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LE VANNEAU HUPPÉ

Vanellus cristatus (1).

Le vanneau est un des oiseaux les plus remarquables de nos contrées, et par son plumage et par la huppe élégante qui part de l’occiput et retombe avec grâce sur le dos en se relevant vers son extrémité. Cette huppe est composée de plumes très longues, effilées, d’un noir brillant à reflets, ainsi que la tête, le devant du cou jusqu’à la poitrine ; les parties supérieures du corps sont d’un vert de cuivre chatoyant avec quelques reflets de fer spéculaire ; les côtés du cou, la région abdominale, et la base de la queue, sont d’un blanc pur; les couvertures inférieures sont teintées de couleur de buffle; l’extrémité des rectrices, moins les deux externes, est marquée d’une grande tache noire; le bec est noirâtre, et les pieds sont d’un rouge brun : la femelle a les teintes noires de la gorge et de la poitrine moins foncées.

Le plumage du vanneau varie parfois d'un blane pur au blanc jaunâtre. Celui du jeune âge est remarquable parce que la huppe est moins longue, parce que le dessous des yeux est noirâtre, parce qu’enfin la gorge est variée de blanc et de brun cendré, et que les plumes dorsales sont terminées de jaune ocreux : les teintes du plumage de noces sont les mêmes que celles de la livrée de l'adulte, mais elles sont seulement plus vives et plus nettement décidées. La longueur totale du corps est d’environ douze pouces.

Le nom de vanneau a été donné à cet oiseau, sans doute, dit Buffon, par rapport au bruit que font ses

() Meyer, Temm., t. Il, p. 550: tringa vanellus, Gmel.: le vanneau, Buffon .enl, 242.

DES OISEAUX

ailes en volant, bruit qui imite assez bien celui que fait un van qu’on agite pour purger le blé. Les Anglois, par la même analogie, lui ont appliqué le nom de lapwing. Les Grecs appeloient cet oiseau aex et aega, par rapport à son cri. Mais ils le nommoient aussi raûs dypws OU paon sauvage; nom que les Italiens ont conservé, car ils le connoissent encore aujourd’hui sous le nom de petit paon, paonzello ou pavonzino.

Dans plusieurs provinces de France on donne au vanneau, par analogie avec son cri, les noms de dix-huit, de pivite , ou kivite. Cependant dans nos provinces de l'Ouest il est plus habituellement appelé vand.

Le vanneau, en s’élançant de dessus terre et prenant son vol, pousse un petit cri sec dont les syl- Jabes dix-huit rendent assez bien le son. Son vol est puissant et de longue haleine, et permet à l’oiseau de s'élever à de grandes hauteurs. Lorsqu'il parcourt les prairies , il est dans l'habitude de voleter ou de s'élever d’un endroit à un autre par petits sauts. « Cet oiseau est fort gai, dit Buffon ; il est sans cesse en mouvement, folâtre, et se joue de mille facons en l'air ; il s’y tient par instant dans toutes les situations, même le ventre en haut ou sur le côté, et les ailes dirigées perpendiculairement, et aucun oiseau ré caracole et ne voltige plus lestement. »

Les vanneaux arrivent en France, par grandes troupes qui s’abattent dans les prairies, au commencement de mars ou dès la fin de février. Leur nourriture consiste principalement en lombrics terrestres, communs à cette époque, qu’ils savent tirer de terre avec la plus grande adresse. Lorsqu'ils sont repus, on les voit aller dans les fossés ou dans les mares laver leur bec rempli de terre. Leurs mœurs sont très farouches, et ces oiseaux, toujours sur le qui vive, partent au moindre bruit qu’ils entesdent dans leur voisinage lorsqu'ils en ignorent la source, ou fuient à l’aspect de l’homme, même éloigné d’eux. Les mâles se disputent la possession des femelles avec acharnement. Celles-ci, fécondées, pondent en avril trois ou quatre œufs oblongs, d’un vert sombre et tachetés de noir, qu’elles déposent sur de petites mottes élevées au-dessus des marécages qu’elles choisissent ordinairement. Ce nid est à découvert, et seulement l’oiseau est dans l’habitude de couper les herbes et d’en former un petit espace arrondi de la dimension qu’il veut lui donner. Les vanneaux couvent leurs œufs l’espace de vingt jours. Les jeunes à peine éclos courent dans l’herbe ; lorsqu'ils sont plus forts, les troupes de vanneaux éparpillés dans les marais par familles isolées se réunissent pour former des bandes de cinq à six cents individus qui président à leur départ vers la fin du mois d'octobre. C’est à cette époque que ces oiseaux sont très gras, parce que leur nourriture est plus abon-

dante et peut être obtenue plus aisément. D’après Olina, il paroitroit que le vanneau reste tout l'hiver en Italie.

La chair du vanneau est estimée, bien qu'elle soit généralement maigre et sèche. Quelques personnes sont parvenues à l’élever en domesticité en le nourrissant avec du cœur de bœuf coupé en filaments, Ses œufs ont, dit-on, une saveur délicieuse.

Le vanneau ne se nourrit pas seulement de vers, il recherche les araignées, les chenilles, les petits limaçons et les insectes de toute sorte, de manière qu'il rend de véritables services à l’agriculture en purgeant le sol d’une foule de petits animaux nuisibles.

Les vanneaux étrangers, sans être nombreux, offrent cépendant plusieurs espèces intéressantes ré-

pandues sur les points les plus divers du globe ; ce sont les suivantes :

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