LES VRAIS CHEVALIERS
Ont un bec grêle, arrondi, pointu, ferme, dont le sillon des narines ne passe pas la moitié de la longueur, et dont la mandibule supérieure s’arque un peu vers le bout. Leurs jambes élevées donnent de la souplesse à leur allure, et les espèces sont difliciles à distinguer sans le secours de bonnes figures, tant les nuances de leur plumage ont d’analogie. Les chevaliers aiment se tenir sur les sables qui bordent les mers, ou sur les flaques d’eau qu'ils parcourent pour chercher leur pâture.
Les espèces que Buffon a confondues avec celles qu'il a décrites ou figurées, sont les suivantes :
4° Le chevalier aux longs pieds (*) se rencontre en Italie et en Afrique, jusqu’au Cap. Il a les jambes plus hautes et plus minces que la gambette, dont il a les formes. En été il a le dos brun, avec des taches noires irrégulières, le ventre blanc, et des mouchetures brunes sur le cou et sur la poitrine. En hiver il a son manteau gris uniforme, et le dessous du corps blanc. Sa queue est couverte de rayures irrégulières et parallèles. 2° Le bécasseau des bois (), ou sylvain, a été observé en Europe, dans l’Amérique du Nord, aux Indes orientales et occidentales. El a sept rayures noirâtres sur la queue, des taches pâles sur le dos plus larges que celles du cul-blane de rivière (enl. 845). En hiver les mouchetures du cou et de la poitrine s’effacent presque entièrement. 5° Le chevalier aux pieds courts ($) est répandu sur
{‘) Catoptrophorus, Ch. Bonap., Syn., 323.
(2) Totanus semi-palmatus, Temm. Wils., pl. 56, fig. 5. Encycl., pl. 71, fig. 1.
(3) Totanus , Cuy., de totano , mot vénitien appliqué à un chevalier ou à une barge.
(4) T. stagnatilis, Bechs. Bonelli. Temm., Man., II,
(5) Tringa glareola, Gm.Temm., Man. IL, 694.
(6) T. brevipes , Gal. de Paris,
DES OISEAUX
les côtes de la plupart des îles Moluques et Océaniennes. Nous l’avons observé à Oualan ; MM. Quoy et Gaimard l'ont rapporté des iles Mariannes ; Maugé l’avoit tué à Timor. Le mâle, en plumage d'été, a le corps rayé de noir et de blanc. Le jeune âge a le ventre blanc, et dans l’hiver le dos est brun gris, avec le dessous du corps blanc pur.
L'Amérique septentrionale possède des chevaliers bien distincts. Ainsi : 4° Le criard (1) est commun aux environs de New-York, et fréquente les Etats- Unis du centre d’avril à septembre. Son plumage gris brun est tacheté de noir et de blanc. 5° Le chevalier aux pieds jaunes (?) habite dans tout le nord de l’Asie septentrionale, et se retrouve aux Antilles et au Brésil. IL est brun cendré, tacheté de blanc et de noir; son bec est droit, noir; les pieds sont jaunes. 6° Le solitaire (?) a été rencontré à Porto-Rico, aux Antilles, aussi bien qu’aux Etats-Unis. Son plumage est blanc olive, tacheté de blanc. 7° La grive d’eau (*) s’est aussi propagée jusqu'aux Antilles, bien qu'elle préfère les terres arctiques. Son plumage est olivâtre, avec des taches brunes. Ses habitudes sont solitaires.
L'Inde a aussi un chevalier voisin du glottis (). El est gris brun sur le corps, avec des stries brunes sur la tête et le cou; le dos, les ailes, sont ondulés de traits et de raies brunes; le front est blanc de neige, ainsi que le dessous du corps; les deux rectrices moyennes sont grises, mais les latérales sont blanches : toutefois les quatre moyennes sont, sur deux bords, et les autres au côté externe, rayées de brun.
Les chevaliers à large queue de Cuvier, ou les bartramies , se reconnoissent à leur bec, à peine de la longueur de la tête, légèrement renflé au sommet, et à leur queue allongée et coupée carrément. La seule espèce (6) est un oiseau assez répandu aux Antilles, au Brésil et aux Etats-Unis. Il se présente accidentellement dans le nord de l'Europe. M. Charles Bonaparte le dit fort commun en été dans le Nouveau-Jersey.
(:) T. melanoleucus, Vieill. Scolopazx vocivera, Wils., pl. 57, fig. 5. \
(2) T. flavipes, Vieill. Scol. flavipes, Wils., pl. 58, fig. 4.
(3) C. chloropygius, Vieill. T. solitaria, Wils.,pl.58, fig. 3.
(4) T. macularius, Temm., Man., Il, 656. T. macularia, Wils., pl. 56, fig. 1.
(5) Totanus glottoides, Vig., Proc., I, 173.
(6) Tringa bartramia, Wils., pl. 59, fig. 2.