LES ROITELETS
Démembrés des becs-fins ou sylvies dans ces derniers temps, ont leur bec grêle, court, droit, légèrement entaillé à la pointe et imitant un cône très aigu. On distingue de l’espèce ordinaire le roitelet à triple bandeau (*), qui se trouve dans toute l'Europe, et qui a son plumage d’un brun terne, un sourcil blanc, la gorge et la poitrine d’un blanc bleuâtre, des rayures transversales très étroites, tandis que le rotelet ordinaire (1) a les joues cendré
(5 Sylvia, Wolff. ficedula, Bechst. La gorge bleue et le rossignol de muraille sont les Lypes de cette petite tribu.
2) Phænicura leucocephala, Yarrell, Proceed., I. 35.
(5) PA. rubeculoides, ibid.
(4) PA. cœruleocephala, ibib.
(5) PA. fuliginosa, ibid.
(6) PA. frontalis, ibid, p. 172.
(7) Ph. flac-Gregoriæ , Proceed., V, 152.
(5) Ph. plumbea, Proceed., V, 185.
(9) Acanthisa, Vig. et Horsf., Trans., XV, 224.
(ro) À. nana, reguloides, frontalis, pyrrhopygia, pusilla et Buchanani, Vig. el Horsf,
(r) Regulus,Cuv.
(2) Sylvia ignicapilla, Brehm. Temm., Man,, t, I, p. 231. Buffon, enl. 651, fig. 3. Buill., XIV, 258.
(53) S.reguius, Lath.
pur, sans bandelettes blanches , la huppe jaune orangé chez le mâle; ce dernier se tient de préférence dans les forêts d'arbres verts.
LES TACHURIS ().
Ont un bec grêle, déprimé à la base, dont les narines sont nues. Leurs ailes sont courtes et arrondies. La queue, de forme étagée, a ses pennes arrondies. Leurs tarses sont allongés et grêles, et terminés par des ongles longs et étroits et presque droits. Les tachuris joignent à ces particularités, qui les éloignent des roitelets, de fréquenter les terrains marécageux et de se tenir dans les joncs. Le type de ce genre est le tachuris roy, de d’Azara (?), ou roitelet omnicolore, qui se trouve au Brésil et au Paraguay. Oiseau remarquable par son élégante huppe, jaune et rouge, son plumage jaune sur le ventre, rouge à l'anus, marqué de blanc sur les côtés du cou et aux épaules.
LES SYNALLAXES.
Synallaxis. VIEILL. ($).
Les synallaxes sont des oiseaux essentiellement propres à l'Amérique méridionale depuis le Brésil et le Chili jusqu’au détroit de Magellan et à la Ferre de Feu. Ils se tiennent dans les broussailles et dans les petits bois, où ils paroissent vivre de moucherons. Ils sont surtout remarquables par leur longue queue, toujours terminée en pointe, et par une grande uniformité dans les couleurs de leur plumage. Ils ont d’intimes rapports avec les mérions, et paroissent voisins des sittelles, des anabates et des grimpereaux. Leurs caractères zoologiques présentent les particularités suivantes :
Le bec grêle, pointu , très comprimé, n'ayant point de poils à la base; les bords des mandibules sont un peu courbés en dedans, la mandibule supérieure léserement arquée; l’inférieure droite ; les narines sont basales, oblongues, couvertes d’une petite membrane voüûtée et garnie de plumes à son origine; les pieds sont médiocres, à trois doigts devant et un derrière; les deux extérieurs égaux, unis à leur base au doigt du milieu, qui est de la longueur du pouce; les ailes sont concaves , arrondies, la première rémige très courte, les autres étagées, et la quatrième Ja plus longue de toutes; la
(‘) Azara, Apunt. Laf. Echo, n. 24, 1836.
() Regulus omnicolor, Vieill,, Gal., pl. 66.
(5) Queucs aiguës , d'Azara.
HISTOIRE NATURELLE
queue très longue, étagée, à pennes larges terminées en pointe. ï C’est à tort que l’on a admis dans ce genre le flûteur de Levaillant, ou malurus africinus de Swainson, figuré planche 470 des Illustrations zoologiques.
LE SYNALLAXE ARDENT.
Synallaxis rutilans (1).
Le front, les sourcils, les joues, les côtés du cou, la poitrine et les couvertures des ailes d’un roux châtain très vif; une tache longitudinale noire se dessine sur la gorge ; l’aile est noirâtre, lisérée de chàtain ; la queue est uniformément brunâtre ; le dessus du corps, le bas-ventre et l'abdomen ont une teinte olivâtre nuancée de roux foncé ; le bec est assezgros, argenté à la base, et noir à la pointe. Cet oiscau habite le Brésil.
LE SYNALLAXE ALBANE.
Synallaxis albescens (?).
Cet oiseau a lagorge blanchâtre nuancée de noir ; menton blane ainsi que le milieu du ventre; lereste du corps est cendré roussâtre ; une calotte d’un roux vif couvre la tête; les rémigeset les rectrices sont cendré olivâtre ; la mandibule supérieure est noire et l’inférieure est blanchâtre, El habite le Brésil.
LE SYNALLAXE GRIS.
Synallaxis cinerascens (à).
Le dessus du corps est cendré olivâtre; les ailes et la queue sont roussâtres ; gorge couverte de pelites taches blanches et noires : un demi-collier noir au-devant du cou ; dessous du corps d’un gris cendré uniforme; bec très petit etentièrement noir. Il habite le Brésil.
LE SYNALLAXE DAMIER.
Synallaxis tecellata (4).
Quatre grandes taches quadrilatères occupent le devant du cou; la gorge est d’un jaune vif, et audessous règne une tache d’un noir profond ; ces deux taches sont bornées latéralement par deux plaques d’un blanc pur; une calotte marron couvre la tête,
() Temm., pl. 227, fig. 1.
(?) Temm,, pl. 227, fig. 2. Synallaxis ruficapilla, Vieill., gal., pl. 17%. Parulus ruficeps, Spix, pl. 86.
(5) Term. pl. 227, fig. 3.
(4) Temm,, pl. 311, fig. 1.
é DES OISEAUX.
et l’épaule est de même teinte; le reste du corpsest d’un brun ocreux, taché de mèches brunes ; la queue est très longue, brunâtre; le milieu du ventre est blanc; la poitrine est d’un roux clair; longueur totale, sept pouces, Le Brésil est la patrie de cette espèce,
LE SYNALLAXE A FILETS.
Synallaxis setaria (1).
Les plumes du front et du sommet de la tête sont noires et striées de blanc, et forment une petite huppe ; derrière l’œil existe un petit trait blanc; le cou, en devant, et la poitrine sont à plumes blanches lisérées de brun; le ventre est d’un blanc roussâtre terne ; le bas-ventre est roux; les ailes et Ja queue sont d’un roux vif; les rémiges sontnoirâtres; la mandibuleinférieure du becest blanche à la base ; la queue est fortement étagée ; les deux rectrices du milieu se terminent par deux filets sans barbe. On le trouve au Brésil, dans la province de Saint-Paul,
LE SYNALLAXE DE TUPINIER.
Synallaxis Tupinieri. Less. (?).
Cette espèce a les plus grands rapports avec la suivante, elle en diffère toutefois par quelques caractères. Sa tête, l’occiput, le haut du cou en arrière sont d’un noir profond ; une bande d’on marron vif part du front, contourne l’œii et descend sur les côtés du cou; la gorge et tout le dessous du corps sont d’un blanc pur; le manteau, les ailes, sont d’un brun roussâtre; les rémiges sont brunes, terminées d’un peu de blanc; la queue est plus longue que dans la suivante, d’un roux vif, à pennes terminées par un rachis nu et pointu assez long ; bec noir et pieds plombés. Elle habite le Chili, dans la province de la Conception.
On doit ajouter aux synallaxes le {horn tailed warbler, de Latham(Gen. Synop., vol. 1E, part. 2, p. 465, pl. 52), que le célèbre Banks apporta de la Terre de Feu. Latham le décrit ainsi : sa longueur est de près de six pouces. bec, neuf lignes, il est étroit; la base de la mandibule supérieure est blanche; la tête et le dessus du corps sont d’un brun rougeâtre foncé mélangé de jaune sur l’occiput ; l’intervalle entre le bec et l'œil est jaune et forme un trait qui devient roux vers l’occiput; les couvertures des ailes sont rousses mêlées de brun; les ‘épaules sont blanches; le corps en dessous est blanc; les grandes couvertures et les pennes sont brunes, bordées d’une
() Temm,, pl. 311, fig. 2.
(2) Zool. de La Cog., pl. 29, fig. 1.
IT
teinte plus pâle; la queue est cunéiforme, se terminant par un rachis nu et pointu; les rectrices sont à moitié ferrugineuses et à moitié d’un rouge brun, avec l'extrémité blanche; cuisses brunes; pieds roussâtres. Il habite la Terre de Feu, et peut-être est la femelle de l'espèce précédente.
Depuis lors, deux espèces ont été ajoutées à celles déjà décrites. L’anthoïde (‘), qui se trouve sur les bords du détroit de Magellan, et dont le plumage brun strié en dessus est d’un gris de cendre clair enr dessous. Le grivelé(?), que les insulaires de la Nouvelle-Zélande nomment mata. Cette espèce seroit la seule qui ne seroit pas américaine. Mieux étudiée, elle devra sans doute appartenir à un autre genre. Elle a le corps en dessus roux vif, avec des taches noires allongées, et le thorax blanc tacheté de brun. Ce synallaxe se nourrit de graines, et n’est pas rare aux environs de la baie Tasman. Il se plait dans les lieux un peu marécageux, et grimpe sur les feuilles de phormium. 11 change souvent de place, et son cri est aigre.
LES PRINIAS.
Prinia. Horsr.
Les prinias ont les plus grands rapports avec les pomatorhins; ce qui les en distingue est la grande étroitesse du bec à mesure qu’on avance vers sa pointe, et le manque de lame cornée servant de couverture operculaire aux narines; leurs tarses sont aussi assez élevés pour les séparer des souimangas asiatiques. Les caractères zoologiques qu'on leur assigne sont d’avoir un bec médiocre, droit, élargi à la base, notablement comprimé au-delà des narines, et robuite à la pointe; la mandibule supérieure, d’abord droite, se recourbe légèrement vers le bout ; son arêle forme une carène entre les narines, puis elle s’arrondit pour s'échancrer à son extrémité; la mandibule inférieure est droite, et légèrement inclinée au-delà de son milieu; les narines sont placées à la base du bec, recouvertes d’une membrane, ej creusées dans une fossette oblongue; elles ne s’ouvrent que par une pelite fente longitudinale à leur portion inférieure. Les ailes sont arrondies ; mais la première rémige est la plus courte, et les trois à sept légèrement échanerées à leur bord extérieur; la queue est longue et cunéiforme, et les tarses assez hauts ; le doigt du milieu est plus long que les deux latéraux , et se trouve uni à sa base avec l’externe; le pouce est doué d’une grande force et cst remarquablement robuste.
(1) Synallaxis anthoides , King, Proceed., 1, 30. (2) S. punctata, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 18, fig, 3
On ne connoït dans ce genre qu’une espèce originaire de Java.
LE PRINIA FAMILIER.
Prinia familiaris (1).
Cet oiseau a à peine cinq pouces de longueur; il est d'un fauve olivâtre en dessus, jaune sur la région abdominale; la gorge, la poitrine, ainsi que les ailes, sont traversées par deux raies blanches; la queue est terminée d’abord par une raie fauve et puis par un rebord blanc.
Le coureur (?) à plumage brunâtre, strié de brun; 12 macroure (3), gris brun en dessus, ferrugineux en dessous ; ie gréle(#), gris cendré, avec le dos et les ailes olivâtres ; le social (5), d’un cendré foncé; et le simple(6), d’un brun cendré clair en dessus, blanchâtre. Ces deux derniers sont du pays des Mahraites, et les trois des bords du Gange, entre Bénarès et Calcutta.