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LA CHOUETTE HIRSUTE

Habite l'ile de Ceylan, où l’a rencontrée M. Leschenault de Latour, et la Cochinchine, où M. Diard se l’est procurée. Cette espèce nouvelle est facile à distinguer de toutes les autres chouettes connues, dit M. Temminck, par les aspérités dont les doigts sont bordés. Une rangée de poils très gros , roides,

(:) Strix nudipes, Vieïll., Am. sept., pl. 46. Encycl., HI, 1292.

(2) Strix hirsuta, Temm., pl. 289.

et placés symétriquement comme les dents d’un peigne, garnit les côtés des doigts. En dessus ils sont couverts de poils clair-semés. Les tarses sont vêtus de plumes serrées. La queue est longue, à pennes régulières entre elles, et couverte en grande partie par les ailes. Le front et le lorum sont blancs, mais les poils qui prennent leur origine dans cet intervalle, et qui couvrent une partie du bec, sont noirs. Le sommet de la tête et la nuque ont une teinte brune cendrée. Le dos, les couvertures des ailes et les pennes sont d’un brun uniforme et sans taches. Mais on voit, en soulevant les plumes scapulaires, de grandes taches blanches placées sur les barbes intérieures de ces plumes, et sur Jes pennes secondaires les plus proches du corps; toutes ces ‘aches sont cachées par les barbes extérieures lorsque l’aile est en repos. La gorgeest roussètre, la poitrine etle ventre d’une teinte blanche, couverte de grandes taches brun roussâtre. Les couvertures inférieures de la queue sont blanches , marquées de taches brunes peu nombreuses. Les doigts sont marbrés de roux et de brun. Leurs parties nues peuvent avoir été jaunâtres dans le vivant, et les poils durs et roides dont ils sont garnis d’un roux clair. Le bec est noir, mais son arête est blanche. Les pennes de la queue sont rayées de quatre bandes brunes et de quatre bandes cendrées très régulières. Le hout de toutes ces pennes est blanc. Les femelles ne diffèrent du mâle que par une taille plus forte. Ceux-ci ont neuf pouces et demi, les femelles onze pouces trois lignes.

LES CHEVÉCHETTES.

Forment dans les chevêches une petite tribu plus remarquable par des nuances que par de véritables caractères. Les tarses sont couverts d’un duvet abondant et fin, maisleurs doigts sont nus ou garnis de poils distincts, épais, rigides, et d’une nature toute spéciale, semés comme à claire- voie.

4° Le type de cette section est la CHEVÈCHE Où PETITE CHOUETTE (!) de Buffon, représentée planche 459 des enluminures, oiseau qu’on rencontre dans presque toutes les contrées de l’Europe, où elle habite les vieilles masures et les tours abandonnées, les trous des arbres, où la femelle pond deux à quatre œufs, arrondis et blancs, et qu’on retrouve en Grèce , en Egypte et en Nubie.

2° La CHEVÈCHE MÉRIDIONALE (2), que les habi-

(1) Strix passerina, L., Gm. Strix noctua, Retz. Strix nudipes, Wils. S. pygmea, Bechst, Noctua veterum, Minerve avis, Lichst., Cat.. 618.

() Noctua meridionalis, Risso, Hist. nat, de l'Europe mérid., IL, p, 32.

HISTOIRE NATURELLE

tants de Nice nomment scriveo de mar, habite les rochers maritimes de cette partie de l’Italie, et chasse vers les équinoxes les oiseaux qui arrivent d'Afrique ou qui y retournent. Sa tête:et les premières couvertures des ailes sont garnies de plumes brunes bordées de roussâtre. Le dos est d’un brun foncé , le cou traversé par une collerette roussâtre mélée de gris; le dessous du corps est roux. Les ailes sont brunes; les premières pennes sont traversées de bandes blanches intérieurement. Le croupion est blanc, taché de brun. La queue longue est de forme arrondie, les pennes externes sont fauves, les suivantes moins colorées, interrompues par des bandes obscures; les deux intermédiaires sont de cette dernière couleur. La base du bec est jaune, et la pointe noirâtre. La cire est bleue, parsemée de poils noirs. L’iris et les pieds sont jaunes, les ongles noirs. Cet oiseau parait à Nice de mars à septembre.

50 La CHEVÊCHE POINTILLÉE (1) n’a que huit pouces el demi de longueur totale. Elle a la têtegrosse, le bec fort et court , presque entièrement recouvert de soies rudes et noires dirigées en avant. Les sourcils sont blancs; l'œil est grand, d’un beau jaune, et les plumes eflilées qui l'entourent sont assez roides. Le bee est de couleur de corne et blane à sa pointe. Sous la mandibule inférieure existe un bouquet de soies rudes disposées en rayons. La tête, tout le dessus du corps, les ailes et la queue sont d’un brun foncé, couvert de petites taches jaunàtres. Celles de la queue sont plus larges, transversales, etont ecla de particulier que sur chaque plume elles sont parallèles, et placées de chaque côté dela tige. La gorge, d’un blanc pur, présente une bande brune transversale. La poitrine est d’un brun mélangé de fauve tirant au roux sur les flancs. Le ventre est blane, ainsi que les cuisses, et le long duvet serré et moelleux qui recouvre les tarses, dont les poils se dirigent en arrière. Les couvertures inférieures des ailes sont d’un blane jaunâtre, dégénérant en larges taches versle milieu des pennes, qui sont d’un brun clair à leur extrémité. Les pieds sont jaunes, recouverts de soies rudeset claires. Les ongles sont de couleur de corne. Cette chevêche, qui a du rapport avec la chevêche brame, habite l’île de Célèbes, l’une des Moluques.

49 La CHEVÉCHE BARRIOLÉE (?) a été découverte au havre Carteret, à la Nouvelle-frlande, par MM.Quoy

(1) Noctua punclulata, Quoy et Gaim., Astrol.,t.F, P. 165, pl. 1, fig. 4 : noctua, corpore desuper fusco albido irrorato ; qul4, abdomine pedibusque albis ; pectore brunneo zonato.

(2) Noctua variegata. Quoy et Gaim., Astrol., pl. 1, fig. 2: N., corpore superné rufo et albo punctato; pectore abdomineque albo et fulvo striatis; caudä viltatä.

DES OISEAUX

et Gaimard. C’est une espèce à queue longue dépassant les ailes, à plumage roussâtre, ticheté de points blancs sur la tête, le dos, le croupion et les ailes. Ces taches deviennent plus grandes sur les couvertures des ailes. L’œil est jaune, le bec est assez effilé, très recourbé, jaune pâle; les plumes qui entourent sa base sont médiocrement fournies, roides comme des poils , et dirigées verticalement. Leur tige est noire, et leurs barbules sont blanches. La gorge est d’un roux assez vif; la poitrine, le ventre et les plumes qui recouvrent les jambes sont rayés transversalement et avec assez de régularité, de roux et de blanc. Chaque plume, examinée séparément, est blanche et marquée de deux barres rousses. Les rémiges ont sur leurs faces de larges bandes brunes sur un fond roux. Les couverturesinférieures sont finement striées de roux et de blanc. La queue est marquée en dessus de neuf larges bandes brun ciair sur un fond roux, et moins foncées en dessous. Le duvet qui recouvre les tarses, très fourni, est roux. Les doigts sont jaunes et couverts de soies rudes et clair-semées. Les ongles sont noirs,

5° La CHEVÊCHE SPADICÉE (1) habite l’ile de Java, où elle est nommée blo-watu. Ses formes sont celles de la chevêche d'Europe. L’aile couvre une grande partie de la queue, dont les pennes sont égales. Les tarses sont duvetés, mais les doigts seulement couverts à claire-voie de poils durs. Cette belle espèce est facile à reconnoître à la nuance suave d’un chàtain pourpré qui règne sur le dos, les ailes et la queue. La tête, la nuque, les côtés et le devant du cou , ainsi que la poitrine, sont rayés en travers, et par distances égales entre elles, de bandes brunes et jaunâtres ternes. La région thoracique et les flancs sont de mêmes teintes que le des, et on voit quelques taches pourprées sur les plumes des cuisses. Tout le reste des parties inférieures est d’un blanc pur ; de grandes taches blanches couvrent les barbes extérieures des scapulaires et de quelques plumes placées vers lé pli de l'aile. Des bandes d’un roux jaunâtre sont disposées sur les pennes des ailes, et l’on compte cinq bandelettes de cette couleur sur toutes les pennes de la queue , qui sont aussi terminées d’un roux jaunâtre. Les différences entre le mâle et la femelle paroïissent se borner à desteintes très fugitives et de peu d’importance. La longueur totale est de sept pouces six lignes. Cette chevêche se trouve à Java, à Banda et à Sumatra. Le Musée a une variété striée de brun sur le ventre et sur les couvertures inférieures de la queue. Destaches blanches se dessinent sur le fond marron des ailes.

6° La CHEVÈCHE DE MAUGÉ (?)a été rapportée des

(9 Strix castanoptera, Horsf., Birds of Java, Trans., t. XIIL, S. spadicea, Reinw., Temm., pl, 98 (adulte), () Strixz Maugei, Temm., pl, 46.

îles Antilles, et sans doute de Porto-Rico, par le voyageur francois Maugé. Elle a dix pouces et demi de longueur, un plumage variant du roussâtre foncé au cendré roux. Des taches blanches en petit nombre sont éparses sur les ailes; un plus grand nombre couvrent les flancs, et sont plus sales sur le ventre. Les ailes sont aussi longues que la queue, Celle-ci est rectiligne, barrée de roussâtre surun fond brunâtre , beaucoup plus clair en dessous. Le duvet des tarses est roux. Les poils des doigts sont noirs. Les plumes de la face sont blanches en dedans, et rousses en dehors.

LES CABOURÉS ().

Forment dans les chevêches une petite tribu que caractérisent un certain ensemble de formes, une petitesseremarquable de taille, une certaine coloration, et surtout l’habitude de se nicher la plupart du temps dans destrous ou terriers qu’elles se creusent ou qu’elles empruntent aux petits mammifères fouisseurs. Les cabourés ont le bec assez comprimé, saillant d’entre une touffe de longs poils, tandis que le disque oculaire ne se dessine que sur Ja joue. Les ailes sont pointues, moins longues que la queue, quiest ample et élargie ; les tarses sont proportionnellement grands et emplumés jusqu’à la naissance des doigts, ou recouverts d’un duvet de plumes pileuses , tandis que ces derniers nus ne présentent que quelques poils épars et assez courts.

Les cabourés doivent renverser les idées assez généralement reçues par les gens du monde : on se figure toujours les chouettes vivant au milieu des ruines , dans les vieux édifices, ou recherchant la profondeur des forêts les plus sombres; et la plupart des cabourés habitent sous terre comme les lapins, et quelques espèces ont reçu le nom de hibous à clapiers à cause de cette singulière particularité de leurs mœurs, en même temps qu’ils sont éminemment sociables, vivent en communauté avec d’autres animaux, sont vifs, alertes, et volent enplein midi pour chercher leur nourriture, et préfèrent les éblouissantes elartés du soleil au crépuscule mourant du jour ou à la lumière terne de la lune. Dans les vastes plaines du Missouri, le hibou à clapiers partage les boyaux souterrains que se creuse le cynomis social ou le chien de prairie. Ces clapiers occupent parfois plusieurs milles d’étendue , et forment des sortes de villages qu’Irvine y a décrits avec grâce. Dans tous les villages des chiens de prairie ou écureuils jappants, on voit ces hibous à cla-

(") Glaucidium, athene, Boié, Wied-Neuwied, Beitrage Zur Naturges chichte von Brasilien, t. II, p. 240, etc.

piers voler joyeusement par petites bandes autour des huttes de leurs compagnons, ou se tenir à l’entrée en observateurs.

4° La CHOUETTE A TERRIERS OU L'URUCUREA (1), se creuse elle-même des terriers, ainsi que Vieillot en a acquis la preuve. Elle a les tarses emplumés et les doigts nus. Du roux et du blanc en difiérentes . nuances forment les couleurs du plumage. Toutes les parties supérieures sont rousses. Un roux vif se trouve sur le sommet de la tête, où des taches d’un blanc roussâtre sont répandues. Le dos et les ailes sont d’un roux cendré, marqué de grandes taches plus ou moins rondes. Les rémiges ont une teinte plus brune, etles taches , d’un blanc roussâtre, sont de forme ovalaire. Ces taches se trouvent sur les deux barbes des pennes, mais elles sont blanches et placées longitudinalement sur les barbes extérieures. La queue est d’un roux un peu cendré vers le bout. Quatre bandes transversales d’un blanc roussâtre sont disposées à égale distance sur toutes les pennes intermédiaires, mais la latérale de chaque côté est d’un blanc roussâtre , marqué de deux petites bandes brunes placées vers l'extrémité de la queue. Le front, les sourcils et la face sont d’un blanc roussâtre, plus foncé aux joues. La poitrine est blanche, marquée de grandes taches transversales d’un roux cendré. Les autres parties inférieures ont.une teinte blanche nuancée irrégulièrement de roussâtre clair. Le mâle a neuf pouces de longueur.

Cette chouette habite le Brésil, où on la nomme curuge, le Paraguay, les bords de la rivière des A mazones. Molina, dans son histoire du Chili (?), s’exprime sur cette chouette en ces termes: « Le pequen (°) appartient au genre des chouettes, et a cela deremarquable par les vastes tanières qu’il se creuse dans les plaines pour y déposer ses œufs. Le père Feuillée assure l'avoir suivi en creusant une de ces tanières, sans avoir pu en découvrir le fond. L’oiseau est de la grosseur d’un pigeon, mais son becest très fort et crochu ; il a les narines larges, les yeux grands, avec l'iris jaune. Toute la partie supérieure de son corps est grise, tachetée de blanc; la partie inférieure d’un blanc sale. Sa queue, qui n’est pas beaucoup plus longue que les penses des ailes, de la même couleur; ses cuisses sont garnies de plumes , et les pattes couvertes de tubercules quidonnent naissance à des poils courts. El à des doigts

() Strix cunicularia, L.; la chouette de Coquimbo, Brisson; urucurea, Azara, Pax.,t. IL, p. 1423 ,n. 47; Lichst., cat, 59 : la chouelte échasse, strix grallaria, Temm., pl. 446 (mâle)) Vieill., Encycl., IL, 4293. Wied Neuwied, t. II, p. 248.

(2) Pag. 243 de la trad. franc.

() Strix cunicularia, capite lœvi, corpore supra subtus albo, pedibus tuberculatis, pilosis, Mo-

inä:

HISTOIRE NATURELLE

forts, pourvus d’ongles crochus et noirs. Cet oiseau ne craint pas tant la lumière que ceux de son espèce, et on le voit souvent se promener de jour, avec sa femelle, aux environs de sa tanière. Sa nourriture principale sont des insectes et des reptiles, dont on trouve souvent les restes déposés par petits tas à l’ouverture de sa tanière. Son cri, qui est lugubreet interrompu, paroiît imiter les syllabes de son nom. Ses œufs, ordinairement au nombre de quatre à chaque ponte, sont blancs, tachetés de jaune. Le père Feuillée (1) fait l’éloge de la chair de cette chouette. »

Au Paraguay et dans les plaines de l’Orénoque et du Méta, la chouette à terriers s'empare des souterrains creusés par les tatous. Cependant le docteur Roulin a observé que ces chouettes étoient en trop grand nombre relativement aux armadilles sur les bords de l’Orénoque, pour que ce ne soit pas à elles exclusivement que soient dus ces souterrains.

29 La CHEVÊCHOÏDE (?) qui habite le Brésil, où elle porte le nom de caburé , est surtout commune dans les provinces de Bahia et de Saint-Paul. Levaillant l’a figurée sous le nom de chevéchette (3). Son plumage est nuancé de cendré brun couleur de terre. De petits points d’un blanc pur couvrent toute la tête et la nuque, et de grandes taches blanches sont distribuées irrégulièrement sur les ailes et sur les scapulaires. Tout le dos est unicolore, mais sur le bas de la nuque se dessine une petite collerette formée de taches d’un noir parfait et d’un blanc pur. Une tache blanche marque les joues, et la région thoracique porte un plastron de cette couleur. Le milieu du ventre et l'abdomen sont blancs, mais les flancs ont de larges mèches d’un brun cendré. La queue est noire, rayée de quatre petites bandes blanches très espacées et formées par des taches isolées sur chaque côté des barbes. Les tarses sont abondamment garnis de petites plumes, mais les doigts ont des poils blancs elair-semés, dans l’intervalle desquels se voit la peau jaunâtre dont ils sont recouverts. Le bec et la base des ongles sont jaunes.

La pointe de ces derniers est noire. La femelle diffère

peu du mâle, qui a six pouces six lignes de longueur.

5° Le PETIT CABOURÉ (4) ou le cabouré do sertam des Brésiliens, vit dans les forêts du Brésil et du Paraguay. « Il n’est point, dit d'Azara, d'oiseau plus vigoureux, à proportion du volume du corps, ni plus féroce, pi plus indomptable que celui-ci. Il ale courage et l’adresse de se fourrer sous les ailes de tous les oiseaux, sans en excepter les dindons

() La Chevêche Lapin, Feuillée, Journ., t. H,p. 562.

(2) Strix passerinoides, Temm., pl. 344 (adulte), Wied Neuw., Beil. zur natur. von Bresilien, t. IL, p. 240.

(3) Afriq., t. 1, p. 18, pl. 46.

() Strix pumila, Wlig. Temm., pl, coi, 39 (femelle); le Cabouré. Azara, Pax. II, 49. Lichst., Cat. 60. Wied, Beil., I, 242: Strix feroæ, Vicill., Encyel, I, 1289.

DES OISEAUX

et les caracaras, de s’y attacher, de leur dévorer les flancs et de les mettre à mort. Les caïourés ne sont pas rares. Ils se tiennent dans les grandes forêts, se perchent vers le bas des arbres, et de préférence sur les branches mortes ou peu feuillées. La ponteest de deux œufs dans un trou d’arbre, sans aucune apparence de nid. »

Le cabouré est la plus petite des chouettes. La femelle est un peu plus forte que le mâle, et tous deux possèdent, à peu de nuances près, le même plumage. Les ailes couvrent plus de la moitié de la longueur de la queue qui est carrée. Le sommet de la tête, le front et la nuque sont d’un brun couleur de tabac d’Espagne. Ces parties sont semées de très petits points blancs, plus ou moins nombreux et distincts selon l’âge des individus. Aux côtés de la nuque, se trouvent quelques plumes tachées de noir et de blanc. Le dos et les ailes ont une teinte brune roussâtre; du blanc marque le bord des ailes, et des taches de cette couleur sont répandues sur les petites couvertures. Toutes les rémiges sont rayées sur les barbes intérieures de larges bandes brunes et roussâtres peu distinctes, Les barbes extérieures portent de petites taches carrées d’un roux clair. La queue est d’un brun noirâtre, marquée sur les barbes intérieures de trois rangées de grandes taches blanches dont la réunion forme autant de bandes transversales sur le dessous de la queue, tandis que le dessus est peint de trois rangées de petites taches rondes qui manquent sur les trois pennes latérales de chaque côté. Les parties inférieures sont variées de blanc et de roux vif distribué par grandes masses. Quelques taches longitudinales ou flammèches couvrent les plumes tibiales. Les tarses sont velus, et les doigts couverts à claire-voie de poils blancs. Ceux-ci, l'œil et la cire sont jaunes. Le mâle a cinq pouces sept lignes. La femelle, au dire du

prince de Wied , n’auroit pas de petites taches à la

tête, la poitrine auroit moins de blanc, etc.

4° La ROUSSEROLLE (1) est une des plus jolies espèces de chouette, tant sont fraiches les nuances de son plumage. Elle porte le nom générique de cabouré, que lui donnent les colons brésiliens ; on la rencontre dans les bois, sur une étendue très considérable des côtes de l’empire du Brésil.

Sa taille est celle de la chevèêche d'Europe; ses ailes sont courtes et dépassent de fort peu le croupion ; la queue est longue, arrondie ; les tarses sont couverts de petites plumes, mais les doigts sont garnis de poils gris clair-semés. Les adultes des deux sexes sont généralement d’une nuance rouille. Un demi-collier couvre la nuque. Les plumes qui le com-

() Strix ferruginea, Wied, 8eitr., zur nat. von Bras., t. II, p. 240. La chouette rousserolle, Temm., pl, 199 ( fem. adulte ).

posent sont noires et blanches. Leur distribution produit une tache noire sur les côtés du cou, et cette tache est bordée en dessus comme en dessous par du blanc qui s'étend aussi un peu sur la nuque, mais qu’on distingue seulement lorsque les plumes de cette partie sont dérangées. Le mâle, dans sa livrée d’adulte, a toutes les parties supérieures d’une belle couleur rouille. Une bande blanche jaunâtre surmonte les yeux et vient aboutir à ia base du bec. Toutes les’ parties supérieures sont unicolores et sans taches, à l’exception de deux rangées de taches blanc jaunâtre éparses sur les scapulaires. Les rémiges sont rayées en travers de bandes brunes peu distinctes, tachées sur les barbes internes de blanchâtre. La queue est rousse sans taches chez les vieux individus, et marquée de barres à traces fugitives chez les jeunes et les femelles. Les parties inférieures sont plus ou moins blanches ou d’un léger ton roussâtre , que relèvent de longues flammèches brun roussâtre ou d'un roux vif. Une partie des joues et la région thoracique sont blancs. Les plumes des cuisses sont roussâtres. Les yeux sont jaunes, et le bec et la cire sont olivâtres. Cet oiseau a six pouces trois à quatre lignes de longueur.

La femelle à la gorge et le devant du cou d’un blanc pur; la poitrine blanche, marquée de quelques mèches rousses. Ces taches sont plus étendues sur toutes les parties inférieures, et leur réunion forme des masses sur les côtés du corps et à l’abdomen. Quelques taches jaunâtres sont déposées sur ces parties rousses. Le sommet de la tête est rayé de stries brunes et jaunâtres qui disparoissent avec l’âge. Les rémiges et les rectrices sont rayées transversalement de bandes brunes sur un fond roux.

Les jeunes ont la tête encore plus couverte de striures fines que les femelles; les bandes brunes des ailes et de la queue sont plus nombreuses, et le fond roux est plus terne. Les taches jaunâtres de l'aile sont plus apparentes, et leurs couvertures sont bordées. La gorge et la poitrine sont nuancées de brun roussâtre et de jaunâtre. Le ventre est blanchâtre, et les côtés du cou sont brun roussâtre tacheté.

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