LES SOUI-MANGAS
Remplacent exclusivement dans l’ancien monde, c’est-à-dire en Afrique et en Asie seulement, les colibris qui vivent en Amérique. Aussi, quand les voyageurs parlent d’oiseaux-mouches rencontrés en Afrique ou dans les iles de la Malaisie, il faut entendre des soui-mangas. Ce nom est emprunté à la langue malgache, et signifie mangeur de sucre, au dire de M. Cuvier. Tous les mâles ont de riches
{) Certhia coccinea, Gm.; hook-billed red creeper, Lath., Synop.; Vieill., x 4 92, Oiseaux dorés, t. Il; Less., AUas , pl. 76, fig. 1 ; C. coccinea, Forster, Gœt., Mag., 1780 ,t.IV,p 347: é vestiaria, Lath.; ; mellisuga coccinea, Merrem , Av. fasc. pl. 4; Shaw, Misc., pl. 220 ; Vieill., Gal., pl. 181.
(2) Certhia obscura, Gm ; hook-billed green Creeper, Lath.; Vieill , pl. 53.
() Certhia pacifica, Gm.; great hook- billed Creeper, Lath.; Vieill., Oiseaux dorés, pl. 63; Cook, 3e Voy., tIEL,,,p. 119.
() Cinnyris, Cuv.; mellisuga, Vieill.; nectarinia, Illiger ; certhia, L,
HISTOIRE NATURELLE
reflets dans leurs parures. Les femelles ont une livrée simple et sans éclat. Ils sont caractérisés par un bec aussi long que la tête, recourbé, très finement dentelé sur les bords. Leur langue est tubuleuse et simplement fourchue ; leur queue, courte et égale, est souvent dépassée par deux longs brins. Les diverses parures que présentent les mâles aux diverses époques de leur vie, ainsi que celles des femelles, rendent leur étude difficile,
Les espèces les plus remarquables et les plus nouvelles sont : 4° Le métallisé (1), qui a le haut du corps vert, une ceinture, le croupion et la queue azur, le ventre jaune et deux longs brins; on le trouve en Nubie, dans le Dongola; sa femelle est gris jaune. 2° L’Adelbert (?) se trouve au Sénégal. Il a la tête et le menton vert émeraude, la gorge blanche , cerclée de noir. Le ventre, les ailes et le bas du dos rouge brun, le cou noir. 5° L’oriental (3) se plait sur les rives du Gange, entre Bénarès et Calcuita. IL est d’un riche vert pourpré, avec le ventre pourpre noir, les ailes et la queue noires, et une bandelette orangée placée en travers sur les aiies. 4° Le Gould (4) a été découvert dans les montagnes de l'Himalaya. Son plumage est généralement d’un riche bleu et pourpre, à reflets métallisés. Mais l’occiput, les joues, le haut du dos, sont d’un rouge de sang. Le bas du dos, le thorax et le ventre sont jaune soufre, tachetés de rouge de sang. 5° Le Lonçuemare ($) vit sur les côtes d'Afrique, Ilest d’un riche violet sur le corps, d’un blanchâtre soyeux sur le ventre, avec la gorge violette. 6° L’Aspasie (6) d'Amboine a la tête émeraude, le plumage noir velours, le dos et les ailes vert doré; le plastron acier. 7° Le Æuhl(7) de Java a le sinciput émeraude, le devant du cou rubis, avec un collier bleu, le dos jaune. La femelle est verdâtre, 80 L'Hassell (#), aussi de Java, a le sinciput émeraude, le gosier rubis, le ventre rouge de feu, le dos et les couvertures bleu céleste. 9° Le souci (?) des Moluques, et plus particulièrement d’Amboine, a le sinciput et la gorge azur et rubis, le dos olivâtre, le dessous du corps souci, les ailes et la queue brunes. 40° Le distinqué (9) de Java a un plastron de fer spéculaire, le corps olivâtre en dessus, jaune d’or en dessous. La queue bleue, frangée de blanc.
(1) Nectarinia metallica, Lich.; Ruppell, Temm., pl. 347, fig. 1 et 2.
(2) C. A delberti, Gervais , Mag. de zool., pl. 19, t.1IL,
() C. orientalis , Frank. : Proc., I, 122.
(4) C. Gouldiæ, Vig.; Proc., I, #4.
(5) C. Longuemarei, Less., Illust. de zool., pl. 23.
(6) C. aspasie, Less., Coq., pl. 30, fig. 4.
(1) Nectarinia Huhlii, Temm., pl. 376, fig. 1 et 2.
(8) N. Hasseltii, ibid., pl. 376 , fig. 3.
(9) IN. solaris , Temm., pl. 347, fig. 3.
(ro) N. eximia, Temm., pl. 138 , fig. 1et2; NV. pecto. ralis, Horsf,
Af. pl. 7;
DES OISEAUX
La femelle est grisâtre en dessus et blanchâtre en dessous. 44° Le pectoral (1) de Java, a le sinciput émeraude, le plastron rubis, à reflets bleu d’acier sur les bords, du jaune d’or sur les flancs, le plumage pourpré, le croupion vert. 42° Le gracieux (?) de Java a les joues noires, la tête et le manteau vert glacé, le dos azur, ainsi que la queue. La gorge blanche, frangée de rubis et de fer spéculaire. Le ventre est jaune. La femelle est verte en dessus, jaune en dessous. 15° Le moustac(?), encore de Java, est du rouge de feu le plus éclatant, avec le front, une moustache, le croupion azur, le ventre blanc. Sa queue a deux brins plus allongés. 44° L’oreillon violet (4) se trouve à Java, à Sumatra, et peut-être aussi à Ceylan. Il a le dessus du corps vert émeraude, la gorge couleur de buffle, le bas-ventre jaune, les joues chocolat et un trait rubis violet sur les côtés du cou. 45° Le soui-mangas à ventre écarlate (5) se trouve aux îles Philippines, où on l’élève en cage en le nourrissant d’eau sucrée. Il a le sinciput vert, la gorge bleu d’acier, le ventre rouge, le bas-ventre jaune, le croupion glauque, les épaules et le manteau marron, les plumes des ailes et de la queue noires. M. Sykes a fait connoître trois espèces du pays des Mahrattes.
Le Vigors (6), rouge de sang, avec une bandelette d’un riche violet à l’angle du bec, et une tache sur l’oreille. Le sinciput, les tectrices de la queue et les épaules sont vert métallisé. Le ventre est gris, le bas du dos jaune soufre. Le nain (7) est vert olivâtre, avec la poitrine et le croupion rouges, à reflets violets. Le dessous du corps est jaune. L'unicolore ($) est vert olivâtre , à nuance plus foncée sur les ailes et la queue, plus claire sous le corps.
LES ARACHNOTHÈRES (.
Sont des soui-mangas à langue courte et cartilagineuse. Ils se nourrissent exclusivement d’araignées ; leur bec est deux fois plus long que la tête, très recourbé. Leur queue est courte et légèrement échancrée. Les espèces de ce petit groupe sont des îles de la Sonde, et n’ont pas de teintes métallisées.
(5 Nectarinia. pectoralis, Temm., pl. 138, fig. 3; N. eximia, Horsf.
e) Nectarinia lepida,Temm.,126, fig. 1 et2; AN. javanica, Horsf.; certhia lepida, Lath.; grimpereau de Malacca, Sonn.., pl. 110.
(3) N. mystacalis, Temm., pl 126, fig. 3.
(4) N. phænicotis, ib., pl. 108 , fig. 1; sylvia cingalensis, Lath., et pl. 388, fig. 2 (femelle); Brown, pl. 32.
(5) N. coccinigaster, Temm., pl. 388, fig. 3.
(6) Cynniris Vigorsii, Sykes, Proc., IL, 98.
{7 C.minima , ib., 99.
(8) C. concolor, ib.
(9) Arachnothera , Temm.,
4° Le souï-mangas à long bec (), ou le prit-añndun des Javanais, se trouve aussi bien à Sumatra qu’à Java , et même sur le continent de l'Inde. Il est vert olive sur le corps, gris-fuligineux en dessous, avec les rectrices brunes en dessous et terminées de roussâtre. 2° Le simple (?), ou le chess des Javanais , est vert olivâtre sur le corps et sur les ailes, mais l’espace entre le bec et l’œil et le devant du cou sont neigeux. Le reste des parties inférieures est jaune. 5° Le soui-mangas aux joues jaunes ($) se trouve à Java, et il est partout d’un vert pré fort agréable, relevé de jaune sur les sourcils, aux joues, sur les couvertures inférieures et au bord des pennes de la queue. Le ventre est d’un vert plus gai que le dos. Il se tient dans les bois de Bantam.
LES PHYLIDONYRES (!), OU MIZOMÈLES.
Constituent une petite tribu qui joint au port et aux caractères généraux des soui-mangas, l'aspect, les mœurs et la conformation des philédons. MM. Vigors et Horsfield ont ainsi caractérisé ce groupe : « Le bec est court, grêle, recourbé sur son arête, coupant à sa base, à narines longitudinales linéaires, recouvertes d’une membrane égalant en longueur le tiers des mandibules. La langue, les ailes et les pieds sont comme ces parties chez les philédons. Leur queue est assez courte et égale. Les philidonyres ont donc leur langue terminée en pinceau, leur plumage orné de vives couleurs, mais sans aucun éclat métallique. Ce sont des oiseaux de la Malaisie, de l'Océanie et de l'Australie exclusivement.
1° Le myzomèle rouge gris (5) est répandu dans les îles de Banda, Java et Sumatra. Il à le haut du corps rouge, les ailes noir bleu, le dessous du corps gris. La femelle n’a du rouge qu’au croupion. Elie est bistrée en dessus, gris ardoisé en dessous. 2° Le cardinal 6) de la terre de Diémen , rouge vif, avec du gris enfumé sous le corps, du noir sur les côtés du cou, les ailes et la queue brunâtres. 5° Le rouge el noir (7) est répandu sur les îles Mariannes et Caro-
() Nectarinia longirostris, Temm., pl. 84, fig. 4
(2) N. inornata, Temm., pl. 8#, fig. 2; cinnyris affinis, Horsf.
G) À. chrysogenys, Temm., pl. 388, fig. 1.
(4) Phylidonyris, Less.; myzomela, Vig. et Horsf.; cinnyris, auct. . |
(5) N. rubrocana, Temm. pl. 108, fig. 2 et 3; figuier rouge et gris, Levaill., Af,, pl. 136.
(6) Certhia cardinalis, Vieill., pl. 36 des Ois. dorés ; C.sanquinea, Gm.
(7) Cinrnyris rubrater, Less., Man, IL, 50.
lines. Son plumage est rouge sanguin ; ses ailes et sa queue sont brunes seulement. 4 L’australien (1) provient de la Nouvelle-Hollande ; il a le sommet de la tête noir, un demi-collier roux, la gorge d’un blanc pur. 5° Le décoré (2) a été découvert par nous sur l'ile de Waighiou. Il est uniformément brun
enfumé avec un ruban d’un rouge fulgide sur le devant du cou.
LES PHYLÉDONS, OU MELLIPHAGES (3).
Sont des souïi-mangas à plumage variable, sans éclat métallique, mais de taille qui atteint souvent celle d’un merle. Leur langue est terminée par un pinceau de fibres ; leurs ailes subaiguës dépassent le croupion ; la queue est médiocre, légèrement échancrée ou rectiligne ; leur bec est effilé, pointu, arqué. Toutes les espèces vivent d'insectes et d’exsudations qu’elles retirent des sucs ou mannes qui découlent des écorces et des feuilles des arbres de l’ Océanie et de lAustralie, leur patrie exclusive.
Vieillot a heure les espèces suivantes : 4° Le noir et blanc (%) a le dessus du corps cendré, les ailes et Ja queue noirâtres, mais leurs pennes sont bordées de jaune antérieurement. 2 Le collier blanc (5)a le dessus du corps carmélite, la tête, les ailes et la queue noires, les joues et un collier neigeux. 5° Le tacheté (6) a des raies blanches sur les côtés de la tête, le corps tacheté, les pennes des ailes et de la queue d’un brun très foncé et bordées de jaune. 4 Le cap noir Ÿ) a la gorge et le croupion blancs, le dos vert, les pennes des ailes et le dessus des caudales noirs. 5° Le fuscalbin (5) a un cercle rouge autour des yeux, le corps brun en dessus, blanc en dessons. 6° Le noir (*) est brunâtre, avec du blanc sur les côtés du cou. Les pennes alaires ont du jaune. 7° Le bleu (19, à la tête grise jaunâtre, le dessous du corps blanc, les pennes de la queue bleues en dessous. 8° Le gris (11) a le plumage gris et une tache jaune sous les oreilles. 9° L’oreille jaune (12
(:) Certhia australasica, Shaw.
(>) Cinnyris eques, Less., Zoo!. Cog., pl. 31 ; Bull , IL,
() Melliphaga, Lewin; philedon, Cuv., Temm;; philemon, Vieill., Gal; et certhia, Vieill., Ois. dorés.
(4) Vieill., Ois. dorés, pl. 55.
(5, 1b., pl.56.
(6) Zb., pl. 57, White, Voy.
(7) Certhia cucullata, Shaw; Vieill., &b., pl. 60.
(8) Certhia Llunata, Shaw ; Vieill., pl. 61.
(9) Vieill., Ois. dorés, pl. 74.
{o) Vieill., pl. 83,
{1r, Zb., pl. 84.
(2) 15., pl. 85.
HISTOIRE NATURELLE
Est verdâtre en dessus, jaunâtre en dessous. Les plumes des oreilles s’allongent en deux touffes, elles sont noires à leur base et jaunes au sommet. 10° Le mellivore 1) est roux sur le corps, blanc en dessous, avec un encadrement et une plaque sur les yeux d’un noir inten-e. 11° Le goruck (2), ou, comme le nomment les Anglais d’après les nègres de la Nouvelle-Galles du Sud, goowar-ruch, a une peau nue autour des yeux, le plumage vert foncé, mélangé de blanc.
M. Temminck a ajouté à ce nombre les espèces suivantes, qu'il a figurées : 120 Le philédon joues blanches (>) a le devant de la tête et le devant du cou noir, une plaque neigeuse sur les oreilles, le plumage sénéralement vert olive. Il habite la Nouvelle- Hollande, comme celles qui viennent après. 45° Le cap nègre (4) blanc satiné en dessous, noir sur la tête, le cou, et les côtés du thorax, olivâtre sur le dos , les ailes et la queue. 44° Le monstac 5), que lon dit être des Philippines, et dont le plumage gris est blanchâtre , sans tache sur la gorge, flammé sur le ventre et la tête, et gris sur les ailes et la queue. 45° Le grivelé (6) a la tête et le devant du corps vert, écaillé de noir, les joues jaune ferrugineux, un trait blanc à l’angle du bec, le dos olivâtre, le ventre gris, écaillé de noir. 46° fe réliculaire (Tjest brun olivätre sur le corps, gris, flammé de blanc audessous, à pennes des ailes frangées de jaune, les joues jaune verdâtre et le menton blanc. M. Quoy a découvert sur les rivages du port Western. 17° Le philédon à gorge noire (8), à la tête cendrée, à joues blanches, à gorge et poitrine noires, à ventre brupâtre. Nous y ajouterons : 48° Le rouge front (?), qui a près de six pouces de longueur totale; son bec est noir et les tarses sont gris brun. Une plaque de couleur ferrugineuse recouvre le devant de la tête, et se trouve bordée sur l’œil par un rebord blanc. Son plumage en dessus est brun, vermiculé de brun plus clair. Les couvertures des ailes sont brunes, bordées de roussâtre, et les rémiges brunes sont lisérées de jaune.Un long plastron blanc couvre toute la partie antérieure du cou, et se trouve encadré de noir brunâtre. Une ceinture brune traverse la poitrine ; le ventre est blanchâtre et les flancs sont grisâtres. Les rectrices donnent à la queue une forme
(r) Vieill., Ois. dorés, pl. 86.
(2) Zb., pl. 88.
(3) Melliphaga leucotis, Temm., pl. #35 ; white-eared thrush , Latb.
(&) M. atricapilla, Temm., pl. 335, fig. 1: certhia atricapilla, Lath.
(5) M. mystacalis, Temm., pl. 355, fig. 2
(6) M. maculata, ib., pl. 29, fig. 1.
(1) M. reticulata, ib., pl. 29, fig. 2.
(5, Philedon melanodera, pl. 8, fig. 1 , texte, p.191, Zool. le l’Astrolabe.
(9) Philedon rufifrons, Less., Zool. de la Cog , 1, 646.
fourchue : elles sont brunes, lisérées de blanchâtre. Ce philédon habite les environs du port Jackson. Un individu, que nous regardons comme la femelle , a le rouge ocreux de la tête beaucoup moins vif; le plumage plus tacheté en dessus; la gorge teintée de jaune , et le devant du cou d’un brunâtre sale, le ventre roussâtre.
LE PHILÉDON SANNIO ()
Est l’oiseau dont parle Sparmann dans son Mus. Carlson., et qu'il a figuré dans la planche 5, sous le nom de certhia melanura. Cependant la description de Sparmann est assez incomplète, car elle se borne à ce peu de mots : La tête et le dos sont violâtres ; le ventre et la poitriae verdâtres; les ailes fauves , la queue noire, un peu échancrée ; les tarses bruns. Enfin cet auteur lui donne pour patrie le cap de Bonne-Espérance ; sans doute par erreur, car notre philédon est de la Nouvelle-Zélande.
Mais si la description de Sparmann laisse beaucoup à désirer, celle de Blumenbach, bien que réduite à une seule phrase , peint toutefois cet oiseau à ne pas s’y tromper sous le nom de certhia sannio (Man. d’hist. nat., t.1, p. 209, pl. 14.) « Ce grim- » pereau de la Nouvelle-Zélande, dit Blumenbach, » est vert olive sur le corps; la tête est violette ; » les rémiges sont brunes, ainsi que la queue , qui » est presque fourchue. »
Le sannio a cinq pouces et demi de longueur totale. Son bec est noir, recourbé sur larête, à na rines revêtues d’une membrane. Son plumage est en entier d’un vert olivâtre uniforme ;'se teignant de jaune sur le bas-ventre. Des reflets d’un pourpre brillant, et comme métallisé, teignent le dessus de la tête jusqu’à l’occiput , les joues et la gorge. Deux faisceaux de plumes d’un beau jaune d’or recouvrent les épaules.
Les grandes rémiges sont brunes, bordées d’olivâtre, les moyennes sont teintées de vert. La queue, un peu fourchue , est d’un noir bleu intense. Les pieds sont gris , et l'iris d’un beau rouge.
Cet oiseau vit à la Nouvelle-Zélande, où les naturels le connoissent sous le nom de Xoko-i-mako.
Nous regardons comme le jeane âge du sannio un individu (Zool. Cog., pl. 21, fig. 2) qui en diffère par sa taille moindre , par la teinte moins apparente et moins pourprée du sommet de la tête. Deux traits d’un blanc pur se dessinent aux angles du bec. Les petites rémiges sont brunes, terminées de blanchàtre. Tout le dessous du corps est olivâtre, et le dessous d’un jaune d’abord teint de rouille sur le cou et la poitrine, et puis clair et pur sur le bas-ventre. Le bec et les tarses sont noirs, les ailes et la queue sont brunâtre teint d'olive.
{) Philedon Dumerilii, Less, Zool, Cogq., pl. 21, Il:
Nous en tuâmes plusieurs individus sur le bord de Ja baie des Iles à la Nouvelle-Zélande,
M. Swainson a figuré le philédon jaune cap (1) brun olivâtre , avec le dessus de la tête et les parties inférieures d’un jaune doré. Une tache noire entoure les yeux et recouvre les oreilles. El provient comme les précédents de la Nouvelle-Galles du Sud.
White, dans son Voyage à Botany-Bay, a représenté sous le nom de guépier de la Nouvelle- Hollande (?), varié de noir et de mèches blanches, ayant les ailes et la queue frangées de jaune d’or, un véritable philédon.
Re
LES MYZANTHES ().
Sont des philédons dont le bec est assez court, comprimé à la pointe, et légèrement arqué et caréné en dessus. Leurs narines sont linéaires maiscreusées dans une fosse ovalaire en devant. Leurs ailes sont médiocres et arrondies; leur queue est allongée, et le tour des yeux ou les mandibules présentent des portions de peau nue. Ce sont des oiseaux australasiens, dont le type est le cobaygin (4), des nègres du port Jackson. Celui-ci est gris en dessus, avec le front et les parties inférieures blanchâtres. La nuque et la poitrine sont rayées de blanc et de cendré; locciput et les joues sont noirs. Une raie jaune traverse les ailes. Les rémiges et les rectrices, brun fauve, sont terminées de blanc. La 2° espèce est le myzanthe à bec jaune (5), que les colonistes de Sydney nomment dell-bird ou bell-bird. Il est vert olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous, avec une tache jaune de chaque côté et en avant des yeux. Son front est brun; les tectrices alaires sont grises et les rémiges fauves; le bec et les tarses sont jaunes.
Nous sommes assez disposé à ajouter à ce genre les deux espèces d’oiseaux qui suivent :
Le foulehaio (6), que l’on trouve aux îles des Amis , a le plumage olivâtre, foncé en dessus, jaunâtre en dessous. Sa langue est divisée en quatre brins.Une caroncule jaune aurore garnit la base dela mandibule inférieure. Cet oiseau a un chant mélodieux evtrès étendu. La femelle estentièrement jaune.
Le graculé (7) de la Nouvelle-Hollande est gris roux sur le corps, blanc soyeux en dessous. Une ca-
() Melliphaga auricomis , Sw., Zool. illust., pl. 43 ; Muscicapa auricomis , Lath.
(2) Planche et page 486 et 297 de l'édition originale.
(3) Myzantha, NVig. et Horsf., Trans., XV, 318 : de mysan, sucer, et anthos ,fleur.
(4) Merops garrulus, Lath., Suppl., 9; myzantha ga rula, Vig. et Horsf., loc. cit.
{5) AL. flavirostris , ibid.
(6) Certhia carunculata, Gm.; Cook, 3e Voy., t, I, et App., Vieill., Ois. dorés, pl. 69 et 70.
(7) Vicill,, pl, 87.
ba | cs
lot'e noire, interrompue par un croissant blanc, recouvre la tête. Le pourtour des yeux est enveloppé d’une peau nue et jaune.
Enfin le philédon à oreillons jaunes {1}, que nous avons découvert à la Nouvelle-Guinée , nous semble encore être un myzanthe. Ilestolivâtre sur le corps, blanchâtre à la gorge , jaune sur le ventre , et marqué sur les oreilles d’un trait jaune d’or.
LES VERDINS ©).
Forment une petite tribu voisine des philédons, qu'ils remplacent dans les îles orientales. Ils ont une langue en brosse, un bec arqué et des tarses courts, des ailes subaiguës dépassant le croupion, une queue allongée et arrondie.Leur plumage a beaucoup de vert dans sa coloration dominante, et leur taille est celle d'une petite grive. Leurs narines sont presque entièrement cachées par les plumes du front. >uflon n’a connu qu’une espèce de ce groupe, qu’il rangeait parmi les merles sous le nom de verdin (?), et qu'il a figuré enl. 645, fig. 5. C’est un oiseau répandu à Bornéo, à Sumatra et à Java.
Le vert olive (4), des îles des Amis, à plumage vert olive, plus clair en dessous, nous paroit être un verdin; les pennes alaires et caudales sont frangées de jaune. La femelle est grise. Le district de Palembang , dans l’ile de Sumatra, a donné les trois verdins suivants : Le front d’or (5), à tête dorée , à gorge azur sur un fond noir bordé de jaune. Le plumage ‘vert, les épaules bleues: Le barbe-bleu (f) vert, avec le devant du eou noir , un trait azur sous le bec. L'ictérocéphale (7) à tête jaune, à face et gorge noires, relevé d’un trait bleu à l’angle du bec; les ailes et la queue bleues.
Le mullerien (8) habite Sumatra et aussi Java. Il est vert pré, avec la gorge noir velouté , et une petite bande bleue à la commissure du bec. La femelle a la gorge jaune et le plumage verdâtre clair.
”«) Philedon chrysotis, Less., Zool. Cog., pl. 21 bis ; myzantha flaviventer, i., Man., t. Il, p. 67.
() Phyllornis, Boié ; chloropsis, Jardine; phyllornis, oiseau feuille, est la traduction de leur nom javanais, bourou aausou.
(3) Turdus eochinchinensis, Gm.; Vieill., Ois. dorés, pi. 77e178;Temm,, pl. 484, fig. 2; turdus viridis, Horsf.
(+) Certhia virens, Vieill., Ois. dorés, pl. 67 et GS.
(5) Phyllornis aurifrons, Temm.,, pl. 484, fig. 1.
(6) P. cyanopogon, ib., pl. 512, fig. 1.
(n P. malabaricus, ib., pl. 512, fig. 2.
(S) P, Mullerii, ib., texte.
LES PHILLANTHES ().
Répondent en partie aux créadions et aux dilophes de M. Vieillot. Comme les philédons, leur langue se termine en un pinceau de fibres. Leur bec est allongé , recourbé et atténué à la pointe, muni d’une arête qui est carénée à la base. Les narines sont linéaires et occupent la moitié du bec. Leurs ailes sont médiocres et arrondies, et la queue est assez grande , étagée. Les oiseaux de ce groupe sont tous de l’Australie, MM. Vigors et Horsfeld placent parmi eux la pie à pendeloques (?) de Daudin, qui vit à la terre de Diémen et au port Western.
Le sucrier (°) est fauve noirâtre , avec des teintes vertes sur le corps, des cercles et des raies blanchàtres ; la pointe des rectrices est blanche. Les nègres des alentours du port Jackson l’appellent coke’ran, parce que son cri, suivant le voyageur Caley, rend les syllabes couka y cock. I] n’est pas rare dans les broussailles qui entourent Sydney et Paramatta. Le phrygien (“) a le plumage noir avec des stries jaunes sur le corps, et blanches en dessous. Les grandes pennes sont lisérées de jaune. Le Ph. de Lewin (°) est gris fauve avec des rayures blanchâtres ; la teinte du dos est plus pâle sur le cou. Le ventre est jaunâtre : les caroncules du cou sont courts et ovalaires.
A ce genre devra sans doute appartenir le poë (6), bel oïseau que Cook a le premier fait connoitre sous cenom, etquiesttrès commun à la Nouvelle-Zélande. Les naturels de la baie des Iles lui donnent le nom de toui, et ils le vénèrent, car il apprend aisément à parler. Ils aiment luiapprendre le rondeau suivant : ko tu koé, ko rongo koé, etc. Ce poë ou toui a le plumage vert doré, et deux pendeloques blanc pur sur chaque côté du cou.
LES CORBICALAOS ().
Sont des oiseaux de transition, qui joignent à la langue pénicillée des philédons un bec robuste, al-
() Anthochæra, Horsf. et Vig.; de anthos, fleur, et chaïiro, je me réjouis.
() Corvus paradoæus, Lath.; merops paradoæxus, Lath.; anthochæra carunculata, Vig. et Horsf.; Daudin, Ornith., pl. 16 ; creadion carunculatus, Vieill., pl. 94.
(5\ Anthochæra mellivora, Horsf., Vig., Trans., XV, 321 ; certhia mellivora, Lath., pl. 37.
(#) À. phrygia, ibid.; melliphaga phrygia, Lewin; merops phrygius, Lath.
(5, A. Lewinii, Vig. et Horsf., Trans., XV, 322.
(6) Philemon cireinnatus, Vieill.; merops circinnatus, Lath.
(7) Tropidorhynchus, Vig. et Horsf,, Trans., XV, 323,
de puis, carëne , et 6vépus, bec.
DES OISEAUX
longé, surmonté d’une arêtesaillante, convexe, et taillée en biseau. Les ailes sont subaiguës et dépassent le croupion. Leur queue, moyenne, est égale au sommet : leur tête est plus ou moins dénudée. Les plumes de leur cou sont étroites ; ils vivent aux Moluques ou à la Nouvelle-Galles du Sud.
Le type des corbicalaos est le corniculé (1) des Moluques, et surtout de l’ile de Bourou. Il estbleuàtre sur la tête et l’occiput, qui sont dénudés. Le menton est blanc; les plumes du thorax sont étroites, lancéolées, soyeuses. Les parties inférieures sont rousses. La queue est terminée de blanc. Les autres espèces sont : Le monacal (?), très commun dans toutes les îles de l'archipel d'Asie et surtout à la Nouvelle-Guinée; son plumage est cendré, et les parties dénudées du cou sont moins étendues qu’à l’espèce suivante , qu’on a confondue avec lui. Les plumes de la gorge sont courtes et peu eflilées. L’ex-
() Merops corniculatus, Lath.; Levaill., Ois., Ind., pl. 24, tropidorhynchus corniculatus , Vig. et Horsf. (2) Merops monachus, Lath.
croissance du bec est peu haute. L’austratien (1), que l’on trouve à la Nouvelle Galles du Sud, gris brun sur le corps, a le sinciput couvert de quelques plumes blanches, les plumes du cou longues et effilées, d’un blane satiné. L’oreillon bleu (?), ou le bati-kin des naturels du port Jackson, est vert olivâtre en dessus, noir sur la tête et la nuque, gris brun sur Je cou et le thorax, une ligne bleue sur les joues. Le dessous du corps blanc.
Un oiseau fort voisin des corbicalaos, et qui cependant n’a pas de nu sur la tête, ni la proéminence cornée de la base du bec, est le philédon de Bourou (3), découvert par M. Adolphe Lesson dans l’ile de Bourou. Son bec est droit , allongé, triangulaire, muni d’une légère arête. Son plumage est brun roussâtre en dessus, fauve sale sur la poitrine et le ventre. Le pourtour de l’œil seul est dégarni de plumes.
() Ænob fronted bee eater, White, pl. 190: tropidorhynchus monachus, Vig. et Horsf.
() Gracula cyanotis, Lath.; blue cheeked hony sucker, Lewin,plÆ
©) Philedon Bouroensis, Quoy et Gaim., Astr., pl. 8, fig. 3.