‹ Compléments de BuffonChapitre 401 sur 667 · LE FOURNIER FULIGINEUX · texte numérisé non relu

LE FOURNIER FULIGINEUX

Furnarius fuliginosus. Less. (?).

Cet oiseau a de longueur totale cinq pouces et

(:) D’Azara, 2920.

(2) Certhia antarctica, Garn., Ann. des Sc. nat.

demi; le bec est long de huit lignes; les tarses d’un pouce, et la queue de deux pouces huit lignes.

Le bec est légèrement comprimé, convexe en dessus, à mandibule supérieure doucement recourbée, entière, et dépassant l’inféricure; la queue est presque rectiligne, composée de douze pennes, formant un peu le toit; les jambes sont emplumées jusqu'aux tarses : ceux-ci sont grêles, allongés, à scutelles larges et peu apparentes; le doigt du milieu est le plus long , les deux extérieurs sont à peu près d’égale longueur, l’externe est soudé avec celui du milieu à la base ; l’ongle du doigt postérieur est plus long du double que ceux des doigts de devant, aui sont très comprimés sur les côtés, recourbés et aigus.

Le plumage entier de ce fournier est d’un brun fuligineux clair répandu également sur toutes les parties du corps; la gorge seulement présente des stries de fauve et de brun peu dessinées ; le dessous de la queue est d’un brun gris clair. Une bande fauve, à teinte plus marquée, occupe le milieu des grandes pennes des ailes , et forme une écharpe lorsque l'oiseau vole; l'extrémité des pennes est légèrement plus foncée que le reste du plumage, et leur rebord externe est un peu plus clair.

Le fournier fuligineux habite les îles Malouines. Il vit sur les rivages, où sa familiarité et son peu de crainte permettent de l’approcher souvent jusqu’à le toucher avec la main. Son plumage sombre l’a fait mentionner dans quelques narrations de voyages sous le nom de merle. Pernetty, qui séjourna sur les îles Malouines, le peint ainsi dans la relation (tom. IT, p. 20) qu’il en a donnée : « Cet oiseau est tellement familier, qu’il venoit voler presque sur le doigt; en moins d’une demi-heure j’en tuai dix avec une petite baguette, et sans presque changer de place. Il gratte dans les goëmons (fucus) que la mer jette sur le rivage, et y mange les vers et les petites crevettes que l’on appelle puces de mer. » Son vol est court : lorsqu'on l’inquiète, il se borne à voler deux ou trois pas plus loin; ses habitudes sont solitaires, et à peine le distingue-t-on sur les schistes des côtes, sur lesquels il se tient presque constamment.

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