LES RALES
Rallus. L.
Si remarquables par l'extrême compression de leur corps et par la délicatesse de leurs chairs, vivent dans les lieux humides de toutes les parties du monde. Les vrais râles, tels que les a distingués Bechstein, ont le bec comprimé et plus long que la
(3 Porphyrio albus, Lath. Phill., Voy., p.273. Fulica alba, White, Voy., p. 238,
() P. indicus , Horsf., Trans., XIII, 194.
(3) Gallinula, Briss. Hydrogallina , Lacép.
(4) G. nœvia, Gm.
DES OISEAUX
tête. Le type du groupe est le râle d’eau, figuré dans les enluminures, pl. 749. Buffon a connu plusieurs râles, bien que ce genre se soit aujourd’hui assez notablement accru ; mais la plupart des espèces ne sont point accompagnées de bonnes figures, et leurs descriptions laissent beaucoup à désirer.
Les râles les plus nouveaux sont:
4° Le râle gallinule (1), du Brésil, a les joues, le front, le devant du cou et le thorax gris cendré ; le dessus du cou, du corps, d’un roux ferrugineux brunâtre. Le ventre est roux briqueté ; le bec est vert à la pointe; les tarses sont rouges. 2° Le réle à gorge blanche (?) a été rapporté du Cap par M. Delalande, et de l’île de France par M. Matthieu. C’est un oiseau dont la gorge et le devant du cou sont d’un blanc pur, tandis que la tête, le cou et le corps sont marron. 5° Le râle à lignes blanches (3) vit dans les îles Philippines. Il a le dessus du corps vertolivâtre; le front, les joues, la gorge, d’un noir intense; un trait blanc traverse la joue et passe sur l’oreille. Le bas du cou est entouré par un collier jaune ocreux , tandis que le devant du cou et le ventre sont noirs, avec des rayures blanches. Cet oiseau est dû aux persévérantes recherches de M. Dussumier. 4° Le râle géant (4), que M. Charles Bonaparte a fait connoitre, habite Longbranch, dans le Nouveau-Jersey. Sa taille est de deux pieds un pouce, et le bec n’a pas moins de cinq pouces de longueur. Son plumage est brun verdâtre, flammé de blanc. 5° Le chiricote (5) a quatorze pouces de longueur, un bec qui le rapproche par la forme de celui du crex. Ce bec, jaune à sa base, est d’un vert pâle dans le reste de son étendue. La tête et le cou sont bleu de plomb; le dos, les ailes, d’un-brun olivâtre, les rémiges rousses ; les tectrices inférieures des ailes sont d’un roux rayé de noir ; la poitrine et le ventre sont d’un roussâtre pâle; le croupion, la région anale, la queue et les plumes tibiales sont noires. Cet oiseau est très répandu au Paraguay, où on le nomme chiricote, par analogie avec son cri. Il se tient dans les bois, et vole assez volontiers pendant la nuit, plus rarement pendant le jour, et perche sur les arbres petits et peu feuillés. 6° Le mélanure (5) a été regardé par
(") Gallinula gigas, Spix, Braz., pl. 99.
() Rallus quiaris, Cuvy., Gal. de Paris.
(} R. lineatus, Cuv., Gal. de Paris.
(s) R. giganteus, Ch. Bonap., Journ. of ac. of sc.; 1823, n°1, p. 28, Pull., X, 400 ; fusco virens pennis medio longitudinaliter albis; uropygio, remigibus rectricibusque immaculatis; remigä primä falciformi.
(5\ R. chiricote, Vieill.; capite colloque plumbeis; dorso alisque brunneo olivaceis ; remigibus rufescentibus ; tectricibus alarum inferioribus rufis nigro fasciatis ; pectore abdomineque pallidi rufis ; uropygio , crisso, caudû femoralibusque nigris, Ch.Bonap., Bull. XII, 241 ; ac. Phil., t. V, p. 137.
(6) R. melanurus, Ch. Bonap.; ac. de Philad, £. V,
Vieillot comme étant le jeune âge du räle chiricote. M. Charles Bonaparte l’en a séparé comme espèce
- distincte après un minutieux examen : il a du précé-
dent la taille et le port, mais il a un bec plus étroit, les tiges des plumes plus rousses, et les grandes couvertures tirent au brun olivâtre. 7° L’akool (1) a été rencontré par le colonel Sykes dans les parties marécageuses du pays des Mabrattes, sur le continent de l’Inde. Sa taille est de huit à neuf pouces anglois. Le dessus du corps et les flancs sont brun olivâtre, mais les ailes et la queue sont brunes; la gorge, le thorax, le ventre et le croupion sont brun cendré ; les couvertures des ailes et celles de la queue sont d’un brun foncé. Le menton seul a du blanc. Le bec est vert noirâtre; les pieds sont colorés en brunâtre, teinté de couleur de chair. Les deux sexes ne diffèrent point.
Les CREX (?) n’ont qu’une espèce, le râle de genêt, figuré enl. 750.
LES MARROUETTES.
Porzana. VIEILL.
Sont des râles dont le bec est plus court que Ia tête, très comprimé, très mince et assez épais, ou élevé à sa base; ses doigts sont libres. Leurs formes, leurs habitudes, ne les distinguent point des râles ordinaires, et les marouettes sont répandues dans toutes les parties du monde.
Les espèces nouvelles sont nombreuses, mais mal caractérisées pour la plupart ($).
i° Le Baillon (*) a été découvert en Picardie par le naturaliste dont il porte le nom. Cette espèce niche dans les marais, et pond quatre ou cinq œufs roussâtres, tachés irrégulièrement de plus sombre. Le milieu du vertex et l’occiput sont noirs et roux, le dessus du corps est d’un roux brunâtre, avec des taches oblongues noires, entourées de blanc; le dessous du corps est de couleur de plomb, tandis que le ventre et les flancs sont rayés en travers de lignes blanches; le bec est vert, et les pieds sont vert jaunâtre. La femelle ressemble au mâle. 2° Le rallomarrouct (5), ainsi nommé par La Peyrouse, parce qu'il tient de la marrouette et du râle d’eau, a été
p. 439. Bull., XIII, 281 ; fusco ardosiaceus; collo suprà brunneo ; dorso alisque brunneo olivaceis ; remigibus rufescentibus ; tectricibus alarum inferioribus rufis, nigro fasciatis ; uropygio, crisso caudäâque nigris.
() Rallus akoot, Sykes ; Proc., II, 164.
(2) Crex, Bechst. Ortygometra, Slephens.
(3) Buffon a décrit de ce groupe les rallus porzana, Briss.; enl. 71. R. jamaicensis, L. R. kiollo et R. cazennensis.
(4) Rallus Baïlloniü, Vieill., Dict., XXVIIF, 548.
(5) R. Peyrousei, Vieill., Enc., p. 1063, n 45,
observé dans les Pyrénées. Il a la gorge, les joues, la poitrine et le ventre gris bleuâtre. Le dessous du corps est brun, mélangé d’olivâtre ; les couvertures inférieures de la queue sont brunes, tachetées de blanc ; le bec est jaune verdâtre, et les pieds sont de la même couleur. 5° Le brunoir (1), ou l’ypacaha pardo obscuro de d’Azara, vit au Paraguay. Il a le dessus du corps bran noirâtre, la gorge blanchâtre ; une bande sous l'œil; les oreilles, les côtés du cou et de la poitrine roux. Le milieu de la poitrine, le ventre et les flancs sont noirâtres, rayés en travers de blanc; les pieds sont blanchâtres. 4° Le largebande () a un roux marron très vif répandu sur la tête, le cou et la poitrine; les ailes, le dos et la queue sont d’un brun olivâtre; toutes les petites et moyennes couvertures alaires marquées de bandes blanches sur un fond brun ; les pennes noires, rayées de nombreuses bandes d’un blane pur ; le ventre, les flancs, les cuisses, l’abdomen et les couvertures du dessous de la queue rayés de larges bandes d’un noir et d’un blanc parfait; les pieds d’un rouge de laque, et le bec d’un brun verdätre. Sept pouces forment la longueur totale. On trouve cet oiseau sur les bords des lacs et des rivières dans l’île de Java. 5° Le rubigineux (5) a le sommet de la tête, les joues, les côtés du cou, la poitrine et le ventre d’un marron rougeàtre; toute la gorge d’un blanc pur; la nuque, le dos, les couvertures des ailes et la queue d’un vert cendré, à légers reflets dans l’adulte, et terne chez les jeunes; le poignet de l’aile est marbré de blanc et de verdâtre; le reste de l’aile est d’un cendré terne ; toute la région abdominale est rayée transversalement de fines bandes blanches sur un fond cendré verdâtre; le bec est d’un vert sombre, et les pieds sont d'un jaune vif. Longueur totale, six pouces. On a rencontré cette espèce dans les roseaux des bords des rivières et dans quelques marais; elle paroit assez commune à Java. 6° La marrouelte blanche et rousse (?), ou l’ypecaha pardo , acaneledo y blanco de d’Azara, habite le Paraguay. Elle a la tête et le cou d’un roux vif, le dessus du corps châtain, et le dessous blanc ; mais les flancs sont rayés de noir en travers ; les ailes et la queue sont brunes. Le bec est noirâtre en dessus, vert en dessous ; les pieds sont rouges, de même que les yeux, qui ont l'éclat du rubis. 7° La marouetlte brune olivätre (5) vit en Afrique. Le corps est brun olivâtre en dessus, mais la gorge est blanche, et la poitrine est couleur de plomb. Le ventre et les flancs sont d’un gris brun, rayés en travers de blanc et de roux ; le bec et les pieds sont
(‘) R. melanophaïus, Vieill., Enc., 1064, n° 16. e) Gallinula eurizona, Temm., pl. 417.
(3) G. rubiginosa , Temm., pl. 357.
(&) R leucopyrrhus, Vieill., Enc., n° 18 , 1063. (5) R. fuscescens, Vieill., Enc., 1065 , esp, 19.
HISTOIRE NATURELLE
bruns. 8° Le râle brun rayé de noir (1) est indiqué aux îles Sandwich. Il est brun, rayé de noir, avec un plumage brun ferrugineux en dessous; le bec est noir, et les pieds sont d’un rouge brun. 9° Le rdle cendré à queue noire (?) se trouve dans l’île d'O- Taïti, Ilest cendré, avec du brun rouge sur le corps; sa gorge est blanche, et le bord externe des rémiges est de cette couleur ; la queue et le bec sont noirs; les pieds sont jaunes. Sa taille est de six pouces. 10° Le râle à poitrine grise (3), que l’on dit prove-
nir de l'Océanie, est cendré pur sur la tête, le cou
et la poitrine. La gorge est blanche, le dos est noir; des mèches noires existent sur le sommet de la tête. Sa taille est de six pouces. 14° Le râle brun à cou bleu (4) se trouve au cap de Bonne-Espérance. Il est châtain, avec du bleuâtre en dessous. Les couvertures inférieures de la queue sont blanches, avec des rayures noires transversales. Le bec et les pieds sont rouges. 12° Le râle à face noire (5), ou l’ypecaha cara negra de d’Azara, se trouve au Paraguay. Il a le front noir, la tête, la gorge et le devant du cou couleur de plomb; le dos et le croupion bruns; la poitrine et le ventre d’un blanc roussâtre ; le bec vert clair, et les pieds brun verdâtre. Ses habitudes sont inconnues. 13° Le râle à gorge et à poitrine rougeûtres ($) est obscur sur le corps, cendré en dessous, avec le cou et le thorax ferrugineux; le bec est pâle, mais les pieds sont jaunes. 14" Le räle gris 1) se trouve à Cayenne, et semble être une modification de plumage du petit râle de Cayenne de Buffon. La tête et le cou sont gris; le dessus du corps et les ailes sont bruns; le ventre et les flancs sont rayés de noir et de blanc; le bec est brun; les pieds sont gris. 45° Le râle jaspé (5), ou l’ypecaha jaspendo encima de d’Azara, a la partie antérieure de la tête, le devant du cou, la poitrine et le ventre d’un roux vif, le dessus du cou et du corps brun varié de noirâtre et de blanc; la queue est brune; le bec, noir en dessus, est vert jaunâtre en dessous; les pieds sont rouges. 46° Le noir (?) vit au Sénégal. El est entièrement neir, avec le bec jaune à sa base, brun à sa pointe , et les pieds rouges. 17° Le râle noir à paupières el iris rouges (1) se trouve aux îles des
(:) R. obscurus, Lath., Ind., n° 16.
(2) R. taïtensis, Lath., n° 15.
(5) R. pectoralis, Temm., texte des pl. col.
(4) R. cœrulescens, Lath., Ind., no 9.
(5) R. melanops, Vieill., Enc., 1065, esp. 23. Azara, Apunt., II, n° 373.
(6) R. ferrugineus . Lath., Ind., no 7.
(1) R. cinereus, Vieill., Enc., 1066 , no 25. R. exilis, Temm., pl. 523.
(8) R. maculosus, Vieill., Enc., 1066, esp. 26. Azara, Apunt., no 378.
(°) R.niger, Lath., esp.13. Vieill., Enc., 1067, esp.28.
(ro) R. tabuensis, Lath., Ind. no 12. -
DES OISEAUX
Amis et à Tanna. Il a le plumage noir, à teinte plus claire en dessous ; les paupières et l'iris rouges. 48° Le râle noir pointillé de blanc (1) a été observé aux iles de la Société. Son plumage noir est relevé de points blancs ; les ailes sont rayées en travers de blanc ; le dessous du corps est blanchâtre ; la tête est brune, et la poitrine d’un gris bleuâtre ; le bec est rouge vif, et les pieds sont incarnats. 19° Le râle noirätre (?), ou l’ypecaha obscuro de d’Azara. Il est brun verdâtre en dessus, avec le dessous du corps noirâtre, nuancé de bleuâtre , de même que le front, les côtés de la tête et du cou; le bec est vert, et les pieds sont rouges. 20° Le rdle de la Nouvelle-Zélande (>) est brun ferrugineux, avec les ailes et la queue d’un brun foncé ; les plumes rayées de noir en travers ; le bec et les pieds brun rougeûtre. Cette espèce offre une première variété dans l’ile de Howe, et une seconde à la Nouvelle-Hollande. 21° Le rüle
plombé à gorge blanche (f), que d’Azara a fait con- noître sous le nom d’ypecaha aplomado y pardo, se trouve au Paraguay. Il est, ainsi que l’indique son nom, de couleur plombée, mais blanc à la gorge. 22° Le râle rayé à bec et à pieds rouges (5) repose sur une assez mauvaise figure de Brown. Cet auteur le dit de Ceylan, et décrit son plumage comme étant d’un brun obseur en dessus, avec le dessous du dos et la queue couleur de rouille, le ventre rouge clair, nuancé de brun. 25° Le râle rougeätre (6), également de Ceylan, est assez mal figuré par Brown. Il a le cou et la poitrine couleur de rouille, les couvertures des ailes brunes, le ventre blanc, avec des bandes noires; sa queue est courte et brune. 24° Le râle rougeûtre à bec et pieds cendrés (7) a été rencontré aux îles Sandwich. Son plumage est ferrugineux pâle; les couvertures supérieures de la queue sont plus longues que les rectrices ; le bec et les pieds sont cendrés. 25° Le râle roux (5) se trouve en Afrique. Il a la tête et le cou roux, le corps brun noir, rayé longitudinalement en dessous, rayé et tacheté de blanc en dessus. La femelle a la gorge blanche. 26° Le rufalbin (?), que l’on dit être de Java, à la gorge, le devant du cou, la poitrine et le ventre blancs dans le milieu, roux sur les côtés, avec le ventre et les flancs noirs, rayés de blanc en travers; le dessus du corps est brun roussâtre. 27° Le râle à sourcils
{ R. pacificus, Lath., esp. 15.
(2; R. nigricans, Vieill., Encycl.,1067.Azara,Apunt., no 376. Bull., VI, 412.
(3) R. australis, Sparm., Carls., pl. 14. Enc., pl. 63, fig. 2.
(4, R. albicollis, Vieill., Enc., 1068, esp. 35,
(5) R. capensis, Brown, pl. 38. Enc., pl. 63, fig. 3.
(6) R. zeylonicus, Vieill., Encycl., 1069, pl. 63, fig. 4. Brown, pl. 37.
(7) R. sandwichensis, Lath., Ind., esp. 14.
(8) R. rufus, Vieill., Enc., 1070 , esp. 40.
(9) R, rufescens, Vieill., Encycl., 1070 , no 41,
blancs (1), ou l’ypecahu ceja blanca de d’Azara, vit au Paraguay. Il à trois bandelettes, l’une blanche, et les deux autres noires, sur les côtés de la tête. Le devant du cou est roux jaunâtre, et le dessous du corps est blanc; mais le dessus est tacheté de blanc et de noirâtre. Les flancs sont rayés en travers de blanc et de noir; les tarses sont jaunes, et le bec est brun. 28° Le râle varié à gorge rousse (2) se trouve dans le nord de l’Amérique. H a le ventre et la nuque olivätres, tachetés de blanc; la gorge rousse, la poitrine d’un blanc sale, et les pieds bruns, 29° Le widgeon (°) a été décrit par Buffon sous le nom de râle de la Virginie, et par Brisson sous celui de poulesultane de la baie d'Hudson. C’est une espèce qui est répandue depuis la baie d'Hudson jusqu’à la Louisiane. Les natureis lui donnent le nom de panpaka palesseu, tandis que les Américains l’appellent +idgeon, pour rappeler son peu de défiance, Catesby cite le nom de corse, 50° L’ypecaha (‘), ainsi nommé, comme tous les râles en général, par les Guaranis, a la tête de couleur plomb, le dessus du corps brun verdâtre; la gorge blanche, le devant du cou et le haut de la poitrine plombés. Les créoles espagnols lui donnent le nom de poulette.
LES JACANAS.
Parra. L.
Ces oiseaux, singuliers par la longueur démesurée de leurs ongles, et surtout de celui du pouce, qui sont acérés et pointus, sont répandus dans toute la zone torride. Buffon n’a bien connu que le jacana commun (parra jacana, L.), très commun dans les marais du Brésil, où il marche sur les longues herbes en s’accrochant à leurs tiges. On en trouve les figures enl. 522 et 846. Le nom de jacana, ou mieux de jahana, sert au Brésil à désigner les poules d’eau, tandis qu’au Paraguay on les nomme aquapuazos , ou oiseaux qui marchent sur les aquapes, sortes d'herbes aquatiques. Le nom de chirurgiens leur vient de la coupe en lancette ou en lame de bistouri de l’ongle du pouce.
Les jacanas noir, peca, varié et vert de Buffon, ne sont que des modifications diverses du jacana commun.
Les jacanas ont des mœurs farouches, et ne quittent guère les marais et les bords des ruisseaux et des étangs. Ils se nourrissent d'insectes aquatiques
(1) R. superciliaris, Vieill., Encyel., 1070 , esp. 42.
) R. ruficollis, Penn., Arct, zool., no #10. Gallinula noveboracensis, Lath., Ind., no 16.
(3; R. stolidus, Lath.
() R. ypecaha, Vieill., Encycl., 1071 , esp. 45. Azara, Apunt., no 367.
et de petits mollusques. Îls se servent avec beaucoup d'adresse de leurs longs doigts pour courir en quelque sorte sur la surface des eaux, en s'appuyant à peine sur les feuilles flottantes des plantes aquatiques. Ils construisent leurs nids au milieu des roseaux, et souvent il leur arrive de pondre sur de larges feuilles, presque sans apprêts, des œufs qu'ils ne couvent guère que la nuit. Les espèces, armées d'éperons, s’en servent pour se battre entre elles ou pour se défendre des attaques des oiseaux de proie.
Les espèces nouvelles sont les suivantes :
40 Le jacana bronzé (") a été rapporté du Bengale par M. Dussumier, et se trouve à Java, où l’a rencontré le voyageur Horsfield. Son plumage est vert doré, avec des reflets bronzés ; la tête et le cou sont noirs, et un sourcil blanc surmonte chaque œil; le dos et les ailes sont d’un gris vermiculé, mais les rémiges sont noires ; le croupion et la queue sont d’un ferrugineux à reflets violets brillants. Les Javanois nomment cet oiseau pichisan.
2° Le jacana à crètes ?) diffère des espèces connues par le nombre des appendices membraneux dont la base du bec et le front sont ornés; trois petites crêtes réunies par la base sont placées à la file sur l’arêle de la mandibule supérieure ; celle postérieure, la plus grande et la plus développée des trois
appendices, vient s’unir à une large plaque détachée .
qui couvre le front. Ces caroncules, la peau des fosses nasales et les deux tiers des mandibules sont d’une belle teinte souci ; la pointe des mandibules est noire. Le sommet de la tête, une large bande qui suit la direction de la nuque, les côtés et le devant de la région thoracique, ainsi qu’une partie du ventre, sont d’un pourpre noirâtre. Le dos et les ailes sont d’un brun olivâtre, à reflets bronzés; les joues , les côtés et le devant du cou sont d’une teinte rosée; le bas-ventre, les cuisses, l'abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont d’un blanc jaunûtre ; les pieds et les doigts ont une teinte vert bleuâtre clair.
La taille de cette nouvelle espèce, découverte par M. Reinward dans ses excursions aux Moluques, est un peu plus forte que celle du jacana du Brésil : les proportions sont absolument les mêmes. On la trouve aux Célèbes. Les deux individus du musée des Pays-Bas ont été tués dans le district de Menado ; l'espèce est aussi de passage à Amboine.
5° Le jacana à nuque blanche 3), découvert à Madagascar par M. Goudot, a été décrit par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dans ses Etudes zoologi-
(*) Parra œncea, Cuv. P. melanochloris, Vieill., Gal., pl. 264. P. superciliosa, Horsf., Res. in Java, avec planche ,et Trans., XIII, 194.
(2) P. gallinacea, Temm., pl. 464.
() P. albinucha, Ysid. Geoff., Mag. de zool., . IE, pl.6, 1832, et études, 2e cahier, pl.6.
HISTOIRE NATURELLE
ques. Par la coloration de son plumage, il ressemble aux autres jacanas, mais ses couleurs sont distribuées non seulement d'une manière différente de celle que nous observons dans les autres espèces, mais même en sens précisément inverse. Ainsi, plusieurs jacanas ont la gorge blanche et le derrière du cou noir. Cette nouvelle espèce a au contraire le cou complétement noir en avant et parfaitement blanc par derrière, disposition de couleur qui offre un excellent caractère spécifique. Du reste, le corps est tont entier roux marron, et les ailes sont d’un noir profond. La queue, très courte comme à l'ordinaire, est irrégulièrement variée de roux et de noir, et ses couvertures supérieures sont en grande partie blanches. Enfin, on remarque au bas du cou quelques plumes d’un jaune doré qui, existant également en avant et latéralement, sont disposées en demi-cercle, ou, si l’on veut, forment un demi-collier très peu apparent.
Quant aux proportions et aux formes du jacana : à nuque blanche, il suflira de dire qu’elles sont les mêmes que dans les autres espèces. Ses dimensions sont les suivantes :
n'p'ia)ts Unie ln ta el ls
Hauteur totale. . . . 40 pouc.
Longueur de l'aile... 4.416, 4.116 6 — du targets JOLI ONE, ENS 8 — de la partie nue de la jambe. 1 6 - AUDE CE ler ae le eee sel 2
A cette description on doit ajouter qu’il n’existe aucune trace de crête membraneuse ni sur le bec ni sur le front, mais que la nudité de la tête est fort étendue, et couvre presque toute la face supérieure du crâne. Enfin l’éperon alaire n’est représenté, comme dans la plupart des espèces, que par une petite tubérosité asseuse que revêt un petit ongle.
4° Le jacana à longue queue ou yuppi-pi (1), que n’a point connu Buffon , est sans contredit l’espèce la plus remarquable du genre, car elle possède deux pennes intermédiaires de la queue, longues et recourbées, comme celles des veuves. Les Indiens paroissent nommer cet oiseau yuppi pi et sohna. Une coiffe blanche, lisérée de noir, couvre le front, la tête et le devant du cou. L’occiput est noir et le derrière du cou jaune marron. Une bande d’un brun doré sépare le cou du dos, qui est brun rougeâtre. Un pourpre foncé règne sur tout le dessous du corps. Les ailes portent une plaque blanche, et les rémiges sont bordées de cette dernière couleur. Sa taille est de vingt pouces. Les deux longues pennes de la queue ont une tache blanche à leur extrémité. Le jeune âge a la tête brun foncé, et une bande blanche
(1) Parra sinensis , L. P. luzionensis , Lath., pl. 108. Sonnerat, Nouv.-Guin., pl. 45. Enc, pl. 61, fig. 2. P. sinensis, Vieill., Encycel., 1056. Gal., pl. 265,
DES OISEAUX
qui descend le long du cou. On en connoit une variété atteinte d’albinisme. Ce beau jacana se trouve au Bengale, mais surtout aux iles Philippines.
LES GIAROLES (!).
OU GLARÉOLES.
Ont long-temps été un écucil pour les naturalistes nomenclateurs, qui les ont placées tantôt avec les hirondelles, ainsi que l’a fait Linné, tantôt à côté des secrétaires et des kamiches, comme l’a prétendu Vieillot; avec les foulques, par Cuvier; entre le çariama et kamichi, par Temminek. Les giaroles, ou perdrix de mer, joignent à un bec de pluvier, rétréci à la base seulement, et convexe dans le reste de son étendue, des ailes longues et pointues. Ce sont des oiseaux qui fréquentent les marécages, le bord des lacs. Leur vol est rapide ; leur nourriture consiste en insectes et en vers.
Buffon n’en a connu qu’une espèce, la gariole à collier (), qui est répandue en Europe, en Asie et en Afrique, figurée enl. 882. Le jeune âce a été Iongtemps regardé comme une espèce distincte.
Les trois espèces suivantes sont nouvelles. Ce sont :
La giarole orientale (3), qui habite l’ile de Java. Son plumage est brun cendré, avec le ventre et la queue blancs, mais cette dernière terminée de noir. La gorge est jaunâtre, irrégulièrement encadrée de noir. La femelle a cette partie blanchâtre, et le ventre blanc sale, tandis que le mâle l’a roux.
L’isabelle () provient de la Nouvelle-Hollande. Son plumage est d’un roux jaunàtre, mais le croupion et la queue sont blanc neigeux ; une large bande noire traverse cette dernière partie. La gorge est d’un jaunâtre assez clair. Une bande marron traverse le ventre. Le bec est jaune clair à sa base et noir à la pointe. Cette espèce a la queue égale et les ailes très longues.
La giarole lactée (5) vit aux Endes, sur les bords du Gange. Sa taille est de cinq pouces neuf lignes.
Cet oiseau a Ja queue très peu fourchue, blanche, marquée sur la penne extérieure seulement d’une
(:) Glareola, Briss. Leach, Trans., XIII, p. 1431 avec planches. Bull., I, 297.
(2) G. torquata, Meyer. Temm., Man. {. Il, p. 500. G. pratincola, Leach., Trans., XL, pl. 12, fig. 1 et 2. G. austriaca , nœvia et senegalensis, Gm.
(3)G.orientalis, Leach, Trans., XII, pl. 12, fig. 1 et 2.
(4) G. isabellina, Vieill., An. ornith., et Gal, pl. 263. G.grallaria, Temm., Man., t. Il, p. 505. O. australis, Leach, Trâns., X{il, p. 132, pl. 14, fig. 4 et 2.
(5) G. lactea, Temm., Man., t. I, p. 503, et pl, col, 399.
JT,
petite tache noire, tandis que les autres, noirâtre au bout, sont terminées de blanc. Le dessous du corps, les ailes, le cou et la poitrine sont d’un cendré blanchâtre très pur; la gorge, le ventre et les couvertures de la queue sont d’un blanc neigeux ; les ailes sont d’un noir profond. La femelle ne diffère pas du mâle.