LE MOQUEUR DE L'AMÉRIQUE DU SUD
A été fort mal décrit par Molina sous le nom de merle theuca. Nous croyons même que la description de ce jésuite italien doit se rapporter à une autre espèce. Il n’en est pas de même de l'oiseau décrit par d’Azara, sous ce nom de calandria : c’est évidemment le même que notre moqueur de l’Amérique du Sud. Son chant est tellement harmonieux,
{) Cinclosoma, Nig et Horsf., Trans., XV, 219.
(2) Turdus punctatus,Lath. ; cinclosoma punctatum, Vig. et Horsf., loc. cit.
6) Mimus, Boié ; orpheus , SW.; turdus, auct.
(4) Turdus polyglotus, Gm. Cat., pl. 26. Wils., pl. 10, fig. 1. Orpheus polyglottos, Sw., Mexico, n, 32.
(5) Orpheus australis, Less. Turdus teuca, Molina, Chili, La calandria , Azara, Pax.?
DES OISEAUX
que les créoles espagnols disent proverbialement chanter comme une calandre, et veulent désigner cette espèce de merle, et nullement une alouette, ainsi que cela a lieu, lorsqu'on s’exprime ainsi en Europe.
C’est aux environs de Valparaiso qu'a été tué l’individu que nous avons sous les yeux. Sa longueur totale est de neuf pouces et demi, et dans ces dimensions la queue entre pour près de quatre pouces.
Son bec et ses pieds sont d’un noir profond. Son plumage, à partir du front jusqu'aux couvertures supérieures de la queue, est d’un brun lavé de roussâtre foncé et uniforme. Un large sourcil blanchâtre surmonte chaque œil Un trait brun et élargi recouvre les parotides ; le gosier est blanchâtre, encadré sur les côtés de deux traits noirs, interrompus, qui descendent jusque sur le bas et les côtés du cou. Le fond qui sépare le noir de l’œil est roussâtre, grivelé de brun. Le devant du cou est gris roussâtre. Cette teinte s’affoiblit, et prend une nuance enfumée jusqu'à la région anale : de grandes flammèches brunes se dessinent sur les flancs. Les ailes sont brunes, mais leurs couvertures sont terminées par un rebord blanc, et les pennes primaires sont finement relevées sur leur bord externe par un liséré blanc dilaté au milieu, et qui forme une apparence de bande blanche lorsque les rémiges sont repliées les unes sur les autres. Les rectrices sont noires etterminées de blanc pur chez les trois plus externes de chaque côté, et de blanchâtre peu apparent sur la quatrième.
Ce moqueur à done un plumage sombre et sans éclat. D’Azara est le seul auteur qui ait parlé de ses mœurs. Il dit qu’il est fort commun au Paraguay et sur les rives de la Plata, où l’on voit le mâle et la femelle fréquenter les lieux habités et épier le moment où les propriétaires des habitations champêtres quittent leurs demeures pour y entrer et chercher à s'emparer de la viande et du fromage mis à sécher. Au temps de la ponte, le mâle chasse les autres oiseaux des alentours du nid, que la femelle place dans un buisson ou dans quelque touffe de raquettes. Ce nid est formé extérieurement d’un épais matelas d'herbes sèches, et en dedans de racines minces et grêles entrelacées. La ponte est de deux ou trois œufs blanc verdâtre ou bleuâtre, piquetés de brun.