LES COUCOUS GROS-BECS, OÙ EUDYNAMIS
Se composent de cinq espèces ; deux ont été connues par Buffon; les autres sont : 4° L’eudynamis de Flinders(), qui habite la Nouvelle-Galles du Sud. Son plumage est brun fauve en dessus, avec des reflets luisants et des taches jaune ferrugineux. L’occiput et une raie sur les yeux sont d’un noir brillant. Le dessous du corps est jaune ocreux, rayé finement et par lignes légères de fauve 2° Le coucou à ventre roux (?) a été rencontré par nous à la Nouvelle-Guinée. IL a le dessus du corps d’un noir bleu brillant, tirant au roussâtre sur le croupion , au brunâtre sur les ailes et sur la queue, mais cependant toujours avec des reflets lustrés. Un trait blanc part de la commissure du bec, descend sur les côtés du cou en se mêlant à du brun et à du fauve. Le thorax, le ventre, les flancs et les couvertures inférieures sont d’un roux qu'interrompent des taches brunes peu. prononcées. Sa queue est brune, tachetée de roux sous les pennes. 5° Le coucou de Taïlil3) est répandu dans toutes les îles de l’archipel de la Société, mais il est surtout commun à O-Taïiti et à Borabora. Son plumage, brun en dessus, est ocellé de blanc par lames et par gouttelettes. Le dessous du corps est d’un roux vif; les plumes sont flammées de noir au centre ; la queue est rayée de roux cannelle et de
noir par bandelettes d’égale largeur ; les jambes sont olivâtres ; sa queue est étroite. 4
LES SURNICOUS
Confinés dans les îles de l’Est, sont assez nette ment caractérisés par leur bec peu robuste, légèrement recourbé, cornprimé sur les côtés, à arête convexe; leurs narines parfaitement rondes, nues,
() Eudynamis, Vig. et Horsf., Trans., Soc. Linn., XV,
(2) C. rufiventer, Less., Zool. de LaCoq., texte.
(3) Cuculus taitensis, Sparm., Carls., pl. 32.
(4) Surniculus, Less, Ch. Bonap., Saggio, ete.
et garnies sur leurs bords d’un bourrelet membraneux, formant une sorte de petit tube. Les tarses sont courts, emplumés jusqu’au-dessous de l’articulation tibio-tarsienne. Les ailes sont alfongées, pointues, à première rémige courte, la seconde plus longue, bien que les troisième et quatrième soient les plus allongées, atteignant la moitié de la queue, qui est longue, composée de rectrices droites et très étagées. Le nom que nous avons appliqué aux oiseaux de cette petite tribu est celui de surnicous, mot hybride, contracté de ceux de coucou et de surnie, par rapport à quelques analogies qui existent entre ces deux genres. Les surnicous ont le plumage soyeux, doux et mollet, légèrement métallisé, et les formes minces et grêles.
Le type de ce groupe et le coucou lugubre(1), qui est très commun à Java. Le mâle est de la taille d’un merle, à plumage noir bleu lustré ; sa queue est noire, avec des rayures blanches incomplètes. Sa taille est de dix pouces.
Nous avons décrit, dans la partie zoologique du voyage de M. Bélanger aux Indes orientales, comme étant la femelle, un oiseau que ce voyageur s’étoit procuré à Java. L'individu soumis à notre étude avoit neuf pouces de longueur totale, la queue entrant pour près de cinq pouces dans ces dimensions. Le bec est noir et les tarses sont bruns. Les plumes du pourtour‘du bec sont roussâtres ; celles du dessus du corps sont brunes , à reflets bleu de fer spéculaire, plus foncé sur les ailes et sur la queue. Des gouttes petites, arrondies , blanc pur, cerclées de noir, sont éparses sur la tête, les épaules et les ailes. Tout le dessous du corps est brun, tirant au roussâtre devant le cou, et parsemé de petites taches arrondies blanchâtres. Les plumes tibiales postérieures tirent un peu sur le blanchâtre. Ses ailes sont brunes, variées de blanc en dedans de l'épaule ; elles sont brunes, avec une raie blanchâtre sous le reste de leur rtion interne. La queue est brune en dessous, rayée blanchâtre sur les petites rectrices seulement.
. Le docteur Horsfield dit que le coucou lugubre Fe connu des Javanois sous le nom de tuhu-tuhu , qui rappelle son eri.
Le surnicou à tête grise (?) semble revêtir indif-
féremment plusieurs plumages, suivant qu’il habite telle ou telle ile des mers des Indes, à moins qu’on ne confonde sous le même nom quelques espèces qui ne difièrent les unes des autres que par des nuances qui sont très peu distinctes et très peu caractéristiques. Buffon, ou plutôt Daubenton , a figuré, sous le nom de petit coucou de l'ile de Panay (enl. 814), un type qui rappelle l'oiseau que M. Bélanger a rap-
() Cuculus lugubris, Horsf., Java. Less., It. Bélanger. (2) Cuculus flavus , Gm. Sonnerat, Voy., pl. 81. Less., Zool, de Bélanger, p. 237.
HISTOIRE NATURELLE
porté de Java, où l’avoient trouvé déjà MM. Labillardière et Leschenault. Sir Raffles le mentionne dans son Catalogue comme l’ayant rencontré à Poulo- Pinang, et le docteur Horsfield se borde à dire que c’est le gedasse des Javanois (Trans. soc. linn., XII, p. 179). ;
Or, le coucou jaune des auteurs paroît habiter toutes les îles de la Sonde, le Bengale, les iles Philippines, le port Jackson, la terre de Diémen. Il s'offre à l’examen partont avec des caractères identiques, bien qu’on soit obligé de reconnoitre des variétés de races soit par la taille, soit par la disposition des couleurs du plumage.
Nous n’aurons que peu de détails à fournir sur les oiseaux décrits déjà dans plusieurs ouvrages. Seulement nous dirons qu’il appartient à notre sous-genre surnicou par son bec grêle, ses narines bordées d’un bourrelet membraneux, ses ailes allongées, minces, à première rémige courte, la deuxième plus longue, mais les troisième et quatrième les plus longues; par ses tarses courts, grêles, scutellés ; ses ongles foibles , recourbés ; la queue longue, très étagée, composée de dix rectrices.
Le coucou à tèle grise de Java est long de sept pouces six lignes. Son bec est noirâtre ; ses tarses sont jaunes. Un gris glacé colore la tête, les joues, la gorge et les côtés du cou; un brun bronzé, à reflets doux, soyeux ct lustré, règne sur le dos et les ailes, en prenant une teinte ardoisée sur le croupion, et rousse sur les rémiges. Tout le dessous du corps est roux ou buffle assez vif. Les rectrices moyennes sont uniformément brun bronzé en dessus, les latérales sont brunes, frangées de blanc : toutes sont brunes en dessous, rayé de blanc plus net et plus pur sur leurs bords. L'ile de Java est sa patrie. Le Muséum en possède un individu , rapporté, dit-on, par Lesueur du détroit d'Entrecasteaux , qui ne diffère en rien de notre description.
Sir Raffles ( Cat.), en parlant du surnicou à tête grise, qu’il a trouvé dans lile de Poulo-Pinang, ajoute : L’individu que je possède est femelle. Sa queue est barrée de jaune brunâtre, au lieu de blanc, comme on en trouve la description; le gris de la tête s'étend sur la poitrine; les narines sont parfaitement rondes et tubulaires, leur rebord formant un anneau saillant. Or, ce dernier caractère appartient à ce petit genre, et a été observé chez le coucou lugubre. |
Le coucou à tête grise a été observé au Bengale, à Ja Nouvelle-Hollande, à Java, à Sumatra et aux Philippines.
Le surnicou à ventre rayé (1) est voisin du précédent , et vient des îles de la Sonde. Il a la tête et le cou brun ardoisé, d’une teinte plus foncée sur les ailes et
() Cuculus lineatus, Less., Ornith., p. 152.
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