‹ Compléments de BuffonChapitre 487 sur 667 · LES INDICATEURS · texte numérisé non relu

LES INDICATEURS

Ont été ainsi nommés par Levaillant pour les distinguer des coucous, avec lesquels Sparmann les avoit confondus (f). Ce nom est emprunté aux habi-

{», Lampromorpha chalcopepla, Vigors, Proceed., 1,92.

) Lampromorpha amethystina, Vig., Proceed., I, 98.

6) Indicator, Vieill, Temm., Levaill., pl. 242: texte, te V, p. 181:

(+) Sparm., Voy., t. IT, p. 161

HISTOIRE NATURELLE é*

tudes que les colons du Cap ont supposées aux espèces de ce genre, qu’ils ont encore appelées guides au miel, parce que, recherchant le miel avec une extrême avidité, les indicateurs s’abattent sur les ruches des abeilles sauvages, qu’ils découvrent en jetant des cris qui attirent les Hottentots.

Les indicateurs ont un bec assez court, conique, déprimé, dilaté sur les côtés, presque droit, muni d’une arête en dessus et d’une échancrure à sa pointe. La fosse nasale est grande, et les narines sont un peu tubulaires. Les pieds sont courts ; les ailes allongées, pointues , et atteignant le milieu de la queue : celle ci est composée de pennes légèrement étagées. Leur plumage est sans éclat métallisé, et leur facies les rapproche au premier aspect de quelques moineaux. Ils se nourrissent d'insectes et de miel. Levaillant rapporte qu'ils se tiennent dans les pays boisés. « [ls » nichent dans des trous d’arbres, et pondent leurs » œufs sur le bois vermoulu. Ils so;t d’un naturel » peu farouche, quoique très remuant. On les en- » tend sans cesse crier, ce qui les fait aisément décou- » vrir par le chasseur, et comme ils ont le vol lourd, » et qu'ils se portent à de petites distances, il est » très facile de les suivre, lorsqu'on veut arriver aux » ruches où ils sont habitués d’aller prendre leur » nourriture, car ils vivent principalement de miel » et de la cire qu’il contient ; mais ils ne mangent les abeilles, quoiqu’ils en détruisent beause défendant des piqûres de celles-ci, qui, » s’att chant de préférence aux yeux de l'oiseau, » font quelquefois payer chèrement sa témérité. » Les Hottentots m'ont assuré que plusieurs fois ils » avoient trouvé au bas des ruches sauvages des ca- » davres d'indicateurs qui avoient été tués par les » abeilles, ce qui peut aisément bien arriver, puis- » qu’en Europe on a souvent trouvé dans nos ruches » des souris, des mulots mis à mort par les abeilles, » et ensevelis sous une voûte de cire: celles-ci, ne » pouvant traîner leurs cadavres hors des ruches, les » couvrent ainsi pour ne pas être incommodées. »

Sparmann avoit déjà donné sur l'indicateur (!) quelques détails; mais ce qu’il dit de son nom paroit fautif. «On me montra un nid, que plusieurs » fermiers m’assurèrent être celui du guide au miel. » Il ressembloit au nid de certains pinsons qu’on » trouve dans cette contrée. Il étoit formé de petits » filaments d’écorce entremêlés et tressés. Il avoit la » forme d’une bouteille, dont l’ouverture ou le cou » étoit au bas. »

Le père Lobo, voyageur en Afrique, a aussi parlé de l'indicateur sous le nom de moroc {?).

{1) Voy. au Cap, Trad., t. IT, Trans.

(2) Voy. en Abyssinie, 1728

p. 75: et Philosoph.,

DES OISEAUX

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