LES VRAIS BARBUS
Ont les formes des barbicans, leur gros bec conique, mais lisse sur les mandibules. L’arête du bec est presque droite et légèrement convexe, tandis que la base du bec est renflée et arrondie.
Les vrais barbus ne se trouvent qu’en Asie et en Afrique. Leurs formes sont lourdes et massives, et leur plumage est généralement orné de couleurs vives, mais crues. Leur gros bec les rend disgracieux, et les rapproche des toucans. Leurs jambes courtes leur donnent une démarche gênée. Leur vol est lourd. Ce sont des oiseaux qui ne quittent guère les forêts, où ils se nourrissent de fruits pulpeux, de baies, surtout de figues, et aussi d'insectes. Ils se réunissent par bandes formées de nombreux individus, faisant retentir l’air de leur cri sonore et aigre, et remarquables par le peu de crainte qu’ils témoignent envers l’homme. Ils nichent dans les creux d'arbres, à la manière des pics, et la femelle pond deux œufs d’un blanc pur, assez semblables à ceux des pigeons.
(") Pogonias Vieillotii, Leach, Mise., pl. 97. P. rubescens, Temm. Levaill., pl. D. Bucco fuscescens, Vieill. P. senegalensis, Lichst.
(2) Pogonias hirsutus, Sw., Zool. illust., pl. 72,
(3) Bucco bifrenatus, Ehremb., pl. 8 , fig. 1 et 2, Pogonias melanocephala, Ruppell,, Afriq., pl, 28, A.
(4) Bucco, L.
Levaillant rapporte avoir trouvé cinq barbus dans des nids, et que l’un d'eux, accablé par l’âge, étoit entouré de noyaux et de débris, qui prouvent que les jeunes oiseaux pourvoyoient à sa subsistance. Les ayant placés dans une cage, il acquit la preuve de ce fait, car les quatre barbus valides portèrent chaque jour la nourriture du moribond relégué dans un coin de la cage.
4° Le versicolor (1), ou le takou des habitants de Sumatra, a été décrit en ces termes par sir Raffles : « Cette grande espèce habite à Singapore et à Sumatra. Elle a environ dix pouces et demi de longueur, une coloration générale verte, foncée en dessus, et plus claire en dessous ; la couronne de la tête rouge, la gorge bleue; les côtés de la tête noirs, séparés de la couleur rouge du sommet par une raie bleue. 11 y a en outre une tache de rouge derrière les yeux, une seconde plus large d’un jaune orangé sur le côté du cou, et une troisième rouge sur le côté de la poitrine. Ces couleurs sont sujettes à changer, et quelques unes des taches manquent souvententièrement. Le bec est noir, avec des soies à sa base. La mandibule supérieure est un peu courbée à sa base extérieurement. Les ailes et la queue sont vertes en dessus, et brunes en dessous. Les jambes d’un bleu noirâtre. Derrière l'articulation supérieure du tarse, on voit quelquefois des petits tubercules aigus qui aident probablement l’oiseau à grimper. On n’a encore trouvé que des mâles de cette espèce, et, parmi eux, deux à peine étoient parfaitement semblables. Dans quelques uns la poitrine étoit entièrement noire ou grise; dans d’autres elle étoit marquée d’une tache blanche; chez certaines le sommet de la tête est gris, et la tache latérale rouge manque fréquemment. 2° Le barbacaric (?) a été représenté par Buffon, enl. 871, et se trouve à la Chine. 5° Le corbin (3), ou corvine, est répandu dans la plupart des îles de la Sonde, Java, Sumatra, Bornéo et Banca. Il est commun surtout dans la première de ces îles, et offre de grands rapports avec le grand barbu de l’enl. 871 de Buflon. Sa taille est de onze pouces. Il a le bec et les pieds noirs, des mèches brunes, bordées de gris sur la tête, la gorge et le devant du cou d’un brun terne, la nuque d’un roux légèrement doré, et tout le reste du plumage vert foncé. Ses ailes sont très courtes, et dépassent à peine le croupion. 4° Le grivelé (#)se trouve à la Cochinchine. Il a le sommet de la tête, la nuque, la gorge, le devant et les côtés du cou marqués de nes brunes, sur un fond blanchâtre. Une large bandelette vert clair occupe le dessous des yeux.
sir Raffles, Trans. Temm,,
() Bucco versicolor, pl. 309.
(2) Bucco grandis, Gm., Levaill. , bl. 20.
() Bucco corvinus, Temm., pl. 522.
(:) Bucco faiostrictus, Temm., pl. 527.
HISTOIRE NATURELLE
Le dos, les ailes et la queue sont d’un vert foncé. La poitrine et le ventre sont vert clair, mais chaque plume à son milieu traversé par une large mèche brune longitudinale. 5 Le gorge bleue {!), des îles de Java et de Banda, a le plumage vert, le sommet de la tête, la gorge, le rebord de l’aile bleu clair; un trait jaune sur les joues ; un trait de la même couleur, séparé du bleu de la gorge par une bandelette noire, règne au haut de la poitrine. Sir Raffles parle de ce barbu en ces termes : Il est à peu près de la taille du bucco philippensis, c’est-à-dire qu'il a cinq pouces et demi de longueur. On n’a encore rencontré que la femelle, dont la couleur est verte, un peu plus claire en dessous. La gorge est d’un bleu verdâtre. Deux taches rouges sont derrière l’œil, l’une en dessus, et la plus grande en dessous. Il y a quelquefois une tache noire sur la poitrine. Les jambes sont noires, en quoi il diffère du bucco philippensis, dont les jambes sont rouges. 6° Le soucicol (), de Java, est entièrement vert, excepté le dessous de la tête et un collier placé au haut de la poitrine, qui sont d'un rouge souci fort vif; la ouque est bleu d’azur. 7° Le mystacophane () se rencontre à Java et à Sumatra. Sa taille est de huit pouces. Le bec etles tarses sont noirs, et le premier est garni de très longues moustaches. Le front est rouge, le sinciput orangé et l’occiput rouge de feu. Un trait noir dessine un sourcil à chaque œil, dont le dessous est bleu de ciel. Les joues sont jaunes, passant au vert. La gorge présente une plaque rouge, arrêtée par un trait azur. Deux points rouges marquent les côtés du cou. Le plumage est vert, plus foncé en dessus, plus clair en dessous. La femelle, ou peut-être le mâle non adulte, a le rouge de la tête terne, la gorge bleu cendré, et quelques autres différences. Les jeunes sont entièrement verdâtres. 8° Le barbu à gorge bleue(f) se trouve au Bengale, et principalement aux alentours de Calcutta. Il est caractérisé par le rouge qui colore l’occiput et le front, le noir qui teint le dessus de la tête, et qui se prolonge au-dessus des yeux en deux sourcils. Le tour des yeux, la gorge et le devant du cou sont d’un + d'aigue-marine. Le plumage est vert, et deux tac
rouges marquent les côtés du cou. 9° Le barbu à front d'or (5), que Leschenault a rapporté de l’île de Ceylan, a le sommet de la tête et le front jaunes; le tour des yeux et la gorge d’un bleu d’aigue-marine, deux traits jaunes aux angles du bec, un demi:
() Bucco gularis ,Reinw., Temm., pl. 89, fig. 2. J. australis, Horsf., pl. 181.
(2) Bucco armillaris , Temm., pl. 89 , fig. 1.
G) B. mystacophanos, Temm., pl. 315 j:
(:) Bucco cyanops, Cuv. Levaill., Barb., pl. 21 et 22. ”
Capito cy lis, Vieill. B. cyanocollis, Temm.
(5) Bucc flavi ns, Cuv. Levaill., pl. 55. Bucco au: rifrons, Temm:, » | te, "A % # D
DES OISEAUX
collier varié de vert et de flammèches blanches. Son plumage est vert. panaché de vert, plus foncé sur le corps. 40° Le barbu de Latham (1) a été rencontré par sir Raffles aux alentours de Singapore, dans l’intérieur de la grande île de Sumatra. Les naturels le nommentampis. I a environ six pouces de longueur, et le bec un peu plus arqué et plus comprimé que les autres espèces ; il n’a pas de soies à sa base, et chez le mâle il est noir, et jaunâtre chez la femelle. Ses tarses sont rouges pendant sa vie, et jaunes par suite de leur dessiccation dans les collections. Son plumage est brunâtre roux en dessus, passant au brun gris enfumé et sale en dessous. 41° Le barbu à plastron rouge (?), très commun aux Philippines, aux Moluques, à Java et même en Afrique, a été figuré pl. 551 (l'adulte) et 746, fig. 2 (le jeune), des enluminures de Buffon. Sir Raflles l’indique à Sumatra, où les natureis le connoissent sous le nom de chanda. Peut-être doit-on regarder comme une variété de ce barbu le sambal-sitou, de Pondichéry, à plumage jaune serin clair (3). 42° Le barbu à moustaches jaunes (!) se trouve dans les grandes îles de Sumatra et de Bornéo. Il est remarquable par sa taille qui égale celle du rollier d'Europe, et par son bec qui est aussi gros que celui d’un corbeau. Son plumage est généralement vert, mais avec des teintes plus foncées sur le corps. Le front est gris, glacé de quelques taches brunes. Deux moustaches jaunes occupent la commissure du bec. La gorge est d’abord grise, puis bleuâtre ; le sinciput est varié de bleu et de rouge; le tour de l'œil est dénudé. Ce barbu, relégué dans les grandes forêts de Sumatra, s’y nourrit de fruits des nombreuses espèces de figuiers sauvages qui y croissent. 15° L’Henrici (5) se trouve également dans l’ile de Sumatra; mais sa taille, d’environ sept pouces et demi, est à peu près celle d’un merle commun. Vert foncé sur le corps, vert clair sur les parties inférieures, il porte au cou un collier rouge orangé. Le front et le devant du cou, à partir du menton, sont bleus; le bec et les tarses sont noirs. 44° Le kotorea (6) est très commun à Java et à Sumatra. Ce nom a été donné à plusieurs espèces indiennes, telles qu’au barbu vert de Mahé), que Buffon représente enl. 870, et au barbu de Ceylan ($), décrit par Brown. Æotorea, dans la langue angloise, désigne un oiseau dont le cri plaintif imite celui de la tourterelle. 45° Le rose-gorge (?), aussi
(") Bucco Lathami, Gm. Lath., Syn., esp. 12, pl. 22.
(2) Bucco philippensis, L. Gm. Levaill, Barbus, pl. 36.
(5) Bucco luteus, Less., Ornith., p. 183,
() Bucco chrysopogon, Temm., pl. 285.
(5) Bucco Henrici, Temm., pl. 524.
(6) B. kotorea, Temm. Levaill., pl. supplém., fig. C.
(7) B. viridis, Linn. Levaill., pl. 38.
(8) B. zeilanicus, Brown, Illust., pl.15
(9) Levaill., pl. 33. Bucco roseus, Ch. Dum., Dict. se. nat,, {. IV, p. 52, B, rosacei-collis, Temm., texte, pl. col.
très commun dans l’île de Java, a la tête rouge foncé, ainsi que le devant du cou jusqu’à la poitrine. Les côtés du cou sont noirs. Le corps, en dessous, est vert luisant, et des mèches brunes marquent les flancs. Le bec est d’un noir plombé, et les pieds sont bruns. 16° Le frontal (1) n’a été rencontré qu’à Bornéo et à Sumatra. Sa taille est de cinq pouces six lignes. Le front est encadré par un large bandeau noir. L’occiput et la gorge sont d’un bleu azur ; le méat auditif et un large collier sur le devant du cou d’un noir parfait. Trois taches d’un rouge ponceau sont disposées sur les tempes. La queue est d’un vert bleuâtre foncé ; le doset les ailes d’un vert très foncé. Les parties inférieures sont d’un vert jaunâtre. Le Bec et les pieds sont noirs. La femelle a des taches rouges moins distinctes, le collier et le bandeau foiblement marqués, et toutes les teintes moins vives. 17° Le barbu à tête blanche (?) vit sur les rives du Gange, entre Bénarès et Calcutta, et son nom indien est bura-bussunta. Son plumage est vert pré, mais la tête, la nuque, le cou et le thorax sont gris ; les plumes de cette dernière partie sont striées de blanc. Le bec est rouge; les pieds sont jaunes; le tour de l’œil est dénudé et jaune orangé. Sa taille est de dix pouces anglois.
LES BARBIONS (.
Ne diffèrent des barbus que par des nuances légères. Leur bec est conique, plus grêle et plus pointu que celui des barbus asiatiques ; leurs ailes et leur. queue sont médiocres ; leurs jambes sont courtes. : Tous vivent exclusivement en Afrique. Ce sont : 1° Le barbu à bandeau d'or (#), qui provient du Sénégal, et qui n’a que trois pouces et demi de longueur. Sa tête présente sur le front une petite bandelette noire encadrant ure plaque jaune aurore. Une bande blanche, bordée par deux traits noirs, part de la commissure du bec. Le corps est en dessus noirâtre, avec flammèches blanchâtres ; le dessous du corps est d’un jaune olivâtre assez clair. Ce barbu a été tué à Galam. 2° L’érythronate (5), répandu sur la côte de Guinée, a le bec noir, des sourcils jaunes, le front et deux traits à l’angle du bec jaunes. Le plumage est noir, avec du rouge sur le dos, la gorge jaune et le ventre bleuâtre. Les ailes sont variées de jaune et de noir. Les tarses sont jaunâtres. 5° Le barbichon (5)
(1) Bucco frontalis, Temm., pl. col. 536, fig. 1.
(2) Bucco caniceps, Frankiin, Proceed., 1, 124, Fichtel’s barbet, Lath.?
(3) Barbatula, Less., Ornith., p. 164.
(4) Bucco chrysoconus , Temm., pl. 536, fig. 2.
(5) Bucco erythronotos, Cuv. Lev., pl. 57.
(6) B. parvus, Gm. Cuv. Levaill., pl. 32. B. barbatula, Temm., texte, enl., 746, fig, 2,
est du pays des Caffres. Il a le front noir, une calotte rouge de feu sur la tête, le plumage varié de jaune et de noir en dessus, les couvertures moyennes des ailes jaunes, les rémiges brunes, bordées de jaune, presque aussi longues que les rectrices, qui sont égales et brunes ; trois traits blanes occupent le devantet le dessus des yeux. La gorge est d'un jaune de soufre, tandis que les parties inférieures sont jaune olivâtre. Les tarses sont bruns. Une variété du Sénégal est remarquable par le rouge orangé du sommet de la tête et par les nuances moins vives de la coloration générale du plumage. 4° Le naïn (1) a été observé sur les bords de là baie d’Algoa. Son plumage est noir, strié de jaune soufre, Un trait mince et orangé surmonté chaque œil, et une large écharpe de cette couleur trâverse l’aile dans toute sa longueur. La gorge et la région anale sont jaunes, le ventre est brunâtre et le front écarlate. Sa taille est de quatre pieds trois lignes, mesure angloise. 5° Le barbion fuligineux (2), qui vit dans l’île de Bornéo. Sa taille n'est que de einq pouces et demi. Son bec, assez courbé, est brun, et les tarses sont d’un beau rouge. Son plumage est assez uniformément couleur de terre d'ombre, la gorge et le devant du cou exceptés, qui sont rouge de brique. Une légère nuance de cette dernière couleur dessine une sorte de raie sur la ligne moyenne du ventre.
LES BARBUSERICS.
Sont de vrais barbus américains. On les reconnoit à leur bec triangulaire à la base, comprimé sur les côtés, pointu et percé de narines peu distinctes. Leurs ailes sont très courtes, et la queue est un peu fourchue. Le type de ce groupe est l’oranvert (3), que l'on trouve au Brésil. Cet oiseau a le front et l’occiput rouge de feu ; le plumage brun fuligineux en dessus ; le menton blanc; le devant du cou, de la gorge et le ventre d’un orangé fort vif. Les parties inférieures sont grises olivâtres. Le bec et les tarses sont bruns. Le barbu élégant (*,, que Buffon a figuré enl. 550, sous le nom de beau tamatia des Maynas, qu’on rencontre sur les bords du fleuve des Amazones , appartient aussi à ce petit groupe. Le barbu de la Guyane (5), décrit par Buffon, et figuré enlum. 206, fig. 4, est la troisième espèce à citer. La
{:) Bucco nanus, Vig., Proceed., I, 93.
(2) Mycropogon fuliginosus , Temm., texte, pl. col.
() Levaill., barb. supplém., pl. E. Bucco auro-virens, Cu.
() Bucco maynanensis, Lath.
(5) Bucco cayennensis , Gm. Mycropogon cayennensis, Temm. Lev., pl. 23 et 24.
HISTOIRE NATURELLE
quatrième est le barbu de Saint-Domingue (1), ( Buffon a représenté enl. 206, fig. 2. Enfin, la é ré quième est le barbu à gorge orange (?) de Levañidit. figuré pl. 27, et qui vit au Pérou et au Chili,
EE
LES COUCOUPICS ().
Sont exclusivement d'Afrique. Ils ont, pour caractères zoologiques, un bec convexe à peu près de la longueur de la tête, robuste , pointu, arqué ou un peu voûté, comprimé vers l’extrémité, présentant des narines étroites, percées en scissures latérales. Les poils qui entourent le bee à sa naissance sont minces, courts et peu fournis. Les ailes dépassent à peine le croupion. La queue est longue et arron die au sommet; les tarses sont assez longs et proportionnés.
Le type de ce groupe est le promépie (4) de Levaillant, que l’on trouve dans l’intérieur de l'Afrique. Son bec est rouge; le front et le milieu de la têté sont gris brun ; l’occiput, les joues et le devant du cou sont d’un jaune d’or éclatant. Une tache noire occupe le devant du cou. Le manteau, les ailes, sont d’un gris brun roux, couverts de taches arrondies blanches. La queue est gris brun roux, avec des barres blanc jaunâtre. Les parties inférieures sont d’un blanc jaunâtre clair, avec quelques taches sur les flancs. La région anale est d’un rouge de feu, et les tarses sont olivâtres. Le barbu perlé (5) diffère très peu de l’oiseau précédent, dont il semble être au premier aspect une variété. Cette espèce vit sur les arbres de haute futaie, et se cache dans le feuillage, d’où elle fait entendre un chant court mais agréable. Elle est rare dans le Sennaar, mais assez commune sur le versant oriental des montagnes de l’Abyssinie. M. Temminck décrit cet oi-eau en ces termes : « Une couronne de plumes un peu roides, d’un noir à reflets d’acier poli, couvre le front et le sommet de la tête. Les joues, la gorge, la nuque et la poitrine sont d’un beau jaune soufre, marquées sur la nuque de petits points noirs. Sur Je devant du cou se dessine une petite tache noire à reflets d’acier poli. La poitrine est ceinte d’une bande formée de petits points noirs et de quelques taches rouges. Le dos, les scapulaires et les couvertures des ailes ont une teinte brun terre d’ombre, avec des taches blanches en forme de perles
(:) Bucco nœvius, Briss. Edw., pl. 333. Levaill., pl. 25. Mycropogon nœvius, Temm.
(2) Bucco aureus, Cuv. Mycropogon aureus, Temm. Levaill., pl. 27. Capito aurifrons , Vig., Proceed , II, 3,
G) Cucupieus, Less., Man. 1.1, p. 116. Barbion , Mycropoga pra Temm., pl. col.
4) Levaiil ., pl. 32. Picus cafer, Lath.
(5) Bucco margaritatus, Ruppell, Af., pl. 20. Mycro-
pogon margaritatus, Temm., pl. 490.
DES OISEAUX
vers le bout de chaque plume. Les ailes et les pennes du milieu de la queue sont de la couleur du manteau, et marquées sur le bord des barbes de grandes taches blanches. Les couvertures inférieures et supérieures de la queue sont rouge vermillon. Le dessous du corps est jaune blanchâtre; le bec est rouge et les pieds sont cendrés. Sa taille est de sept pouces. La femelle n’a pas les couleurs aussi vives ni la tache du corps. »
M. de La Fresnaye a décrit une troisième espèce sous le nom de barbion soufré (1). C’est un oiseau qui provient du pays des Masilikats, dans l’intérieur de l’Afrique, très loin du cap de Bonne-Espérance : « Un jaune soufre plutôt que serin colore le dessus de la tête, depuis le front jusqu’au vertex, ainsi que tout le devant et les côtés du cou; mais toutes les plumes de ces parties, excepté celles de la gorge, sont bordées à leur extrémité de rouge sanguin. Celles qui recouvrent les oreilles sont suivies en arrière de quelques autres variées de noir et de blanc, et formant une tache au-dessous du méat auditif. Depuis le vertex, une bande longitudinale d’un noir brillant, à reflets gris, bleus ou violets, couvre le dessus du cou jusqu’au dos, et, s’élargissant vers le pli de l'aile, vient se réunir sur les côtés à un large plastron demi-circulaire, de la même couleur, enveloppant tout le jaune du devant et des côtés du cou. Les plumes noires du vertex sont allongées et forment une espèce de huppe. Le haut du dos est de la même couleur noire luisante, mais chaque plume est terminée par une large tache blanche. Les plumes du milieu et du bas du dos sont efilées et d’un jaune soufre. Les dernières couvertures supérieures de la queue sont noires à leur base, et colorées à leur sommet de rouge sanguin. Les ailes sont noires, barrées de blanc. La queue arrondie et flabelliforme est noire, avec trois barres en gouttelettes blanches et une bordure large de cette dernière couleur. Sa longueur totale est de huit pouces. »
LES TAMATTIAS ().
Sont des barbus de l'Amérique, reconnoissables à leur bec gros et crochu à la pointe, garni de soies roides à la base, recouvrant les narines, qui sont orbiculaires. Leurs ailes sont courtes et ne dépassent pas le croupion; leur queue est allongée et arrondie, et leurs jambes sont très courtes.
Les tamatias ont beaucoup de plumes, et leurs
() Bucco sulfuratus, Lafres., Mag. de z00l., 4836, pl. 60.
(2) Tamatia, Guy. Capito, Temm. Wagler. Chacurus. Azara. Cyphos, Spix. Mystactes (dormitor), Gloger. Bucco, Vieill.
formes paroissent lourdes et massives, et se rapprochent beaucoup de celles des martin-pêcheurs. Ces oiseaux semblent être stupides ; leur naturel est triste et solitaire. Ils ne se nourrissent que d’insectes. Marcgrave, le premier, mentionna une espèce de ce genre sous le nom brésilien de famatia, que les naturalistes ont adopté (1).
Les quatre espèces suivantes sont nouvelles : 4° Le chacuru ?), ainsi nommé par les Guaranis. Cest un oiseau solitaire, peu craintif, et qui vole mal. Son naturel est triste, paresseux; il n’entre pas dans les bois ni dans les plaines, et seulement il se tient dans les broussailles ou dans les plantations. Cet oiseau a le bec rouge ; le dessus du corps finement linéolé de brun ; un demi-collier blanc sur le derrière du cou ; le tour des yeux et toutes les parties inférieures blanches ; une large tache noire sur les côtés du cou ; les rémiges et les rectrices rayées de noir. Longueur totale, huit pouces. On le trouve au Brésil et au Paraguay. 20 Le brun (3) a, ainsi que l’indique son nom, un plumage brun, sur lequel se dessine en devant et sur la poitrine un espace triangulaire blanc de neige. On le trouve à la Guyane et au Brésil. 3° Le tamejac (?), aussi du Brésil, a les plumes de la tête lâches, d’un fauve noirâtre, ainsi que le dos, le croupion et les tectrices alaires. Les sourcils et les joues sont d’un roux ocreux. Le menton et le ventre sont blancs, sans taches; et deux plaques noires sont placées sur la poitrine. 4° Le tamatia à grands doigts (5) a été rencontré sur les bords du fleuve des Amazones, à son embouchure. Sa tête est d’un roux chocolat. La gorge, le thorax, les sourcils et des stries sur la nuque sont blanc jaunâtre. Un large trait noir part des joues et descend sur les côtés du
cou. Le dos est roux et les parties inférieures rougetres.
EEE———p22 LES PICS 6.
Constitvent une grande tribu, que des formes tranchées ne permettent pas de confondre avec au-
(°) Buffon a décritles espèces suivantes: Le tamatia noir et blanc (bucco melanoleucos), enl. 688, fig 2, Le T. gros bec (B. macrorhynchos), enl. 689. LeT. à collier (B, collaris), enl. 375. Le T. à gorge rouge (B. tamatia), enl. 746, fig. 1.
(2) Bucco melanotis, Temm., pl. 94.
(3) Tamatia fusca. Bucco fuscus , Gm. Lath., esp. 17 Vieill., Enc., lil, 1419.
(4 T.tamajac, Levaill., Guép., pl. E. Bucco sommolentus, Illig. Licht. Alcedo maculata, Gm. Lath. Capito maculatus, Wag., esp. 7.
(5) T. macrodactylus. Cyphos macrodactylus , Spix A Bras., pl. 39, fig. 2. Capito cyphos, Wagler.
(6) Picus, L., de Picus, roi du Latium.
Colaptes, Sw.
cune autre. Leur bec, allongé, anguleux, ou taillé en coin à la pointe , est propre à creuser l'écorce des arbres, ou à chercher dans les crevasses qu’elle présente les larves des insectes dont ils se nourrissent. Il leur arrive en France de percer les troncs des jeunes peupliers de la Caroline âgés de dix ans, et de les rendre impropres à un usage avantageux pour les propriétaires. Les Espagnols leur ont donné par rapport à cette habitude le nom collectif de carpenteros. Les pics se servent des dix pennes roides et terminées en pointe de leur queue pour s’aider à grimper sur les écorces, même les plus lisses. Leur langue gluante, longue et grêle, se termine par des papilles épineuses et en crochets, qui la rendent très propre à retenir les insectes ou leurs larves. Ces oiseaux font une seule ponte par an dans des creux d'arbres. Le mâle et la femelle couvent alternativement. Leurs mœurs sont défiantes et craintives. Ils sont répandus dans toutes les parties du monde, et sous tous les degrés de latitude. Leur cri est aigre, et leur vol peu étendu et assez lourd. Les pics, naturellement maigres, ont une chair sèche et peu recherchée.
LES PICOIDES ().
Ont été séparés des vrais pics, parce qu’ils n'ont que trois doigts. Leur bec est déprimé et légèrement aplati. On ne connoît que deux espèces: l’une d'Europe, qui vit plus particulièrement dans les montagnes de la Suisse, est le pic tridactyle (?), varié de brun et de blanc; l’autre se trouve à Java et à Sumatra ; c'est le tukki besar ($) orangé , à croupion rouge.
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