LE SÉRICULE DE BOURCIER
J'en suis redevable à l’amateur zélé dont je me plais à lui donner le nom; c’est une brillante conquête de l’ornithologie, car cet oiseau est remarquable par l'éclat de son plumage, et surtout par la disposition des masses qui le colorent. Un peu plus petit que le séricule orangé, il s’en distingue assez pour pouvoir former le type d’un petit genre, que caractériseroient le manque de dents au bec, des ailes plus épaisses et sub-obtuses, une queue courte, légèrement arrondie à son extrémité; enfin par des tarses courts encore plus grêles.
La belle espèce d'oiseau qui nous occupe est remarquable toutefois par son bec jaune d’or, ses tarses bruns, le noir bleu à reflets brillants qui couvre la tête, et qui descend sur les joues et le gosier et jusque sur les côtés du cou. Les plumes du thorax sont lâches et jaune rouille fort vif; celles du derrière du cou, jusque sur le manteau, sont jaune paille. Les ailes, une ceinture fort large sur le dos et sur le ven-
{) Sericulus Bourcieri , Less., inédit.
DES OISEAUX
tre, sont, ainsi que la queue, de ce riche noir bleu à reflets. Le croupion et le bas-ventre, de même que les couvertures de la queue, sont de ce jaune rouille à forte nuance orangée qui existe sur le thorax, mais avec moins d'éclat. La patrie de cet oiseau paroit être la Nouvelle-Guinée.
LES GOULINS (.
Ne sont pas sans avoir quelques rapports avec les loriots par la forme du bec, leurs narines nues et rondes; mais la peau de leur tête est dénudée. Le type de ce genre est le goulin gris (?), que Buffon a fait représenter (enl. 200) sous le nom de merle chauve des Philippines. M. Cuvier ajoute à ce genre le goulin à oreilles bleues (3j, de la Nouvelle-Hollande, à plumage vert en dessus, blanc en dessous, à sommet de la tête noir, mais à occiput blanc, avec la région des yeux et des oreilles bleue. Sa taille est de onze pouces six lignes.
LES LORIOIDES ().
Ne comprennent que le LORIOÏDE DE BERNIER (5), oiseau de Madagascar, à plumage roux relevé par des rayures transversales noires sur le corps, tandis que les ailes et la queue sont uniformément feuille morte, l'extrémité des six premières remiges exceptée, qui est d’un gris noirâtre. Les caractères génériques de ce groupe sont d’avoir un bec presque aussi long que la tête, droit, ou du moins infléchi légèrement à sa pointe seulement qui est échancrée. Ce bec est assez gros, aussi large que haut à la base et comprimé antérieurement. De plus, il entame les plumes du front. Les narines sont petites, irrégulièrement ovalaires, latérales et basales. Les tarses sont courts et écussonnés, terminés par quatre doigts très développés et armés d'ongles comprimés , aigus et remarquablement recourbés. La queue est longue, composée de douze pennes qui se terminent en pointe, et dont les latérales sont plus courtes que les moyennes. Les ailes sont assez longues, obtuses, et dépassent le milieu de la queue. Du reste, aucuns détails d'habitude et de mœurs.
(1) Gymnops, pars, Cuv. Tropydorhynchus, Vigors, Horsf.
Le) Gracula calva , Gm.
(3) G. cyanotis, Lath. Merops cyanotis , Shaw.
(4) Oriolia, 3. Geoffroy Saint-Hilaire.(Acad. des sc, 9 avril 1838.)
(5) ©. Bernieri, ibid, taille 0,189 m.
LES DASYORNIS ().
Sont des oiseaux australiens, voisins des merles. Leur bec est fort, peu arqué. à arête dorsale carénée, à commissure garnie de soies longues et tombantes. Les narines sont à demi-nues. Les ailes sont courtes, arrondies, à première rémige brève, à deuxième, troisième et quatrième plus longues, à cinquième , sixième et septième très longues et presque égales. La queue est allongée , étagée. Les pieds sont assez robustes: mais le pouce surtout est prononcé. La seule espèce connue dans ce genre est le dasyornis austral (?), qui vitaux alentours du Port- Jackson. C’est un oiseau long de onze pouces environ , brun fauve en dessus, plus pâle en dessous, avec la gorge et le milieu du ventre blancs : les rémiges et les rectrices brun roux.
LES ARGYES ().
Sont d'Afrique et d'Asie. Leur bec est médiocre, élevé, triangulaire à la base, très comprimé à la pointe, arqué et convexe en dessus, à arête entamant les plumes du front. Les narines s'ouvrent en scissure étroite, et sont recouvertes par une écaille sur le rebord des plumes du front. Celles-ci sont étroites , rigides. Les ailes n’atteignent pas le croupion, et sont arrondies. La queue est allongée, étagée et arrondie. Les tarses sont robustes.
L'ARGYE BRIDÉ (#.
Habite le midi de l'Afrique. Il a neuf pouces de longueur, le devant du cou noir, deux brides blanches, partant du bec et descendant sur les côtés du cou. La tête, le manteau gris, flammés de noir; le dessous du corps et le croupion, rouges; les ailes noires, avec des gouttelettes blanches, et les rectrices terminées de cette derrière couleur. La seconde espèce de ce genre pourroit être le loriot à plumes écailleuses (5), que le docteur Kittliz a découvert dans l’ile de Boninsima. C’est un oiseau à bec noir, à tarses carnés , ayant les plumes de la tête violâtres,
() Dasyornis, Vig. et Horsf., Trans. XV, 231, du grec dasys, velu ;et ornis, oiseau.
(2) D. australis, Vig.et Horsf., ibid.
C) Argya, Less., Ornith. Halurus, Temm. Oriolus , KiLtliz.
(4) Malurus frænatus, Temm., pl. 385.
(5) Oriolus squamiceps , Kill., pl. 46, Mém, acad. de Pétersb.,, 1830, t. L.
celles du dos rousses brunâtres ; la gorge rouge noirâtre bistré, et le ventre blanchâtre.
LES SPHÉNURES ().
Ne renferment qu’une espèce d'oiseau, que ses caractères et ses mœurs rapprochent à la fois des merles, des rousserolles et des sittines. C’est le flüteur (?) de Levaillant, que l’on trouve dans les lieux marécageux du cap de Bonne-Espérance. Les sons graves et flûtés qu’il module agréablement lui ont valu son nom, et, comme les rousserolles , il ha bite au bord des eaux et darss les marécages. Son vol est bas etembarrassé. Il grimpe le long des roseaux, ou se tient collé contre leur tige, quand il veut rester tranquille. Mais il parcourt très bien un marais, en sautant de roseaux en roseaux, pour y chercher les araignées, les chenilles, les papillons et tous les insectes , ainsi que leurs larves qui s’y trouvent.
Le flüteur a donc un bec assez voisin de celui du merle, des ailes courtes et arrondies, ne dépassant pas le croupion, et des rectrices élagées pointues, ayant des barbes rares à leur pointe. Son plumage est brun roux en dessus, fauve blanchâtre en dessous. La femelle, plus petite que le mâle, attache son nid à plusieurs tiges de roseaux. Elle y pond de cinq à sept œufs roussätres.
LES STOURNES").
Sont les merles à bec médiocre, fort, dont l’arête est élevée et convexe. Leurs plumes sont lustrées, métallisées , et celles de Ja tête sont étroites ou de nature rigidule. Les ailes ont leur première rémige très courte, les deuxième et troisième moins longues que les quatrième et cinquième, qui sont les plus grandes. Leur queueest cunéiforme. Les stournes ne se rencontrent que dans l’ancien monde. Ils ressemblent assez aux merles par la forme du bec et des pieds, et tiennent aux étourneaux par le genre de vie.
Le merle des colombiers des îles océaniennes et Philippines, et le merle vertde l’enl. 648, fig. 2, sont les types de ce genre. Les autres espèces nouvelles sont :
() Sphenura, Licht., Cat., p. 40. Lichtenstein, en créant son genre, y a entassé un grand nombre d'oiseaux disparates.
(2) S. tibicen, Licht.,n.467. Motacilla africana, Gm. Levaill., pl. 112, fig. 2. ett. IIL, p. 41.
(3) Lamprotornis, Temm.
HISTOIRE NATURELLE