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LES ONGUICULÉS

Sont caractérisés par un bec très court, comprimé, à peu près droit, et échancré à la pointe. Les narines sont médianes, ouvertes, et recouvertes de soies. Les doigts sont terminés par des ongles peu arqués et cannelés sur les côtés. Leurs ailes sont très courtes, à rémiges étagées jusqu’à la sixième, qui est plus longue. Leur queue est large, longue, cemposée de pennes rigides acuminées à leur sommet. La seule espèce de ce groupe est l’onguiculé spinicaude (°) qui vit à la Nouvelle-Hollande, et nullement à la Nouvelle-Zélande. C’est un oiseau varié de roux, de gris, de brun et de blanc sur les ailes, à devant du cou aurore, à poitrine et milieu du ventre gris clair.

LES NASICANS(.

Sont des picueules à bec très long, étroit, fort et droit. M. Swainson ajoute que les ailes sont médiocres, arrondies, à troisième, quatrième et cinquième rémiges très longues. La seule espèce de ce groupe se rencontre au Brésil, c’est le picucule nasican (5) de Levaillant, à plumage roux vif en dessus, à gorge blanche, à dessus du corps roux, maillé de taches oblengues blanches bordées de roux brun.

LES FALCIROSTRES(.

Ont le bec grêle, allongé, très entier et très comprimé, sans échancrures. Ce sont des oiseaux qui

r) D, cuncatus, Licht. Lafresn., pl. 47.

2) Orthonyx , Temm.

3) O. spinicaudus , ib, pl. 428 et 429. O0. Temminckii, Vig. et Horsf., Trans. XV, p. 294.

() Nasica, Less., Ornith., p. 311. Dendroplez , Sw. (5) PI. 24. Cuv., Règ. an,, t.[, p. 431.

(6) Xiphorhynchus , Sw. Dendrocopus, Vieill.

établissent le passage des picucules aux grimpereaux. Les trois espèces de ce groupe sont le falci: rostre à bec de colibri (1), que M. Quoy a rencontré dans les montagnes des Orgues, au Brésil. Son plumage est roux brun, avec des taches blanches sur la tête. La gorge est de cette dernière couleur ou blanchâtre et roussâtre. Le falcirostre à ventre blanc (?) a le menton et la partie antérieure du gosier blanc pur. Les plumes dela tête, du cou, de la poitrine, sont blanchätres, bordées de noir. Le bec est long d’un pouce et demi, très grêle, brun en dessus, pâle en dessous. On le trouve, ainsi que le suivant, sur le mont Temiscaltipec, au Mexique. Le falcirostre à ventre jaune (3) a le menton fauve blanchâtre, sans taches. La tête. le cou et le dos rayés de fauve. Son bec est allongé, robuste, brun, fortement recourbé. On le trouve aussi à Table-land.

LES PICUCULES OÙ GRIMPARS

Joignent à un bec allongé, comprimé sur les côtés, legèrement arqué, des ailes courtes, et une queue arrondie , à rectrices usées ou terminées en pointes mucronées. Toutes les espèces sont américaines. Buffon en à connu deux, le picucule commun et le talapiot, l’un et l'autre de Cayenne.

Les espèces nouvelles se réduisent à huit, qui sont : 4° Le picucule à gorge blanche (5), ayant la gorge blanche , le cou et la poitrine roussâtre, avec flammèches blanches, et le ventre rayé de brun. Il vitau Brésil. 2° Le flambé (6), roux brun, flammé de jaune roux. De la Guyane. 5° L’enfumé (7), brun roux uniforme, avec un sourcil blanchâtre. De Cayenne. 4° Le ténuirostre (5), brun roussâtre avec des gouttelettes blanches. Le ventre est flammé de brun et de blanc, et la gorge est de cette dernière couleur. 5° Le bibandes (?), aussi du Brésil, mais dont la tête est brune, cerclée de blanc. Le manteau est roux cannelle. 6° Le rubigineux (19) des alentours de Buénos-Ayres, dont le plumage est roux vif en dessus, roux clair, avec flammèches blanches en dessous

() Dendrocopus falcularius, Vieill. Gal., p. 175. Dendrocolap, tes procurvus, Temm., pl. 28 D. trochilirostris, Wied-It.,t. II, p. 32.

E) X. leucogaster, Sw., n. 85.

(3) X. flavigaster, Sw., n. 86.

(&) Dendrocolaptes, Herm., Hlig.

(5) D. decumanus et falcirostris , Spix ,pl. 87 et 88.

(6) D. platirostris, Spix, pl. 89 ? Levaill., pl. 30.

{7 D. fuliginosus, Levaill., pl. 28.

(8) D. tenuirostris, Spix, pl. 91.

(9) D. bivittatus, Spix, pl. 90.

(ce) D. rubiginosus, Lafresn., Mag. de zool., t. IT, pl. 16, 1833. Dendrocopus major, Yieill.? Trepadore grande, Azara.

HISTOIRE NATURELLE

7° L'angustirostre (1), qui se trouve au Mexique, à plumage brun fauve en dessus, blanc en dessous. Toutes les plumes, celles de la gorge exceptées, bordées de noir. Son bec est allongé, arqué et très comprimé. C’est une des grandes espèces, puisque sa taille est de sept pouces et demi. 8° L’albogulaire (?) a été découvert sur les bords du détroit de Magellan. Sa taille est de sept pouces et demi. Ilest brun roux sur le corps etsur les flancs. Le croupion et la queue sont ferrugineux. Toutes les parties inférieures sont blanches, mais celles du ventre sont bordées de brun.

LES MNIOTILLES().

Is ne renferment qu’une espèce décrite par Buffon sous le nom de figuier varié de Saint-Dominque, et dont M. Vieillot a donné une bonne figure planche 469 de sa Galerie des oiseaux. L'espèce habite Les côtes du Mexique et se trouve plus particulièrement à la Vera-Crux.

LES OXYGLOSSES (‘.

Ils sont fort voisins des mniotilles. Leur bec est médiocre, grêle, atténué, droit, et échancré à la pointe. Leur langue est, dit-on, extensible, aiguë et simple à sa pointe. Les ailes, médiocres, ont les première à quatrième rémiges égales, les deuxième ct troisième les plus longues. Leur queue est obtuse, foible , égale. Le type de ce petit genre est le grimpereau tacheté (5) de Wilson, qui vit sur les rivages de l'Amérique et à la Vera-Crux.

LES LOCHMIAS ().

Ils nous sont inconnus. M. Swainson en forme un” genre auquel il assigne les caractères qui suivent. Leur bec est médiocre, grêle, un peu recourbé, entier. Leurs ailes sont courtes, arrondies , à troisième, quatrième et cinquième rémiges presque égales et très longues. Leur queue est médiocre, large, arrondie , formée de pennes moiles. Leurs tarses sont grêles, h:uts, à ongle du pouce recourbé.

() D. angustirostris, Vieill., Bull, VI, #12. Charles Bonap , AC. phil., t. IV, p. 370.

2) D. albogularis, King, Proceed., I, 30.

(3) Hniotilla, Vieill., Gal., p.276. Sylvia, Lath.

(:) Oxzyglossus, Sw.

(5) Certhia maculata, Wils., pl. 19. fig. 3.

(6) Lochmias, SW,

DES OISEAUX

LES SCLÉRURES ().

Ils comprennent quelques oiseaux découverts par M. de Langsdorff, dans l’intérieur du Brésil , et encore inédits. Leur bec est assez allongé, obtus, et échancré à sa pointe. Son arête est arquée. Les ailes sont médiocres, arrondies, à première et deuxième rémiges graduées ; les troisième, quatrième et cinquième égales , très longues. Leur queue est large, rigide, arrondie. Leurs tarses sont grêles.

LES MOHOUAS (©).

Ils tiennent des picucules, des grimpereaux et des gobe-mouches. Leur bec est gros, pointu, courbé, à peine infléchi à sa pointe, qui est légèrement arrondie, et pourvue d’une très petite dentelure. Les narines sont ouvertes et médianes ; la mandibule supérieure est carénée , et l’inférieure est rectiligne. La commissure du bec est garnie de soies roides et longues. La langue est ciliée. Les ailes s’allongent jusqu’au milieu de la queue. Celle-ci a douze pennes fortes , étagées, et usées à leur sommet. Les tarses sont très forts.

La seule espèce de ce groupe a été découverte sur les bords de la baie Tasman, où les naturels lui donnent le nom de mohoua-houa : c’est le grimpereau hétéroclite (3) à dos olivâtre, à ailes brunâtres frangées de jaunâtre, et tête, poitrine et ventre jaunes. Son gésier ne renfermoit que des baies.

LES TICHODROMES (.

OU ÉCHELETTES.

M. Vicillot les a nommés picchions ou pétrodromes; ils ne renferment que le grimpereau de muraille, figuré pl. 572 des Enluminures.

LES GRIMPEREAUX ().

Buffon n’a connu que l’espèce d'Europe; ils se sont accrus de trois espèces étrangères. 4° Le cin-

() Sclerurus, ibid.

(2) Mohoua, Less.

() Certhia heteroclites, Quoy et Gaim., Astrol.;, pl,17, fig. 4, p. 223.

() Tichodroma,Ulig. Petrodroma, Vieill, (5) Certhia , L.

IL

namon (!}, d’un rouge cannelle fort vif en dessus, blanc en dessous, et qu’on rencontre à Cayenne

20 Le spinolote (2) {e la vallée du Gange, entre Bénarès et Calcutta. Brun gris tacheté de blanc sur le corps ; la tête est finement striée de blanc. Le ventre est rayé de brun sur un fond blanchâtre. Sa queue est assez molle. 5° L’'himalayen (5) se rapproche singulièrement de l’espèce d'Europe, dont on peut le distinguer de prime abord à la finesse des traits blancs qui sillonnent les ailes et la queue.

LES ÉCHELETS.

Comprennent deux espèces nouvelles de lOcéanie qui ont les plus grands rapports avec les souimangas; M. Temminck les spécifie ainsi : Bec court, foible, très comprimé dans toute sa longueur, peu arqué, en alèêne; mandibules égales, pointues ; narines basales , latérales, couvertes par une membrane nue; pieds robustes; tarse de la longueur du doigt du milieu; celui-ci et le pouce extraordinairement longs; ongles très grands et courbés, sillonnés sur les côtés , subulés, très crochus; doigt extérieur réuni jusqu’à la seconde articulation, l’intérieur jusqu'à la première; latéraux, très inégaux ; ailes médiocres, première rémige courte ; la seconde moins longue que la troisième; celle-ci et la quatrième les plus longues.

L'ÉCHELET PICUMNE.

Climacteris picumnus (i).

Cet oiseau a le sommet de la tête d’un gris foncé, la nuque et le cou gris clair, les ailes et les deux pennes du milieu de la queue d’un gris brun couleur de terre ; une large bande de couleur nankin passe à peu près sur le milieu des pennes; les reetrices sont noires et seulement brunes à leur extrémité et à leur naissance; la gorge et les joues sont d’un blanc sale, la poitrine est grise ; les plumes des parties inférieures sont blanches dans leur milieu et bordées de brun; les couvertures inférieures de la queue sont isabelles marquées de larges taches brunes et transversales. Il a de longueur six pouces six lignes.

On le trouve à Timor, à Célèbes, et sur la côte nord de l'Australie.

() C, cinnamomea, Vieill., Gal, pl. 173. Less. Gm, Latham.

2) C. spilonata, Frank. Proceed., I, 121.

(@) C. hymalayana, Vig. Proceed., L. 174.

(4) Climacteris, Temm., pl. 281.

L'ÉCHELET GRIMPEUR.

Climacteris scandens (1).

Cet oiseau a cinq pouces sept à huit lignes. Son plumage a beaucoup d’analogie avec celui de l’espèce précédente; la tête , le cou, le dos et les scapulaires sont d’un brun couleur de terre d'ombre; mais les plumes de la tête paroissent écaillées, étant bordées de noir; les ailes sont d’un brun cendré, marquées de deux bandes transversales , l’une supérieure, jaune ocracé, et l’autre brunâtre; le croupion et les deux pennes centrales de la queue, ainsi que la naissance des autres, ont une teinte bleuâtre cendrée ou de plomb ; la queue est brune noirâtre , bordée de jaune roux; la gorge et le devant du cou sont d’un blane pur, la poitrine et le milieu du ventre isabelle; les flancs et les couvertures inférieures de la queue sont variés de mèches blanches, longitudinales , bordées de raies brunes : le mâle a une grande tache rousse sur les côtés du cou. L’échelet grimpeur habite les côtes orientales de la Nouvelle-Hollande ou Australie.

LES FOURNIERS ().

Furnarius.

Le genre furnarius a été établi par M. Vieillot pour y recevoir quelques petits oiseaux du Paraguay, dont le plus célèbre a tantôt été ballotté parmi les merles, ettantôt parmi les grimpereaux, les guêpiers ou les promerops. L'espèce la plus anciennement connue , le fournier de Buénos-Ayres ( Merops rujus, L., Gm.), est souvent cité par la manière dont il construit son nid, en forme de four, d’où lui vient son nom. Il est figuré dans les dessins de Commerson sous les noms de hornero Bonariensium, et de turdus furnifaber. Tel qu’il doit être, le genre furnarius ne peut recevoir que les trois espèces décrites par d’Azara, et les deux que nous y ajoutons sous les noms de fourniers fuligineux et da Chili.

Les fourniers, que M. Cuvier confond avec les sucriers, forment une petite tribu très distincte par son bec aussi épais que large, dont les côtés sont comprimés, et qui est entier, robuste, légèrement recourbé et terminé en pointe. Les narines sont longitudinales et revêtues par une membrane ; la langue est comme usée à sa pointe; les tarses sont nus et annelés, les ailes sont foibles, et les deuxième, troisième et quatrième rémiges sont les plus longues de

(5 Climacteris, Temm., pl. col., 281, fig. 2. () Furnarius, Vieill., opetiorhynchos, Temm., figulus , Spix, Merops, L,

HISTOIRE NATURELLE

toutes : la queue a douze pennes ; le doigt intermédiaire est réuni à la base avec l’externe, et se trouve complétement séparé de l’interne.

L'HORNERO (1).

Furnarius rufus. Vigizs. (?).

L’hornero varie, dans les dimensions de sa taille, de cinq pouces et demi à sept ou huit pouces. Le dessus de la tête est d’un brun roux ; les sourcils, le dessus du cou et du corps, les couvertures supérieures et les rémiges secondaires, sont d’un roux jaunâtre, plus foncé sur les ailes, dont les premières sont brunes ; la queue.est de cette couleur, ainsi que le bec et les pieds; la gorge est blanche : toutes les parties .postérieures sont d’un roux très clair. La description de d’Azara fournit sur cet oiseau des détails intéressants. Il en résulte qu’il porte sur les bords de la Plata le nom de hornero (fournier), au Tucuman celui de casero (ménagère), et au Paraguay les noms d’Alonzo Garcia. Les fourniers ne voyagent point ni ne pénètrent dans les grands bois ; ils he sont point farouches, aussi s’approchentils volontiers des habitations. Les lieux qu'ils préfèrent sont les buissons des plaines , et jamais ils ne s’y présentent que par paires ou par individus isolés. Leur vol est peu étendu; leur cri consiste en un chi prononcé d’abord *par intervalles, et puis avec vivacité, de manière à être entendu à plus d’un demi-mille. Pour chanter, l'oiseau avance le corps, allonge le cou, et bat des ailes.

Le nid des fourniers est hémisphérique; il est construit avec de la terre, et a la forme d’un four à cuire du pain.

Les horneros le placent dans un endroit apparent, sur une grosse branche dégarnie de feuilles, sur des croix ou des poteaux de plusieurs pieds de hauteur, sur les palissades des cours, sur les fenétres des maisons, et quelquefois même dans leur intérieur. Le mâle et la femelle y travaillent de concert; ils apportent et arrangent alternativément des fragments d'argile gros comme des noix, et il suffit souvent de deux jours pour terminer l'ouvrage. Le nid a six pouces et demi de diamètre et un pouce d'épaisseur ; l’ouverture, du double plus haute que large, est pratiquée sur le côté, et l’intérieur est divisé en deux parties par une cloison qui commence dès l'entrée, et se termine circulairement à la partie intérieure , en laissant une ouverture pour pénétrer dans une sorte de chambre où sont déposés, sur une

() Le fournier de Buénos-Ayres , Buffon, pl. enl. 739.

Merops rufus, L., Lath. figulus albogularis, .Spix, pl. 78.

() Gal., pl, 182.

DES OISEAUX

couche d'herbe, quatre œufs un peu pointus à un bout, piquetés de roux sur un fond blanc, et offrant dix lignes à peu près de diamètre. A ces détails d’Azara ajoute que les hirondelles brunes, les troupiales chopis, les perruches et d’autres oiseaux se servent, pour y faire leur nichée, des vieux nids de fourniers que les pluies ne détruisent qu’au bout d’un certain temps ; mais que ceux-ci, pour éviter de construire de nouveaux nids chaque année, chassent les usurpateurs lorsqu'ils ont besoin des anciens.

L’'ANNUMBI.

Furnarius Annumbi. VIEILL.

D’Azara a décrit sous ce nom (n° 222) un fournier à peine un peu plus fort que le précédent. Sa queue est étagée et composée de dix pennes; le front est teint d’un rouge qui s’affoiblit à mesure qu’il s’étend sur la tête, tandis que sur la nuque il n’est plus que brun. Cette dernière couleur est celle du cou, des plumes uropygiales , de quelques unes des pennes alaires et de leurs petites couvertures, ainsi que des deux pennes du milieu de la queue. Les plumes dorsales sont tachées de noir ; les grandes couvertures des ailes et plusieurs de leurs pennes sont un peu lavées de rouge; les rémiges externes sont noirâtres , bordées de brun-et æillées de blanc à leur extrémité; les côtés de la tête sont presque blancs, seulement un trait blanc passe derrière l’œil. Une ligne variée de blanc et de noir nait à la commissure du bec, entoure la gorge qui est blanche au centre ; les parties inférieures se trouvent être mélangées de blanchâtre et de brun ; les ailes sont argentées en dessous avec une nuance rouge; l'iris est roussâtre, le bec d’un brun rougeûtre, et les tarses d’un olive foncé.

L'anoumbi a le vol court, bas et horizontal, et se nourrit d’insectes et aussi de graines, à ce que suppose d’Azara. Il fréquente les plaines découvertes, les halliers épais, et niche dans les endroits les moins cachés, sur un opuntia, ou sur quelque arbre iso é dans la campagne et dépouillé de ses feuilles. Souvent l’on voit appuyés l’un contre l’autre sur le même arbre deux et jusqu’à six de ces nids: ils sont faits avec des rameaux épineux, ouverts au sommet par un large passage , et ont un pied de hauteur sur dix-huit pouces de largeur.

La femelle, dont le plumage ne diffère point de celui du mâle et qui l’accompagne toujours, pond au fond du nid, sur une couche de feuilles ou de bourre , quatre œufs blancs, plus pointus à l’un des bouts, et longs de huit à onze lignes. Cet oiseau vit au Paraguay.

L'ANNUMBI ROUGE.

Furnarius ruber. Vi£iLL. (1).

Cet oiseau, qui s'éloigne des fourniers par les teintes de son plumage, s’en rapproche par l’art avec lequel il construit son nid. Hi a huit pouces de longueur, la queue étagée et composée de douze pennes, et les ailes foibles et concaves; les plumes de la tête et du haut du cou sont rudes, parce que leurs tiges dépassent leurs barbes, et le cou paroît fort gros à cause de ses plumes nombreuses et peu couchées ; le dessus de la tête et la queue sont d’une couleur assez vixe de rose, ainsi que les ailes, dont les rémiges sont terminées de noirâtre ; les côtés de la tête et du cou, le dessus du corps, les plumes anales, sont colorés en brun rouge; les parties inférieures sont blanchâtres; le bec un peu courbé dans toute sa longueur est noirâtre en dessus et blanchâtre en dessous; l'iris est d’un jaune pur, et les tarses d’un bleu argenté.

D’Azara regarde cet annumbi rouge, ainsi qu’il le nomme , comme très voisin par son genre de vie de ses bataras. En effet, cet oiseau se tient dans les halliers épais; ses ailes sont courtes et concaves ; sa queue est étagée; son vol est court; il vit seul ou apparié; mais aux caractères génériques des fourniers il joint l'habitude de construire un nid volumineux élevé avec les mêmes matériaux qu’emploie l'espèce précédente. Ce nid, en effet, se trouve placé le long des chemins, à peu de hauteur, sur de petites branches épineuses et flexibles, où son poids aide à ce qu’il soit sans cesse balancé par les brises. La femelle y pond quatre œufs blancs, de même forme que ceux de l’hornero. Le nid de l’anrumbi rouge offre à son pourtour plusieurs trous ou entrées qui renferment des débris de végétaux, destinés en apparence à recevoir les œufs et à servir de lit pour les jeunes; mais ceux-ci sont au contraire placés dans des endroits profonds et cachés de ce nid, où l’on a dû supposer que ces loges distinctes étoient peut-être destinées à servir de chemins dérobés pour fuir en cas d'alerte, ou à fournir aux jeunes les moyens de sautiller, et de faire les exercices auxquels ils aiment à se livrer dès que leurs premières plumes paroissent. Ces petits ne diffèrent point des père et mère.

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