L'OISEAU-MOUCHE A RÉMIGES EN FAUCILLES
Trochilus falcatus. SWAIXSON.
Cette espèce, que la forme assez notablement recourbée du bec devroit faire ranger parmi les colibris, tient cependant à la tribu des oiseaux-mouches campyloptères, ou de ces espèces dont les rémiges ont leurs tiges élargies imitant assez bien la forme d’un glaive recourbé. C’est à M. Swainson que nous en devons la connoissance, et nous reproduisons la figure qu’il en a publiée dans son intéressant recueil Tout ce que nous dirons de l’histoire naturelle de cet oiscau sera donc emprunté à cet habile ornithologiste, aussi modeste que laborieux , et que l'Angleterre compte parmi ses naturalistes les plus cé-
lébres.
L’oiseau-mouche à rémiges en faucilles a près de quatre pouces de longueur totale. Son bec est noir, assez notablement recourbé, et long de près d’un pouce ; les ailes sont plus longues que la queue ; les rémiges ont leurs tiges fortement coudées, et dilatées au-delà des proportions ordinaires aux deux espèces précédentes. M. Swainson suppose que les mâles, chez les oiseaux dont les tiges des rémiges sont ainsi élargies, sont les seuls qui présentent une telle modification, et que les femelles n’offrent rien de semblable; il présume encore que la nature leur a fourni par la force et la rudesse de ces parties un moyen de défense avantageux pour repousser les attaques des petits oiseaux de proie tels que les piesgrièches. Il est plus probable que celte particularité de l’organisation est due à ce que les oiseaux-mouches de cette tribu, ou les campyloptères volent plus long-temps sans se reposer que les autres espèces, et que leurs ailes ont été appropriées ainsi à leurs habitudes ou à leurs besoins.
Un trait d’un noir profond, partant de la commissure du bec, se rend à l’œil; un vert noir métallique et doré règne sur le front, la tête, le cou et le croupion, et paroît plus brillant sur les côtés du cou; les plumes auriculaires sont d’un vert bleu; le gosier, le devant du cou, sont recouverts d’un bleu violet, reflétant des teintes pourprées et chatoyantes, et qui passe au verdâtre sur Ja poitrine, en se méê- Jlant au vert des côtés du cou. Toutes ces plumes métallisées sont taillées en écailles. Le ventre est d’un vert doré, sur lequel tranchent les deux touffes d’un blanc pur qui entourent la naissance des cuisses.
La queue est arrondie, composée de rectrices larges et presque rectilignes à leur extrémité, qui est toutefois légèrement arrondie. Celles-ci sont d’un roux cannelle fort vif que relève un liséré d’un noir pourpré bordant leur extrémité terminale. Les deux rectrices moyennes sont teintées en dessus de vert doré.
Cet oiseau-mouche rare et précieux faisoit partie de la riche collection Bullok à Londres, et a quelque analogie avec le colibri figuré par M. Vieillot à la pl. 179 de sa Galerie du Muséum, sous le nom de trochilus lazulus. On ignore le lieu qu’il habite. M. Swainson l’a représenté sur une tige de la clitore de Flumier, plante brésilienne fort remarquable.