L'OISEAU -MOUCHE A OREILLES D'AZUR
Ornismya aurita. Less., Synop. (1).
Brisson décrivit le premier cet oiseau-mouche sous le nom de grand suce-fleurs de Cayenne (2), et Buffon lui appliqua l’épithète d'oiseau-mouche à oreilles (3); Latham (f), Vieillot (5), Shaw (f), lui conservérent cette dernière dénomination.
Deux pinceaux de plumes plus longues que les autres, et dirigées derrière les oreilles, ont porté les naturalistes à donner à cet oiseau le nom qui sert à le distinguer de ses congénères. Ces deux touffes se suivent immédiatement sur les côtés du cou ; la première est de couleur verte chatoyante ou d’émeraude , tandis que la deuxième est d’un bleu passant au violet améthyste, et jouit de l'éclat le plus brillant. Mauduit, que Buffon se plaît fréquemment à citer, pensoit que ces deux touffes auriculaires étaient formées par les plumes de la conque, remarquables par un plus grand développement, comme cela arrive si fréquemment chez certains oiseaux. M. Vieillot ne partage point cette opinion
(‘) Trochilus auritus , Gmel.
(2) Mellisuga cayennensis major, Briss., t.IIL, p.722.
(3) Buffon, édition Sonnini, Ois.,t. XVII, p. 199.
(4\ Violet heare4 humming-bird, Latham; Synop., t.1,part. 2, p.767; Index, sp. 36.
(5) Trochilus auritus, Vieillot, Ois. dorés, pl. 25 {mâle) , et 26 (femelle); pages 57 et 59 ; Nouv. Dictionn. d'Hist. nat., t. VII, p. 368.
(6) Shaw, Misc., t. XXII, pl. 977.
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quand il dit : « Mauduit regarde ces plumes comme un prolongement de celles qui recouvrent dans tous les oiseaux le méat auditif; il ajoute qu’elles sont douces , et que leurs barbes duvetées ne se collent point les unes sur les autres. Cette remarque ne nous semble pas juste; car, en examinant les mêmes plumes, nous avons observé qu’elles ne sont point le prolongement de celles du conduit auditif, qui existent chez cet oiseau-mouche comme dans tous les autres oiseaux, mais qu’elles sont placées audessus de celles-ci; elles sont rondes, écailleuses, sans duvet, et fermes comme celles du dos. »
L’oiseau-mouche à oreilles d'azur a quatre pouces et demi de longueur totale ; le bec n’a pas moins de dix lignes, et se trouve être très droit et noir; le dessus du corps, c’est-à-dire le dessus de la tête, le dos, les couvertures de la queue, sont d’un vert uniforme glacé d’or et brillant ; un trait d’un noir foncé et velouté naît à la base du bec et traverse l’œil, en se dirigeant un peu en arrière; tout le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, est d’un blanc de neige; les rectrices sont arrondies, d’inégale longueur dans le jeune âge ; les quatre du milieu sont d’un noir bleu foncé, d'autant plus tranché que les six autres ou les trois extérieures de chaque côté sont entièrement blanches ; les rémiges sont brunes, et s'arrêtent aux deux tiers de la queue ; les pieds sont de cette dernière teinte.
La femelle de l’oiseau-mouche à oreilles d’azur que nous avons figurée pl. 4i ressemble au mâle par les formes corporelles et les couleurs générales, seulement elle en diffère par plusieurs particularités qui l’en distinguent au premier coup d'œil. Ainsi, elle n’a point les deux touffes vertes et bleues qui se dessinent sur la région auricul2ixe. Cette partie est recouverte par le trait noir qui, chez le mâle, traverse les tempes, et qui dans la femelle s’étend bien plus avant sur les côtés du cou; ensuite le blanc pur du ventre et de la poitrine est mélangé de nombreuses taches ou flammettes brunes , qu’on observe aussi sur les couvertures inférieures de la queue. Quelques individus n’ont même que les deux rectrices moyennes de couleur brune; les deux latérales se trouvent être brunes à leur naissance et blanches au sommet ; les pieds sont gris brun.
Latham indique une variété de cette espèce qui seroit fort remarquable, et que nous n'avons point rencontrée dans les collections de Paris. Les deux touffes vertes et bleues qui occupent le derrière des yeux seroient d'un pourpre assez vif et dilatées à leur terminaison ; mais il est fort probable que cette particularité n’a été qu’individuelle (1).
() Latham, Synop., sp. 36 , var. B; Gmel., Syst. Nat., sp. 47, var. B.
L’oiseau-mouche à oreilles d'azur est une des espèces les plus communes de la Guyane et du Brésil. On le rencontre très fréquemment dans les buissons épais et touffus qui entourent les lieux habités.
L'OISEAU - MOUCHE AMAZILI (1), Ornismya Amazili. Less., Synop.
Le Pérou possède comme le Brésil des oiseauxmouches, et le nom de cette espèce rappellera à limagination de nos lecteurs une des héroïnes célébrées par Marmontel dans ses Incas , et en même temps les lieux où elle vécut. C’est dans les environs de Lima, sur les plaines dégarnies qui entourent Callao , et que des buissons d’arbustes, et principalement de baecharis, recouvrent cà et là, que nous découvrimes cet oiseau-mouche, devenu aujourd’hui assez commun dans les collections.
D'un vert métallique sur la tête, les joues et le dos , l’'Amazili a les couvertures des ailes vertes, les pennes d’un brunâtre terne, la poitrine, le ventre, le bas du dos, le croupion et la queue d’un roux fort vif; celle-ci est carrée et présente des traces de teintes vertes sur les deux pennes les plus extérieures. La gorge est blanchâtre, et le centre de chaque plume qui le revêt est occupé par une tache arrondie brune, puis d’un vert doré bleu, passant au vert émeraude sur les côtés du cou; les pieds sont noirs, le bec est noir, blanc à sa base et dans les deux tiers de la mandibule inférieure ; les ailes sont un peu moins longues que la queue.
Cette espèce a de longueur totale quatre pouces ; le bec huit lignes et la queue quinze : elle n’est point rare dans les buissons du littoral du Pérou , qu’elle visite le soir et le matin. Comme tous les oiseauxmouches, P'Amazili est tonjours en mouvement, et vole de fleur en fleur en bourdonnant. L’individu figuré par M. Bévalet est un jeune, tandis que nous devons au pinceau de M. Bessa l’âge complétement adulte, ainsi que le représente la planche 13 de notre Monographie.