LES SCOPS
© Sont reconnoissables dès la première vue (et distincts des ducs) par des oreilles à fleur de tête, des disques périophthalmiques imparfaits, des aigrettes analogues à celles des dues placées sur le sommet de la tête, des tarses couverts d’un duvet qui s’arrête à la naissance des doigts; ceux - ci étant complétement nus. Leur taille varie; leur coloration, à peu d’exceptions près, est assez uniforme : on les trouve dans toutes les parties du monde, Savigny, qu’il faut citer quand il s’agit d’une exactitude rigoureuse et d’un examen complet, caractérise (3) ainsi ce petit groupe : « Le bec est épais, très incliné dès la base, disposé en coin, convexe en dessous. La cire est mince, légèrement renflée des deux côtés. Les narines sont petites, ovalaires, rapprochées, situées un peu obliquement. La mandibule inférieure a deux échancrures marginales vers le bout. La langue est ovale, épaisse, pourvue de deux côtes en dessous et rétrécie au sommet. Les tarses sont laineux, mais écailleux en arrière. Les doigts sont simplement écailleux, l’ongle intermédiaire est sans crénelures. Les ailes assez longues dépassent la queue. Deux à trois des rémiges sont échancrées ; la première est assez courte, la deuxième est la plus longue: Laqueue est égale. Les cercles périophthalmi-
(1) Strix psilopoda, Vieill., Am. sept., pl. 22, Encycl., t. III, p. 1282.
(2) Scops, Savig.
(3) Egypte, p. 4%,
HISTOIRE NATURELLE
ques médiocres et peu réguliers. Les oreilles externes
sont petites. rondes et dépourvues d’opercules. La
tête enfin est surmontée de quelques plumes, for-
mant au-dessus des sourcils deux aigrettes mobiles,
redressables et auriculiformes. » A peu de chose
près ces caractères, si nettement dessinés, con=, viennent à toutes les espèces étrangères, bien qué
Savigny les ait exclusivement pris sur l'espèce qui
suit :
4° Le scors ou PETIT Duc (1) est le type du groupe: Buffon l’a soigneusement décrit et figuré, planche enluminée n° 456, maïs il s’est trompé, en copiant Aldrovande, ainsi que l’a fait Linné, en lui supposant des aigrettes d’une seule plume. C’est encore lPassiulo où zonca de Cetti (?). Savigny le nommé Scops ephialtes. Ce nom de scops n’a été admis par Pline que d’après Homère, Théocrite, Athénée, OElien, Suidas, etc., qui écrivent Zxowp, et Kiran O6r105. Albert semble Pindiquer dans son Nucticorax (noctuä minor), et Belon, sous le nom de Hueite. Cest le Boum des Egyptiens, bien que ce mot soit génériquement appliqué à plusieurs chouettes (3).
2° Le scors Lemprici!#) habite les îles de Sumatra et de Java : « Il ressemble au scops d'Europe, dit » sir Raffles, par la taille, mais il er diffère par sa » coloration qui est un mélange de brun et de eou- » leur de buffle, plus foncée sur le dos, plus claire » sur la poitrine qui est en outre marquée de tachés » étroites, noires, et de forme sagittée. » Le docteur Horsfield s’est borné à une courte phrase spécifique (5), pour désigner cette espèce que les Javanois nomment Lempi-ji, M. Reinwardt, voyageur néerlandois, l’a envoyé à Amsterdam, de Sumatra, de Java et de Banda, ce qui semble autoriser à penser que ce scops est assez répandu dans toutes les îles de la Malaisie.
Ses formes sont donc à peu près celles du scops d'Europe, bien que le lempi-ji soit un peu plus fort , que son bec soit un peu plus gros, et que ses aigrettes soient longues et très fournies. Un duvet abondant recouvre les tarses, et quant aux doigts, ils sont noir jaunâtre.
Le mâle a du blanchâtre au front, aux sourcils, et sur la gorge : ce blanc est coupé de fines bandes brunes. Les soies blanchâtres couvrent une partie du
el
() Strix scops, L. Naum., 43,3.
(2j Ucc. di Sard,, 60.
() C’est encore le Striæ Carniolica, Scopoli. S. Pulchella, Pallas.
(4) Strix lempigi, Horsf.,zool. research. in Java, trans. 13, 140. Sir Raffles, Cat., Sumatra, ibid. Striæ noctula, Temm., pl. 99.
(5)S. suprà fusco et nigro-flavescente variegata, subtüs pallido ferrugineo nigricante nebulosu,remigibus pallidius fasciatis ; capite aurito, Long. 9 pollic.
DES OISEAUX
bec qui est jaunâtre. Un collier, formé de taches brunes sur un fond blanc, eeint le devant du cou. Des taches blanches , légèrement teintées de roussâtre et placées sur un fond noir, entourent la nuque. Les parties supérieures sont noires , marquées sur chaque plume de quatre à six taches roussâtres, et de fines marbrures de cette couleur. Des taches carrées existent sur les barbes extérieures des rémiges. On voit du blanchôtre par grandes taches, sur les scapulaires et au bord des ailes. La queue est noire, coupée de quatre bandes en zigzags, d’une teinte roussâtre; toutes les parties inférieures sont d’un blanc légèrement teint de roux, strié finement en trayers de traits en zigzags, et chaque plume est encore peinte le long de la baguette par une raie poire dilatée en trois taches irrégulières. Le mâle a huit pouces de longueur. La femelle est plus grande, puisqu'elle a neuf pouces une ou deux lignes. La teinte des parties supérieuresest d’un brun roussâtre marqué de bandes rousses plus claires. Toutes les plumes du dos ont une raie noire, qui suit la direction de la tige. Tout ce qui est blanc dans le mâle est jaunâtre dans la femelle. Les parties inférieures ont également plus de jaunâtre , et les flammèches brunes sont plus foncées en couleur. Toutes les pennes de la queue sont tranversalement rayées de roux et de brun noirâtre. L’iris et les doigts sont jaunes.
3° Le scops DES CÉLÈBES (1) à été rapporté du distriet de Manado sur l’île Célèbes, par MM. Quoy et Gaimard. C’est une petite espèce longue de sept pouces, ayant les ailes aussi longues que la queue, et les aigrettes à peine apparentes. Son bec est court, recourbé sur lui-même et noirâtre; les soies qui l’entourent sont d’un roux clair. Les narines sont renflées et percées vers le sommet, Tout le dessus de la tête et du corps est d’un roux foncé, pointillé et strié de noir avec des taches blanches arrondies sur la tête. Les grandes pennes sont d’un roussâtre finement strié de noirâtre, et présentant des taches d’un fauve clair, qui tendent à former des bandes bordées de noir. La gorge est rousse, et chaque plume a sa tige largement marquée de noir. Le ventre est agréablement mélangé de taches fauves, noires et blanchâtres. Les tarses sont couverts de plumes rousses et noires. Les pieds et les ongles sont noirâtres. La queue est arrondie.
Cette espèce offre quelques variétés dont le plumage est plus clair et plus foncé; dont les stries noires du dos sont plus ou moins bien indiquées ; dont les taches du rebord des grandes pennes alaires sont plus ou moins rapprochées ou plus fauves.
4° Le GRAND scors (?) approche par sa taille du
() Scops Manadensis, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 2, fig. 2; texte, t. I, p.170.
(2) Le hibou lacté, Strix lactea, Temm., pl. 4.
grand duc d'Europe. Son bec, grand et bleuâtre clair, est garni de fortes soies noires qui le cachent en partie. Les joues sont blanches et encadrées par un large demi-cercle brun noirâtre. La gorge est d’un blane pur. Sur les parties inférieures du corps règne une teinte blanc sale, sans taches sur les plumes des tarses, mais couverte de stries en zigzag brunes, fines, et comme vermiculées. Le sommet de la tête et la nuque offrent à peu près les mêmes nuances et les mêmes rayures onduleuses. Les tons qui dominent sur les ailes et sur le dos sont un peu plus foncés : c’est un mélange de brun clair, de gris et de blanc, distribués par raies fines et par zigzags. Les rémiges, les pennes secondaires et les rectrices sont coupées par de larges rubans fauves, avec des lignes ondulées très délicates. Des bandelettes brunes, de moitié moins larges que les fauves, alternent avec celles-ci; quelques plumes-des moyennes couvertures des ailes ont leurs barbes extérieures en partie d’un blanc neigeux, ce qui forme quatre ou cinq grandes plaques blanches sur le rebord des ailes. Les doigts sont bleuâtres. L'individu déerit, peutêtre de sexe femelle, avoit près de deux pieds.
Ce scops habite la Sénégambie,
5° Le SCOPS CHAPERONNE (!) habite le Brésil ; sa taille et ses formes sont à peu près celles de l’asio. La queue est égale, et les ailes pliées la couvrent presque entièrement. Les tarses n’ont de plumes que jusqu’à l’origine des doigts; le sommet de la tête est couvert de petites plumes noires. Une large bande blanchâtre, marquée de petits points et de zigzags très déliés, entoure l’occiput. Les sourcils et les barbes intérieures des petites plumes qui forment les aigrettes sont aussi teintées de noir sur un fond blanc. Le rebord externe des aigrettes et une bande sourcilière sont d’un noir plein; sur la nuque apparoît un collier roussâtre avec des lignes brisées brunes. Les plumes sétacées des joues sont cerelées de noir profond. Les yeux sont jaune vif et entourés d’un rebord noir. Le fond des parties supérieures du corps, des ailes et de la queue est jaune mélangé de brun et de noir. Les parties inférieures ont des stries longitudinales, des taches et des zigzags bruns sur un fond blanc. Les doigts sont jaunes, et les dimensions totales des individus observés vont à neuf pouces trois lignes.
6° Le cnoLi4(?) a été regardé comme un hibou par Vieillot, pour un scops par Sonnini, et confondu avec le duc de la Nouvelle-Espagne, que Niéremberg appelle talchiquatti. EL se pourroit que les ha=
() Striæ crucigera, Spix, Brass., pl. 9. Le hibou chaperonné, S. atricapilla, Natter., Temm., pl. 445 (mâle).
(2) Strix decussata, Lichst., Cat. S. auriculata, abdomine albo, lineis angustis, fuscis, decussatis , 9. Bahia. Le Choliba, Azara, 48. Striæ choliba, Vieill., Encycl. II, p. 1279.
bitants du Paraguay donnassent le nom de choliba à plusieurs espèces de strix. Cet oiseau a toutes ses plumes noirâtres dans leur milieu, et brun clair pointillé de noirâtre sur leurs bords. Les vestitures des tarses, et les couvertures inférieures des ailes, sont d’un roux clair. Les pennes primaires ont de grandes taches rousses sur un fond noirâtre; les autres pennes, de même que les rectrices, sont brunes et pointillées. Une grande tache noire, en forme de croissant, s'étend depuis la base des aigrettes jusqu’à la commissure du bec, et recouvre les oreilles. Une rangée de plumes blanches, terminées de noir, se fait remarquer sur les scapulaires. L’iris est jaune, avec un peu de bleuâtre à son bord interne. La femelle ou le jeune ont du brun où le mâle a du noir, et du blond où il a du brun. Cet oiseau a huit pouces trois lignes de longueur.
Le choliba se tient pendant le jour dans les bois très touffus, et se tient caché entre les branches d’arbres. Il quitte sa cachette dans la nuit, et fréquente alors les lieux habités en se reposant sur les toits, où il se laisse approcher si familièrement qu’on peut le tuer à coups de bâton, au dire de d’Azara. Son cri, fréquemment articulé, peut être rendu par les syllabes tururaru-tutu. La femelle ne fait pas de nid, et pond dans un trou de vieil arbre trois œufs blancs de forme sphéroïdale.
M. Lichstenstein a recu cet oiseau de Bahia, ce qui indique qu’il vit au Brésil comme au Paraguay.
7° Le scoPs CABOURE (1) vit au Brésil, où il porte avec quelques chevêches le nom de cabouré. Il est en dessus d’un brun ferrugineux clair et varié de taches blanches fort petites sur la tête et le cou, et assez grandes sur les couvertures supérieures des ailes; blanchâtre en dessous et tacheté de brun ferrugineux. Les rémiges sont pareilles au dos, et les rectrices ont plus de zigzags blancs. L’iris est jaune.
8° Le scoPs À LARGES HUPPES (?) a tout le dessus du corps brun foncé, ponctué de roux, mais à points très fins et très petits, très rapprochés et très nombreux. Le dessous du corps est roux flammé de noir, et la poitrine brune. Les huppes sont assez larges à leur base. On ignore sa patrie.