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TALÈVES OU POULES-SULTANES

Qui vivent dans les lieux humides, où on les voit se tenir sur un seul pied, en portant de l’autre leurs aliments au bec, ont un plumage assez uniformément nuancé de violet, de bleu ou d’aigue-marine. Talève est leur nom vulgaire à Madagascar.

Buffon a figuré la favorite de Cayenne (enl. 897). La poule-sultane, si commune en Afrique, et répandue sur les bords de la Méditerranée, est le talève à manteau vert (enl. 810). Les espèces qui suivent sont nouvelles.

1° Le talève meunier (), que M. Temminck a le premier fait connoître, et qu’il décrit en ces termes :

« Ce talève est à peu près de la taille du talève à dos noir, et, à l'exception du bec, d’un quart moindre dans toutes ses dimensions que le {alève à dos vert ; mais le bec est aussi gros et fort, et sa plaque cornée aussi large et étendue que dans cette dernière espèce ; les couleurs, quoique distribuées de la même manière, différent beaucoup par les nuances. La livrée de cet oiseau paroît comme saupoudrée d'une poussière grisâtre; un vert porphyre et un bleu turquoise plus où moins vif couvrent le plumage; de quatre espèces, sur six qui nous sont connues ; celle-ci est d’un ton bleu grisâtre et d’un vert olivâtre tirant au brun.

» Un gris bleuâtre couvre sa tête et le cou; cette nuance prend un ton plus vif sur la poitrine, et passe par teintes plus foncées au bleu pur, dont les cuisses et l'abdomen sont couverts ; les ailes sont d’un bleu cendré, mais nuancé de verdâtre vers le bout des

(:) Porphyrio, Brisson. Fulica, L. Gallinula, Lath. a) P. pulverulentos, Temm., pl. 405. Gallinula, Lath.

rémiges ct des pennes secondaires ; une partie des scapulaires, les premières pennes secondaires , tout le dos et la queue, sont d’un brun olivâtre ; les couvertures inférieures de la queue sont blanches; le formidable bec, la grande plaque cornée du sommet de la tête, l'iris et les pieds, sont rouges. Longueur totale, de la pointe du bec au bout de la queue, quatorze pouces et demi, »

On trouve ce joli talève sur les bords des rivières qui arrosent les parties méridionales de l'Afrique. Le talève commun ou à dos vert habite ces mêmes contrées , et l'espèce est répandue jusqu’au Sénégal ; le talève meunier n’a point encore été rapporté des côtes occidentales de cette partie du globe.

2° Le talève émeraudin (1) est la plus petite espèce du genre; et bien que moindre par la taille, elle est pourvue d’une plaque coronale pour le moins aussi étendue que l’est cette nudité chez les autres espèces. Cette plaque, dit M. Temminck, sert à caractériser ce talève émeraudin, vu que dans les deux sexes elle est coupée abruptement en ligne horizontale vers l’occiput, tandis que cette nudité a une forme plus ou moins arrondie dans les autres espèces. Les mâles, probablement les individus très vieux, ont les parois latérales de cette membrane élevées en petites protubérances , et couronnant le dessus des yeux. On peut encore énumérer parmi les caractères propres à cette espèce le petit appendice épineux à l’os de l'aile bâtarde, caché sous les plumes de cette partie.

L’adulte a les joues et l’occiput noirs; les côtés et la partie postérieure du cou, le ventre et les flancs d’un bleu vif ou bleu de roi; le devant du cou, la poitrine et le poignet de l'aile d’un bleu verdâtre émeraude ; le dos, les ailes et la queue d’un bleu noirâtre , à légère nuance verdâtre ; l'abdomen noir, et les couvertures inférieures de la queue d’un blanc pur; le bec, la plaque nue du sommet de la tête et les pieds d’un rouge de porphyre. Sa longueur est de quatorze à quinze pouces.

Les jeunes ont la plaque frontale moins développée, le bec et les pieds marbrés de noir, le plumage moins brillant et d’un bleu noirâtre. Les petits naissent avec un duvet brun, et leurs plumes sont noirâtres. Ce talève est commun sur les bords des lacs de Java, de Banda, et sahs doute aussi sur ceux de Sumatra.

5° Le {alève à manteau noir (?), qui habite la Nourelle-Hollande, a le dos, le manteau, les ailes, les rémiges et la queue d’un brun noir lustré; la tête, les joues, le milieu du ventre et les cuisses d’un noir moins profond ; le cou, la poitrine et les

() Porphyrio smaragdinus, Temm., pl. 421. P. indicus, Horsf., Trans. Linn., XII, 494.

(2) P. melanotus, Temm, Man, d’ornith., p. 701.

HISTOIRE NATURELLE

flancs sont d’une teinte indigo éclatant ; le bec, la plaque frontale, les pieds et les doigts sont d’un rouge cramoisi ; les couvertures inférieures de la queue sont blanches. Cet oiseau a de longueur environ seize pouces.

Le jeune âge a une teinte noire bleuâtre, et le duvet d’un noir parfait.

4° Le talève blanc (}, que les voyageurs anglois indiquent sur l’île de Norfolk, placée non loin des côtes de la Nouvelle-Hollande, pourroit bien reposer sur une variété atteinte d’albinisme de l’espèce précédente. Cependant sa taille est plus forte, puisqu’on la dit analogue à celle d’une poule. Son plumage est blanc pur, le front et le bec exceptés, qui sont rouges. Un ergot recourbé arme chaque aile, et les pieds sont jaunes chez les individus desséchés, et dans Ja vie sont probablement rouges.

3° Le talève indien (?), que les Javanois connoissent sous le nom de pellung, a le plumage noir, lavé d’olivâtre brillant, avec du brun sur la tête et le ventre. Le cou, les épaules et le thorax sont vert aigue-marine, et les côtés du cou et du ventre sont pourprés. Le bas-ventre est blanc ; la plaque frontale est très large, et déborde les yeux. Sa taille est de dix-neuf pouces anglois.

LES GALLINULES ().

Qui vivent dans les eaux douces des rivières de toutes les parties du monde, ne comprennent que deux espèces bien distinctes : la poule d'eau d'Europe, figurée enl. 877, et la poule sultane de la Chine, en]. 896. La poule d’eau tachetée (4), desiles Philippines, que M. Cuvier a cru être un jeune âge du râle de genêt, sembleroit devoir être distinguée. Elle a le plumage gris roux, varié et finement rayé en travers de brun; les ailes sont brunäâtres, cerclées de brun; la gorge est blanche.

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