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L'OISEAU-MOUCHE ARLEQUIN

Trochilus multicolor. LATH.

Cet oiseau n’est connu que par la description et la figure qu'en a publiées l’ornithologiste anglois Latham. Cette figure, dessinée par S. Edwards, a été reproduite par M. Vieillot dans la planche 69 de ses Oiseaux dorés, et nous avons dû la donner pour ne rien omettre des espèces admises sur l’existence réelle des individus conservés dans les collections ou connus par des portraits exacts. Toutefois ce dessin semble appartenir plutôt à un colibri, et nous paroît fautif. Ce n’est qu'avec une extrême défiance qu’il faut l’admettre dans le tableau des oiseaux-mouches connus. Il se pourroit qu’il ne représentât qu’un soui-manga, et nous le soupconnons d'autant plus volontiers que nul oiseau-mouche ou colibri ne présente d'ordinaire des dispositions semblables dans les masses colorées du plumage.

Quoi qu'il en soit, nous reproduisons purement et simplement la description des auteurs. L’arlequin a été nommé ainsi à cause de la bigarrure de sa livrée. Sa longueur totale est de quatre pouces deux lignes ; le bec, assez recourbé, a douze lignes; il est d’un brun clair ainsi que les tarses. Un riche vert doré occupe le sommet de la tête, le menton, la gorge, la poitrine, le milieu du dos et les petites couvertures des ailes; de la commissure du bec part une petite bandelette bleue qui entoure les yeux, couvre Je oreilles. l’occiput , les côtés et le dessus du cou:

DES OISEAUX

elle est bordée de noir seulement sur ces dernières |

parties ; la couleur brune répandue sur le reste des parties supérieures du corps prend une nuance claire sur les rémiges et sur les rectrices ; un rouge de cinabre mat colore l'abdomen, le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue.

Onignore le lieu d’où provient cet oiseau que personne n’a revu depuis Latham , et dont il avoit toutefois figuré une variété d’après un dessin du colonel anglois Davies.

LE WAGLER.

Ornismya Waglerii. Less., Synop.

Il n’est pas douteux que l'oiseau que nous nommons Wagler, en l’honneur d’un célèbre ornithologiste de l'Allemagne, notre ami, est celui que M. Vieillot supposa être le saphir mâle, et qu'Audebert a figuré dans la planche 57 des Oiseaux dorés. Cependant, si les couleurs du plumage se rapportent parfaitement , il n’en est pas de même de quelques caractères tirés de la queue et des formes du corps. L’individu sur lequel nous avons tracé notre description existe dans les galeries du Muséum , où il a été déposé tout récemment.

Le Wagler a donc quatre pouces environ de longueur totale; il a quelque ressemblance avec le Maugé, bien qu’il soit plus robuste et un peu plus gros ; sa queue, longue d’un pouce, est aussi beaucoup moins fourchue ; le bec est long de sept lignes et brunâtre , ainsi que les tarses; les ailes sont aussi longues que la queue; leur ampleur est assez notable, et leurs rémiges sont brunes pourprées ; les rectrices sont presque égales : chacune d'elles est large , et toutes sont colorées en bleu indigo foncé, sans aucun mélange, soit en dessus, soit sur la face inférieure.

La tête, le devant de la gorge, du cou et le haut de la poitrine brillent d’un azur éclatant glacé d’or; tout le reste du plumage, en devant surtout, est d'un vert d’émeraude foncé , sablé d’or et teinté d’indigo scintillant ; le vert du dos tire sur le brun sombre, quoique doré, et les couleurs des régions inférieures sont aussi de ce même vert, à aspect noir séricéeux.

Ce bel oiseau habite, dit-on, le Brésil,

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