LE VANNEAU PLUVIER
Vanellus melanogaster (1).
Le vanneau-pluvier à été décrit sous trois noms par Gmelin, et figuré trois fois dans les planches enluminées de Buffon, suivant les divers états qu’affecte sa livrée, qui varie dans les divers âges de l’oiseau.
L’adulte en plumage d’hiver a le front, la gorge, le milieu du ventre, les cuisses, le bas-ventre, et les couvertures supérieures de la queue, d’un blanc pur; les sourcils, la partie antérieure du cou, les côtés de la poitrine et les flancs sont d’un blanc taché de cendré et de brun; les parties supérieures sont noirâtres, tachées de jaune verdâtre, mais toutes les plumes sont terminées de cendré et de blanchâtre; les couvertures inférieures de la queue sont marquées sur les barbes extérieures de petites bandes diagonales brunes; la queue est blanche, terminée de roussâtre, rayée de brun ; le bec est noir, l'iris brun , et les pieds cendrés. Sa longueur totale est de dix pouces.
Les jeunes avant la mue ressemblent plus ou moins aux vieux et aux jeunes en hiver, suivant M. Temminck ; ils en diffèrent parce que le front, les sourcils, les côtés de la poitrine et les flancs sont variés de taches plus ou moins grandes, mais plus pâles. La couleur des parties supérieures est d’une seule nuance de gris clair, varié de blanchâtre, et les raies transversales de la queue sont grises. Dans cet état c’est le tringa varia de Gmelin.
Le vanneau-pluvier à l’époque de l’union des sexes change de livrée pour revêtir son plumage de noces. Les modifications qu’il présente alors à cette époque de la vie sont d’avoir l’espace entre l'œil et le bec, la gorge, le devant du cou, le milieu de la poitrine, le ventre et les flancs, d’un noir profond : le front, ainsi qu’une large bande qui passe au-dessus des yeux, les parties latérales du cou, les côtés de la poitrine, les cuisses et le bas-ventre, sont d’un blanc pur; la nuque est variée de brun, de noir, et de blanc ; l’occiput, le dos et les couvertures sont d’un noir profond, chaque plume étant terminée par une tache blanche; des bandes noires traversent obliquement les couvertures inférieures de la queue ; les rectrices moyennes sont rayées de blanc et de noir.
Belon avoit figuré le vanneau squatarole sous le nom de pluvier gris, et Buffon lui appliqua le nom
{) Bechst. in Temm., Man., t. IL, p. 547: tringa squatarola varia et helvetica, Gmel. Vanneau gris, Buffon, enl. 854 (jeune), vanneau varié, Buffon , en]. 923 (adulte), et vanneau suisse , Bu fon, enl. 853 (plumage de noces).
de vanneau-pluvier pour peindre d’un seul trait les analogies qu’il a avec les espèces de ces deux genres. On pense que c’est de cet oïseau que parle Aristote sous le nom de pardalis, bien que l’auteur grec ait eu peut-être en vue le pluvier doré. Son nom de squatarola lui vient des Vénitiens.
Le vanneau squatarole habite toute l’Europe, une portion de l'Asie, et se retrouve dans une grande partie de l'Amérique septentrionale. Il habite les bords de la mer à l'embouchure des rivières et les bords fangeux des lacs salins. Il est de passage dans toute l’Europe tempérée; il se nourrit de vers de terre, de petits mollusques et d'insectes; il niche dans le nord, où la femelle pond quatre œufs d’un olive très clair, tachés de noir.
Les vanneaux proprement dits ont donc un pouce qui touche à peine à terre, et les quatrième et cinquième rémiges les plus longues. L'Europe n’en à qu’une espèce, qui est :