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LES CHOUETTES A AIGRETTES

Ne sont que des ducs, dit M. Cuvier (2), dont les aigreites , plus écartées et placées plus en arrière, ne se relèvent que difficilement au-dessus de la ligne horizontale. Or, cette définition est sans aucune valeur. Levaillant, bien avant Cuvier, avoit dit (5) :

(:) Lophostrix, Lass.

(2) Rég. an., LI, p. 344.

G; Afriq., t. 1, p. 114.

« Quoique la chouette à aigrettes blanches porte des aigrettes , j'ai cru devoir la séparer des espèces auxquelles les nomenclateurs ont donné le nom de dues, parce que les aigreties sont absolument placées différemment, et ne se redressent point de chaque côté du front sous forme de deux oreilles relevées, comme chez le grand-duc, mais retombent au contraire le long du cou. » Or, cette distinction est loin d’être suffisante.

Les chouettes à aigrettes ont des soies longues dirigées en avant. Les plumes du disque eflilées et couchées sur les joues, les plumes de l’arcade sourcilière développées en huppes latérales retombantes sur les côtés du cou. Les tarses sont robustes et abondamment vêtus, mais les doigts sont complétement nus, réticulés et munis d’écailles à la naissance des ongles seulement. Les ailes’ sont amples et n’atteignent pas l'extrémité de la queue. Celle-ci est légèrement arrondie. Les deux espèces habitent la zone équatoriale, l’une dans l'Ancien Monde et l’autre dans le Nouveau.

1° La CHOUETTE A AIGRETTES BLANCHES (!) habite Cayenne. Sa taille est celle du moyen duc. Son bec est jaune, ses ongles sont bruns. Les ailes au repos atteignent le milieu de la queue, qui est arrondie par le bout, étant un peu étagée. Les tarses sont entièrement emplumés jusqu'aux premières articulations des doigts, dont la couleur est brunâtre. Tout le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue , porte une fine rayure brune sur un fond blanchâtre, sali de roux clair sur les côtés du cou, et sur les pennestibiales. Le manteau, les pennes des ailes et de la queue, le dessus de la tête, le cou en arrière, sont généralement d’un brun roux plus ou moins foncé, imperceptiblement rayé de brun plus sombre. Des taches blanches répandues sur quelques unes des couvertures, des ailes, des scapulaires, sur les barbes externes des premières grandes pennes à l’aile, et sur celles de la queue, tranchent agréablement sur le brun monotone et sombre de la masse du plumage. La femelle est nuancée de rouge marron assez vif.

2° La CHOUETTE mibou (2?) habite les grandes iles de Java, de Sumatra et de Bornéo, où elle fait retentir les forêts les plus sombres de sa voix bruyante et sonore. Quoique plus petite d’un quart que le grand hibou d'Europe, dit M. Temminck, dans le texte de sa planche coloriée , elle a le bec et les griffes aussi développés. La disposition des doigts et leur longueur comparative, s’éloignent de ce qui

() Levaill , Af., pl. 43. Striæ griseata, Lath, Shaw.

()Strix Sumatrana, Sir Raffles, Cat ; ie hibou bruyant, Strix strepitans, Temm., pl, 474 (mâle), et 229 (jeune de l'année),

HISTOIRE NATURELLE

a lieu chez le hibou, qui a les trois doigts antérieurs à peu près égaux entre eux et pourvus d’ongles de même grandeur. La chouette hibou a le doigt interne et celui du milieu égaux, tandis que l’interne est beaucoup plus court.

Les aigrettes prennent naissance au bord postérieur de l'orbite, en s’étalant sur le côté, puis se redressant vers le haut. Cette disposition des aigrettes contribue à élargir la face, qui n’a qu’un léger demi-cercle de plumes sétiformes, couvrant à peine loritice de l’oreille. Le bec fort gros est blanc. Les ailes atteignent les trois quarts de la queue. Celle-ci, formée de rectrices égales, est assez longue.

Les aigrettes sont composées de longues plumes noires qui en recouvrent de plus courtes ; elles sont rayées de brun et de blanchâtre. Toutes les parties supérieures et les ailes sont noirâtres, rayées à distance de bandes roussâtres disposées en zigzags. Celles des ailes sont plus larges et plus claires. Les rémiges sont rayées de larges bandes, et la queue, sur les barbes intérieures , est lisse, et a des zigzags sur les externes : leurextrémité est blanche. Les joues, les parties inférieures, ont des raies distantes, plus rapprochées sur la poitrine, qui est peinte de brun et de blanc roussâtre. Les tarses bien vêtus jusqu'aux doigts, sont blancs rayés de brun. Ces derniers sont jaunes. L’adulte a dix-neuf pouces de longueur.

Le jeune a été caractérisé comme espèce par sir Stanford Rafiles, dans son Catalogue d’une collection. faite à Sumatra. C’est la chouette de Sumatra (1), décrite en ces termes :

« Cette espèce, qui est la plus grande, ressemble » par sa couleur au striæ nyctea ou chat-huant nei- » geux (snowy ow!) ; mais elle à des oreilles.

» Elle à environ quatorze pouces de long; son » plumage est blanc, et chaque plume est marquée » de raies brunes transversales qui sont plus pâles » en dessous que sur le dos. Les grandes plumes des » ailes sont noires; les secondes brunes foncées, avec » des bandes jaunâtres mélangées de blanc, particu- » lièrement au côté intérieur et à la pointe. Les » oreilles ne sont pas très remarquables. Les yeux » sont entourés d’un cercle bien marqué de plumes » blanches et roïdes; les paupières sont garnies de » plumes noires rudes. Les oreilles sont ovales et » petites. Le bec est jaune, courbé et garni à sa » base de soies qui sont dirigées en avant et sont » aussi longues que le bec. Celles de la mandibule » supérieure sont noires, et celles de la mandibule » inférieure blanches. Les jambes ont des plumes > jusqu'aux doigts. La queue est assez courte, avec » des taches blanches. Les ailes égalent la queue en » longueur.

(!) Sfrix Sumatrana, Raffles.

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