LES VRAIS HÉRONS
Ont l’occiput couvert de plumes eflilées, étroites et longues, disposées en huppe retombante. Les plumes du bas du cou sont également eflilées et pointues. Les plumes du bas du dos sont étroites et capillacées. Le groupe des agamies a des jambes grèles , celui des vrais hérons les a assez robustes.
4° Le héron de Sumatra (?, porte sur la tête une large huppe. Son cou est très long et très grêle, et terminé par un bec très prononcé. Il est gris bleuätre, varié de ferrugineux, et son dos est blanc.
2% Le héron mélanolophe (3) se trouve, comme Je précédent, à Sumatra. Il a le cou plus court, le plumage marron, taché de noir. La queue et la huppe noires, le bec court. Le ventre tacheté de.blanc, de brun et de noir. Sa taille mesure dix-huit pouces anglois.
5° Le héron à gorge blanche () a été rencontré
propendentibus ; occipite e cristalo; rostro croceo, pedibus atris.
() A. Pealii, Ch. Bonap., Syn., esp. 228, Bull., XII,
(, A. sumatrana, sir Raffles, Cat., Trans., XII.
(3: À. melanolopha, sir Raffles , 4bid.
(4) À. jugularis , Forster. À. gularis, Bosc., Mém. de Ja Soc. d’hist, nat., t. 1, pl. 2. À. albicollis, Vieill., Gal,,
pl. 253.
HISTOIRE NATURELLE
aux îles Mariannes par MM. Quoy et Gaimard, et au Sénégal par M. Geoffroy de Villeneuve, s’il faut s’en rapporter à une étiquetie du Muséum. Ce héron a le plumage d’un bleu noir assez uniforme, excepté le devant du cou, qui est d’un blanc pur. On doit le distinguer du héron bleu, décrit par Buffon et figuré par Wilson (1); et aussi, 4 du héron ardoisé de Cayenne (?), qui est d’un bleu ardoisé uniforme, le cou excepté, qui présente des plumes blanches.
5° Le héron garde-bœuf (3) habite l'Égypte, où les Arabes le nomment abou-ghanam, le père aux troupeaux, que les Européens établis en Égypte ont traduit par héron garde-bœuf. M. Labillardière l’a rapporté de l’ile de Java. Il se nourrit de petits poissons, de grenouilles, de vers, d'insectes aquatiques et de coquillages, et se trouve répandu dans toute l'Afrique, car il n’est pas rare au Sénégal. Le mâle et la femelle sont, en plumage d’hiver, d’un blanc pur. Dans leur livrée de printemps ils ont le dessous de la tête et du cou d’un roux foncé; le bas du cou et le haut du dos d’un roux clair. Les plumes de ces parties présentent des baguettes foibles et très allongées. Les barbes en sont longues, déliées , légères et très flexibles. Le reste du plumage est d'un blanc pur. Le bec et les pieds sont jaune orangé.
Le héron blanc, que Buffon a figuré au n° 886 des enluminures, a été ccnfondu avec quelques espèces très voisines, distinguées dans ces derniers temps par M.Cuvier. Ainsi il nomme héron de Lesueur ou de Timor (4) une espèce à plumage blanc, à bec couleur de corne, ayant les tarses grêles et noirs , les fosses nasales très courtes. Il à été rapporté de Timor par Lesueur. Le héron blanc de neige (5) a le bec jaune, les tarses noirs et minces. On le trouve à Pondichéry. Enfin, le héron lacté (5), très voisin du héron de Lesueur, vit à Cayenne.
L'Afrique a des hérons remarquables, Le go- Liath (°), qui a quatre pieds sept pouces de hauteur du sol au sommet de la tête. Ce grand héron a été observé dans l’Abyssinie et dans la Gambie, aux en-
("1 PI. 62, fig. 3.
(2) À. ardesiaca, Less., Ornith., p. 575. À. capite, collo , corpore suprà et infrà, remigibusque rectricibus albis (mas et femina, hyemis plumarum vestiti); capiteque, collo suprà, pectore, dorso antico rufis, plumis laæis, anqustis, pendulis longissimis ; cæteris partibus albis (mas et femina, veris pl. vestiti).
G, Ægyptian ibis, Lath., esp. 10. Bubulcus, Egypt., pl. 8, fig. 1, p. 391.
(4 Ardea Timoriensis, Cu.
(5) À. nivea, Cuy.
(6) À. lactea, Cu.
(7) À. goliath, Cretz, in Ruppell., Voy., pl.26.Temm,, pl. col. 474 (fem.).
DES OISEAUX
virons de Galam. Son bec est légèrement redressé. Sa tête et le déssus du cou sont roux marron. La gorge est blanche , et le devant du cou est noir. Son plumage est gris cendré; mais les parties inférieures sont d’un riche brun marron. Le demi-bec inférieur est jaune ; les tarses sont noirs.
Le typhon (1) vit sur les rives de la Gambie, non loin de Galam. Debout il n’a que deux pieds huit à neuf pouces de hauteur. Lorsque ce héron est adulte, il a les plumes de sa huppe occipitale et du jabot très longues, terminées en pointes subulées ou en fils. Ces plumes sont d’un cendré foncé, marqué de gris argentin sur la ligne moyenne. Le corps est en dessus cendré ardoisé, passant au gris clair en dessous. Une baguette blanche marque le centre des plumes de ces parties et des rémiges. Les pieds sont d’un brun rougeâtre, Le bec est roir, sa base exceptée, qui est jaunâtre.
Le héron à téte noire (?) ressemble beaucoup au héron cendré. Comme lui il a le plumage cendré ; mais sa tête n’est pas entièrement noire, et il n’a jamais la partie postérieure du cou de cette dernière couleur {3). Ce héron a été observé aux environs d’Alph, au milieu des marais de l'Afrique centrale.
L’asha (4) est un oiseau assez rare du pays des Mabhrattes, assez semblable au premier coup d’æil aux hérons gulaire et bleu dans son jeune âge. Son plumage est ardoisé en dessus, tirant au brunâtre sur le dos. Le menton, le gosier, une ligne longitudinale sur le cou, le dessous du corps, sont d’un blanc neigeux. L’iris est jaune. Le bec est de couleur de corne. Les jambes sont verdûtres.
Le torra 5) ou bughletar des indiens de Calcutta, suivant le major Franklin, est encore une de ces variétés du héron blanc, que rend remarquable l’absence complète d’appendices filiformes sur le dos.
LR