‹ Compléments de BuffonChapitre 366 sur 667 · LE SÉRICULE PRINCE-RÉGENT · texte numérisé non relu

LE SÉRICULE PRINCE-RÉGENT

Sericulus regens.

Le prince-régent mâle a son plumage nuancé de deux seules couleurs, et par la douceur des plumes veloutées, comme par le brillant du jaune ou du noir qui les teignent, cette livrée, si simple en apparence, est une des plus riches et des plus belles qu'on puisse voir. El vit à la Nouvelle-Hollande dans la partie orientale que les Anglois nomment la Nouvelle-Galles du Sud, où, sans être précisément rare, on ne peut se le procurer que très diflicilement. I] paroit se tenir principalement sous les latitudes tropicales à partir de l'établissement de New-Castle. Il est très recherché et très estimé par les Anglois, qui l'ont consacré à Williams IV, alors prince-régent de la Grande-Bretagne, bien que Lewin, qui le premier l’a fait connoître en le figurant dans son Fascicule, lui ait appliqué la dénomination de sucrier de King's. Cependant le capitaine King, fils de l’ancien gouverneur de la colonie de Sydney, a réclamé en faveur de son père la consécration de ce nom de King, qui signifie aussi du roi. Nous sommes les premiers François qui ayons apporté dans notre patrie et donné au Muséum des dépouilles de sérieules princes-régents, que les amateurs se sont procurées par la voie d'Angleterre.

La taille de l'individu est donc d'environ huit pouces. Les plumes qui recouvrent la tête sont courtes, très serrées, el d’un toucher très velouté. Leur co- Joration est un jaune légèrement mordoré, et cette teinte règne aussi sur le cou, les épaules, autour de l'œil et sur les rémiges secondaires. Les paupières sont noires, ainsi que tout le reste du corps, et ce noir très lustré offre l’aspect soyeux. Le bec est jaune citron, l'iris est rougeûtre, les pattes noirâtres, et Ja langue est terminée par un pinceau de papilles nerveuses très allongées.

L'individu que nous avons décrit dans le voyage

HISTOIRE NATURELLE

de {a Coquille comme étant du sexe féminin, avoit été tué au Port-Macquarie, et nous avoit été remis par M. Fenton, chirurgien anglois de la garnison de Sydney. Cette femelle a en effet tous les caractères des séricules mâles, excepté la taille qui est plus forte et la coloration du plumage. Sa livrée en effet est terne et sans coloris. Sa longueur totale, du bout du bec à l'extrémité de la queue, est de dix pouces. Son bec et ses tarses sont brunâtres, l'iris est rougeûtre, et la mandibule inférieure présente à sa pointe une petite échancrure qu’on retrouve à celle de la mandibule supérieure.

L'occiput est recouvert d’une plaque noire. Le front est grisâtre et granulé de brun. Un demi-collier noir occupe le dessous de la gorge et se dessine légèrement sur la nuque. Le dos est entièrement d’un gris brunâtre, plus foncé sur le bord des plumes, dont le centre est blanc, ce qui constitue des sortes de gouttes ou de taches ovalaires nombreuses et émaillées. Au-dessous de la culotte noire on remarque une ou deux plumes jaunes à la base même de l'occiput. La poitrine, le ventre, les couvertures des cuisses, sont d’un blanc grisâtre, et chaque plume est frangée par un rebord brun. La queue est composée de douze pennes presque égales. Les ailes sont d’un jaune blond uniforme, plus foncé en dedans. Le dessus de la queue est d’un blanc légèrement gris. Le seul individu connu à été déposé au Muséum de Paris.

Le séricule prince-régent habite les forêts encore vierges des alentours de New-Castle et de Port- Macquarie.

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