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L’'IMPEY, OU LOPHOPHORE RESPLENDISSANT

On en doit la découverte à lady Impey, à laquelle Latham l’a dédié. Cet oiseau, dit M. Temminck, rivalise avec le paon par la vivacité et le brillant des couleurs du plumage. Il porte comme les paons un élégant diadème de plumes flexibles, à baguettes eflilées, à teintes métalliques, garnies à l'extrémité d’une palette, ou foliole dorée qui ondule sur chacune de ces tiges fines et mobiles. L'ensemble de toutes ces parures compose un panache d'émeraudes.

Le mâle a les plumes du sommet de la tête, des joues et de l’occiput d’un vert doré brillant. La partie postérieure et les côtés du cou sont d’un pourpré à reflets rubis. On voit briller sur la nuque et sur le manteau une teinte cuivrée à reflets pourprés. Cette couleur est nuancée sur le milieu du dos en violet à reflets dorés. Vers la région du croupion existe un large espace blanc, tandis que celuici est d’un beau vert doré. Toutes les pennes de la queue sont roux vif; les rémiges primaires, noir verditre ; les secondaires, vert doré, et les couvertures pourpre nuancé de bleu chatoyant. La gorge, la poitrine et les parties inférieures sont d’un beau noir à reflets vert doré. L'espace dénudé autour des yeux est injecté de pourpre. Sur les joues ‘ont implantées à claire-voie des petites plumes à reflets dorés. Le bec est de couleur d’ocre, et les taches sont gris noirätre. Sa taille est de deux pieds.

La femelle, un peu plus petite, a son plumage brun terne. Au milieu de chaque plume est une ligne blanche, rayée et mouclietée avec irrégularité de brun. Le dessous de l'orbite et la gorge sont blancs. Les pennes primaires des ailes sont brunâ-

(") Impeyanus refulqgens, Less., Ornith., pl, 85. Phasianus impeyanus, Fath., pl. 1443; monaulus impeyanus, Vieill,, Gall, pl. 218; Encycl. pl 886, fig. 1 ; lopho-: phorus refulgens, Temm., pl, 507 (mäile), et 513 (femelle ).

tres, les secondaires sont barrées de noir et de roux. La queue est brun terne,

Un tubercule placé sur le tarse remplace l’ergot qui caractérise le sexe mile.

Ce bel oiseau habite les montagnes de Ja partie septentrionale du Continent indien, le Népaul et les monts Himalaya. Il a reçu le nom de monaul des Hindoustanis, ce qui peut se traduire par oiseau d'or.

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LES EUPLOCOMES ().

Sont des oiseaux intermédiaires, par leurs caractères, aux coqs et aux faisans. Leur bec robuste et recourbé entame les plumes du front. La mandibule supérieure recouvre l’inférieure, qu’elle déborde. Les narines sont obliquement percées en croissant, et légèrement élevées sur la peau nue qui recouvre les fosses nasales. Les joues sont nues presque jusqu’à la ligne moyenne du crâne. L’occiput est couvert d'une huppe formée de plumes dirigées en arrière, et toutes étroites et diversement longues, puis grêles à leur sommet. Les ailes ne dépassent pas le croupion, et les cinquième et les sixième rémiges sont les plus longues. La queue est formée de larges rectrices placées obliquement et comme en toit. Les tarses sont emplumés jusqu’à l’articulation seulement : ils sont allongés, scutellés, armés d’un ergot conique.

Plusieurs espèces, découvertes dans ces derniers temps, et décrites sous divers noms, appartiennent à ce petit genre, dont les habitudes et les mœurs ne paroissent pas différer de celles des faisans.

4° Le CHER (?), primitivement déerit par Latham, l’a été ensuite par M, Temminck et par le général Hardwicke sous des noms différents. Cet oiseau remarquable a été envoyé du Bengale au muséum de Paris par les voyageurs Diard et Duvaucel. El a de longueur totale dix-huit pouces. La huppe, le cou, ainsi que les parties supérieures et inférieures du corps, sont d’un noir à reflets violets brillants. Toutes les plumes de ces parties sont linéolées et frangées de grisâtre. Les plumes du croupion et les couvertures de la queue sont terminées par une zone blanche assez large. Les pieds sont gris, le bec est jaune. Les papilles de la peau nue du pourtour des yeux semblent avoir été rouges,

Telle est la description qui accompagne la belle

() Æuplocomus, Temm., texte des pl. col. Lophophorus, Lesson, Ornitb., p. 489,

() Pâasianus leucomelanus, Lalb., esp. 13: lophophorus Cuvieri, Temm., pl. 1; lophophorus Wallichii, Hard., Trans. soc. linn,,t. XV, p. 166. Hfonaul mélamien, Vieil., Encyc., pl. 237, fig. 1,

figure que M. Temminck a donnée de cet oiseau. Tout porte à croire que l'individu qui lui a servi de type n’étoit pas complétement adulte.

La description donnée par M. Hardwicke offre quelques différences. « Le nom local de cet oiseau, dit cet amateur distingué, est cheer : il habite les montagnes d’Almorah , sur la frontière nord est de l'Indostan. Il est hardi, querelleur, et se bat avec un grand acharnement : on l'irrite facilement, et alors il répète avec force les syllabes tuchraa, tuckraa.

» Le bec, par la taille et la forme, a beaucoup d’analogie avec celui de l’impey, mais il n’a pas deux pouces. Il est très recourbé à son extrémité, et déborde la mandibule inférieure. Les yeux sont grands, entourés d’une large place nue de la forme d’un losange irrégulier, plus large sous l’œil qu’au-dessus, et marqué devant et derrière d’une couleur rouge cramoisie ; sa surface est couverte de papilles granulées ; la base du bec est entourée d’une cire non colorée ; la pupille de l'œil ronde et noire, Piris brun, entouré extérieurement d’un étroit anneau noir. »

Les jambes sont grises, courtes, relativement à la taille de l'oiseau, et armées chacune d’un éperon de la forme d’une alène.

Le plumage est un beau mélange de gris, de brun clair et de noir. La première couleur étant limitée à la tête, la poitrine et une partie de l’abdomen, le brun l’emporte sur toutes les parties supérieures (la tête exceptée), et les plumes sont bordées de barres noires, s'étendant à la couverture supérieure de la queue. Cette dernière est cunéiforme, et consiste en douze ou quatorze pennes inégales ; les deux du milieu sont plus grandes que les autres, et toutes sont supérieurement traversées de raies noires sur un fond brun clair.

La couleur de la tête plus sombre tire sur le noir, et du sommet de la tête à l’occiput s'élèvent quelques longues plumes déliées , plus larges à l’extrémité, en forme de huppe inclinée en arrière.

Cet oiseau supporte fort bien le climat du Bengale, et pourroit être apporté vivant en Europe sans beaucoup de peine. La femelle diffère peu du mâle; il lui manque la huppe et les éperons.

20 Le NIGELLE(!) ne nous est connu que par une simple indication. Le mâle, dit M. Jameson, diffère de la femelle parce qu’il est plus fort, et qu’il présente deux bandes d’un brun rougeätre, l’une qui s'étend de l’angle externe de l'œil, et l’autre qui part du méat auditif pour se rendre à la partie inférieure du cou, où elle s’unit avec la précédente pour dessiner un large collier. El en diffère en outre

() Lophophorus nigelli, James. ; l'Institut, no 125; p. 315.

HISTOIRE NATURELLE

par le blanc jaunâtre qui colore la poitrine, bien que quelques plumes aient une bandelette noire à leur milieu. Les plumes des flancs, de nuance foncée, sont brunes à leur sommet. Les ergots manquent dans les deux sexes, ce qui porte M. Jameson à proposer de le séparer en un genre distinct de gallinacés qui seroit voisin des lophophores. Le nigelle paroît très répandu, car on le rencontre depuis la Perse jusque dans les rangées les plus reculées des monts Himalayas.

5° Le REYNAUD (1) a été rapporté du Pégou par le docteur Reynaud, chirurgien-major de la gabarre de l’état la Chevrette, et nous l’avons publié dans l’atlas de la partie zoologique du voyage aux Indes orientales de M. Bélanger, en ces termes:

De la taille du faisan doré, cet oiseau a vingt-huit pouces de longueur totale. Son bec, de couleur cornée, est blanchâtre, robuste, légèrement convexe, à narines percées en scissure sur le haut de la mandibule. Les côtés de la tête sont garnis d’une peau nue, vivement injectée. Les plumes de l’occiput forment une huppe rejetée en arrière. Elles sont roides et étroites.

Le mâle a la huppe d’un bleu indigo foncé ; tout le dessus du corps d’un gris bleuâtre, finement vermiculé de brun par lignes minces et étroites. Les couvertures supérieures de la queue sont amples, arrondies. Tout le dessous du corps sans distinction est d’un bleu indigo foncé, que relève une belle flamme. blanche longitudinale, occupant le milieu de chaque plume. Les rémiges et les rectrices sont grises, rayées de brunâtre. Les couvertures supérieures et les deux grandes rectrices en toit sont d’un blanc sans taches. Les tarses sont plombés. L’ergot est médiocre.

La femelle, de même taille que le mâle, a les couleurs de son plumage très différentes. Les plumes de Ja tête et de la huppe occipitale sont d’un roux ferrugineux. Les joues sont nues, rouges, turgescentes. Les plumes des joues et de la gorge sont d’un roux clair. Le dessus du cou est roux, mais chaque plume est bordée’ de blanc. Le dos, les ailes, les couvertures de la queue, sont d’un roux brunätre, très finement vermiculé de lignes fines et brunes. Tout le dessous du corps, à partir de la gorge, est d’an roux ferrugineux intense, que relève sur le bord de chaque plume un triangle marginal blanc. Les rectrices latérales sont fauves, rayées de blanc. Les deux supérieures sont blanc sale, vermiculées de brunâtre. Les tarses sont plombés , sans ergots.

Ce bel oiseau, à ailes courtes et à queue assez ample, à demi en toit, vit au Pégou, et le muséum de

(") Phasianus Reynaudii, Less., Zool. de Bélanger. It. aux Indes orientales, pl. 8 (mäle), et 9 (femelle),

DES OISEAUX

Paris possède les individus des deux sexes que nous venons de décrire.

Nous pensons que c’est une espèce fort voisine, si elle n’est pas identique, qu’a décrite M. Hardwicke sous le nom de FAISAN DE GARDNER (!). Telle est la description que donne ce voyageur :

« Cet oiseau habite les montagnes neigeuses au nord de la vallée du Népaul. Un seul individu à été donné à M. Wallich, pendant son séjour à Kamandoo.

» Sa taille approche de celle du faisan ensanglanté ; il a, de la pointe du bec à celle de la queue, qualorze pouces et demi. Le bec est noir, court, robuste , et les mandibules de grandeur presque égale (trois quarts d’un pouce); la supérieure légèrement arquée, le haut du bec arrondi; la mandibule inférieure-étroite et obtuse à l’extrémité; la base de la mandibule supérieure est couverte d’une cire couleur de carmin, dans laquelle sont situées les ouvertures nasales ; les yeux sont entourés d’une place nue et étroite de même couleur; l'iris brun, bordé d’un étroit cercle noir ; la pupille noire; les jambes sont d’un brun roussâtre; du côté gauche est un seul éperon conique, avec le rudiment ou le tubercule d’un autre en dessous; mais sur la jambe droite il ne paroît aucun de ces appendices.

» La couleur dominante du plumage est un brun de rouille mêlé de lignes noires ondulées et fort étroites, qui sont plus nombreuses sur le dos;, les ailes et la queue, et qui y produisent une teinte plus sombre. La poitrine, le cou et les joues sont d’une couleur de rouille plus claire; vers la tête, les plumes sont un peu plus grandes; celles du sommet sont grises, plus longues, s’élevant en crête de moyenne grandeur, qui se plie légèrement en arrière ; les ailes sont courtes, et atteignent à peu près l’origine des plumes de la queue ; la queue, qui consiste en pennes presque égales et arrondies, est légèrement terminée en pointe, et a environ cinq pouces de longueur. »

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