LE SAPHIR
Ornismya sapphyrina. Less., Synop.
Le saphir a trois pouces six lignes de longueur totale. Son bec est assez long, grêle, d’un jaune clair, excepté à la pointe qui est noire; le dessus de la tête et du corps est d’un vert doré qui s'étend sur le croupion ; une belle couleur rouille occupe le gosier , et immédiatement au-dessous naît un bleu de saphir très éclatant, s’irisant en violet, qui recouvre le devant du cou, la poitrine, et s’arrête à la partie supérieure de l'abdomen ; les flancs et le ventre sont d’un vert brunâtre ; les plumes de la région anale grises; les ailes, un peu plus longues que la queue, sont minces, à rémiges brunes pourprées ; la queue est composée de rectrices de même longueur, toutes d’un roux uniforme et fort vif: les tarses sont brunâtres. Une variété à bien la couleur rouille qui distingue les vieux individus, mais le bleu de saphir est moins apparent sur la poitrine, et les parties inférieures sont mélangées de verdâtre et de brun. La femelle a les parties supérieures d’un vert bleu, le ventre et le bas-ventre d’un blanc tacheté de brun.
Le saphir habite la Guyane, et n’est pas rare à Cayenne; et il paroît également vivre au Brésil. « En revenant, dit M. le prince de Wied dans son Voyage, t. I, p. 61, j'abattis plusieurs jolis oiseauxmouches, par exemple, celui à gorge bleue et au bec d’un rouge de corail (1°. sapphirinus), qui y est très commun, »
M. Vieillot décrit ainsi le jeane âge : « Toutes les parties supérieures sont d’un vert cuivré sombre, les inférieures d’un gris mélangé de noir; quelques plumes blanches apparoiïssent sur la gorge ; le menton est d'un roux pâle ; les pennes des ailes et de la queue sont brunes; les latérales de cette dernière partie sont bordées de gris ; le bec est brun en dessus et d’un blanc jaunâtre en dessous; les pieds sont noirâtres. » Le même auteur dit que le jeune âge , avant sa première mue, a la tête et les parties supérieures d’un brun vert, le dessous du corps d’un blanc sale, les couvertures de la queue d’un gris foncé; les pennes vertes depuis leur origine jusqu’à leur moitié, ensuite d’un brun violet, terminé de gris.
Nous ne pensons pas que l'oiseau déerit par M. Vieillot comme le mâle de l’espèce du saphir, ct figuré pl. 57 des Oiseaux dorés d’Audebert , ap-
partienne à la même espèce. C’est notre oiseau-mouche Wazgler.
L'OISEAU-MOUCHE GLAUCOPIS.
Ornismya glaucopis. Less., Synop.
Le glaucopis, nommé aussi oiseau-mouche vert à queue fourchue du Brésil, ou l’oiseau-mouche à tète bleue , a des formes robustes et massives; il a jusqu’à quatre pouces trois et quatre lignes de longueur : le bec entre pour neuf lignes et la queue pour quinze dans ces dimensions. Son bec est noir, droit, terminé en pointe aiguë; ses ailes, qui sont très minces, s'étendent jusqu'aux deux tiers de la queue; les rémiges sont d’un brun pourpré; les rectrices sont assez larges, graduées d’un bleu d’acier intense, et donnent à la queue, qui est longue de vingtlignes, une disposition fourchue ; la couleur des tarses est brunûtre.
Le sommet de la tête de cet oiseau est recouvert par une calotte qui, depuis le bec jusqu’à l’occiput, est colorée en bleu indigo très vif, chatoyant parfois en vert sombre, ou bien, sous certains reflets de la lumière, offrant une teinte d’azur suave qui disparoît pour faire place au brun sombre ou à des reflets pourprés. Le dos, les couvertures des ailes, le croupion, sont d’un vert doré foncé et uniforme ; la gorge, la poitrine, le devant du cou, le ventre et les flancs brillent du plus beau vert d’émeraude ; le bas-ventre est mélangé de gris, et les couvertures inférieures de la queue sont également varices de vert et de grisâtre, les plumes écailleuses émeraudines sont grises dans leur moitié inférieure.
La livrée du jeune âge est beaucoup plus terne que celle des adultes ; la calotte bleue de la tête affecte des teintes vertes; les plumes de l'abdomen sont davantage mélangées de gris ; entin la région anale est blanchâtre.
La femelle ( pl. 59 ) est plus petite que le mâle,
dont elle a du reste tous les caractères, on la recon- ,
noît aisément à Ja forme de son bec et à la couleur de ses tarses, et surtout à la disposition fourchue de sa queue, dont les rectrices sont d'un vert doré en dessus et bleues à leur extrémité. On n’apercçoit aucun vestige de calotte sur la tête. Cette parte est d’un vert doré qui s’étend aussi sur le dos, le croupion , et les couvertures des ailes et de la queue; les rémiges sont d’un bleu d'acier foncé en dessous et œillées de blanchâtre à l'extrémité des plus extérieures; la gorge, le ventre, toutes les parties inférieures enfin, sont d’un gris enfumé auquel se joignent sur le flanc des teintes vertes dorées; le bas-ventre et les couvertures inférieures sont d’un gris fuligineux.
Nous en avons distingué une variété dont le vert
doré des parties supérieures étoit beaucoup plus éelatant qu’à l'ordinaire.
Les jeunes mâles dans leur première année ont la tête brune, les parties inférieures d’un gris clair, et un demi-collier vert doré au haut de la poitrine.
Le glaucopis habite le Brésil. Les individus conservés au Muséum en ont été rapportés par MM. Quoy, Gaimard et Delalande. M. Florent Prévost nous a communiqué une douzaine de ces oiseaux- mouches, qui nous ont servi à tracer les descriptions précédentes. On ignore les habitudes de celte espèce.