LES TANTALES
Sont de vraies cigognes par leurs mœurs, se perchant sur les arbres ; ils habitent les lieux inondés, où ils vivent de poissons et de reptiles. Buffon a décrit le tantale aux festons roses, figuré enlum. 589, et le curicaca d'Amérique , représenté enlum. 868. Les deux espèces suivantes sont nouvelles.
Le jaunghill (f) a le bec jaune, très long, légèrement recourbé à la pointe, marqué d’un sillon sur les côtés de la mandibule supérieure, sillon qui part des narines. Celles-ci sont nues, ovalaires , percées de part en part. Toute la tête est chauve, ainsi que le devant de la gorge, et la peau est colorée, en rougeâtre orangé. Les deux branches de la mandibule inférieure sont remplies par le prolongement de la peau du gosier, dont le milieu correspond à une arête osseuse saillante. Les plumes du cou sont cours tes, serrées ; les ailes sont très épaisses, très larges, aussi longues que la queue. La première rémige est plus courte que la deuxième. Celle-ci, les troisième __et quatrième sont les plus longues. Les pennes secondaires sont amples, arrondies, roides, très larges. Les couvertures alaires dorsales sont très amples; les moyennes couvertures des ailes sont très longues, s’étendent jusqu’à la queue, en composant
{) Hians, Lacép. Anastomus , Illig. Ardea, L.
(2) Anastomus lamelligerus, Temm., pl. 236. Hians capensis, Less., Man., IL, 252.
(i Tantalus, L.
(4) T. leucocephalus, Lath., Vieill., Gal., pl. 247. Forster, Zool. Ind., pl. 10. Encycl., pl. 66, fig. 1. Dumont, Dict. sc. nat., t. LIL, p. 210.
HISTOIRE NATURELLE
des parures qui n’appartiennent qu’au plumage complet. La queue est courte, rectiligne, composée de pennes roides, arrondies, larges, que débordent les couvertures inférieures de la queue. Les tarses sont excessivement longs, et proportionnellement peu gros. Des aréoles hexagonales revêtent leur épiderme ; des écailles recouvrent la surface supérieure de la dernière phalange. Les ongles sont petits, obtus, convexes, creusés, et usés à leur extrémilé. La plante des pieds est granuleuse.
Le jaunghill a le cou, le thorax et les parties supérieures du corps blanc satiné. Les grandes couvertures uropygiales sont blanches, fortement lavées de rose. Le dessous du corps, y compris les longues et soyeuses couvertures inférieures de la queue, sont d’un blanc mat, que relève la large écharpe brun noir qui ceint la poitrine circulairement, et dont chaque plume des côtés, allongée et noire, est terminée par un liséré blanc. Les ailes en dedans et en dehors, dans leur partie supérieure, sont d’un noir à reflets bronzés et métallisés ; mais comme chaque plume est bordée de blanc, elles sont émaillées des deux couleurs citées. Partie moyenne de l'aile d’un blanc pur. Grandes couvertures alaires continuant les couvertures moyennes blanches, les plus inférieures de cette dernière couleur; mais les plus grandes et les plus superficielles à barbe lisse, d’un carmin très vif, frangées de blanc pur à leur sommet. Les rémiges, dont la tige est aplatie, lustrée et d’une rare solidité, sont d’un noir bleu, à reflets d'acier. Les rectrices sont en dessus de ce noir, à reflets verts métallisés, et noires en dessous. Les tarses sont jaunâtres.
Cet oiseau habite la côte de Coromandel, l'ile de Ceylan.
Le tantalé lactè (1), qui habite l’ile de Java, a été confondu avec le tantale ibis, dont il diffère, suivant M. Temminck, par les particularités suivantes. Le tantale lacté est un peu plus petit que son congénère. Il a le bec plus court et moins fort; les narines sont de forme ovoïde, tandis que ces orifices, dans le T. abis, sont linéaires et plus cachés par la substance cornée. La nudité dans le premier embrasse toute la tête, les joues, l’occiput, et même une partie de la nuque. Dans le second, la nudité n’occupe qu’une partie du sommet de la tête et une partie de la région ophthalmique. Elle a aussi moins d’étendue sur le devant du cou que dans le tantale ibis. Le plumage de l’adulte est du blanc le plus parfait; et quoique le fond de la livrée du tantale du Sénégal se distingue aussi par une blancheur éclatante, cependant les plumes des ailes sont nuancées gracieusement de pourpre, et toutes les couvertures supérieures sont zonées de pourpre éclatant. Les
(1) Tantalus lacteus, Temm., pl, 352,
DES OISEAUX
couvertures inférieures sont blane argentin et rouges. Les jeunes, dans les deux espèces, ont une livrée brun terne; on ne les distingue que par la forme du bec.
Ainsi, le tantale lacté, blanc pur sur la livrée, a les grandes pennes de la queue et des ailes noir verdâtre bronzé. Les pieds et les nudités sont rouges ; le bec est jaune orangé. Des marbures noires sont éparses sur la péau nue de là tête. L'oiseau adulte a trois pieds. Les jeunes sont d’un brun clair terne, et leurs pieds sont d’un gris noirâtre. Ce tantale vit dans les marais et sur les bords des rivières à la manière des cigognes.
LES JABIRUS ().
Dont Buffon n’a connu que le touyouyou d’Amérique , figuré enl. 817 , se sont accrus de deux espèces nouvelles de l’ancien continent.
Le jabiru du Sénégal {?) a le corps blanc, les plumes scapulaires, le cou et les pieds noirs; le bec est rouge vers sa pointe, blanchâtre dans le reste de son étendue, avec une bande noire vers le milieu, et une tache de chaque côté chez le jeune. La tête, le cou, les ailes et là queue sont d’un gris brun, mélangé de blanc sur le dos et au bas du cou en devant; les parties inférieures sont blanches. Cet oiseau habite toutes les régions de l’Afrique occidentale.
Le jabiru austral (3) habite la Nouvelle-Hollande. Il a la tête et le cou vert doré, le haut du ventre blanc, les ailes, le bas du dos et la queue d’un noir intense. Le jeune âge a la tête et le cou brun sale; le dessus du corps et le thorax brun, cerclé de blanc; le bas-ventre blanchâtre sale.