Java. On dit que ce rapace vit de poissons qu’il pêche dans les lacs d’eau douce.
HISTOIRE NATURELLE
20 Le SPIZABTE LINÉOLÉ (1) a le bec noir, la cire et les tarses plombés, le plumage brun fuligineux, finement flammé de brun ; un trait jaunâtre se recourbe derrière l'œil, et descend sur les côtés du cou. La queue est entièrement brune, excepté sa base, qui est blanclie. On le trouve au Bengale, d’où l’auroit envoyé M. Duvaucel, et il se trouve à Java, où il porte le nom de wurou-rawa, suivant le docteur Horsfield. IT habite principalement les bords des grands lacs, qui se forment dans les saisons des pluies dans la partie sud de l’ile, et il se nourrit de poissons.
5° Le HuPPARD (?), a été ainsi nommé de la longue huppe rigide qui part de l’occiput; son plumage est plus ou moins brun noirâtre, excepté les plumes des tarses et le rebord de l'aile, qui sont blancs. Cet oiseau, peu robuste, se borne à chasser le petit gibier; il poursuit les lapins, les canards, les perdrix. La femelle construit son nid sur les arbres, et le garnit de plumes ou de laine en dedans; elle y pod deux œufs tachés de brun roux et presque ronds. Cette femelle, plus forte que le mâle, a la teinte moins foncée, et des bariolures plus apparentes. Le huppart a un cri plaintif, et ne produit à la fois que deux petits, l’un mâle et l’autre femelle. On le trouve dans la Cafrerie, au Sénégal et dans la Gambie.
4° Le BLANCHARD ($) est une espèce intéressante, découverte par Levaillant, et dont l’histoire est tracée en ces termes par cet observateur judicieux.
« Si l’intrépidité et le courage sont les caractères moraux qui distinguent les ailes des autres oiseaux de proie, sans contredit celle dont il est question ici est autant un aigle que celui dont nous avons parlé sous le nom de griffard, car il est le tyran de tous les grands oiseaux qui habitent ses Etats; cest un vrai despote, qui, abusant de ses moyens, fait la guerre à tout ce qui l’environne, et immole tout ce qui l’approche. Destiné à faire la chasse au peuple ailé, la nature l’a doué d une grande aisance dans son vol ; une très longue queue lui sert admirablement pour se diriger avec agilité, et parer aux revirements fréquents et prompts qu'emploient les oiseaux qui cherchent à éviter ses cruellesserres, écarts brusques, qui presque toujours les font échapper à tout autre oisean de rapine, mais qui deviennent inutiles avec celui dont nous parlons.
» C'est à la poursuite des ramiers que l’on peut admirer l’adresse du blanchard ; il semble même de préférence chasser ces oiseaux, dont le vol est le plus rapide et le plus varié; et c’est surtout de l’espèce
G) Falco limnætus, Horf, Resear. in Java in Trans. Soc. Linn.,t. XIII, p. 438; Temm., pl. 134.
() Levaill., Af., pl. 2; falco occipitalis, Daudin, {, IE, p. 40 : Vieill. Encycl. II, 1259; Bruce, pl. 32.
(3) Levaill,, Af., pl. 3 ; falco albescens, Shaw.
DES OISEAUX
que j'ai décrite sous le nom de racurou, qu’il fait sa proie ordinaire. J’ai vu des faucons, des autours, des éperviers, des hobereaux , etc., poursuivre nos ramiers en Europe; mais je les ai peu vus réussir dans cette chasse, même en se jetant dans des volées entières de ces oiseaux. Leurs moyens étoient à la vérité différents de ceux qu’emploie le blanchard avec tant de succès. Les oiseaux de haut vol poursuivent à tire d’aile leur proie, et cherchent à l’aborder, soit par dessus, soit de côté, afin de s’en saisir. Celui-ci, au contraire, mesure son vol, se domine, et ne donne rien au hasard. Le racurou, comme on peut le voir dans sa description, s'élève au-dessus des grands arbres, et semble s'amuser d’une singulière manière de voler qui n'appartient qu’à lui. C’est alors que le blanchard part de l’endroit où il étoit en embuscade; et s’il peut arriver au racurou avant que celui-ci ait eu le temps de se précipiter dans les bois pour se cacher dans les broussailles, c'en est fait de lui: tous ses détours, tous ses mouvements brusques et réitérés lui deviennent inutiles; son ennemi pare à tout, et semble chercher plutôt à le lasser qu’à le poursuivre. Toujours au-dessous de lui, son unique soin est de l'empêcher de gagnerlesarbres, et plus tôt le racurou s’y précipite, plus tôt il est pris, parce que le blanchard, parcourant pendant le même temps la ligne la plus courte, se trouve toujours au passage, et saisit sa proie au moment où souvent elle croit lui échapper. Ce n’est que lorsque le racurou est forcé de gagner la plaine, que le blanchard vole droit sur lui, et le prend en un instant, parce qu’alors il est déjà très fatigué ; mais il est fort rare qu’il ose quitter le bois, vu que son unique ressource est d’arriver dans le plus épais des arbres, où les mouvements du blanchard se trouvent gènés, et où il peut espérer d'échapper à la mort.
» Le blanchard plume sa proie avant de la déchirer, et c’est toujours perché sur les branches basses d’un gros arbre qu’il la dévore, ou sur le tronc d’un arbre renversé, ou sur un rocher, enfin sur un endroit élevé, mais jamais à terre.
» Le blanchard ne fréquente que les forêts ; il se tient de préférence dans les endroits où se trouvent les plus grands arbres, et où il y en a le moins, ‘parce que, découvrant mieux tout ce qui lui paroît propre à faire sa nourriture, c’est de là que, tapis derrière une grosse branche, il quitte les ramiers et les perdrix des bois, qu’il saisit en se précipitant avec bruit de dessus l'arbre sur la troupe. Il se nourrit aussi d’une très petite espèce de gazelle, qui ne se trouve pas dans les forêts ; j’en ai parlé dans mes voyages sous son nom hottentot de nomrtjes.
» J'ai eu long-temps le plaisir d'observer une couple de blanchards, mâle et femelle, qui étoit établie près de mon camp, dans les bois du charmant et
délicieux pays d’Anténiquoi. Je les ai examinés pen-
| dant plus de {rois semaines avant de fes tuer. Assis au pied d’un arbre, je passois des matinées entières à observer tous leurs mouvements et toutes leurs ruses. Comme dans ce temps ils étoient occupés à couver, et que jamais le nid n'étoit vacant, je me voyois sûr de les retrouver chaque jour dans les mêmes lieux. Quand l’un d’eux s’étoit saisi d’une proie quelconque, tous les corbeaux des environs accouroient en troupes innombrables, criant autour de lui, et cherchant à avoir leur part du butin ; mais l'aigle paroissoit mépriser ces oiseaux pillards, qui, n’osant approcher de trop près, se contentoient de se jeter sur les débris qui tomboient de l'arbre où le blanchard dévoroit paisiblement sa proie, Quand il se présentoit dans l’arrondissement un oiseau de rapine quelconque, le blanchard mâle le poursuivoit à toute outrance, jusqu'à ce qu'il fût hors de son domaine. Les plus petits oiseaux pouvoient tous approcher jusque sur le nid même de cet aigle, qui ne leur faisoit aucun mal; ils étoient même là en sûreté contre les attaques des oiseaux de proie d’un ordre inférieur,
» Les ailes du blanchard ne paroissent point être d’une envergure aussi considérable que celle des autres aigles, parce que ne s'étendant que jusqu’à la moitié de la longueur de la queue, elles semblent être plus courtes proportionnellement à cette queue, qui est fort longue; mais, si l’on considère le volume de son corps, on trouve son envergure assez grande.
» Le blanchard à le corps moins gros que nos aigles; il est plus allongé et plussvelte de taille ; enfin, comme il convenoit qu’il fût construit pour la chasse aux oiseaux, il est, en un mot, à nos aigles, ce que sont les levriers aux dogues.
» Le blanchard est caractérisé par une espèce de huppe qui prend naissance derrière l’occiput ; mais elle est beaucoup moins apparente que dans l'espèce précédente, et on l’apercçoit fort peu dans la femelle ; celle-ci est d’un tiers plus forte que le mâle; sa couleur est généralement plus lavée de brun fauve sur le manteau et les couvertures des ailes; tous deux sont gantés, c’est-à-dire qu’ils ont des plumes jusque sur les doigts. Sa queue est rayée transversalement de blanc et de noir. Les grandes pennes sont brunâtres sur leurs barbes extérieures, etrayées dans toute la partie qui est couverte, quand l'aile est ployée. L’iris et les doigts sont d’un beau jaune; les griffes, qui sont très fortes, ont une couleur plombée, ainsi que le bec.
» Toutes les plumes du blanchard sont blanches, flambées de noir brun sur le manteau; elles sont douces au toucher, et non rudes comme celles des aigles en général. Son ramage est composé de plusieurs sons aigus, répétés précipitamment, et qu'on
peut'rendre par cri-qui-qui-qui-qui. Lorsqu'il est perché et repu, on l'entend pendant des heures entières répéter ces mêmes accents, qui paroissent assez foibles pour un oiseau dont la taille égale à un tiers près celle du griffard. Le blanchard bâtit son aire sur le sommet des grands arbres; le mâle couve tour à tour avec sa femelle. Je n’ai trouvé que deux œufs dans le seul nid de blanchard que j'ai vu; ils étoient blancs et de la grosseur de ceux d’un dindon, mais d’une forme plus ronde.
» Quand, obligé de quitter mon camp, je me décidai à tuer le mâle et la femelle, les petits étoient déjà couverts entièrement d’un duvet blanc fauve. J'ai essayé d’élever ces deux aiglons, mais mes chiens les tuèrent avant qu’ils ne fussent couverts de leurs plumes. A en juger par celles qu’ils avoient déjà, la première livrée du blanchard approche beaucoup de celle de l’âge fait, à l'exception que le brun est plus lavé, et que toutes les couvertures des ailes sont bordées de roussâtre En général, j'ai remarqué dans plusieurs jeunes oiseaux de proie que la couleur fauve ou rousse borde toujours plus ou moins les plumes de tout le manteau. Je n’ai jamais rencontré le blanchard que dans le pays d’Anténiquoi. »
d° Le SPIZAETE HUPPÉ (1) vit dans l’île de Ceylan, et aussi dans les provinces de l’Inde qui avoisinent cette île. Son manteau est brunâtre, ainsi que les ailes qui sont teintées de roux. La tête et le cou sont flammés de brun, et quelques plumes brunes, droites et terminées de blanc, partent de l’occiput, et forment une sorte de huppe. Les parties inférieures sont blanches, avec des flammes roux vif, plus foncées en couleur sur les flancs; la queue est arrondie, brunâtre, rayée de brun.
6° L’uruTAURANA (?) de Marcgrave, ou l’aigle moyen de la Guyane, de Mauduyt (5), que d’Azara mentionne sous le nom d’épervier pattu, dans son Histoire des Oiseaux du Paraguay, habite Cayenne. Le sommet de sa tête et de sa huppe sont noirs, le devant du cou est blanc, et sa partie postérieure roux vif; un cercle blanc entoure les yeux; les ailes et le manteau sont brun, et chaque plume se trouve être entourée d’un rebord neigeux. Les parties inférieures du corps sont blanc rayé de noir.
7° Le SPIZAETE NEIGEUX (4) habite l’ile de Java et le Bengale, où il se nourrit de poissons ; on le voit, au dire de M. Reinwardt, planer le long des rivières et sur les bords des lacs pour saisir sa proie. Son plumage est blanc sur le sommet de la tête, le cou
() Falco cristatellus, Temm., pl. 282.
2) Falco ornatus, Daudin, I, 77: falco superbus et coronalus, Shaw; harpyia braccata, Spix (jeune), pl. 6, fig. 1.
(3) Encycl.
(4) Falco niveus, Temm., 127.
HISTOIRE NATURELLE
et le dessous du corps, seulement des taches fauves apparoissent sur le cou; les plumes des flancs et des ailes sont brunâtres, plumes cerclées de blanc sur les couvertures moyennes et les épaules; le duvet qui recouvre les tarses est blanc; les doigts sont jaunes, et le bec est de couleur plombée.
8° Le SPIZAETETYRAN (1) est une belle espèce qu’on rencontre dans les grandes forêts du Brésil. Son plumage est presque en entier brun marron, flammé de brun en dessus et blanchâtre en dessous. La queue est brune, rayée de quatre bandes blanchàtres. Les couvertures des jambes sont parsemées de points blancs. Une large tache blanche rayée de brun occupe le thorax, et une huppe, formée de plumes blanches et brunes, retombe en arrière de l’occiput.
90 Le LANG TAMBIKAR des Malais (?), grand rapace, qui semble être inédit, et qui paroît appartenir à la tribu des spizaëtes. Il a plus de deux pieds de long, et plus de trois pieds d'envergure. Le bec et les ongles sont d’un noir plombé; la cire est bleuûtre. Les jambes sont couvertes de plumes courtes jusqu'aux doigts, qui sont d’un jaune pâle. La couleur du dos et des ailes est fauve; les bords des plumes sont plus clairs et les plumes des ailes ont des bandes transversales plus sombres. Les parties inférieures sont blanches, avec une tache brune lancéolée au centre de chaque plume; au milieu de l'abdomen et des cuisses elles deviennent des raies transversales. Le bec est droit à sa base; la pointe de la mandibule supérieure a une dent obtuse au milieu ; les plumes de la tête forment une sorte de huppe en errière, et sont de couleur plus claire que celles du corps. Les joues sont blanchâtres, avec des taches brunes. Les rectrices sont brunes , avec plusieurs bandes obscures, transversales. Les ailes sont plus courtes que la queue, et leur quatrième penne est la plus longue.
LES URUBITINGAS.
Sont des spizaëtes par la forme de leur tête, leur bec peu robuste, leur cire poilue, leurs ailes, dont l’extrémité n’atteint pas le tiers antérieur de la queue, et par leurs tarses larges , proportionnellement grêles, terminés par des doigts courts. Mais les vrais spizaëtes ont les tarses couverts d’an duvet serré, et les urubitingas ont ces parties nues et garnies de minces scutelles en avant. Les deux espèces connues sont de l'Amérique méridionale, Ce sont :
{«) Falco tyrannus, Wied Neuw. It. 2, p. 174 : Temm., 73.
) Falco caligatus, sir Raffles, Cat. Sum.