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LES FAISANS

Sont reconnoissables à leur longue queue, formée de dix-huit rectrices étagées, de manière que les deux du milieu sont plus longues que les autres. Toutes linissent en pointes, et sont disposées en toit. Leurs couvertures sont fort longues. Le bec est convexe, mais déprimé à sa pointe. Les narines sont basales, à moitié fermées par une membrane voûtée. Le pourtour des yeux est nu et papilleux.

(") Phasianus Gardneri, Hardw., Trans. soc, linn, Lond.. t. XV.

() Phasianus, L,

Les ailes sont courtes, à 4° et 5° rémige les plus longues. Les tarses sont forts, scutellés, armés chacun d’un ergot conique.

Les faisans sont de gros oiseaux à chair délicate, tous originaires de l'Asie. Le type de ce genre est le célèbre oiseau du phâse des Argonautes, le FAISAN ORDINAIRE (!), décrit par Buffon et figuré dans ses enluminures, n° 421 et 422, originaire de la Chine, et commun dans la chaîne du Caucase. Cet oiseau s’est propagé dans plusieurs des régions tempérées de l'Europe : nous ne placerons ici que quelques détails relatifs aux femelles qui prennent le plumage des mâles, et que les chasseurs connoissent sous le nom de faisans coquards(?). On a cru longtemps, et l’inspection de leur coloration portoit naturellement à admettre cette idée, que les faisans coquards étoient des mâles malades. Mauduit et Vicq-d’Azir disséquèrent de ces femelles, chez lesquelles ils trouvèrent les ovaires oblitérés. M. Isidore Geoffroy constate que des femelles soumises à son observation manifestèrent le changement de leur livrée vers l’âge de cinq ans, d’autres à huit et dix ans, et que chaque année ensuite le plumage prenoit plus d’analogie avec celui des mâles, au point que vers huit ans, ou plus tard, suivant les individus, l’analogie étoit si grande, que l’œil le plus exercé ne pouvoit saisir aucune dissemblance, si l'existence de l’ergot, et le peu d’ampleur de la partie nue du pourtour de l’œil n’étoient des caractères quelquefois suffisants, mais non toujours certains, puisque quelques femelles ont des ergots, et que certains mâles en sont privés. L'espace dénudé des joues est un meilleur caractère. Ces femelles, qui prennent en vieillissant le plumage des mâles, en acquièrent aussi la voix; cette modification de l'organisme s’est représentée d’ailleurs chez les femelles d’autres faisans, le doré entre autres, et chez diverses autres espèces d’oiseaux ; mais M. Yarrell (3) s’est assuré que l’âge avancé n’étoit pas une condition à la manifestation de ce phénomène, puisqu'il a vu des femelles âgées à peine d’une année revétir déjà la livrée des mâles. Après avoir disséqué sept femelles, et dans une livrée du sexe opposé, et après avoir trouvé chez toutes les ovaires dans un état d’atrophie ou d’induration , il en conclut que c’est à l’altération organique des ovaires qu'est due la masculanisation des femelles.

M. Ménétriers dit que le faisan ordinaire est très commun dans la province du Caucase, près des fleuves Térek et Soulak, et que dans l’automne, époque

(‘) Phasianus colchicus, L.

(2) Sur des femelles de faisans à plumage de mâles; Isid. Geoff. St-Hilaire, Ann. du Mus., t. XIE, p. 220. Bull. de Férussac, t. VI, p.268.

() Philos. trans. of the royal Soc. of London, 182% 2e partie, p. 268. Bull,, XV, 391.

à laquelle il se rend dans les steppes, on le chasse à cheval, et le faisant lever plusieurs fois on le fatigue aisément, et c’est alors qu’on peut l’abattre à coups de cravache.

90 Le FAISAN A COLLIER (!) forme une race distincte du faisan ordinaire, avec lequel on l’a parfois confondu. Sa taille est moins grande, mais il lui ressemble quant à l’ampleur de la nudité des joues, et quant aux petites plumes, qui simulent des cornes sur le côté de la tête. Le mâle a le dessus de la tête fauve, nuancé de vert clair ; deux traits blancs s’arrondissent sur les yeux en forme de sourcils. La partie supérieure du cou, la gorge et les plumes qui forment touffes sur les côtés de la tête, sont d’un beau vert foncé, à reflets violets. Au tiers du cou se dessine un collier d’un blanc éclatant, étroit en arrière et en avant, et large sur les côtés. Les plumes du manteau, noires dans leur milieu , ont sur leur contour un liseré en zigzag , blanchâtre, avec une frange de couleur ocreuse, et une tache noire en fer de lance à leur sommet. Le reste de la plume est d’un marron à reflets violets. Le haut du dos et le croupion sont variés de vert, mais avec des nuances différentes, et qui se fondent sur les côtés en gris cendré. Chaque plume du haut du dos est noirâtre au milieu. etsur ce noir existent des bandelettes en zigzag d’un blanc jaunâtre ; puis leur pointe est rayée de vert éclatant. Les couvertures supérieures de la queue sont vert clair, et leurs barbes sont soyeuses et lâches. Le thorax est roux pourpré brillant, et chaque plume est bordée de riche violet. Les plumes des flancs sont jaune blanchâtre, elles sont marquées à leur extrémité d’une grande tache angulaire violet. Le ventre est noir, à reflets pourprés chatoyants. Les grandes couvertures des ailes sont grises, nuancées de vert clair. Les rectrices, olivâtres à leur partie moyenne, sont nuancées aux bords de roux violet, et traversées par des rubans noirs égaux. Les pieds sont gris; le bec est jaunâtre, et l'iris est jaune éclatant.

La femelle diffère autant, par les couleurs de son plumage, de la faisare vulgaire, que les mâles sont dissemblables entre eux. Cette femelle a sous l’œil une petite bandelette de plumes courteset noirâtres. Son plumage est plus rembruni, et privé des taches noires qu’on remarque dans la livrée de la faisane commune ; sa queue aussi est marquée de bandes brunes très prononcées, qu’on distingue à peine chez cette dernière.

Le faisan à collier vit dans les forêts de la Chine, et surtout dans les provinces septentrionales de ce vaste empire.

() Phasianus albo torquatus, Bonnat., Encycl, LH, p. 184. P. torquatus, Temm., Gall, t. II, p. 326, et t. IH, p. 670.

HISTOIRE NATURELLE

5° Le FAISAN ARGENTÉ ({), aussi originaire de la Chine, et qui se multiplie parfaitement dans les ménageries de l’Europe, à été décrit et figuré par Buffon, pl. 125 et 124.

4° Le FAISAN DORÉ OU TRICOLORE (?), a été décrit par Buffon, qui l’a fait figurer planche 217 de ses enluminures. Cet admirable oiseau se reproduit aisément dans les ménageries de la France, et est regardé par la plupart des naturalistes, sur le dire de Buffon, comme exclusivement propre à la Chine et au Japon. Cependant, tout prouve que les anciens connoissoient parfaitement ce faisan, et que c’est de lui qu'ont été empruntés quelques caractères du phénix, et qu’il s’agit du tricolore, et nullement du faisan ordinaire ou oiseau du phâse, dont Pline parle lorsqu'il dit : Phasianæ in Colchis gemi: as ex plumé aures submittunt, subriquutque (5). IL y a°en Colchide ( Mingrélie ), des faisans pourvus de deux oreilles en plumes, qu’ils relèvent ou qu’ils abaissent à volonté. Or, M. Gamba, consul de France à Tillis, a vu et chassé dans les chaines du Caucase le faisan doré, dont les compagnies se trouvoient en grande quantité à côté de celles du faisan ordinaire.

Mais nous ajouterons à ces détails que tous les faisans semblent nés sur les hauts plateaux qui occupent l'intervalle des 25 à 45 degrés de latitude nord. Le faisan doré, d’ailleurs, a long-temps fait les délices des Romain, et nul doute que Pline n’ait euen vue cet oiseau quand il parle du phénix en ces termes (liv. x, chap. 2) : « Les oiseaux d’'Ethiopie et de l’Inde sont remarquables par l’éclat et la variété de leurs couleurs ; mais le phénix d’Arabie est le plus admirable d’entre eux : il a la taille d’un aigle, le cou de couleur d’or, le plumage pourpre, la queue bleuâtre avec du rose, ayant un fanon sous le gosier et une huppe sur la tête. »

M. Ménétriers, dans son Voyage au Caucase (f), passe sous silence le faisan doré, et ne paroit pas en avoir eu connoissance.

50 Le FAISAN VERSICOLORE(?) habite le Japon, et non pas l’ile de Java, ainsi que le dit M. Vieillot. Il est de la taille du faisan vulgaire d'Europe, mais sa queue est proportionnellement plus courte. Tou-

(‘) Phasianus nycthemerus, L. Albin, pl. 37. Eccycl,, p. 89, fig. 1 et 2.

() Phasianus pictus, L. Less., Ornith, pl. 83, fig. 2, Hays, pl. 22.

(5) Pline, X, 67; consultez sur ce sujet une note sur le faisan doré, insérée par M Dureau de la Malle dans les Ann. des se. nat.,t. XVII, p. 274, nov. 1829. Pull., XXII, 126.

(:) Cat. raisonné, in-#o, Saint-Pétersbourg, 1832.

(5) Phasianus versicolore, Vieill., Gal., pl, 205. PA. diardi, puis versicolore, Temm., pl. 486 (mâle), et 493 (femelle),

DES OISEAUX

tes les plumes du cou, du manteau et de la poitrine sont terminées par deux lobes arrondis séparés par une échancrure assez forte. Les plumes de locciput forment de chaque côté une touffe analogue à celle de notre faisan.

Le sommet de la tête, la nuque, le haut du cou, sont vert doré, à reflets pourpres et violets. La gorge et le devant du cou sont bleu vif, à éclat métallisé et pourpre; le cou dans sa partie inférieure, la poitrine et le dessous du corps, sont d’un vert foncé, très vif et très luisant. Le manteau et les scapulaires sont zonés de blanc jaunâtre, sur un fond vert métallique très riche et chatoyant, que relèvent des bordures jaune doré. Le dos et le croupion sont gris, nuancés de verdâtre et à reflets. Les couvertures semblent colorées de gris, de lilas et de vert, suivant les reflets lumineux. Les rectrices, peu longues et foiblement étagées, sont gris verdâtre, picotées de points noirs sur les latérales. Les quatre du milieu ont le long de leur baguette des petites bandes attenantes, bordées de barbes désunies, qui pendent de chaque côté en larges franges de gris pourpré. Les tarses sont armés d’un assez fort éperon. Leur couleur est rougeätre. Les papilles des joues sont rouges, et le bec est coloré en jaune. Le mâle a deux pieds sept à huit pouces de longueur, et la queue n'a que quatorze ou quinze pouces.

La femelle ressemble, par la coloration de son plumage, à la faisane d'Europe. Sa taille est moindre toutefois, et sa queue est proportionnellement plus courte. Les parties inférieures sont émaillées de taches noires, et les parties supérieures sont vertes, avec un brillant métallisé, et chaque plume est bordée de blond doré ; les lobes et l’échancrure des plumes du thorax sont moins marqués que chez le mâle. Elle n’a aussi que seize à dix-sept pouces de longueur.

Ce faisan paroît être commun au Japon, où il vit dans les bois, et d’où M. Van-Siebold s’en est procuré de nombreux individus.

6° LE FAISAN DE SOEMMERING (1) a été découvert

au Japon par le docteur Van-Siebold, et rappelle par son nom les travaux d’un célèbre professeur. Sa taille est intermédiaire à celle du faisan ordinaire et du faisan doré. Sa queue est plus longue que celle de ce dernier. Le pourtour des yeux est nu et d’un beau rouge, et au-dessous existe un petit emplacement recouvert d’une peau blanche papilleuse. Le mäle n’a point de huppe ni de touffes à l’occiput. Les rectrices, au nombre de dix-huit, sont très longues, très étagées, planes, et les deux du milieu dépassent de beaucoup toutes les autres.

La plus grande partie du plumage est coloré en

(1) Phasianus Sæmmeringii, Temm., pl. 487 (mâle), et 488 (fem.).

pourpre glacé d’or, à reflets opalins. Le pourpre domine sur la tête, le cou, le menton et la poitrine, et il reflète les tons de l’or poli et les irisations de la nacre, principalement sur le dos et le croupion: Le ventre et les ailes sont d’un roussâtre mélangé de nuances violettes, et parsemé de grandes taches noires. Les rectrices , d’un roux ardent, sont lavées de nuanees plus ou moins claires, et sont coupées, à de grands intervalles, de treize bandes transversales noires, peu larges. Les pieds sont d’un gris-clair, et le bec est jaune. Ce faisan a, de longueur totale, trois pieds six à dix pouces: les plus grandes pennes de la queue entrant dans ces dimensions pour deux pieds huit pouces.

La femelle a une queue régulièrement étagée, mais courte. Son plumage est roux, plus ou moins pourpré, maculé de grandes plaques noires en dessus Les baguettes de chaque plume ont une bandelette longitudinale d’un roux clair. La gorge et le devant da cou sont blanchâtres, et chaque plume est contournée par un cercle noir. La poitrine est variée de zigzags noirs, sur un fond cendré roussätre. Le milieu du ventre est blanc. Les flancs et les ailes ont des taches noires et rousses assez grandes. Les rémiges sont terminées de blarc. La queue, d’un roux vif, est barrée à son extrémité, les deux pennes moyennes exceptées, de noir parfois bordé de blanc pur. Les deux du milieu sont rousses, zigzaguées de noir, et à sommet blanc terne. Elle a, au plus, dixneuf à vingt pouces.

7° LE FAISAN SUPERBE (t) n’est connu que par Îles peintures chinoises, et Sonnini, qui le premier l’a mentionné, ne croit pas à son existence. M. Temminck n’ajoute rien de positif à ce qu’en disent vaguement quelques voyageurs. Il dit que les riches Chinois aiment porter sur leurs habits les figures de cet oiseau, et que c’est de lui que parle Marco-Paolo, et non pas de l’argus.

Le faisan superbe n'existe dans aucun cabinet. Habitant le milieu et le nord de la Chine, son exportation par mer est presque rendue impossible. Aussi les descriptions qu’on en a données, faites d'après les peintures chinoises, sont-elles entachées des plus grossières erreurs, et M. Temminck luimême a embrouillé sa description, en y ajoutant les détails relatifs à deux pennes moyennes, qu’il a reconnues depuis appartenir au faisan vénéré.

8° LE FAISAN VÉNÉRÉ (2), magnifique espèce dont on doit la connoissance à M. Temminck, a été égas lement décrit par le général Hardwicke, d’après un individu rapporté de Canton par M. John Recves,

() Phasianus superbus, Temm., Gall , t. If, p. 336,jet t. III, p. 670.

() Phasianus veneratus, Temm., pl. color. 485 (mâle), Ph. Reevesii, Hardw., Litt. gaz., 25 juin. Proceed.,1, 77: Hard, et Gray, Cent. Ind,

et qui est le premier qui ait vécu en Europe, à Regent’sparch, à Londres. Les deux pennes moyennes de la queue de cet admirable oiseau avoient déjà été signalées par M. Temminck, comme appartenant au faisan superbe, dans son Histoire des gallinacés (t IT, p. 556).

Le faisan de Reeves, dit le général Hardwicke, est brun, parsemé d’yeux noirs et foncés en teinte. Les ailes et le dessus du corps sont variés de noir et de blanc. Sa queue est longue de cinq à six pieds, à pennes d’un noir luisant, que raient en travers des bandes brun marron. Il vit à la Chine.

Mais la description de M. Temminck est trop complète pour que nous ne nous empressions pas de l'offrir à nos lecteurs :

« Ce beau faisan, paré de couleurs fortement tranchées, et à rectrices d’une énorme longueur, est de la taille du faisan argenté de la Chine, et par conséquent un peu plus grand que le faisan vulgaire. Son bec est plus droit, plus déprimé, surtout moins courbé à la pointe que celui des autres espèces de ce genre. Une très petite partie des joues est dénuée de plumes : elle est occupée par un cercle de petites papilles rouges qui entourent l'orbite. La queue est très étagée, d’une longueur presque disproportionnée à la taille de l'oiseau, et formée de dix-huit pennes très étroites, dont les quatre du milieu sont obliquement placées en gouttière renversée. Les pennes les plus externes n’ont guère au-delà de trois à quatre pouces, quand les moyennes ont de trois à quatre pieds, et plus.

» La tête n’est surmontée d'aucune huppe ni parure. Une calotte blanche enveloppe l’occiput : elle

est bordée d’un liséré noir, qui prend plus d’ampleur sur l'oreille seulement. Le front a un bandeau blanc doublé de noir. Peux colliers, plus larges en avant qu’en arrière, naissent à la nuque. Le supérieur est blanc neigeux, et encadre la gorge jusqu’au menton. L’inférieur descend en pointe sur la poitrine. Le bas du cou, le manteau, le dos et le croupion sont couverts de plumes qui, par la manière tranchée dont elles sont colorées, simulent des écailles. Ces plumes sont d’un jaune d’or très vif, et ont leurs bords frangés d’un croissant noir parfait. Celles de la poitrine et des flancs ont deux bandes en losanges d’un noir intense sur un fond blanc. Elles ont vers le bout un croissant noir et une large bande mordorée à leur extrémité. Les plus longues des plumes des flancs ont leur extrémité jaune d'or. Les cuisses et le ventre ont un beau noir de velours. Les couvertures inférieures sont noires tachetées de jaune doré.

» Les pennes de la queue, larges d’environ deux pouces, se terminent en pointes, et sont voûtées en toit. Leur rachis est fortement creusé en dessous. Les barbes, blanc grisâtre, se nuancent par demi-

HISTOIRE NATURELLE

teintes en roux doré, de manière que cette couleur est très foncée sur le bord de la plume. Ces barbes sont marquées de quarante-sept barres ou demi-lunes sur chaque côté, toutes parallèles à la naissance comme à la fin de la plume, mais alternes à partir du premier quart jusqu’au troisième environ. Ces croissants sont noirs à l’origine de la plume, et se nuancent graduellement en couleur marron, de manière à ne plus offrir à l’extrémité que cette dernière couleur. »

Le faisan vénéré a les jambes grises, le bec blanc. La femelle est gris roux linéolé de brun, avec des teintes plus claires et plus marquées de ligne sur le ventre.

Les Chinois de qualité font élever ca faisan dans leurs ménageries. C’est pour eux un oiseau rare et de grand prix , que l’on apporte à Pékin des confins de l’empire. On dit que son exportation est sévèrement défendue, et que la contravention est punie avec rigueur. Toujours est-il sûr, dit M. Temminck, que les papiers pour tentures ni les peintures ne représentent ce faisan, ce qui porte à croire ou qu’il est très rare et peu connu, ou que des préjugés religieux s'opposent à ce qu’on en reproduise la figure.

9° Le FAISAN DE LADY AMHERST ({) a été décrit, il y a peu d'années, par M. Leadbeater, et dédié par lui à milady Ambherst, femme d’un ambassadeur anglois envoyé en Chine. Cette dame s’efforça de conserver les deux individus mâles que le roi d’Ava lui avoit donnés vivants, mais ils moururent à leur arrivée à Londres. C’est encore une de ces admirables espèces qui rivalisent en éclat avec les plus riches du genre. Sa taille est à peu près celle du faisan doré, dont elle rappelle la queue et les parures accessoires. Le pourtour des yeux est bleu azur, et un barbillon charnu, également bleu, reborde la commissure des mandibules. L’occiput est couronné par une huppe ample, formée de douze rangées de plumes, dont celles de la rangée la plus inférieure ont jusqu’à quatre pouces de longueur. Cette huppe en voûte, que l'oiseau peut étaler en éventail, recouvre toute Ja partie postérieure du cou. Leur couleur est un blanc opalin, terminé par deux croissants, l’un vert opalin et l’autre bleu. Au-dessus de cette huppe s'élève un petit panache de plumes longues et subulées, d’un pourpre éclatant. La tête, le cou, le dos et les scapulaires sont d’un riche vert métallique, et chaque plume est terminée par un croissant noir de velours. Les couvertures alaires sont bleu métallisé, à rebords noirs. Le ventre est blanc pur, mais les couvertures inférieures sont d’un vert mé-

(*) Phasianus Amherstiæ, Leadbeater, Trans, soc.

linn.,t. XVI, part.I, p. 1429, pl. 15. Bull., XXI,320.Z001. journ., 492 et 502.

{ D FA Fe y 20 $:

DES OISEAUX

tallisé, le croupion d’un jaune éclatant, et la région coccygienne rouge vif. Les longues couvertures des rectrices sont blanches, rayées de vert et terminées de rouge vif. La queue est fort longue : ses pennes sont en toit, et rassemblées en un faisceau comme celles du faisan doré ; leur coloration est un blanc frangé sur les bords de mordoré, et marqué à de longs intervalles de bandes diagonales vert foncé. L’iris est blanc. Les pieds et le bec sont gris. Cet oiseau a de longueur totale quatre pieds trois pouces, et les rectrices ont jusqu’à trente-huit pouces de longueur. La femelle est inconnue.

Ce beau faisan habite les montagnes de la Cochinchine.

40° Le FAISAN DE STAGE (!) a été figuré dans la centurie des oiseaux de l'Himalaya, par M. Gould, Son bec et les tarses sont cornés ; des plumes eflilées forment une huppe sur le derrière de la tête. Le tour des yeux est nu et rouge; le plumage du mâle est fauve, mais chaque plume porte un chevron noir. Le bas-ventre et le croupion sont d’un rouge cannelle. Sa queue est très longue, très étagée, barrée de noir, et formée de rectrices étroites et fauve vif : l’oiseau est long de quatre pieds, la queue comprise.

41° Le FAISAN A HUPPE BLANCHE (?) est encore une des belles espèces découvertes dans les montagnes de l'Himalaya, et figurée par M. Gould dans sa Centurie. Le mâle est noir en dessus, avec des reflets d’un vert métallisé brillant. Le bas du dos et le croupion sont blancs; les plumes de la huppe sont allongées, recourbées en arrière et brunâtres à leur base, d’un blanc pur dans le reste de leur étendue. Les rémiges et toutes les parties inférieures sont brunâtres ; les plumes de la poitrine sont lancéolées et blanchâtres ; le bec et les tarses sont cornés : le tour des yeux rouge.

La femelle a le corps en dessus, et la huppe, qui est courte, d’un fauve brunâtre ; les teintes du ventre sont plus claires. La gorge, la base des plumes qui revêtent les autres parties du corps ct leur rachis, sont blanches. Les bords des rectrices sont noirs, et leur milieu est brun, rayé de blanc.

42° Le FAISAN PuckASIA ($) mâle a une longue huppe, la tête et le cou vert doré, les joues d’un blanc neigeux , le dos gris cendré flammé de roux ; le dessous du corps d’un roux vif; les plumes des

() Phasianus Stacei, Gould, Cent. of Birds, avec pl. : Bull., XXV, 352. Ph. stramineo-albus, supra frequenter, subtus parcé nigro fasciatus, dorso abdomineque îmis rufeseentibus ; capite cristato fusco ; caudä fasciis latis nigris, ad basin internè rufis, ornatä.

(2) Phasianus albo cristatus, Gould, Cent. of Birds. Bull., XXV, 352, Proceed. 1, 9.

6) Phasianus pucrasia, Gould, Cent, of Birds, avec pl. (mâle et fem.), Bull , XXV, 353.

IL

flancs étroites, et flammées de brun à leur partie moyenne. La queue est conique, avec des couvertures rousses en dessus, et grises barriolées en dessous. La femelle a le plumage roux, flammulé de noir. Cet oiseau habite la chaine de l'Himalaya.

15° Le FAISAN LINÉOLÉ(!) vit sur la presqu'île de Malacca. Son plumage est gris clair en dessus, agréablement ondulé de lignes délicates noires; la tête, la huppe qui est longue, la gorge, le devant du cou et les parties inférieures du corps sont noires; les plumes des flancs sont dans leur partie moyenne rayées de traits fins et blanc pur. La queue est barrée de blanc et de noir, par raies ondulées et distantes.

Buchanan avoit observé un individu de ce faisan vivant dans une ménagerie du continent de l’Inde.

44° Le FAISAN A JOUES ROUGES (?), que les Malais de Sumatra connoissent sous le nom de Mira mata, est de la taille d’une poule, au dire de sir Rafles, qui le décrit en ces termes : « Son plumage est noir, glacé de reflets bieus et verts, mais il est finement rayé sur le dos et sur les ailes de très petites lignes blanches ou grises. Les grandes couvertures des ailes sont brunâtres; les rectrices, disposées comme chez les autres faisans en deux plans inclinés, sont d’un roux vif ou ferrugineuses : leurs couvertures supérieures sont teintées de pourpre ou de violet. Le rouge des nudités des joues est brillant. La tête n’a point de huppe. Le bec est fort et noirâtre, les tarses sont bleuâtres et armés d’ergots robustes. La femelle diffère du mâle par sa couleur noire plombée, avec des lignes ondulées sur la queue, qui est rousse; les jeunes ont la queue noire.

15° Le FAISaN ROUX (5) est encore une espèce de Sumatra, fort peu connue, et qu'a décrite le général Rafles, ainsi qu’il suit: « Ce faisan paroît être inédit. Sa taille est celle du coq ordinaire, et mesure vingt pouces (anglois) de longueur. Son plumage en dessus est d’un ferrugineux intense, finement tacheté de noir. La poitrine est aussi rousse, mais chaque plume à une bande noire qui se termine par du blanc. Le ventre est blanc et obscur, le croupion est blanc; l’occiput est sirmonté par une huppe de plumes recourbées en arrière; le nu du pourtour des yeux est bleu; l'iris est rouge ; la queue, médiocre, a la coloration du dos ; les tarses sont ou rougeâtres ou bleuâtres, mais sans ergots, ceux-ci se trouvant remplacés par un petit tubercule. La fe-

() Phasianus lineatus, Lath. MS. Vigors, Proceed., 1,24. Lineated pheasant, Lath., Gen. hist., t, VIE, p. 201, esp. 14.

() Phasianus erythrophthalmus, Raffles, Cat. ; Trans. soc. linn., t. XIIF, p. 321.

(3) Phasianus rufus, Raffles, Cat., Trans. soc. linn., Lt. XII, p. 321.

melle diffère peu du mâle. » Les Malais de Sumatra nomment cet oiseau burong trab. Il se pourroit qu’il appartint à un geure différent de celui des faisans.

LES EULOPHES ().

Sont remarquables par leur huppe très touffue, leur tête sans aucune nudité, et leurs tarses grêles, scutellés et privés d’ergots. Leur bec est petit, à cire étroite, dans laquelle s’ouvrent à la base et proche le front les narines. Leurs ailes sont concaves et dépassent le croupion. Leur queue est cunéiforme et disposée en toit. La seule espèce de ce genre vit au Bengale. Nous l’avons décrite en août 1818, sous le nom de népaul huppé (?), et elle est indiquée avec les tragopans. Depuis, M. Temminck l’a figuré sous le nom de tragopan Duvaucel 3); mais la planche a paru sans texte. Ce bel oiseau est surtout caractérisé par la très longue huppe d’un bleu noir bronzé, que forment des plumes nombreuses, étroites et assez roïdes, qui partent de locciput et se dirigent en arrière. Celles de devant sont couleur de rouille. La tête, la gorge et les joues sont recouvertes de plumes serrées, imbriquées en écailles, et d’un vert noir bronzé. Une large tache blanc pur nait sur les joues et descend sur les côtés du cou, et se trouve bordée en avant par quelques écailles aurores. Le dessus du corps est brun, ondé de gris, et le dessous est marron foncé et luisant, ce qui est dû à ce que le centre de chaque plume est flammé d’un marron plus vif, et que les bords, surtout sur les flancs, sont à teintes claires, parfois jaunes. Celles des côtés du corps ont cependant une teinte brunàtre. Toutes ces plumes sont lancéolées. Les couvertures des ailes et les rémiges secondaires sont brunâtres , frangées de blanc. Les plumes de la région anale et celles des cuisses sont brunes, rayées en long de blanc jaunâtre. Le bec est noir et les tarses sont plombés.

La femelle à la tête et le cou noirs, le plumage gris roux vif. Cet oiseau habite le Bengale.

LES PLECTROPÉDES 4.

Sont caractérisés par leurs éperons, et constituent un genre qui les approche singulièrement de celui

() Eulophus, Less.

(2) Satyra macrolopha, Less., Dict. sc. nat.,t. LIX, p- 196, et Oruith., p. 494.

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