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LES DUCS

” Sont faciles à distinguer des bibous, par les disques fort incomplets de leurs joues. Leur tête est

(") Scops Brasiliana, Gm. Caburé, Marcgrave, 212; le duc Caburé, Daud.,11, 220; lehibou Cabouré, Vieill., Encycl., Ii, Wied Neuw., Beit. 144, 1279. Brisson, Oraith.,t.}, p.383,

(>) Scops lophotes, Less., Ornith. 407.

(3) Bubo, Cuvier; Savigny applique ce nom a1rx dues et aux hibous.

HISTOIRE NATURELLE

couverte de plumes dirigées eñ arrière comme celles des chevêches, mais deux oreillettes les distinguent de ces dernières : ces huppes sont érectiles, placées sur les côtés de la tête. Le bec est courbé dès sa base. Les tarses sont forts et gros, couverts d’un épais duvet qui s'étend sur les doigts jusqu’à la racine des ongles.

Les deux seules espèces susceptibles d’être rangées dans cette section, ont été décrites et figurées par Buffon. Ce sont : 4° le GRAND Duc (1), représenté enl. 454, qui vit dans les vastes forêts de la Hongrie, de la Russie et de l'Allemagne, et qui est assez rare en France ; et 2° le GRAND DUC BARRÉ (?), ou de la Virginie, dont Buffon a représenté une variété (pl. 585), propre aux îles Malouines. Ce duc des Etats-Unis et de la Caroline s’avance ainsi au sud de l'Amérique, jusqu’à la terre de Feu et au cap de Horn.

LES PHODILES ().

Ont été caractérisés par M. Geoffroy Saint-Hilaire , ainsi qu’il suit : « Le tour de l’œil est garni de plumes à barbules décomposées, et le disque existe seulement à la partie inférieure de la tête. En dessus toutes les plumes sont dirigées en arrière, et de même nature que celles du reste du corps. Les oreilles sont moins largement ouvertes, et la conque auditive est moins grande que chez l’effraye ; disposition qui est en rapport avec le degré très imparfait du développement du disque. Le bec est droit dans sa première portion, comme chez les effrayes ; mais les mandibu!es, principalement la supérieure, ont plus de hauteur. Les ouvertures des narines sont petites et à peu près rondes. Les doigts sont plus gros que chez les effrayes, et les ongles plus forts ; les doigts sont réticulés en haut, écussonnés en bas, et les tarses couverts de très petites plumes, ou plutôt de duvet, comme chez les effrayes. La queue est un peu plus courte et moins carrée que chez les effrayes. Mais c’est surtout par les ailes que le phodile diffère du genre avec lequel on l’avoit confondu. Chez les effrayes, les ailes très longues, et dépassant même l’extrémité de la queue, présentent, dans les proportions de leurs rémiges, des caractères très importants, et qui les placent au nombre des meilleurs voiliers. La première rémige est presque aussi grande que la seconde, qui est la plus

{&) Strix Bubo, L. Levaill. Af,, pl. 40.

(2) Bubo virginianus, Less. Strix virginiana, Gm. Strix pinicola, Vieill., Am., pl. 50, fig. 1. Daudin, t. IL, p, 13.

(5) Phodilus, Isid, Geoff., St.-Hil., du grec wwe, lumiére, et deivos, Crainlif. Ann, Sc. Nat., t. XXI, p. 201.

DES OISEAUX

longue de toutes ; la troisième est encore très longue, et les suivantes vont en décroissant. »

Les ailes du phodile sont construites sur un tout autre plan ; on peut dire sur un plan inverse : les rémiges vont en s’accroissant, de la première, qui est très courte, à la cinquième, qui est la plus longue. C’est, comme on le voit, sauf quelques légères modifications, le système que l’on trouve, parmi les oiseaux de proie diurnes, chez les aigles et la plupart des autres genres dits ignobles, tandis que les ailes de l'effraye sont construites sur le même plan que les ailes des oiseaux de proie dits nobles, c'est-àdire les faucons et les gerfauts. Le genre phodile repose donc sur des caractères véritablement importants. Les organes des sens, dont les variations coïncident toujours avec des variations dans la composition du crâne ; les organes du vol, qui ne sont jamais modifiés sans que le sternum et l’épaule éprouvent une modification correspondante, sont établis dans le genre phodile tout autrement que dans le genre effraye. En outre, le premier est facile à distinguer, au premier coup d’æil, de tous les groupes voisins. En effet, par son bec droit dans sa première portion, il diffère de tous les genres de la même famille, excepté le genre effraye, à l’égard duquel la conformation très défectueuse des ailes et l’état très incomplet du disque offrent pour lui des caractères très tranchés.

4° La PHODILE CALONG (!), qui habite l’ile de Java, où on la nomme wowo-wiwi et kalong-wiwi, paroît aussi avoir été rencontrée sur la presqu’ile de Malac. Les habitants de Java croient que le calong aime les repaires des tigres, et qu'il s'approche volontiers de ce redoutable commensal, en se perchant sans crainte sur son dos, sans doute pour lui enlever les larves des insectes qui se développent dans le pelage de tous les animaux ; mais ce fait demande confirmation. Le plumage de cet oiseau est en dessus brun châtain très pur et légèrement doré : des points blancs encadrés de noir relèvent ce fond général; le cercle emplumé de orbite et un bandeau sur le front sont brun clair. Le collier est formé de plumes blanches terminées de brun doré. Les parties inférieures ont une teinte isabelle marquée de taches rondes et oblongues semées avec profusion. Les tarses sont vêtus jusqu’à la naissance des doigts, et ceux-ci sont couverts de quelques poils clair-semés; le bec est jaune, l'iris brun. La femelle a onze pouces et demi de longueur, et le mâle des dimensions moindres.

Suivant le docteur Horsfield, cet oiseau nocturne, qui fuit les lieux habités, se tient de préférence dans

() Strix Badia, Horsf, Trans ,t. XIIE, p. 439, Resear. in Java avec planches ; Chouette Calong, Temm., gl. col. 318. Phodilus badius, 1sid, Geoff., Ann. Sc, Nat., oct. 1830,

les profondes forêts du canton de Pugar, et dans la chaine des hautes montagnes qui s'étendent au sud de la ville de Surakarta.

2° La CHOUETTE LEPTOGRAMME (!), de M. Temminck, nous paroît être une phodile : sa taille est un peu moins grande que celle de la hulotte d'Europe, Tout son plumage est bariolé en travers, excepté la tête et le cou qui sont unicolores. Le front et les joues ont de larges mèches brunes et jaunâtres ; un large demi-collier isabelle entoure la nuque. La gorge et le devant du cou sont mordorés. Le ventre fauve roussâtre est rayé à de larges intervalles de bandelettes mordorées. Toutes les autres parties inférieures, les cuisses et les tarses, sont marquées de roux foncé sur un fond roux clair. Le dos, les ailes, les rémiges et les rectrices portent des bandes irrégulières noires et mordorées. Le bec et les doigts sont bleuâtres. Les dimensions de ce bel oiseau, qui provient des côtes occidentales de la grande île de Bornéo, sont de quatorze pouces.

mm LES CHATS-HUANTS ().

Font le passage des strix à disque incomplet aux espèces qui en ont un bien développé. Quoique distincts, ces cercles périophthalmiques chez les chatshuants sont plus larges dans le bas que dans le haut, où ils deviennent rudimentaires et à peine formés. Leur bec est courbé dès la base; leur tête est sans aigrettes ; leurs tarses sont emplumés jusqu'aux ongles.

1° Le type de ce groupe est la HULOTTE, ou CHOUETTE DES BOIS (5), que Buffon a décrite et figurée, enlum. 441 et 457, sous les noms de hulotte et de chat-huant, et dont le fond du plumage est grisâtre dans le mâle et roux chez la femelle. C’est une espèce qui niche dans les bois, pond dans les nids faits par d’autres oiseaux, ou niche dans les crevasses des vieux arbres.

Les espèces étrangères sont :

2° Le CHAT-HUANT DES PAGODES (4), ou le oumékolan des habitants de Pondichéry, paroît se trouver non seulement au Malabar, mais encore dans plusieurs des îles de la Sonde et surtout à Java. C’est un oiseau qui rôde au crépuscule à l’entour des pagodes hindoues, et c’est sur ces temples voués au culte de Brama qu’il aime nicher. Ses tarses sont

( Chouette multiraies, Strix Leptogrammica,Temm., pl. 525 (adulte).

(2) Syrnium, Savig.

(6) Syrnium ululans, Sav., Egypte, p. 52. Strix aluco el stridula, L. Strix otus, Lichst. Cat.

(&) Strix pagodarum, Temm., pl. 220. Strix Javanica, Gm. Strix selo-puto, Horsf., Trans,soc., linn, t, XIE, p. 140.

abondamment recouverts de dnvet, de même que les doigts, la dernière phalange exceptée qui est nue. La face est petite, les ailes et la queue d'égale longueur, et la coloration du duvet, quel que soit l’âge, est jaune roussâtre.

* L’adulte à le sommet de la tête et les côtés du cou d’un roux marron assez vif : on voit sur chaque plume de ces parties une ou deux rangées de taches d’un blanc pur, encadrées d’un cercle noir. Le dos, les petites couvertures des ailes et les scapulaires ont à peu près les mêmes teintes que la nuque, mais elles sont un peu plus claires; les taches blanches sont moins régulières et plus grandes, mais elles se trouvent encadrées par une bande noire. Les pennes secondaires et la tête des rémiges ont des bandes d’un jaune roussâtre, distantes et placées sur un fond brun roussâtre. La queue , coupée de bandes irrégulières, est terminée de blanc; en dessous elle est de couleur claire. La face et les sourcils sont roux jaunâtre sans taches. La poitrine est rayée de bandes transversales blanches et incolores. Le reste des parties inférieures est blanc pur que relèvent, à de larges intervalles, des bandes brunes très fines, régulières et transversales. L’iris est jaune. La longueur varie en dix-sept et dix-neuf pouces.

Les jeunes de l’année ont les tarses vêtus d’une bourre lanugineuse. Le masque est noirâtre, et tout le plumage a une teinte rousse claire, Les plumes des parties inférieures sont rayées à peu près comme dans l'adulte. Les parties supérieures sont couvertes avec régularité de bandes transversales roux clair et blanches : ces dernières sont encadrées et plus grandes que chez les adultes; la mue produit des changements dans la forme de ces bandes encadrées, ce qui donne lieu à des variétés intermédiaires. C’est ainsi qu’on voit des individus avec le plumage bariolé de zigzags bruns, blancs ou roussâtres, tandis que ceux qui prennent la livrée d’adulte ont des petites taches blanches isolées. Le dessous du corps, quel que soit l’âge, est rayé en travers de bandes assez régulières et distantes les unes des autres.

5° Le CHAT-HUANT HYLOPHILE (1) ne paroît pas être rare au Brésil. Sa queue est arrondie, et ses ailes pliées atteignent à peu près l'extrémité de la queue. Les yeux sont presque sur la même ligne, et se trouvent être entourés d’un cercle de plumes frisées, qui s'étendent beaucoup derrière les oreilles, et donnent une grande ampleur à la face. Les tarses et les doigts sont abondamment recouverts d’un épais duvet laineux; la face est brun cendré clair, relevé de quatre zones noires flexueuses. La poitrine, les côtés du cou, la nuque et l’occiput sont d’un roux fort vif zoné de bandes horizontales noires, plus rapprochées sur cette dernière partie, ce qui forme sur la tête

(1) Striz hylophila, Temm., pl. 373 {mäle).

HISTOIRE NATURELLE

une sorte de calotte brune. Le dos, les scapulaires et les couvertures des ailes ont de larges bandelettes, les unes noires, les autres rousses, et toutes fort étroites. Des taches rousses sont disposées en une rangée sur le bord externc.des plumes scapulaires, et ont la disposition d’une écharpe longitudinale sur le haut de l'aile. Les pennes de la queue, les secondaires des ailes sont aussi rayées de brun cendré noirâtre par bandes plus larges que celles qui sont placées à côté et d’un roux clair liseré de noir. Le devant du cou, le ventre et les flancs sont blancs, mais chaque plume de ces parties est terminée par un croissant roux ferrugineux, et ce croissant est frangé de noir. Le bas ventre est blanc pur, les couvertures inférieures ont le fond de cette dernière couleur, mais une zone brune sur chacune d’elles. Le duvet des jambes est roux marbré de traits bruns ; la pointe du bec est jaune. Le mâle a treize pouces de longueur, la femelle est plus grande, et sa coloration est d’un roux plus terne.

4° Le CHAT-HUANT CURUJE (!) commun au Brésil où les créoles lui donnent le nom de curuje, et les Botucudos celui de kekokam. Le mâle a de longueur dix-sept pouces quatre lignes ; son plumage est gris clair nuancé de brun rougeûtre, avec une tache blanche sur la gorge. Les scapulaires sont agréablement marbrées de brun rougeätre plus foncé, de même que les ailes et la queue. Les rectrices sont trayersées par des bandes plus claires et plus foncées. Le dessous du corps est jaune clair, passant au jaune rougeâtre sur la poitrine et sur le ventre. Son cri imite le son que produit un battant de cloche frappant sur lairain. Elle habite le Chili.

Peut-être est-ce cette espèce que nous rencontràmes fréquemment au Chili, dans les bois découverts près des souterrains qu’elle s’étoit creusés à la manière de cabourés (2?) ?

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